‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 30 sur 94 · DIALOGUE · texte numérisé non relu

DIALOGUE

compréhensibles : j'en conviens; mais combien de choses , même dans la nature , que nous ne pouvons comprendre ! Comprenez-vous CGSiment un grain jeté en terre , produit une plante, une fleur, un fruit ? Non. Vous le croyez cependant : à plus forte raison devez-vous croire les mystères que Dieu a révélés. N'est-il pas évident que Dieu, qui est la souveraine vérité , ne peut ni être trompé , ni nous tromper ? Rien n'est donc plus raisonnable que de croire , sur la parole de Dieu , des choses même qu'on ne comprend pas. On croit alors , non parce que l'on conçoit ; mais parce que Dieu l'a dit : la foi est fondée sur la parole de Dieu , et non pas sur nos propres lumières. Nous ne* pouvions connoître les mystères que par la révélation; Dieu les a révélés ,• de plus, il a établi une autorité infaillible pour nous les proposer. Comme il appelle tous les hommes à la connoissance de la vérité , il leur a fourni un moyen qui est à la portée de tous. Pour être chrétien , il ne faut que de la docilité et cette docilité n'est pas une crédulité aveugle et stupide , mais une soumission éclairée/" et appuyée sur les motifs les plus forts et les plus capables de déterminer un homme raisonnable. Mais comment sait-on que Dieu a parlé ? On le sait par toutes les preuves qui établissent la divinité de la religion chrétienne ; on le sait par des faits publics et incontestables , et principalement parles miracles. Jesus-Chnst, dit saint Augustin , a demandé la loi aux hommes ; mais , avant que de la demander, .1 l'a méritée par des miracles : c'est a cette preuve qu'il rappeloit lui-même les Juifs.

172 Doctëine Chrétienne.

11 leur disoit : « Les œuvres que je fais au nom » de mon Père , rendent témoignage de moi : » si je ne fais pas les œuvres de mon Père , ne » me croyez pas ; mais si je les fais , quand » même vous ne voudriez pas me croire , croyez » à mes œuvres. » Les miracles sont donc la voix de Dieu , et l'on ne peut sans impiété rejeter une doctrine confirmée par des miracles ; car ce seroit une absurdité impie de dire que Dieu a déployé sa toute-puissance pour autoriser une fausseté. Appuyé sur ces principes , mon cher Théophile , croyez toutes les vérités de la foi ; car, rejeter un seul article, c'est avoir perdu la foi. Croyez-les fermement , c'est-à-dire , sans aucun doute : c'est pécher contre la foi que de douter volontairement de quelqu'une des vérités qu'elle enseigne. On s'expose à tomber dans le péché , quand on a la témérité de lire les livres des hérétiques et des impies : c'est mettre sa foi en danger; et quiconque aime le danger y périra. On pèche contre la foi quand , par la crainte des hommes , on la renonce extérieurement et de bouche , quoique l'on en conserve le sentiment dans le cœur ; cette lâcheté outrage Dieu : les martyrs ont mieux aimé souffrir toutes sortes de tourmens et la mort même , que de dissimuler leur foi devant les tyrans. Enfin , c'est pécher contre la foi que de négliger de s'instruire des vérités dont la connoissance est nécessaire au salut. C'est par cette négligence que beaucoup de Chrétiens vivent dans l'ignorance de ce qu'ils devroient savoir , et qu'ils commettent un grand nombre de fautes dont ils ne s'aperçoivent pas même.

Je crois , ô mon Dieu , toutes les vérités qu'il

Bécaloguk. 173

Vous a plu de révéler aux hommes. Je veux être toute ma vie un enfant docile à la voix de voire Eglise, que vous conduisez, que vous éclairez par votre Esprit saint Quelque impénétrables que soient les mystères que vous m'ordonnez de croire , je les crois fermement. Je ne puis pas, à la vérité, les comprendre ; mais je sais que vous les avez révélés : cela me suffit. Loin de moi la présomption de ces esprits orgueilleux , qui OsSent soumettre votre parole à l'examen de leur foible raison. Loin de moi la curiosité de lire leurs ouvrages impies. Non je n'écouterai jamais ces maîtres d'erreur et de mensonge. Vous avez parlé , Seigneur : il ne me reste plus d'autre parti à prendre que celui d'imposer silence à mes foibles raisoniiemens et à mes sens, et de les soumettre à votre autorité. Je crois maintenant sans comprendre : mais le jour viendra , je l'espère ainsi de votre miséricorde ; M viendra cet heureux jour, où j'entrerai dans votre sanctuaire éternel , où la vérité brillera dans tout son éclat, où la foi fera place à une clarté sans nuage. Vous voulez , ô mon Dieu ! que pendant cette vie je me contente d'être guidé par le flambeau de la révélation : vous l'avez ainsi réglé, pour nous laisser le mérite de la foi. Fortifiez-la en moi ; garantissez-la des pièges qu'on lui tend de toutes parts : faites que j'évite avec soin tout ce qui pourroit l'affoiblir; et ne permettez pas qu'un trésor si précieux me soit jamais enlevé.

Pratique.

Faire souvent des actes de foi.

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