‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 7 sur 94 · VII,* LECTURE · texte numérisé non relu

VII,* LECTURE

Unité de Dieu.

Ego Dominus , et non aller... Non est D eus ahsquc me, Je suis le seigneur , et il n'y en a point d'autre.. Il ny a point d'autre Dieu que moi. Isaïe 45.

Si vous Faites attention à ce que c'est queDieu, mon cher Théophile , vous verrez clairement qu'il n'y a qu'un Dieu , etA qu'il ne peut y ea avoir plusieurs. Dieu est l'Être suprême , le souverain Seigneur de toutes choses. N'est-il pas évident qu'étant souverain , il est nécessairement unique ? s'il avoit un égal , il ne seroifc plus l'Etre suprême, Toutes les perfections de Dieu prouvent aussi son unité : il ne peut y avoir qu'un seul Être immense , c'est-à-dire , qui remplisse tout, et hors duquel il n'y ait plus rien. Il ne peut y avoir qu'un seul Être infiniment parfait, c'est-à-dire, qui possède toutes les perfections , et hors duquel il n'y ait aucune perfection qui ne vienne de lui. Une si grande majesté ne peut avoir d'égale , parce qu'elle renferme en elle-même toute la plénitude de la grandeur et de la majesté. Cette vérité brille partout dans les Ecritures, où il semble que Dieu nous dit à haute voix : « ConnoiV » sez que je suis Je seul, et qu'il n'y a point » d'autre Dieu que moi. » Écoutez, ô Israël » disoit Moïse au peuple hébreu, le Seigneur votre

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Dieu est l'unique Seigneur. «Je suis !e Seigneur, » dit Dieu lui même , et il n'y en a point d'au- » tre; que tous ceux qui sont à l'orient et à » l'occident sachent qu'il n'y a point d'autre » Dieu que moi : il n'y en a ni avec moi , ni » hors de moi. » Isaïe 45. C'est pour rendre cette vérité sensible , que dans l'ancien Testament il n'y avoit qu'un seul temple , où il voulût être adoré, et un seul autel où il fût permis de lui offrir des sacrifices. Il y a sans doute lieu de s'étonner qu'une vérité si claire ait été autrefois si généralement ignorée, et que presque tous les peuples delà terre aient adoré un grand nombre de divinités. Cette erreur si grossière a été l'effet du péché. Lorsque Dieu créa l'homme , il se manifesta à lui. Dès ce moment, l'homme connut clairement qu'il n'y avoit qu?un Etre suprême qui a fait toutes choses , et de qui toutes choses dépendent. Il transmit à sa postérité cette religion simple et pure , qui se conserva pendant quelque temps. Les hommes alors , pour connoître l'unité de Dieu, n'avoient besoin que du témoignage de leurs pères. Cette tradition étoit d'ailleurs si conforme à la raison, qu'ilsembloit qu'elle ne pût jamais être oubliée ni obscurcie ; mais depuis le péché , la raison étoit foible et corrompue. A mesure que l'on s'éloignoit de l'origine des choses , les hommes brouillèrent les idées qu'ils avoient reçues de leurs ancêtres V et ils ne voulurent plus adorer que ce qu'ils pouvoient voir. De là l'idolâtrie se répandit dans tout l'Univers. L'idée de Dieu fut confondue avec celle de la créature. Ainsi l'on adora toutes les choses où l'on vovoit quelque puissance extraordinaire. Le soleil et le$

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astres , qui se faisoient sentir de si loin, furent les premiers objets de l'adoration publique. Les grands rois , les conquérans , qui pouvoient tout sur la terre , eurent bientôt après les honneurs divins. Un si grand mal fit des progrès étranges; on en vint jusqu'à adorer des bêtes et des reptiles : tout étoit Dieu , excepté Dieu même. Le monde qu'il a voit fait pour manifester sa puissance 9 sembloit être devenu un temple d'idoles. On ne s'en tint pas encore là : les vices mêmes et les passions eurent des autels. Enfin , au milieu de tant de ténèbres , l'homme adora jusqu'à l'œuvre de ses mains : il crut pou* voir renfermer l'esprit divin dans une statue ; et il oublia si profondément que Dieu l'avoit fait, qu'il crut à son tour pouvoir faire un Dieu. Chaque peuple eut ses dieux particuliers, dont les uns présidoient au ciel , les autres à la mer et aux fleuves, d'autres aux enfers. Un si prodigieux aveuglement vous étonne , mon cher Théophile: éclairé des lumières de la foi , vous comprenez qu'une puissance infinie suffit seule pour produire toutes choses , et qu'une sagesse infinie suffit seule pour gouverner l'Univers. Vous sentez même que le bel ordre qui y règne atteste un seul .créateur , un seul et unique maître , et que cet ordre admirable ne pourrait subsister, s'il y avoit plusieurs dieux. Cependant ce n'étoi-ent pas seulement des peuples grossiers et barbares qui tombèrent dans cet excès de folie et d'aveuglement, c'étaient les nations les plus polies et les plus éclairées à tout autre égard , les Égyptiens , les Grecs et les Romains. Ces perdes surpassoient tous les autres en talens et en connoissances «5 mais en

