‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 16 sur 87 · XVIII.e LECTURE · texte numérisé non relu

XVIII.e LECTURE

Fie publique de Jésus-Christ ; ses miracles.

Obtuterunt ei omnes malè habentes , vttriis languoribus comprehensos , et curavit tus.

On lui présentait tous ceux qui étoient malades , diversement allligés , et il les guérissoit. Matth. 4-

V ous reconnoissez la voix de Dieu , mon cher Théophile , dans des prophéties si claires , si circonstanciées et si exactement accomplies ;

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dans une suite do prédictions qui commencent à la naissance du inonde, (jui se perpétuent de siècle en siècle , pendant quatre mille ans , qui m- développent etse multiplient aux approches du grand éî énement qui en est l'objet. En effet, il n y a que Dieu qui puisse prévoir des événeinens si éloignés , et les prédire avec certitude. Les miracles sont encore un moyen dont Dieu se sert pour parler aux hommes, et pour leur déclarer ses volontés. Si vous voyiez un homme commander à la nature, par exemple, marcher sur les eaux, rendre la vue à un aveugle , ressusciter un mort , vous ne douteriez pas que cet homme ne lût un envoyé de Dieu. Vous sentez que de telles œuvres sont au-dessus des forces humaines , et qu'il n'y a que Dieu qui puisse interrompre le cours ordinaire de la nature. Notre-Seigneur a ajouté cette preuve de sa mission divine à celles des prophéties; il a fait un grand nombre de miracles pour montrer qu'il étoit le Messie. Vous les avez lus plusieurs fois dans l'Evangile; il a changé l'eau en vin; il a rendu la vue aux aveugles , l'ouïe aux sourds , le mouvement aux paralytiques. Les maladies les plus invétérées , il les guérissoit en un moment , souvent d'une seule parole , quelquefois sans voir les malades ni les approcher. 11 a ressuscité les morts, il a apaisé une tempête eii menaçant les vents et la mer : deux fois il a multiplié les pains dans le désert, pour nourrir une grande multitude quilesuivort: il serendoit invisible quand il vouloit ; il counoissoit les plus secrètes pensées des hommes , et il prédisoit l'avenir. Etant sur le Tabor avec trois de ses disciples, il fut transfiguré devant eux. Re~

marquez, mon cher Théophile , que tous les miracles de Notrc-Scigneur étoient utiles aux hommes ; c'étoit autant de traits de sa bonté que des effets de sa puissance : il ne les faisoit point par ostentation. En vain les Pharisiens lui demandèrent-ils quelques signes dans le ciel ; en vain Hérode désira-t-il de voir quelque prodige ; jamais il n'en fit aucun pour satisfaire la curiosité; mais il ne refusa de guérir aucun des malades qui implorèrent son secours. Remarquez encore que la réalité de ces miracles est incontestable ; il ne les a point faits dans des lieux cachés , mais au milieu des rues et des places publiques , dans le temple , et à la vue d'un peuple entier. La résurrection de Lazare se fit à Béthanie , qui n'est pas éloignée de Jérusalem , devant une multitude de témoins ; la guérison du paralytique de trente-huit ans , celle de l'aveugle-né ont été opérées au milieu de Jérusalem. Ce dernier miracle fit beaucoup de bruit; les chefs de la synagogue en furent alarmés ; ils interrogèrent l'aveugle et ses parens ; mais ces recherches ne servirent qu'à confirmer la vérité du miracle , et h lui donner plus d'éclat. Si Notre-Seigneur en a fait quelques-uns dans le désert , c'étoit en présence de cinq et de sept mille personnes. Il a fait la plupart de ses miracles sous les yeux des Pharisiens et des docteurs de la loi , ses ennemis les plus déclarés , et les plus disposés à les révoquer en doute. Ils ont été confondus par l'évidence même des miracles ; ils n'ont pu les nier ; ils les ont même avoués formellement. «Que faisons-nous ?disoient-ils, » cet homme fait beaucoup de miracles; si nous

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» lo laissons continuer , tout lo mondo croira en • lui : » c'est ce qui les détermina a lo fa ï r e mourir. D'ailleurs , ces miracles ont été attestés par des témoins oculaires, qui ont scellé ce témoignagc de leur sang. La sincérité et la candeur brillent dans leurs écrits : lisez , mon cher Théophile , le récit de ces miracles, vous y remarquerez un ton de vérité , que l'imposture ne sauroil imiter. Ilsprenoicnt les Juifs eux-mêmes a témoin de ces faits, et personne n'a osé les contredire : ces miracles ont même converti un grand nombre de Juifs, qui étoient forcés d'avouer qu'ils ne pouvoient venir que de Dieu. « Noussavons ,disoient-ils , que vous nepourriez «faire les œuvres que vous faites , si Dieu n'étoit r> avec vous. » Concluons, mon cher Théophile : los miracles de Jésus-Christ étoient assez multipliés et assez éclatons pour prouver qu'il étoit le Messie; aucun des anciens prophètes n'en avoit fait de semblables. Aussi le peuple plein d'admiration, le reconnut-il pourle Messie : « Yoici , » disoit-il , voici véritablement le prophète qui » doit venir dans le monde : un grand prophète » s'est élevé parmi nous ; Dieu a visité son peu- » pie.» Notre-Sëigneur non-seulement a fait un grand nombre de miracles, mais il a donné à ses disciples le pouvoir d'en faire : il leur a dit : « Guérissez les malades , ressuscitez les morts, » purifiez les lépreux, chassez les démons. » En eue! , les apôtres ont opéré ces merveilles dans le cours de leur prédication. Par là , il ont montré qu'ils parloient au nom de l' A uteur de la nature; et nous voyons le grand effet que ces merveilles ont produit. C'estpar ce moyen qu'ils ont converti le monde entier. L'Univers devenu

