‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 65 sur 94 · LXXVII.' LECTURE · texte numérisé non relu

LXXVII.' LECTURE

Des dispositions à la Confirmation.

Sapientia non introibit in maievotam animam, nec faa« Gilabil in cor pore suhdito peccatis.

L'esprit de sagesse n'entrera point dans une âme maligne, et irn'habitera point dans un corps assujetti au péché. Sap. 1.

Autrefois l'on donnoit la confirmation immédiatement après le Baptême; mais cet usage est changé ; et l'Eglise a jugé à propos d'attendre, pour confirmer les enfans , qu'ils fussent en âge de connoître la sainteté de ce sacrement , et de le recevoir avec des dispositions chrétiennes. On ne doit donc les y admettre que lorsqu'ils ont atteint l'âge (Je raison , et qu'ils ont assez de discernement pour savoir ce qu'ils reçoivent ; afin qu'en le recevant avec piété , ils en retirent plus de fruit. La première disposition qu'ils doivent y apporter, c'est d'être instruits des principaux mystères de la foi , et d'en renouveler la profession : il est donc nécessaire qu'ils aient appris et qu'ils entendent le symbole des apôtres , qui contient l'abrégé de la foi ; ils doivent savoir,

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de plus , ce qui regarde le sacrement de Confirmation, qu'il s'agit de recevoir , et le sacrement de Pénitence dont ils doivent s'approcher auparavant. Au reste , plus ils ont d'ouverture , plus ils doivent apporter d'instruction. Quoique l'on admette quelquefois de jeunes eniàns qui ne sont pas capables de beaucoup de connoissances, c'est une pure indulgence en faveur de leur âge et de leur innocence; mais cette indulgence ne dispense pas de se faire instruire , ceux qui le peuvent : quand on reçoit un sacrement, on ne peut être trop instruit; et Ton s'expose à un très-grand danger, lorsque, par sa faute, on n'en sait point assez. La seconde disposition est d'avoir la conscience purgée de tout péché mortel ; cette préparation est beaucoup plus nécessaire encore que la première, et rien ne peut en dispenser :1e Saint-Esprit nous assure lui-même dans l'Ecriture, « que la sagesse n'entrera point » dans une âme mal disposée, et qu'il n'habitera » point dans un corps assujetti au péché. » Le sacrement de Confirmation est un sacrement des vivans; il suppose la vie spirituelle dans celui qui le reçoit; son effet est d'augmenter cette vie spirituelle; comme on ne peut faire croître dans la vie naturelle un enfant qui seroit mort , de même il est impossible de fortifier dans la vie de la grâce un Chrétien qui l'auroit perdue : il faut donc , pour être confirmé , ou avoir conservé l'innocence de son Baptême , ou l'avoir recouvrée par une véritable pénitence. Que vousêtes heureux, mon cher Théophile , si vous possédez encore le précieux trésor de l'innocence baptismale 1 Interrogez votre cœur , repassez dans voire esprit toute la suite de votre vie ; si votre

conscience ne vous reproche aucun péché moi* tel , bénissez-en le Seigneur; vous possédez ur avantage inestimable , et vous apporterez au sa crement de Confirmation la plus excellente d< toutes les dispositions; mais si vous avez eu 1< malheur de perdre cette précieuse innocence, i ne vous reste plus d'autre ressource que de recourir au sacrement de Pénitence , et de purifier votre âme de toutes les souillures du péché; sans cette préparation , vous commettriez un sacrilège* Enfin , la troisième disposition est un désir ardent de recevoir le Saint-Esprit avec l'abondance de ses grâces. Quoique la Confirmation ne soit pas aussi nécessaire que le Baptême, c'est cependant un grand péché de négliger ce sacrement; c'est désobéira Jésus- Christ qui l'a institué pour fortifier en nous la grâce du Baptême , et qui nous ordonne d'y avoir recours pour croître dans la vie spirituelle. D'ailleurs si vous faites réflexion à l'excellence des dons que ce sacrement communique , et au besoin que vous en avez , vous soupirerez dans l'attente d'une si grande faveur; vous prierez le Saint- Esprit de se préparer lui-même une demeure dans votre cœur; vous le conjurerez de s'y répandre avec une pleine effusion. C'est par ces saints désirs , et par de ferventes prières , que les apôlfcs se sont disposés à la venue du Saint-Esprit : c'est en imitant leur ferveur, que vous l'attirerez en vous. Il est , à la vérité , un Dieu de bonté , toujours prêt à communiquer ses grâces ; mais il veut qu'on les sollicite avec empressement , et qu'on les demande avec persévérance. La meilleure prière que vous puissiez lui adresser, est celle que l'Eglise met