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matière de religion , ils n'étoient pas moins aveugles. Onvoyoitchezeuxde grands orateurs, des poètes célèbres , d'excellens historiens , ea un mot, des génies rares en tous genres , et cependant ces peuples étoient dans la plus profonde ignorance sur la nature delà divinité; et ce que l'on auroit peine à croire , si l'expérience ne l'eût prouvé , l'erreur la plus absurde a été non-seulement la plus universelle, mais encore la plus enracinée et la plus incorrigible parmi les hommes. Ils ne seroient jamais sortis des ténèbres de l'idolâtrie , si une lumière surnaturelle ne fût venue au secours de la raison , et si Dieu n'eût parlé lui-même aux hommes pour leur apprendre ce qu'il est , et comment il \è\xt être honoré.

Hélas ! nous serions nous - mêmes plongés dans cet aveuglement, Seigneur, si vous n'aviez daigné nous éclairer. La raison seule, abandonnée à elle-même , auroit été aussi insuffisante pour nous qu'elle l'a étéV(pour tous les peuples delà terre qui ne vous connoissent pas : l'usage qu'en ont fait tous les hommes, pendant un si grand nombre de siècles , ne montre que trop clairement celui que nous en aurions fait nous-mêmes. Sa lumière , obscurcie par le péché , nous auroit laissés , comme eux , dans les erreurs les plus grossières , et dans l'ignorance de la vérité , qu'il nous importe le plus de connoître. Mais vous avez daigné parler vousmême aux hommes , et leur révéler non-seulelement les vérités naturelles qu'ils avoient oubliées, mais encore les mystères incompréhensibles de votre divine essence , et les desseins

impénétrables de votre miséricorde infinie.

Grand Dieu ! de quelle nuit profonde avez-vou* tirel Univers ! et dans quels siècles heureux no^s avez-vous (at naître j S). nos , 2T21

ee pas à la rehgion sainte que nous professons *

cette lumière divine nous a éclairés dès kZl-

ceau. Les premières leçons qu'on nous a données

dans notre enfance , nous en ont plus apprË que n en ont -s r ^ P PP ^ ue

d actions de grâces ne vous devons-nous pas pour nous avoir préservés de cet aveuglement i Car, queUe folie n'est-ce pas d'adorer plusieurs d.eux ! Vous êtes , Seigneur . l'Être infini S

par excellence, et nul antre ne peut vous égaler? Vous remplissez^ toutes choses, et il ne reste Plus de place dans tout l'Univers , ni mime dans ma pensée. Tout cequiVestpa vouTTst infin.ment moins que vous, tout ce qui n'est PanStJOUS'n^.q»e ^ant. Périssent tous le* fantômes de divinités que l'on a osé vous comparer ! Pensœ toute idole à laquelle on adret seroit des hommages qui ne sont dus qu'à vous ! Au roi des s.ècies , immortel et invisible, à l'u-

3es S°lt Dn6Ur 6t g,°ire dans tous hs

Amen,

Remercier Dieu de nous avoir appelés à h connoissance de la vérité. V

Symbole. §7

VIILe LECTURE.

Il y a une révélation. Autorité des Livres

saints.

Mtdtifariàm muttisque modis olim Deus loquens paiïritus in propiiêtis : novissimè... locutus est n&bts in fiiia» Hebr. 1.

Dieu a parlé autrefois à nos pères , en diverses occasion» et en diverses manières , par les prophètes : enfin, il nous a parlé à nous-mêmes par son fils.