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chrétien , est une preuve toujours subsistante des miracles que les apôtres ont faits , puisque jamais il ne se scroit converti , s'il n'avoit vu des miracles.

Vous avez établi la religion chrétienne , ô mon Dieu ! sur des fondemens inébranlables. Vous lui avez donné deux sortes de preuves , qui sont en même temps à la portée des plus simples , et néanmoins capables de convaincre les esprits les plus éclairés; preuves qui portent visiblement le caractère de votre toute-puissance , et que , ni les efforts des hommes, ni les prestiges des démons ne sauroient imiter. Ces preuves consistent dans les prophéties et les miracles. Vous avez suscité une foule d'hommes inspirés , qui , plusieurs siècles auparavant , ont prédit avec une entière exactitude, des événemens qu'il est impossible h l'esprit humain de prévoir. Ces prédictions sont d'une évidence, et descendent dans un délai] qui passe toute admiration. A cette première preuve , vous avez joint celle des miracles; et quels miracles ! Des miracles publics , exposés h la vue de toute la Judée , multipliés en une infinité de manières; ce sont des faits éclalans, sur lesquels les plus grossiers ne peuvent se méprendre , dont des milliers d'hommes sont non-seulement lcsspectateurs et les témoins , mais dont ils sont euxmêmes la matière et l'objet , dont ils recueillent les fruits, et ressentent les effets. Quv peut-on souhaiter de plus fort , pour opérer une pleine conviction et une croyance inébranlable? Car, quel autre que vous , ô mon Dieu ! peut , d'une seule parole , apaiser les tempêtes , rendre la vue aux aveugles , l'ouïe aux sourds , la parole

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aux muets , la vie aux morts ? Et avec quel empire , avec quelle divine autorité ceminandiez-vous aux elémens , à la nature entière !

f (ahne-loi , disiez-vous à la mer , et la nier se ;> calmpità l'instant. Cessez de souiller, disiezpvouS aux vents, et les vents s'apaisoient. Ma

' fille , levez-vous , je vous le commande : jeune t homme , levez-vous , c'est moi qui vous le dis : a Lazare , sortez du tombeau. » Ainsi commandiez-vous à la mort , et la mort vous obéissoit. A ce ton , puis-je méconnoitrela voix du Tout- Puissant , et du Maître absolu de toutes choses ?

Pratique.

Se rappeler un des miracles de Notre-Seigneur, quand on est tenté contre la foi.

XîX.e LECTURE.

Doctrine de Jésus- Christ.

Siupcbant in doctrina ejus.... omîtes mivabantur in verbis graHç}, (/uœ procedebant de are ipsifit.

Sa doctrine les remplissent d'élonnement , et ils admiroieot les paroles pleines de grâce qui sortoient de sa bouche. Luc. 4.

-La doctrine que Jésus-Christ nous a enseignée, c est celle qui est contenue dans l'Evangile , et dans les autres livres du nouveau Testament ; c est celle que vous apprenez , mon cher Théophile , dans les catéchismes , dans les instruc tionspubliques. Qu'elle est belle cette doctrine! qu'elle est digne de Dieu ! qu'elle est proportionnée aux besoins de l'homme ! Toutes les

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sciences humaines ne sont rien au prix Je* celle-là. Elle nous fait connoitre Dieu , et nos devoirs envers cet Eti^e suprême : elle nous apprend ce que nous sommes , et quelles sont nos obligations à l'égard desaulres>hommes. Quelle sublimité dans les mystères qui sont l'objet de notre foi ! Jamais , non jamais l'esprit humain n'auroit pu rien imaginer de semblable. C'est Notre-Seigneur qui nous les a révélés , ces mystères : c'est lui qui nous a appris qu'il y a trois personnes en Dieu , le Père , le Fils et le Saint- Esprit , et que ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu ; c'est lui qui nous a enseigné qu'il est lui-même tout à la fois fils de Dieu et fils de l'homme; d'où il s'ensuit qu'il est Dieu et homme tout ensemble. Nous comprenons parla que Dieu nous a aimés jusqu'à nous donner son Fils unique pour nous sauver. Quelle pureté , quelle sainteté dans sa morale , c'est-àdire , dans les règles de conduite qu'il nous prescrit! Je dois, mon cher Théophile, vous en tracer le tableau en raccourci. Nous devons craindre Dieu uniquement. «Ne craignez point, » nous dit Jésus-Christ , ceux qui tuent le corps, »et qui ne peuvent tuer lame; mais craignez » celui qui peut perdre l'ame et le corps dans «l'enfer. » Nous devons aimer Dieu par-dessus toutes choses. «Vous aimerez le Seigneur votre » Dieu de tout votre cœur , de toute voire aine , »de tout votre esprit , de toutes vos forces. » Nous devons mettre toute notre confiance en Dieu. « Ne vous inquiétez point où vous trouverez de quoi manger pour le soutien de » votre vie , ni d'où vous aurez des vêlemeus «pour couvrir votre corps : votre Père qui est

