XX.e LECTURE
Vertus de Notre- Seigneur,
Quis ex vobis arguet me de peccalo.
Qui de vous peut me convaincre d'aucun péché. Joan. 8.
J ésus-Cïimst a pratiqué lui-même , dans le plus haut degré de perfection , la loi qu'il nous a
96 Doctrine C uni tienne.
enseignée , et toute sa vie n'a été qu'une fidèle expression de sa doctrine. Ouvrez l'Evangile , mon cher Théophile : plus vous méditerez les actions de Notre-Seigneur, plus vous admirerez la sainteté éminente qui éclate dans toute sa conduite. Il a voulu passer par l'état de l'enfance , pour vous donner l'exemple des vertus qui conviennent à votre âge : vous devez donc le prendre pour modèle , et vous proposer de l'imiter dans celétat. Jésus-Christ croissoit en grâce et en sagesse à mesure qu'il avançoit en âge, c'est-à-dire, qu'il manifestoit par degrés aux veux des hommes , la sagesse dont il possédoit la plénitude dès le premier moment de son incarnation, comme le soleil paroit plus brillant à mesure qu'il avance vers son midi. Il est écrit que J. C. étoit soumis à sa sainte mère et à saint Joseph. Cette docilité renferme toutes les vertus d'un enfant , quand il est soumis et docile , il écoute , il suit en tous les avis de ceux qui ont autorité sur lui ; et par cette conduite , quels progrès ne fait-il pas dans la science et dans la vertu ! Notre-Seigneur n'avoit certainement pas besoin de ce secours; cen'étoit point un enfant ordinaire ,à qui il faut un appui pour le soutenir dans sa foiblesse , et un maître pour le guider dans son inexpérience ; c'étoit la sagesse éternelle qui se laissoit ainsi conduire ; c'étoit le Maître de l'Univers qui se soumettoit volontairement à ses créatures. Il vouloit.mon cher Théophile , vous donner l'exemple; il vouloit vous apprendre à obéir à vos parens , à être soumis à ceuxqu'ils ont chargés du soin de vous instruire. Jésus-Christest resté dans l'exercice do ces vertus paisibles et obscures jusqu'à l'âge
Symbole. $7
«3e trente ans; où il a commencé son ministère public : alors on vit briller en lui les vertus le» plus sublimes. Sa douceurétoit admirable ; jamais il n'a rebuté personne; les plus grands pécheun même, il les recevoit avec bonté; il ?u faisait pas dilîiculté de manger avec eux; et quand on lui reprochoit cette condescendance, il répondoit : « Je ne suis pas venu chercher » les justes , mais les pécheurs; ce ne sont pas • ceux qui se portent bien qui ont besoin de » médecin , ce sont les malades. » Il s'est peint lui-même sous l'image d'un bon père qui court au-devant d'un enfant ingrat , qui se jette à son cou , qui l'arrose de ses larmes , et qui se livre aux transports de la joie que lui inspire son retour. Lisez vous-même , mon cher Théophile, cette parabole de 1 Evangile; vous ne pourrez en achever la lecture , sans vous sentir ai tendri. 11 embrassoit avec bonté les enfans ; il les bénissoit.enleur imposant les mains; et il disoit à ses disciples : « Laissez-les venir à moi;. c'est »à eux et à ceux qui leur ressemblent que le «royaume de Dieu appartient. «Partout , c'est un caractère de bonté qui charme , et qui inspire la confiance; mais cette douceur ne l'empèchoit pas de reprendre avec force les pécheurs endurcis , et principalement les Pharisiens , h qui il reprochoit hautement leur orgueil et leur hypocrisie. Jésus-Christ a montré une patience invincible dans toutes sortes de maux: suivezle , mon cher Théophile , depuis l'étable où il ost né, jusqu'au Calvaire où il est mort; depuis la crèch" jusqu'à la croix; partout vous le trouverez dans la douleur , dans les travaux, dans lts souHrauces. Il a enduré la faim , la soif , la
<y& Doctrine Chrétienne.
