‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 89 sur 94 · CIII.« LECTURE · texte numérisé non relu

CIII.« LECTURE

Quatrième Demakdk.

]}onnez-noiis aujourd'hui notre pain de chaque jour»

iiPRks les trois premières demandes qui regardent la gloire de Dieu , nous demandons au Père céleste ce qui nous est nécessaire chaque jour pour la vie du corps et pour celle de l'âme. Dieu est la source de tous les biens; c'est lui qui pourvoit à tous nos besoins dans l'ordre de la nature et dans celui de la grâce. Nous sommes tous devant lui comme des indigens qui n'ont rien (\i\e ce qu'ils reçoivent de sa main libérale. « Toutes les créatures , dit le prophète , en » parlant à Dieu , toutes les créatures attendent » de vous la nourriture que vous leur donnez » en leur temps; vous ouvrez voire main, et » elles sont rassasiées de vos biens. » Lejs ri* ches eux-mêmes sont obligés de demander chaque jour leur pain : pour reconnoîlre que tout ce qu'ils possèdent est dans la main de Dieu , qu'ils le tiennent de sa libéralité , et qu'ils peuvent le perdre en mille manières , s'il ne le leur conserve. Remarquez , mon cher Théophile , que nous demandons à Dieu , non pas des richesses superflues , non pas de quoi satisfaire notre sensualité ou notre orgueil, mais uniquement notre pain , c'est-^-dire, ce qui nous est absolument nécessaire pour notre subsistance , selon notre état ; encore ne devons-nous h

demander que pour le jour présent; car Nctre- Seigneur nous défend de nous inquiéter du lendemain , où nous ne sommes pas sûrs d'arriver; il veul que nous nous reposions sur sa providence , et que chaque jour nous recourions à lui , bien assurés que nous retrouverons chaque jour un bon Père, loujours également disposé à accorder à ses enians tout ce qui leur est nécessaire : « Ne vous mettez point en peine , nous » dit-il lui-même , où vous trouverez de quoi » boire et de quoi manger pour le soutien de » votre vie , ni d'où vous aurez des vétemens j> pour couvrir votre corps ; votre Père qui est » dans le ciel sait que vous avez besoin de tou- 7> tes ces choses. Ne soyez point inquiets pour » le jour qui doit suivre; à chaque jour suffit » son mal. » Celte confiance en la providence ne doit cependant pas être oisiveet présomptueuse; Dieu ne veut pas favoriser la paresse , mais il nous ordonne de faire tout ce qui dépend de nous: et quand nous l'avons fait, de nous confier en lui, et de compter alors sur les trésors inépuisables de sa providence. La manne étoit donnée jour par jour aux Israélites dans le désert; et pendant quarante ans elle ne manqua pas une seule fois : voilà pour les besoins du corps. Nous avons aussi une âme qui a besoin d'une nourriture spirituelle ; c'est ce pain de l'âme que nous demandons principalement dans cette prière. La nourriture de notre âme , c'est la parole de Dieu , c'est la grâce , c'est la divine Eucharistie. La parole de Dieu nourrit notre âme; elle conserve les justes, et les fait avancer dans la justice; elle guérit les pécheurs , et les ramène à la vie de la grâce

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qu'ils ont perdue ; c'estle moyen ordinaire dont Dieu se sert pour faire entrer et croître dans notre âme , la connoissance et l'amour des vérités du salut. Vous ne devez donc jamais négliger d'entendre la parole de Dieu , mon cher Théophile , vous devez l'écouter avec respect , avec attention , et avec le désir d'en profiter. La grâce est aussi nécessaire pour la vie de l'âme , que le pain matériel Test pour la vie du corps : c'est la grâce qui soutient l'âme , qui la fortifie, qui la fait agir; nous en avons un besoin continuel; Dieu veut que nous demandions et que nous fassions instance tous les jours pour l'obtenir. Enfin , la sainte Eucharistie est la nourriture de notre âme. Jésus-Christ lui-même nous l'assure. « En vérité , en vérité , je vous le dis , » si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, » et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez » point la vie en vous ; je suis le pain vivant des- » cendu du ciel; celui qui mange de ce pain vi- » vra éternellement. » Les Chrétiens des premiers siècles mangeoient tous les jours ce pain céleste ; il seroit bien à souhaiter que nous pussions y participer comme eux, parce que notre âme tombe en défaillance et meurt, quand elle néglige de s'en nourrir : mais comme il faut avoir le cœur purpour recevoir la sainte Eucharistie , en priant de nous donner chaque jour ce pain de vie , nous lui demandons la pureté du cœur, qui nous mette en état de le prendre avec fruit.

Oserai je le dire , ô mon Dieu ! dès que vous êtes notre Père, celte qualité vous engagea nourrir vos enfans. Je viens donc à vous comme à la source de tous les biens; en vous représentant mes besoins temporels, je ne vous demande point

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un superflu qui me seroil nuisible par l'abus que j'en 1er ois; je ne vous demande que ce qui m'est nécessaire pour vivre d'uno manière convenable à mon état: ce n'est point avec inquiétude pour l'avenir que je vous adresse celle prière , c'est seulement pour aujourd'hui; demain je vous présenlcrai mes vœux tout de nouveau : il est bien juste que chaque jour je reconnoisse devant vous mon indigence , que chaque jour je rende hommage h votre pouvoir souverain; mais ce que je vous demande surtout , omon Dieu ! c'est de pourvoir aux besoins démon àme; c'est votre parole qui la nourrit , c'est voire grâce , c'est l'auguste sacrement de votre corps et de votre sang. Ah ! Seigneur, celte nourrilure céleste m'est infiniment plus nécessaire encore que les alimens corporels. La vie de l'àme est bien plus précieuse que celle du corps. Remplissez mon âme de votre sainte doctrine ; faites que je la goûte , que je la médite, et que je m'en nourrisse continuellement. Répandez sur moi l'abondance de voire grâce; qu'elle soil ma force et mon appui dans l'extrême foiblesse où je suis» Recevez-moi souvent 5 la table sainte; que j'y coure avec empressement; que je fasse mes délices de ce pain des anges qui donne la vie éternelle»

Pratique.

Attendre lout de la providence /quand on a fait ce qu'on a pu»

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