‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 85 sur 94 · XCIX.e LECTURE · texte numérisé non relu

XCIX.e LECTURE

Oraison Dominicale : ce quil faut demander à Dieu.

Videte qualem caritatem dédit nohis Pater > ut fitii "Dei nominemur et simus*

Considérez quel amour le Père nous a témoigné , de vouloir que nous soyons appelés , et que nous soyons en effet les enfans de Dieu. J. Joann. 3.

C'est Notre-Seigneur lui-même qui nous a enseigné ce que nous devons demander à Dieu , et l'ordre dans lequel il faut le demander, il a bien voulu lui-même dresser la requête que nous devons présenter en son nom au Père éternel , et nous laisser une excel-

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lente formule de prière , que Ton appelle pour cette raison , la prière du Seigneur, ou YOraison dominicale. Jésus-Christ, dit saint Cyprien , entr'autres avis et préceptes salutaires qu'il a donnés à son peuple pour le conduire au salut , lui a prescrit une formule de prière , afin que nous fussions plus facilement exaucés par le Père , lorsque nous lui adresserions la prière même que son propre Fils nous a apprise. « Prions donc , ajoute ce » saint docteur , comme notre Maître et notre » Dieu nous Ta enseigné ; c'est une prière » bien agréable à Dieu que celle qui vient de » lui-même , que celle qui frappe ses oreilles » par les paroles de Jésus-Christ : que le Père » reconnoisse les paroles de son Fils quand » nous le prions. Puisque c'est Jésus-Christ qui » est notre avocat auprès du Père , servons- » nous des propres paroles de notre interces- » seur ; il nous assure que le Père nous accor- » dera tout ce que nous lui demanderons en » son nom ,* combien plus nous accordera-t-il > » si nous demandons, non-seulement en son » nom , mais par ses paroles ! » Aussi l'Eglise fait-elle un usage continuel de cette divine prière ; c'est par elle qu'elle commence et qu'elle finit tous ses offices ; elle la rappelle en particulier au saint sacrifice de la messe. Les fidèles doivent la réciter tous les jours , le matin et le soir, et se la rappeler de temps en temps dans le cours de la journée. L'Oraison dominicale est composée d'une courte préface et de sept demandes, dont les trois premières se rapportent à Dieu , etles quatre autres nous regardent nous-mêmes ; elle renferme tout ce que nous

pouvons désirer et demander à Dieu ; elle est la règle sur laquelle nous devons former nos sentimens et nos désirs. Nous pouvons bien nous servir d'autres paroles dans nos prières , mais nous ne pouvons demander h Dieu autre chose que ce qui y est renfermé ; toute demande qu'on ne peut y rapporter , est indigne d'un Chrétien , et ne sauroit être agréable à Dieu. La préface consiste dans ces mots : Notre Père qui êtes dans les cieucc. Jésus-Christ a réuni dans ce peu de mots tout ce qu'il y a de plus capable d'engager Dieu à nous exaucer , et de nous inspirer à nous-mêmes des sentimens de respect , d'amour et de confiance : nous appelons Dieu notre père , c'est Jésus- Christ qui nous l'ordonne. Dieu est en effet notre Père par la création , puisqu'il nous a donné la vie , et qu'il nous a formés à son image; il l'est encore plus par la grâce de la régénération , puisque dans le Baptême il nous a adoptés en Jésus -Christ pour ses enfans. « Considérez 9 dit l'apôtre saint Jean , quel » amour le Père a eu pour nous , de vouloir » que nous soyons appelés , et que nous soyons » en effet les enfans de Dieu. » Parce que vous êtes enfans , ajoute saint Paul , Dieu a envoyé dans vos cœurs l'esprit de son Fils, qui crie : mon Père3 mon Père ! 0 nom plein de douceur et de charmes ! quel amour , quelle reconnoissance , quelle confiance ne doit-il pas exciter dans notre cœur, mon cher Théophile ! S'il est vrai que Dieu est votre Père , pouvezvous craindre que votre prière soit rejetée , lorsque vous lui rappellerez un nom qu'il prend à notre égard avec tant de complaisance? Que

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n'accordera-t-ïl pas à un enfant qui le prie , après qu'il l'a reçu au nombre de ses enfans , par une grâce qui a prévenu ses prières et ses désirs ? Ne craignez que de vous rendre indigne par votre désobéissance , d'être appelé l'enfant de Dieu; rien autre chose ne peut arrêter le cours de ses grâces et l'effet de vos prières. Chacun de nous en parlant à Dieu , $it: notre Père* et non pas rnon Père; parce qu'ayant tous le même Père , et espérant de lui le même héritage , nous ne devons pas seulement prier pour nous , mais encore pour tous les fidèles qui sont nos frères. Par là , nous comprenons que ce n'est pas en notre propre nom que nous prions, mais au nom de Jésus-Christ, et en union avec tout le corps de son Eglise dont nous sotnmes les membres. Nous ajoutons Qui êtes dans les deux ; car quoique Dieu soit en tous lieux par son immensité , nous considérons néanmoins le ciel comme le trône de sa gloire : c'est dans le ciel qu'il fait éclater sa magnificence , et qu'il se montre à ses élus à découvert et sans nuage. C'est au ciel que nous sommes appelés nous-mêmes ; le ciel est notre patrie, et l'héritage que notre Père nous destine. Lors donc que nous nous mettons en prière , élevons nos pensées et nos désirs vers le ciel ; unissons-nous à la société des esprits bienheureux ; excitons dans nos cœurs le désir et l'espérance de posséder Dieu.

Vous me permettez , ô mon Dieu ! vous m'ordonnez même de vous appeler mon Père; ce nom si cher à mon cœur me répond de votre tendresse pour moi , et m'assure vos misé ricordes. Vous êtes mon Père , et le meil-

leur de tous les Pères. Que pourriez-vous me refuser qui me fût véritablement utile ? Je ne vous demande , ô mon Père ! que ce que vous m'avez vous-même appris à vous demander : je vous adresse les paroles même que vous m'avez enseignées; c'est vous qui m'avez dicté la prière que je vous fais : vous voulez donc l'exaucer ; vous voulez m'accorder toutes les demandes qu'elle renferme. Je ne désire rien autre chose ; tous mes véritables besoins y sont exposés. Qu'il est doux , qu'il est consolant pour moi , de savoir que j'ai dans le ciel un Père' infiniment riche , infiniment puissant et infiniment bon, qui veut remédier à tous mes maux , et m'enrichir de tous les biens! O mon Père, mon tendre Père ! je me présente devant vous avec une confiance pleine et entière , avec la confiance d'un enfant ,• je répands mon âme dans votre sein paternel. Que vous êtes bon de me regarder, de me traiter comme votre enfant! Qui suis- je, ô mon Dieu ! pour être honoré de cette auguste qualité , et pour en ressentir tous les avantages? Je suis votre anfant , que peut-il me manquer? A ce litre j^ptiis tout demander , je suis sûr de tout obtenir.

Pratique.

Parler à Dieu comme à un bon père.

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