‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 31 sur 87 · XXXIX.e LECTURE · texte numérisé non relu

XXXIX.e LECTURE

De l'Adoration.

Dominum Deum tuum adorabis , et itti toli servies.

Vous acforerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul. Deut.6.

JLe quatrième devoir qui est renfermé dans le premier commandement , c'est d'adorer Dieu , c'est de lui rendre le culte et l'hommage qui lui sont dus, comme au souverain Seigneur de toutes choses. L'adoralion est un profond abaissement de l'amc devant la majesté suprême ; devant celui qui , d'un seul mot , a créé le ciel et la terre , qui , d'un regard fait fondre les nations comme la cire , sous les pas duquel les collines se courbent avec respect ; devant ce Dieu qui envoie les foudres et les tempêtes , pour être les ministres de sa colère , et qui lesenchaine, quand il lui plait d'exercer sa miséricorde. A la vue de la grandeur de Dieu , l'ame s'humilie , se con-

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fon (1, et s'anéantit en sa présence; elle fait l'humble aveu de sa dépendance et de sa servitude, elle loue et glorifie le saint nom de Dieu; elle lui rend grâce des biens qu'elle a reçus de lui , et lui demande humblement ceux qui lui manquent , et qu'elle n'attend que de sa seule bonté ; elle s'offre elle-même et se consacre à lui sans réserve , pour accomplir en tout sa sainte volonté. Ces sentimens intérieurs se manifestent au dehors par des actions qui y répondent , comme des génuflexions , des prières ; et surtout par le sacrifice de la messe , qui est de tous les actes d'adoration le plus excellent et le plus auguste. Vous devez donc , mon cher Théophile , rendre à Dieu tous les jours ,

f»rincipalement le malin et le soir le tribut de ouange et d'adoration qu'il exige de vous. C'est par cet exercice de religion qu'il faut commencer et Cnir la journée. Ne manquez jamais de remplir un devoir si important et si essentiel que votre première pensée , que le premier mouvement de votre cœur s'élève vers celui qui vous a créé , qui vous conserve et qui vous comble chaque jour de nouveaux bienlaits. « L'homme sage , dit l'Ecriture , appli- » quera son cœur , et il veillera dès le point du > jour pour s'attacher au Seigneur , et il of- » frira ses prières au Très-Haut. » ( Eccl. ôtj- ) Que votre première action soit de vous prosterner aux pieds de la souveraine Majesté , de l'adorer , de la remercier de ses bienfaits , de vous consacrera son service , et de lui demander les grâces dont vous avez besoin. Failes-vous une loi d'assister au saint sacrifice de la Messe aussi souvent que vous le pourrez; c'est la pra-

tique de tous les Chrétiens qui ont de la piété ; c'est le moyen de sanctifier toute la journée. Avant et après chaque repas , adorez ce Père tendre qui ouvre sa main bienfaisante , et qui remplit ses enfans de bénédictions. Que jamais une mauvaise honte ne vous empêche de vous acquitter de cette obligation. Un enfant rougitil de témoigner sa reconnoissance à son père , toutes les fois qu'il en reçoit de nouveaux gages de sa tendresse ? A la lin de la journée , vous devez renouveler à Dieu l'hommage que vous lui avez rendu le matin. Humiliez-vous alors en sa présence des fautes que vous avez commises; demandez-lui pardon , et remerciez-le des grâces qu'il vous a accordées ; mais souvenez-vous que les formules de prières , et les autres pratiques sensibles de piété , ne sont que le corps de la religion : c'est lesenliment intérieur d'adoration qui en est l'ame. Sans celte disposition du cœur , les paroles et toutes les actions extérieures ne sauroient plaire à Dieu ; elles nous altireroient ce reproche qu'il faisoit autrefois au peuple juif: » Ce peuple m'honore des lèvres, et son cœur » est loin de moi. » Dieu est esprit ; et il veut être adoré en esprit et en vérité.

L'adoration n'appartient qu'à Dieu. Nous honorons , à la vérité , les Saints , nous les révérons; mais nous ne les adorons point. Nous ne leur rendons point le culte suprême , qui n'est dû qu'à Dieu ; nous les honorons seulement comme ses serviteurs et ses amis. Il est bon et utile de lft invoquer , pour obtenir de Dieu , par leur intercession , les grâces dont nous avons besoin ; mais c'est à Dieu seul que noua les demandons , au nom de Jésus-Christ leur

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Sauveur et le nôtre , qui seul nous les a méritées par ses souffrances et sa mort. Nous honorons aussi leurs reliques , parce que ce sont les précieux restes d'un corps qui a été le temple du Saint-Esprit, et qui «loil ressusciter glorieux : en cela , nous ne faisons que suivre l'usage de tous les siècles. L'Eglise catholique a regardé de tout temps , avec une religieuse vénération , les corps des Saints. Nous en avons un monument remarquable dans la belle lettre où les fidèles de l'Eglise de Smyrne racontent le martyre de saint Poly carpe, leur Evêque. «Nous retirâmes, » disent-ils , ses ossemens , plus précieux que » des pierreries et que l'or le plus épuré ; et » nous les mîmes dans un lieu comenable , » où le Seigneur nous fera la grâce de nous as- » sembler , pour célébrer avec joie la fête de » son martyre. » Nous honorons encore les images; mais cet honneur se rapporte à l'objet qu'elles représentent ! nous ne reconnoissons point en elles d'autre vertu que celle de nous rappeler le souvenir de ceux dont elles portent la ressemblance. Ainsi , en nous mettant à genoux devant l'image de Jésus-Christ , devant l'image d'un Saint , ce n'est pas l'image , c'est Jésus-Christ que nous adorons ; ce n'est pas l'image , c'est le saint que nous honorons.

Tous les instans de ma vie devroient être employés à vous adorer , ô mon Dieu ! puisqu'il n'en est aucun où vous ne répandiez sur moi vos bienfaits ; mais vous voulez bien vous contenter de quelques exercices de religion pratiqués chaque jour. Que je semis coupable , si je mauquois de fidélité à vous payer ce légertribut de ma rcconnoissaucc ! Non , mon Dieu ! je no

négligerai jamais un devoir si juste et si facile. Les premiers momens de la journée vous seront ^consacrés : dès le matin , prosterné aux pieds de votre souveraine Majesté, je vous adorerai et je vous offrirai toutes mes actions : j'aurai soin de sanctifier mon travail et mes repas, en les commençant et les finissant par la prière. Le soir , avant de prendre mon repos , je me mettrai à genoux; et là , en votre présence, je me rappellerai les péchés dans lesquels je serai tombé , pour les effacer par mes regrets , et les grâces que j'aurai reçues de vous , pour en bénir votre miséricorde. Ne permettez pas , ô mon Dieu ! que je m'acquitte avec lâcheté de ces différens exercices de religion. Remplissezmoi de Fesprit de piété qui doit les animer , pour les rendre dignes de vous , et agréables à vos yeux.

Pratique.

Ne jamais manquer de faire la prière du matin et du soir.

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