LXXIV.* LECTURE
Du Baptême.
Salvos nos fecit Deus fer (avacru/n regenerationts*,, ut justificati gratiâipsius, hœredes simus secundùmspem vite» œternœ*
Dieu nous a sauvé» par l'eau de la régénération , afin qu'étant justifiés par sa grâce > nous soyons héritiers de la ▼ie éternelle. TU, 3»
JLjE Baptême est le premier de tous les sacremens * et il donne le pouvoir de participer aux autres, Notre-Seigneur a institué ce sacrement lorsqu'il a dit à ses apôtres : « Allez , instruisez » tous les peuples , baptisez-les au nom du Père, » et du Fils , et du Saint-Esprit : tous ceux qui » croiront et seront baptisés , seront sauvés. >* C'est donc pour sauver les hommes que Jésus- Christ a institué le Baptême; c'est pour les délivrer du péché et de la mort éternelle , qui esE la peine du péché , et pour les rendre , par une nouvelle naissance , les enfans de Dieu et de l'Eglise. Le Baptême remet le pèche originel dans les enfans ; et dans les adultes , il efface encore tous les péchés actuels qu'ils peuvent avoir commis depuis qu'ils ont l'usage de la raison. Il remet aussi toutes les peines due* à ces péchés : c'est pour cela que l'Eglise n'a jamais imposé de satisfaction ou de pénitence aux nouveaux baptisés ; mais il n'ôte pas les
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suites du péché originel , qui sont l'ignorance , la concupiscence , les misères de la vie, et la nécessité de mourir. Dieu nous laisse ces suites du péché originel , après qu'il a été effacé > afin qu'elles servent d'exercice à notre vertu , par les combats que nous avons à soutenir pour la pratiquer. Si le Baptême nous délivroit de l'ignorance et de l'inclination au mal, nous ferions le bien sans peine et comme naturellement; et quel mérite y auroit-il à le faire, s'il ne nous en coûtoit rien ? Mais ces suites du péché qui nous restent encore, nous obligent à faire de continuels efforts pour vaincre les difficultés que nous éprouvons dans la pratique du bien. Le Baptême nous fait renaître en Jésus-Christ, et nous donne une nouvelle vie toute spirituelle , selon cette parole de Notre- Seigneur : » Si un » homme ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, » il ne peut entrer dans le royaume du ciel. » Cette vie delà grâce , que le Baptême nous communique , consiste dans l'union de notre âme avec Dieu ,car Dieu est la vie de Pâme, comme l'âme est la vie du corps : notre corps est vivant lorsqu'il est uni à l'âme; quand il en est séparé, il est mort, sans mouvement et sans action; de même notre âme est vivante lorsqu'elle est unie à Dieu par la foi , l'espérance et la charité : quand elle en est séparée par le péché , elle est morte et incapable de mériter le ciel. Enfin , le Baptême imprime dans notre âme un caractère ou une marque spirituelle et ineffaçable, qui consacre à Dieu ceux qui sont baptisés, et qui les distingue de ceux qui ne le sont pas : ce caractère de consécration fait qu'on ne peut recevoir le Baptême qu'une fois; car ce qui est
une fois consacré à Dieu , lui appartient par un droit inaliénable. Autrefois on donnoit le Baptême en plongeant dans l'eau celui que Pore baptisoit; et c'est à cette immersion que saint Paul fait allusion, quand il dît ^ « Nous avons m été^enseveîis avec Jésus-Christ dans le Bapj> tême pour mourir au péché , afin que, comme * Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts, a nous marchions aussi dans une vie nouvelle ; » c'est-à-dire, que nous sommes dépouillés dit péché dans les eaux du Baptême , comme Jésus- Christ s'est dépouillé , par sa mort, de toutes nos infirmités dont il s'étoit revêtu , et que nous sortons de ce bain sacré , vivant d'une vie nouvelle , comme Jésus-Christ , par sa résurrection , est sorti du tombeau avec une vie immortelle et toute céleste. Aujourd'hui l'on baptise en versant de l'eau naturelle sur la personne, et disant en même temps ces paroles : « Je te baptise au » nom du Père, et duTils , et du Saint-Esprit.» Ces deux choses jointes ensemble* Faction et le» paroles, sont l'essentiel de ce sacrement : c'est là le signe extérieur et sensible qui nous averti! que l'âme est purifiée de ses péchés, tandis que le corps est lavé dans l'eau : cette cérémonie , en vertu de l'institution de Jésus-Christ, applique à l'homme les mérites de ce divin- Sauveur , pour lui donner une nouvelle naissance , qui le rend enfant de Dieu , membre de Jésus- Christ, temple du Saint-Esprit , et qui lui donne droit au royaume du ciel, comme héritier de Dieu et cohéritier de Jésus-Christ. Reconnoissez donc , mon cher Théophile , la dignité que vous avez reçue au Baptême , et prenez bien garde qu'après avoir été fait participant (le sa nature
Sachemèns** §23
divine , vous ne dégénériez , par une conduite criminelle , de la noblesse d'une si haute origine. Le baptême est si nécessaire pour le salut de tous les hommes , que les enfans mêmes ne
f>euvent être sauvés sans le recevoir ; cependant e martyre , c'est-a-dire , la mort soufferte pour Jésus-Christ , en tiendroit lieu ; et de plus, dans les adultes, le désir du Baptême suffit, quand ils sont dans l'impossibilité de le recevoir.
Quand vous m'avez accordé la grâce du Baptême , ô mon Dieu ! je n'étois pas en état de connoître la grandeur de ce bienfait, ni de vous en remercier. Vous m'avez prévenu de l'abondance de vos miséricordes , dans le temps que je ne pouvois ni les désirer ni les sentir. Maintenant je connois le don ineffable que vous m'avez fait, et je vous en rends mes très-humbles actions de grâces. J'avois été conçu dans le péché ; mais 5 par le Baptême , vous m'en avez délivré : j'étois , par ma naissance , l'esclave du démon , et vous m'avez adopté pour votre enfant; je n'avois reçu de mes parens qu'une vie périssable , et vous m'avez communiqué une vie divine. Vous n'avez pas fait la même grâce à tant de peuples infidèles , qui ne vous connoissent pas, ô mon Dieu ! j'ai eu le bonheur de naître dans le sein de l'Église catholique, et d'une famille chrétienne ; qu'a vois- je fait pour mériter cette préférence ? je ne la dois qu'à votre miséricorde. Un don si précieux et sî peu mérité , exige de moi la plus vive reconnoissance. Ah ! Seigneur, je veux vous la témoigner , en estimant la qualité de Chrétien plus que tous les titres du monde , en ne faisant
jamais rien qui soit indigne d'un enfant de Dieu.
Pratique*
Remercier Dieu de nous avoir accordé la grâce du Baptême,