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bilans les deux , sait que vous avez besoin do » toutes ces choses. N'est-ce pas lui qui nourrit les oiseaux ? n'est-ce pas lui qui donna iune si riche parure à l'herbe des champs ? i Combien aura-t-il plus soin de vous , qui . valez beaucoup mieux ! » Nous devons servir Dieu, et n'avoir que lui en vue dans toutes nos actions. « Nul ne peut servir deux maîtres : pre- » nez garde de ne pas l'aire vos bonnes œuvres » devant les hommes , pour en être regardés ; » autrement vous n'eu recevrez point la récom- • pense de votre Père qui est dans les cieux. » Jésus-Christ nous ordonne d'aimer notre prochain comme nous-mêmes \ et par le prochain, il entend tous les hommes , même nos ennemis. « Aimez , dit-il , vos ennemis; faites du bien à » ceux qui vous haïssent ; priez pour ceux qui » vous persécutent et qui vous calomnient , aiin »que vous soyez les enfans de votre -Père cé- » leste , qui fait luire son soleil sur les bons et » sur les médians. » Il nous commande de pardonnera notre prochain toutes les olfensesqu'il aura commises contre nous. « Pardonnez aux » autres, et l'ou vous pardonnera.» Il nous défend de nous mettre en colère contre le prochain ,et il menace du feu de l'enfer ceux qui lui disent des injures; il défend de le juger et de le condamner sur de simples apparences. «Ne jugez h point , et vous ne serez point jugés; ne conu damnez point , et vous ne serez point con- » damnés : car on se servira envers vous de la i même mesure dont vous vous serez servis «envers les autres. » Il nous commande de résister à nos passions; et il en condamne nonsçulemeat les actions extérieures, mais encore

le désir et la pensée du mal. Un législateur qui porte de telles lois , ne peut être que l'envoyé de Dieu. Vous voyez , mon eher Théophile ,que la doctrine de Jésus-Christ réprime tous les vices , et commande toutes les vertus; elle feroit le bonheur de l'homme , si l'homme étoit fidèle à la suivre et à la pratiquer. A cette doctrine si belle par elle-même, Notice-Seigneur joint les motifs lespluspuissansetlespluspropresà faire sur nous une vive impression ; il nous annonce que cette vie courte et fragile que nous passons sur la terre , sera suivie d'une vie éternelle , où Dieu récompensera magnifiquement ceux qui auront accompli ses commandemens , et où il punira d'un supplice affreux ceux qui les auront violés. C'est pour cela qu'il appelle heureux ceux qui renoncent aux avantages de la vie présente ,pour assurer un bonheur éternel dans l'autre. C'est pour cela qu'il appelle malheureux ceux qui établissent leur félicité dans ce monde; car que sert-il à un homme de gagner tout l'Univers, s'il vient à perdre sou ame pour l'éternité ?

Qu'elle est admirable , ô mon Dieu , la loi sainte que vous avez enseignée aux hommes ! que les dogmes en sont sublimes ! que la morale en est pure et élevée au-dessus des sens ! Non , ce n'est point la doctrine de l'homme , elle ne peut venir que de vous , ô mon Dieu ! plus on l'approfondit , plus on y découvre de raison , d'équité et de sagesse. Elle remédia à tous nos maux , elle guérit toutes nos misères ,elle nous apprend en quoi consiste notre bonheur , et elle nous montre la route qui v conduit. Qu'on est heureux , ô mon Dieu , quaud on y conforme

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ta conduite ! toutes les passions sont réprimées , toutes les vertus sont pratiquées; une paix délicieuse if. ue dans !«• cœur d'un véritable Chrétien : l'espérance d'une > ie éternelle le remplit cl" 1 1 ti< - j.tie vive et pure ; les plaisirs qu'il goûte ne laissent point de remords après eux; lesmaux qu'il éprouve cessent d'être des maux, parce que l'onction de votre grâce en adoucit l'amertume , en affaiblit le sentiment, 11 n'en est pas ainsi, o mon Dieu ! il n'en est pas ainsi delà doctrine des médians: ce sont des maîtres d'erreur et de mensonge; ils ne parlent que le langage du viee et des passions; leurs maximes n'enfantent que le trouble et le désordre : mais votre parole est la vérité même; elle répand la lumière dans I esprit, et la consolation dans le cœur. La doctrine des impies passera avec eux, mais votre loi durera éternellement. Faites, ô monDieu ! qui' je la médite sans cesse , que je la goûte , et surtout que je la pratique avec fidélité.

Pratique.

Préférer la connoissance de la religion à toute autre science.

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