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dans la bouche de ses enfans le jour delà Pentecôte ; mais dites-la plus de cœur que de bouche. Venez , Esprit créateur , visitez les cœurs de vos enfans , remplissez de la grâce céleste ces cœurs que vous avez créés. Vous êtes l'Esprit consolateur , le don du Dieu tout-puissant , la source vive et intarissable des grâces , le feu divin,, la charité et l'onction spirituelle de nos âmes. Venez avec vos sept dons précieux , vous qui êtes le doigt de Dieu , qui nous montrez nos devoirs, la promesse par excellence du Père, et qui nous suggérez tout ce que nous devons dire ; faites briller votre lumière dans nos esprits ; embrasez nos cœurs des flammes de votre amour; fortifiez notre foiblesse , et donnez à notre chair fragile une force supérieure aux attaques des ennemis de notre salut; éloigneznous de l'esprit tentateur; accordez-nous une paix inaltérable ; faites que, sous votre conduite, nous évitions avec soin tout ce qui pourroit nuire à notre âme ; faites-nous connoître le Père , et Jésus-Christ son Fils unique ; faites-nous croire fermement que vous êtes l'esprit du Père et du Fils , le lien éternel qui les unit ensemble. Venez, Esprit saint, remplissez le cœur de vos Fidèles , et allumez-y le feu sacré de votre amour.

Pratique. \

Réciter avec attention le Vcni , Sanctc Spirilus.

LXXVIIL* LECTURE.

Obligations qu'impose la Confirmation.

,' Omnis qui confitebitur me coram fiominibus , confit ebc et ego eum coram Pâtre meo qui in cœlis est. Qui autemn gaverit me coram hominibus 3 negabo et ego eum coram Pc tre meo qui in cœlis est.

Quiconque me reconnoîtra et me confessera devant le hommes je le reconnoîtrai aussi devant mon Père qui es dans le ciel ; et quiconque me reniera devant les hommes je le renierai aussi devant mon Père qui est dans le ciel Matth. 10.

JLe sacrement de Confirmation , en nous donnant la force de confesser Jésus-Christ ; même au péril de notre vie , nous en fait un devoir. Ur Chrétien confirmé est obligé de défendre la foi quand il se trouve des incrédules qui l'attaquent dans ses dogmes, ou des libertins qui en combattent la morale. C'est INotre-Seigneur lui-même qui imposa cette obligation à ses apôtres, en leur promettantle Saint-Esprit : «Vous recevrez, » leur dit-il , la vertu du Saint-Esprit , et vous » me rendrez témoignage dans Jérusalem, dans » toute la Judée et la Samarie , et jusqu'aux » extrémités de la terre. » Qu'est-ce que rendre témoignage à Jésus-Christ, si ce n'est défendre courageusement la foi qu'il nous a enseignée , s'élever avec force contre tous ceux qui l'attaquent , et ne craindre ni les railleries , ni les menaces des hommes , ni la mort même. Le châtiment terrible dont Jésus-Christ menace dans l'Evangile ceux qui manqueront à ce devoir, nous fait connoître combien il est indispensable.