"VOTS connoissez , mon cher Théophile , les livres sacrés que l'on nomme Y ancien et le nouveau Testament. Vous croyez que ce qui y est contenu est la parole de Dieu ; que ceux qui ont écrit ces livres, ont été les envoyés, les interprètes de Dieu; que c'est en son nom , par son ordre et par son inspiration qu'ils les ont écrits ; mais il vous est utile de réfléchir avec moi sur les motifs qui appuient votre croyance , et qui doivent la rendre ferme et inébranlable. Premièrement, on ne peut douter que ces livres n'aient eu pour auteurs ceux à qui on les attribue , qu'ils ^n'aient été conservés avec une vénération religieuse , et qu'ils ne soient venus jusqu'à nous par une tradition constante et non interrompue. Le premier de ces saints livres a toujours été attribué à Moïse, législateur des Hébreux , par un peuple entier, dont la religion , les usages civils , la constitution même sont évidemment fondés sur ce livres

de sorte qu'on ne pourroit nier que Moïse en est l'auteur, sans nier l'existence de ce peuple ; ce qui est une absurdité manifeste. D'ailleurs, ce liyre porte l'empreinte de la plus haute antiquité : il est incontestablement le plus ancien livre du monde; il renferme les premiers mo~ numens de l'origine des clioses. Cette origine y est rapportée avec une siinplicité sublime, que les historiens profanes n'ont jamais pu imiter. Il en est de même des autres livres sacrés : les faits qui y sont racontés supposent nécessairement ceux qu'on lit dans les livres précédons , et conduisent aux faits qui se trouvent dans les livres suivans : de manière que l'on ne peut changer les dates sans brouiller tout et sans y répandre la confusion. i.° Il n*jest pas possible de se refuser à une tradition si bien suivie , à une chaîne de témoignages du tout se tient, où tout est lié. 2»° On ne peut pas douter que ces livres n'aient été conservés purs et sans aucune altération. Le respect infini que toute la nation avoitpour ces livres , est un sûr garant de leur intégrité: on en gardoit religieusement l'original dans le temple , tout le peuple les avoit entre les mains ; on les lisoit tous les jours ; les pères les transmettaient à leurs enfans ; comme leur plus précieux héritage , il n'auroit pas été possible d'y faire le moindre changement sans exciter une réclamation générale : ces saints livres sont donc au-dessus de tout soupçon d'infidélité et d'altération. 5.° Ceux qui les ont écrits étoient les ministres et les envoyés de Dieu; ils ont prouvé leur mission divine par des prodiges éclatans , et par des prophéties qui ont été accomplies à la lettre. Et d'abord, les

miracles qu'ils ont faits sont indubitables ; ils ont été opérés en présence de tout le peuple , qui y est pris à témoin de ces faits miraculeux. C'est sur ce fondement que l'on établit une loi dure et pénible , que l'on ordonne des châtimens rigoureux contre les transgresseurs , que l'on fait à ce peuple les réprimandes les plus vives et les plus humiliantes, qu'on lui reproche son infidélité , son ingratitude et ses crimes. Le peuple est si convaincu de la vérité des miracles, qu'il s'assujettit à cette loi sévère, qu'il se soumet à ces châtimens , qu'il révère les livres où se trouvent ces reproches accablans. JEn effet, ces miracles sont d'une évidence si palpable, qu'il étoit impossible d'y être trompé : c'est un royaume entier frappé , à diverses reprises , de dix plaies terribles; c'est la mer ouverte pour donner passage aux Hébreux , et refermée pour submerger Pharaon avec toute son armée ; c'est un peuple immense, nourri pendant quarante ans de la manne qui tomboit du ciel , désaltéré par des torrens tirés du sein des rochers , couvert par une nuée contre l'ardeur du jour, et éclairé par une colonne de feu pendant la nuit; c'est le cours du Jourdain suspendu, le soleil arrêté dans sa course pour assurer la victoire ; c'est une armée entière de cent quatrevingt-cinq mille hommes foudroyée dans une nuit sous les remparts de Jérusalem. Tous ces prodigesr et mille autres de cette nature , dont plusieurs étoient attestés par des fêtes solennelles , établies à dessein d'en perpétuer la mémoire , ne pouvoient être ignorés par les plus stupides, ni révoqués en doute par les plus incrédules. La preuve qui en résulte des pro-

