‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 11 sur 87 · XII.e LECTURE · texte numérisé non relu

XII.e LECTURE

Promesse d'un Sauveur.

Cita • rcpromissio ad patres noslros fucta est, liane Dan adiinplevit.

Dieu a accompli la promesse qu'il avoit faite à nos pères. Ait. i3.

-L'homme étoit perdu sans ressource , si Dieu n'avoit eu pilié de lui : il avoit offensé une majesté infinie ,et par conséquent il étoit incapable de réparer son péché , puisqu'il ne pouvoit offrir une satisfaction égale à l'offense. Mais rassurez-vous , mon cher Théophile , Dieu l'a prévenu par une miséricorde dont les effets sont aussi incompréhensibles que ceux de sa justice. La promesse consolante d'un Sauveur a suivi de fort près le péché , et Dieu , avant même de prononcer à Adam l'arrêt de sa condamnation , lui a montré, sous l'image de la malédiction lancée contre le serpent , le salut qu'il lui préparoitàluiet à sa postérité : car il maudit le serpent , c'est-à-dire , le démon qui s'en étoit servi pour tromper la femme; et il déclara que delà femme naîtroit un jour celui qui lui briseroit la tête, c'est-à-dire qui détruiroit la puissance du démon. Ainsi le comprirent nos premiers parens , et leurs descendans après eux. Cette promesse ne fut exécutée qu'au bout de quatre mille ans. Dieu se réservoilde la développer pendant ce long intervalle, et de la réitérer avec plus de

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clarté et plus d'étendue. En effet , la promesse que Dieuavoil faite à Adam , fat confirmée dans

la suite par celle qu'il lit à Abraham , destiné à être la tige et le père d'un peuple singulièrement consacré au culte de Dieu. « Sortez , lui dit la » Seigneur , sortez de votre patrie , et vénézolans » le pa\s. cpie je vous montrerai : je ferai naître i de VOUS un peuple nombreux , et toutes les » nations de la terre seront bénies en celui qi î » naîtra de vous. » Ces dernières paroles signifioienl que de la postérité d'Abraham devoit naître le Sauveur du monde; elles montroient en quel sens on devoit entendre la première promesse ,et comment celui qui devoit naître de la femme , écraseroit un jour la tète du serpent. Toutos^çs nations se précipitoient dans l'idolâtrie, elfe terre étoit couverte de crimes. Dieu promet à Abraham qu'en lui et dans le Sauveur qui naîtra de lui , toutes ces nations aveugles qui ont oublié leur Créateur , seront affranchies de l'esclavage du démon , et rappelées à la connoissance de Dieu , où se trouve la véritable bénédiction. Vous verrez dans la suite des prédictions, que c'est là le sens de ces paroles. La promesse fut renouvelée dans les mêmes termes à Isaac et à Jacob : ce dernier , éclairé d'une lumière divine , prédit plus clairement la venue du libérateur promis dès le commencement du monde, il en désigna le temps. Etant au lit de la mort, et annonçant, par l'esprit de Dieu, à ces douze enfans assemblés, ce qui devoit arriver à leur postérité dans la suite des siècles, il adressa à Juda , le quatrième de ces fils , ces paroles remarquables : « Juda , tes frères te i combleront de louanges : les enfans de ieu

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»père se prosterneront devant toi; le sceptre » ne sortira point de Juda , et il y aura toujours r> un chef de sa race jusqu'à ce que ^ ienne celui »qui doit être envoyé, et qui sera l'attente et le » désiré des nations. » Remarquez , mon cher Théophile , que la promesse faite d'abord à Adam ,puis à Abraham , se développe et s'éclaircit. L'objet delà promesse est ici appelé l'envoyé de Dieu par excellence. 11 doit être attendu par lesnations qui seront béniesen lui. On commence à connoitre que le Sauveur naîtra de la famille de Juda. Le temps de son arrivée est marqué ; c'est lorsque le sceptre , c'est-à-dire , la prééminence et la principale autorité sera ôtée à la maison de Juda. Je vous montrerai bientôt mon cher Théophile , cette prédiction accomplie à la lettre. Continuons le développement des promesses d'un Sauveur. Trois cents ans après la mort de Jacob , Dieu voulant délivrer son peuple du jougdes Egyptiens qui l'opprimoient, suscita un homme extraordinaire , qu'il remplit de son esprit et de sa puissance. Moïse, après avoir donné une loià ce peuple , et l'avoir conduit à travers mille piodi^es, jusqu'à l'entrée du pays qu'il devoil posséder; Moïse, dis-je, se sentant près de mourir , assembla ce peuple , et lui confirma de la part de Dieu , la venue de ce Messie qui dcvoit sortir de Juda. « Le Seigneur ,leur dit-il , j> vous suscitera , du milieu de votre nation , et »du nombre de vos frères , un prophète sem- »blal:le;i moi; écoutez-le.» Ainsi Dieu tenoit-il son peuple dans l'at lente du Sauveur promis à Lettre pères. Ce prophète semblable à Moïse , comme lui le libérateur de ses frères, auteur comme lui d'une nouvelle loi, médiateur comme

Symbole. Gî

lui d'une nouvelle alliance , devant qui Moïse lui-même doit se taire , et qui doit seul être écouté quand il commencera à parler, c'est le Sauveur du .Monde , dont la doctrine devoit un jouréclairer l'Univers , et dont Dieu lui-même devoit dire : « celui-ci est mon fils bien-aimé, > écoutez-le. » Jusqu'à lui il ne devoit point paraître dans tout Israël un prophète semblable à Moïse , a qui Dieu parlât face à face , et qui donnât une loi à son peuple.

Qu'elle étoit profonde , ô mon Dieu , cette plaie que le péché avoit faite à l'homme ! Mais quelque grands que soient nos maux , vous pouvez les guérir; il n'y a point de maladie incurable pour un médecin tout puissant. Si les effets de votre justice sont incompréhensibles , ceux de votre miséricorde ne le sont pas moins. Vous exigez, à la vérité, une réparation égale à loftense , mais vous vous chargez de nous fournir la victime. Vous exigez le payement d'une dette immense; mais vous nous mettez vous-même entre les mains le prix qui doit nous acquitter envers vous. Vous avez consolé l'homme pécheurparl'espérance d'un Sauveur qui \iendroit le délivrer de ses misères , et le réconcilier avec vous. Ce vainqueur du démon, que vous aviez promis h Adam , vous l'avez annoncé ensuite à Abraham , comme celui qui répandrait la bénédiction sur tous les peuples de la terre ; vous l'avez encore montré à Jacob , comme votre envoyé par excellence , comme l'objet des désirs et de l'attente des nations. A oue avez alors marqué l'époque de sa venue; '.ous avez entretenu el fortifié cette précieuse espérance , en le désignant ù Moïse sous de

nouveauxtraits ; vous le lui avez monlré comme le prophète par excellence , comme le libérateur de ses frères , le médiateur d'une nouvelle alliance , et vous nous avez ordonné de l'écouter. Nous sommes , ô mon Dieu , dociles à sa voix , nous faisons profession de suivre sa doctrine. Nous sommes donc les enfans de la promesse , puisque nous croyons en lui. Vous avez dit à Abraham que vous seriez son Dieu et le Dieu de sa postérité. Vous comptez parmi ses enfans tous ceux qui imitent sa foi. Nous sommes donc votre peuple; c'est sur nous que s'est répandue la bénédiction qui devoit faire le bonheur des nations. Nous ne cesserons jamais de célébrer votre miséricorde , qui a préparé à nos maux un remède si puissant et si admirable.

Pratique.

Croire fermement aux promesses de Dieu.

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