« Quiconque,

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« Quiconque, dit Notre-Seigneur, me confes- » sera et me reconnoîtra devant les hommes , » je le reconnoîtrai aussi moi-même devant mon » Père qui est dans les cieux ; et quiconque me » renoncera devant les hommes , je le renon- » cerai aussi moi-même devant mon Père* » C'est donc un crime de ne pas confesser Jésus- Christ devant les hommes , de ne pas se déclarer pour lui quand il est outragé. Vous n'avez plus , il est vrai , des persécuteurs à craindre , mon cher Théophile ; vous avez le bonheur de vivre dans un royaume catholique , où le prince, loin de combattre la foi , la défend avec zèle ; mais vous trouverez dans le monde des hommes corrompus dans la foi , qui lâcheront d'ébranler la vôtre , qui parleront le langage de l'impiété. Opposez à ces discours un courage digne d'un soldat de Jésus-Christ. Soutenez les intérêts et la gloire de votre Maître; dites avec la modestie qui convient à votre âge , ce que l'on vous a appris dans les instructions que l'on vous a données sur la religion ; peu de mots sortis de la bouche pure d'un enfant , peuvent , avec la grâce de Dieu , produire plus d'effet que de longs raLsonnemens ; au moins marquez , par un air sérieux et triste , que vous avez horreur de l'impiété. Souffririez-vous qu'on déchirât en votre présence la réputation de votre père ? Non % sans doute : comment donc pourriez-vous souffrir qu'on outrageât devant vous le Dieu qui vous a donné la vie , qui est votre premier père , et qui doit être votre récompense éternelle ? Vous trouverez peut-être , même parmi ceux de votre âge , déjeunes libertins qui se moquent de ceux qui sont fidèles à Dieu , et qui en font l'objet d&

leurs dérisions insensées. Ne craignez point ce* censeurs de la piété , que leurs railleries ne voui ébranlent point. Ah ! si vous connoissiez le fonc de leur cœur , les passions honteuses qui le* tyrannisent f le trouble secret qui les agite , les remords cuisans qui les déchirent , loin de redouter leur mépris , tous auriez pitié de leui aveuglement ; et la vue des misères auxquelles ils sont sujets 9 ne servirait qu'à vous affermit dans la pratique de la vertu. C'est surtout pai ce moyen , c'est-à-dire par la pureté de vos mœurs et par la régularité de votre conduite 9 que vous devez confesser Jésus-Christ , et lui gagner , s'il est possible , ou du moins confondre ceux qui attaquent sa doctrine. L'exemple est plus fort et plus persuasif que les paroles , et rien n'honore et ne confirme plus notre sainte religion , qu'une vie chrétienne et vertueuse. C'est ce que l'apôtre saint Jacques appelle montrer , prouver ? prêcher la foi par ses œuvres. Pour vous encourager à remplir constamment cette obligation que vous impose le sacrement de Confirmation , souvenez-vous , mon cher Théophile , que l'évêque y trace sur le front le -signe de la croix avec le saint chrême : cette marque auguste vous avertit que vous ne devez jamais rougir de la foi , ni la déshonorer par une conduite opposée aux saintes règles de l'Evangile. Défendez donc , soutenez votre foi par la sagesse de vos discours , et plus encore par la sainteté de vos mœurs.

Esprit-Saint, qui, en descendant sur les apôtres , les avez remplis d'une force divine et leur avez fait affronter les mépris , les outrages , les tourn^ens et la mort pour prêcher l'Evangile ,

Sacremlns. 33c)

accordez-moi quelque participation à ce courage intrépide, pour que je ne sois pas ébranlé par les discours des méchans. Je l'avoue , leurs railleries m'intimident quelquefois ; le respect humain m'empêche de professer hautement la piété devant ceux qui s'en moquent ; mais , Seigneur , vous pouvez rendre fort ce qu'il y a <ïe plus foible. Les apôtres étoient foibles et timides avant qu'ils vous eussent reçu; vous avez changé leur timidité en courage , et leur foiblesse en force. Daignez , ô mon Dieu ! opérer en moi les mêmes effets ; donnez-moi la grâce de mépriser les vains discours des lihertins , et de ne jamais rougir de la foi ni de la piété ; faites que j'honorçja religion par mes œuvres , et que je soutienne l'auguste caractère de parfait Chrétien , par une conduite conforme aux maximes de l'Évangile. S'il y a quelque chose à souffrir de la part des méchans , ne dois-je pas me trouver heureux d'avoir part aux opprobres que mon Sauveur a soufferts pour moi ?

Pratique.

Mépriser les railleries des méchans.

34o Doctrine Chrétienne.

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