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phéties , n'a pas moins de force: on voit dans les livres saints une foule d'hommes inspirés, qui ne parlent point en doutant , en hésitant ' en conjecturant , mais qui d'un ton affirmatif, déclarent hautement en public \ que tels événemens arriveront certainement' dans le temps , dans le lieu et avec toutes les circonstances qu'ils marquent : et quels événemens ? les plus détaillés , les plus importans, les plus intéressans pour la nation; et tout à la fois les plus éloignés de toute vraisemblance dans le temps où ils ont été prédits : tels sont l'enlèvement des Juifs à Babylone , après la prise et la ruine de Jérusalem alors florissante; le terme précis de soixante- dix ans marqué pour la durée de la captivité; le retour glorieux de ce peuple dans sa patrie; Cyrus , son libérateur , désigné et appelé par son nom plus de 200 ans avantsa naissance : telle est la succession et Tordre des quatre grands empires, dont deux sont nommés , celui des Perses et celui des Grecs , quoique ces derniers fussent alors resserrés dans un pays pauvre , et partagé en plusieurs petits états. Comment pouvoient-ilsconnoître avec tant de certitude les bornes qu'ils assignent à chaque monarchie , et le nom des peuples conquérans , si ce n'est par une inspiration divine ? Qui estce qui découvroit ainsi aux prophètes des événemens si éloignés , si peu vraisemblables alors, sinon celui qui est le maître des empires aussi bien que des temps , celui qui a tout réglé par ses décrets , et qui les révèle à qui il lui plaît par une lumière surnaturelle ? C'est ainsi que les écrivains sacrés ont, de tout temps , été regardés comme les ministres et les envoyés de

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Dieu , qui parloit par leur bouche : c'est ainsi que leurs livres ont mérité d'être révérés comme les livres divins , qui contenoient la parole de Dieu même. L'autorité des livres du nouveau Testament est appuyée sur les mêmes fondemens, et elle est également incontestable. Le nouveau Testament renferme l'histoire de la vie , des miracles , de la doctrine du Fils de Dieu , écrite par ses disciples , tous auteurs contemporains, qui en rendent un témoignage uniforme , et qui racontent ce qu'ils ont ouï de leurs oreilles , et vu de leurs yeux. Le dépôt précieux de ces livres a été confié à l'Église , c'est-à-dire , à une société nombreuse répandue par toute la terre , qui a attesté de siècle en siècle , que ces livres étoient les ouvrages de ceux dont ils portent le nom. Dès l'origine du christianisme , ces livres ont été cités et même transcrits par les plus grands hommes qui avoient vu les apôtres : jamais les ennemis du christianisme , tels que Julien l'Apostat , Celse, Porphyre , n'ont élevé le moindre doute sur ce point, quoiqu'ils fussent si près du temps des apôtres , et par conséquent à portée de connoître la vérité. Les hérétiques , qui avoient le plus grand intérêt à contester l'autorité de ce livre divin , Font reconnu hautement; ils s'efforçoient seulement d'en détourner le sens. Dans tous les temps l'Église a conservé une profonde vénération pour ce livre ; elle en faisoit une lecture publique dans toutes les assemblées de religion ; elle Ta toujours regardé comme l'ouvrage du Saint-Esprit , comme la parole de Dieu; elle a toujours été persuadée que Ton ne pouvoity ajouter ni en retrancher sans impiété»

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sans sacrilège. Les livres du nouveau Testament sont donc authentiques; mais si ces livres sont authentiques , les faits divins qu'ils contiennent sont donc vrais ; et si ces faits sont Trais , Dieu lui-même a donc parlé aux hommes. Qu'ils sont vénérables , ô mon Dieu , ces saints livres qui renferment une doctrine toute céleste , où vous nous instruisez vous - même ! Avec quel respect ne dois-je pas recevoir cette divine parole ! Avec quelle docilité ne dois-je pas m'y soumettre ! C'est vous qui avez parlé par la bouche des prophètes et des évangélistes ; ils n'ont été que les instrumens et les organes de votre divin Esprit. Par eux vous nous avez appris ce que vous êtes , et ce que nous sommes, quelle est notre origine , notre destination et noire fin. Est-il rien de plus intéressant pour nous que la connoissance de ces vérités essentielles ? Quel objet plus grand , plus digne de toute mon attention, qu'un livre oit vous manifestez vous même vos desseins éternels sur les hommes , et où vous avez daigné tracer de votre main le plan de tous leurs devoirs ! Dès-là que c'est vous qui nous parlez dans ce saint livre, tout ce qu'il contient est vrai, certain , incontestable, et je dois le croire sans hésiter; tout ce qu'il prescrit est saint, pur, inviolable, et je dois le pratiquer avec fidélité ; toute doctrine contraire à ce qu'il enseigne n'est que mensonge et illusion , et je dois la rejeter avec horreur; je dois opposer l'autorité de l'Ecriture à la licence audacieuse de l'incrédulité. Inspirez-moi , ô mon Dieu ! un respect. infini pour ce saint livre , et que ce respect me rende attentif à éviter tout ce qui pourroit afîbiblir ma