fatigue des voyages , toutes les incommodités de la pauvreté; il n'a rien voulu posséder sur la terre , il n'avoit pas même où reposer sa tête ; il isubsistoit de ce que lui fournissoient volontairement ceux à qui il annonçoit la parole de Dieu ; ilsupportoit sans se plaindre les embarras de la foule qui lepressoit , les importunités des malades , dont il étoit continuellement accablé. On lui disoit des injures , on l'outrageoit , et jamais il ne s'est vengé. C'est surtout dans les différentes circonstances de sa passion , qu'il a fait voir une patience vraiment divine. Vous savez quelles douleurs il a endurées , et quel supplice il a souffert; il n'est sorti de sa bouche aucune plainte , aucun reproche , aucune menace : attaché à la croix , il prioit pour ses bourreaux. Remarquez, mon cher Théophile, qu'il pouvoit se garantir de tous ces tournions. D'un seul mot il a renversé ceux qui étoient venus pour se saisir de lui; il n'a donc souffert une mort si cruelle , que parce qu'il l'a voulu. Toute la vie de Jésus-Christ a été un exercice continuel de l'humilité la plus profonde ; il a voulu naître d'une mère pauvre ; il a passé trente années dans l'obscurité ; et quand il s'est fait connoître , c'a été d'une manière si éloignée de la grandeur et de la pompe du monde , qu'elle ne pouvoit en inspirer le désir et l'amour h personne. Jamais il n'a cherché sa propre gloire; il défendoit de publier ses miracles. Le peuple qu'il avoit nourri miraculeusement, ayant voulu l'enlever pour le faire roi , il s'enfuit seul sur une montagne pour se dérober à ce pieux empressement. En lui , le détachement des richesses ftlloit j usqu'à aimer la pauvreté ; le détachement
Symbole. 99
^es honneurs alloit jusqu'à rechercher les humiliations ; le détachement des plaisirs alloit jusqu'h désirer les croix et les souffrances. Aussi a-t-il dit aux. Juifs : < Qui de vous peut me con- » vaincre de péché ?» C'est avec raison qu'il leur reprochoit de ne pas se rendre aux vérités qu il leur annonçoit ; car une sainteté si parfaite
Î trou voit qu'il étoit l'envoyé de Dieu : c'est là e caractère des hommes. Leurs mœurs pures et sans tache , leurs vertus inaccessibles aux passions humaines , forment une preuve complète en leur faveur. Les esprits bous et droits ne sauroienl s y refuser , ils reconnoissent la voix de Dieu , quand ils l'entendent dans la bouche de la vertu.
Vous êtes , ô mon Sauveur ! le modèle de toute sainteté; vous nous avez donné l'exemple de toutes les vertus ; et pour être parfait , il ne faut quevousétudieret vous imiter. Toute votre vie a été une instruction continuelle pour 1ère- è glement de nos mœurs; et l'on ne pèche qu'autant (pie l'on s'éloigne de votre conduite et de vos exemples. Etant riche , vous vous êtes rendu pauvre , pour nous inspirer le mépris des richesses de la terre; étant dans la gloire de votre Père , vous vous êtes humilié pour guérir notre orgueil; étant souverainement heureux, vous vous des assujetti aux souffrances , pour nous détacher di-s plaisirs de la terre. Vous avez voulu ,ô mon Dieu ! que nous fussions vos imitateurs; vous l'avez dit vous-même : « Je vous »ai donné l'exemple; afin que pensant à ce j»que j'ai fait , vous le fassiez vous-mêmes. » Vous ne destines une place dans votre royaume céleste, qu'à ceux qui aurj^j&iaembiables à ÇtvWersîteT^^"
E [OTHÉbA
i oo Doctrine Chrétienne.
vous sur la terre. Nous devons donc , à votre exemple , mépriser la gloire du monde , les richesses et les plaisirs du monde. Mettez-nous, Seigneur , par votre grâce , dans les mêmes dispositions et les mêmes sentiinens où vous avez été. Faites que nous jugions des choses comme vous en avez jugé; que nous n'aimions, que nous n'estimions , et que nous ne désirions que ce que vous avez aimé , estimé et désiré vous-même ; et qu'en faisant profession d'être vos disciples , nous les soyons en effet , par i'imitation de vos a ertus.
Pratique.
Unir toutes ses actions à celles de Jésus- Christ,