Symbole. 4&

foî : faites luire à mes yeux cette lumière qui éclaire l'esprit et le cœur; qu'elle me rende fidèle à croire tout ce que vous nous enseignez, et h pratiquer tout ce que vous nous commandez.

Pratique.

^Ecouter avec respect la parole de Dieu.

IXALECTURE.

Mystère de la Sainte Trinité.

Très sunt qui testimonium dant in cœlo, Pater y Verbum et Spiritus Sanclus, et hi très unum sunt.

Il y en a trois qui rendent témoignage dans le eiel , le Père,, le Verbe et le Saint-Esprit , et ces trois sont une même chose. IT. Jean^ 5,

Quoiqu'il n'y ait qu'un seul Dieu , mon cher Théophile, ily a cependant en Dieu trois personnes. Dieu , qui est un et simple dans sa nature , est néanmoins Père , Fils et Saint- Esprit. Le Père n'est pas le Fils ; !e Saint-Esprit n'est ni le Père ni le Fils. Cependant ces trois personnes ne sont toutes trois qu'une seule et même divinité , qu'une seule et même nature. Ce n'est point ici une de ces vérités que la raison nous découvre ; c'est un mystère que la foi nous enseigne. Tout l'Evangile nous annonce , toute la religion nous apprend qu'il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes , que chacune de ces trois personnes est Dieu , et qu'elles ne sont qu'un seul Dieu. C'est Dieu lui-même qui nous a révéléce mystère d'une manière sensible dans

le baptême de son Fils, lorsqu'on entendit la voix du Père , qui le reconnut publiquement pour son Fils bien-aimé, et que l'on vit descendre le Saint-Esprit en forme de colombe sur le Fils de Dieu. C'est Jésus-Christ lui-même qui l'a déclaré manifestement, quand il a ordonné à ses. apôtres de baptiser toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit, montrant par là que ces trois personnes, sont égales , puisque tous les hommes sont consacrés également à ces trois personnes ; ce qui est confirmé par les paroles de S. Jean, que vous venez d'entendre : « Il y en a trois qui » rendent témoignage dans le ciel, le Père, le » Fils et le Saint Esprit, et ces trois ne sont y> qu'une même chose. » Ce mystère est le grand objet de notre foi , et i! n'y en a point auquel notre religion nous rappelle si souvent*. Toutes nos prières commencent et finissent par l'invocation de la Sainte Trinité. Le signe dé la croix, qui revient si souvent dans les cérémonies de l'Eglise, dans les actions particulières des Chrétiens, se fait au nom du Père , du Fils et du Saînt-Esprit. Vous voyez donc , mon cher Théophile , qu'il ne faut point diviser la nature divine, qui est unique, ni confondre les personnes , qui sont distinguées l'une de l'autre ; que le Fils est le même Dieu que le Père , mais qu'il n'est pas la même personne ; que le Saint-Esprit est le même Dieu que le Père et le Fils , mais qu'il n'est pas la même personne. Le Père est ainsi appelé , parce que de toute éternité il engendre un Fils qui est la seconde personne; et du Père et du Fils procède le Saint-Esprit, qui est la

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troisième personne de la Sainte Trinité. Ces trois personnes ne sont pas trois Dieux, mais un seul Dieu , parce qu'elles n'ont qu'une seule et même divinité , qu'une seule et même nature ; d'où il suit que ces trois personnes sont égales en toutes choses , et que l'une n'est pas plus grande , ni plus puissante , ni plus ancienne que les deux autres , puisqu'elles ont toutes trois la même grandeur , la même puissance , la même éternité. Voilà ce qu'il a plu à Dieu de nous faire connoître du mystère de la Sainte Trinité, mystère sublime auquel l'esprit humain ne peut atteindre; mais Dieu Fa révélé, ce mystère , et Dieu , qui est la vérité même , ne peut ni se tromper , ni nous tromper. Nous devons donc le croire sur l'autorité infaillible de sa parole. Rien n'est plus raisonnable que de soumettre sa raison à l'autorité de Dieu , dans les choses même que nous ne comprenons pas. Il y auroit de la folie à vouloir approfondir ce mystère , qui est au-dessus de notre raison. La raison est fort bornée : comme il y a hors de la portée de nos yeux des objets que nous ne voyons pas , il y a aussi hors de la portée de notre esprit des vérités que nous ne comprenons pas. Ce n'est pas seulement quand il s'agit de Dieu , que notre raison est en défaut ; dans les choses naturelles même , combien n'y en a-t-il pas que nous ne pouvons comprendre , et qui n'en sont pas moins certaines et indubitables ! Je vais, mon cher Théophile, vous rendre celte vérité sensible. Si un habile astronome vous parloit de la distance , de la gran* deur, de la rapidité des astres dans leurs mouvemeus ; s'il vous disoit , par exemple , que le

soleil est un million de fois plus grand que la terre , qu'il en est éloigné de plus de trentedeux millions de lieues , votre esprit ne pourroit s'assurer par lui-même de la vérité de ce que l'on vous diroit : yous le croiriez cependant sur la parole d'un homme fort habile; vous diriez : si je ne le comprends pas , c'est que je suis encore enfant. Eh bien , mon cher Théophile , quand il s'agit de la nature de Dieu , tous les hommes ne sont sur la terre que comme des enfans. Ils parviendront un jour à la plénitude de l'âge parfait; alors les voilés se dissiperont , et ils verront clairement ce qu'ils ne peuvent maintenant ni pénétrer ni comprendre. « Vouloir en cette vie solder ce mystère , c'est » une témérité , dit S. Augustin : le croire par » la lumière de la foi , c'est le fruit de la piété; » le connoître dans l'autre vie , c'est la souve- » raine félicité. » Il doit nous suffire , dit le Catéchisme du concile de Trente, que c'est Dieu qui nous a enseigné ce mystère , puisqu'on ne peut sans folie refuser de croire à sa parole. Que celui donc qui , par le secours de sa grâce , croit ce divin mystère , prie Dieu de le .rendre digne de jouir de la béatitude éternelle, pour y contempler sans voile ce mystère adorable ; car c'est la foi du mystère de la Sainte Trinité qui nous fait chrétiens, et ce sera la vue claire et parfaite de ce mystère , qui nous rendra éternellement heureux.

Je crois , ô mon Dieu ! et j'en fais une profession publique et solennelle , je crois qu'il y a un seul Dieu en trois personnes distinctes. J'adore le Père, j'adore le Fils,, j'adore le Saint- Esprit ; en adorant ces trois personnes , je nV

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dore qu'un seul el même Dieu. Je croîs et je confesse que le Fils est éternellement engendré du Père; je crois et je confesse que le Saint- Esprit procède éternellement du Père et du Fils ; je crois que ces trois personnes n'ont qu'une même nature et qu'une même souveraine perfection , sans aucune dépendance et sans aucune inégalité. Je -ne- comprends pas , à la vérité , ce mystère ; mais je sais , ô mon Dieu ! que c'est vous qui l'avez révélé; cela me suffit : je préfère, sans hésiter, votre raison à la mienne : le meilleur usage que je puisse faire de ma foible lumière , est de la soumettre à votre autorité. Je ne vois pas , à la vérité , ce que je crois ; mais je vois clairement que je dois le croire, et que , quand vous parlez , je n'ai plus qu'à vous écouter et à me soumettre. Je sais que ma raison est bornée , et que vous êtes infaillible : je serois même surpris de comprendre ce que vous me révélez de vos perfections infinies ; car vous ne seriez pas ce que vous êtes, si vous n'étiez incompréhensible; et vos merveilles ne mérîteroient plus ce nom , si l'esprit humain pouvoit y atteindre. Au lieu de vouloir pénétrer un mystère si relevé , je me livre à un sentiment de reconnoissance , de ce qu'il vous a plu de nous révéler ce que vous êtes. Qu'est- ce que l'homme, ô mon Dieu ! pour que vous ayez daigné vous faire connoître à lui ? Je me livre à la douce espérance de voir el de contempler un jour dans le ciel ce que je crois maintenant sans le comprendre.

Pratique.

Prononcer avec respect ces paroles : Au nom du Père, du F ils et du Saint-Esprit.

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