‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 32 sur 87 · XL.e LECTURE · texte numérisé non relu

XL.e LECTURE

Du respect dans les Eglises.

Dorninus In templo sanclo suo : silcat à facie ejus omnis terra.

Le Seigneur habite dans son saint temple : que toute la terre demeure en silence devant lui. liabac. a.

1 ARMiles différens péchés que l'on peut commettre contre l'adoration qui est due a Dieu , le plus commun , et celui que vous devez éviter

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ivre le plus de soin , mon cher Théophile , c'est l'irrévérence dans le lieu saint. Le précepte qui nous ordonne de respecter les temples consacrés

au culte <lc Dieu , est répété mille fois dans les divinesJScritures. « Veillez sur vos pas, enen- » liant dans la maison de Dieu : adorez le Seigneur dans son saint tabernacle : soyez saisi

■ dune crainte z'espectueuse en approchant de

■ mon sanctuaire , dit le Seigneur. » Vous voyez, par ces avertissemens multipliés , combien Dieu est jalouxde l'honneur de sa maison , et combien il est offensé des profanations qui s'y commettent. Aussi est-ce le seul crime contre lequel Noire-Seigneur a fait éclater son indignation , pendant qu'il étoit sur la terre. II étoit bon et compatissant pour tous les pécheurs; il les rece- \o\l avec douceur; il mangeoit avec eux : mais à l'égard des profanateurs du temple , il parut oublier celle bonté et cette patience qui faisoient son caractère propre et distinctif; son zèle s'allumoil ; une sainte colère le transportoit : deux fois il renversa les tables de ceux qui déshono- . roientla maison de son père: deux fois il les chassa du temple , en leur disant : «11 est écrit : ma

» maison sera appelée une maison de prière , et » vous en avez fait un caverne de voleurs. » En effet , de tous les crimes qui outragent la grandeur de Dieu , il n'en est point qui soient plus dignes de ces châtimens que les profanations du lieu saint. Qu'est-ce qu'une Eglise , mon cher Théophile ? c'est la maison de Dieu qu'il remplit de sa gloire et de sa présence ; le lieu où il réside d'une manière particulière , et qui est spécialement consacré a son culte. Sans doute l'Univers entier est son temple, sa présence est

iS8 Doctrine Chrétienne.

répandue sur toute la terre; mais une Eglise est un lieu qu'il s'est spécialement réservé , et où il veut être adoré. C'est là que les fidèles s'assemblent pour prier; pour chanter ses louanges et pour célébrer les saints mystères; c'est là que Jésus-Christ habite corporellement , et qu'il s'offre à son Père pour nous. En faut-il davantage pour nous inspirer le respect le plus profond et l'attention la plus religieuse? Ne devroiton pas en entrant dans ce lieu , être saisi de crainte , et s'écrier avec un ancien patriarche : » Que ce lieu est terrible ! c'est véritablement » la maison de Dieu ; c'est la porte du ciel. » Oui , les temples sont un nouveau ciel , où Dieu habite avec les hommes. Celui qui réside dans ce tabernacle auguste , n'est-il pas le même Dieu que les bienheureux adorent dans le ciel? N'estce pas le même agneau devant qui les anges se prosternent et se couvrent la face de leurs ailes? Nous devrions donc , comme eux , être anéantis d'esprit et de cœur devant la Majesté divine. Elle est voilée dans nos temples , j'en conviens ; mais en e^t-elle moins digne de nos profondes adorations? Comment donc ose-t-on entrer dans les Eglises sans respect? Comment ose-t-on s'y tenir sans recueillement, sans modestie , quelquefois même avec la dissipation la plus scandaleuse; y promener ses regards de côté et d'autre, pour satisfaire sa curiosité ; se permettre des paroles vaines , des ris dissolus ? Mon Dieu ! sont-ce là des Chrétiens? sont-ce là vosenfans ! Qu'est devenu votre amour ! où est , du moins , votre crainte! Qu'est-ce qu'une Eglise ? c'est une maison de grâces et de bénédictions. C'est là que Dieu se plaît à Manifester sa bonté , à faire

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éclater sa miséricorde. Tout nous y parle de ses bienfaits : ces fouis sacrés , où avec la vie de la grâce dous avons reçu le droit inestimable à l'héritage céleste/ ces tribunaux de réconciliation, où liens avons été si souvent purifiés de nos péchés et guéris de nos blessures ; celle croix, où Jésus-Chris! notre Sauveur est mort pour nous; cet autel, enfin, où il s'immole chaque jour, pour nous appliquer le fruit de M-, souffrances. Des objets si touchans ne de- \ roient-ils pas enflammer notre reconnoissance? nr devroient-ils pas remplir notre esprit de saintes pensées , et notre cœur de pieux sentiment? Lue tune chrétienne devroit , à l'exemple de David, brûler du désir de se présenter souvent devant le Seigneur , pour lui rendre grâce de tant de bienfaits, et pour en obtenir de nouveaux. Elle devroit s'écrier avec le Prophète : « Que vos tabernacles sont aimables, ô Dieu des » vertus ! un seul jour passé dans votre maison » sainte, est bien préférable à des années en- » tières passées dans les tentes des pécheurs.» Comment arrive-t-il donc qu'on n'y va qu'avec répugnance, qu'on n'y reste qu'avec dégoût , qu'on n'y est occupé que de pensées vaines , pour n<- pas dire criminelles? Tant de monumens de la bonté de notre Dieu ne disent-ils dojic rien à notre coeur? Queloutrage, que de ne répondre à son amour que par une mortelle indifférence ! Je me repens , ô mon Dieu ! des fautes que j'ai commises dans votre sainte maison , par ma légèreté et ma dissipation; daignez me les pardonner : je veux les réparer désormais par ma modestie et mon recueillement, Je veillerai sur tous mes sens, aliu d'éviter tout cequipourroit

me distraire de l'attention religieuse que je dois conserver en votre présence. Je veillerai sur toutes mes pensées , afin d'écarter toutes celles qui ne se porteroient' pas vers vous. Non, Seigneur, je n'entrerai plus dans votre saint temple, sans me rappeler que vous le remplissez de votre gloire et de votre majesté; mon unique occupation sera de vous y adorer, d'y chanter vos louanges , d'appliquer mon esprit aux grandes merveilles qui s'y opèrent , de vous remercier de vos bienfaits , de vous y exposer mes besoins, et d'intéresser votre miséricorde à y remédier. Des objets si grands et si importans ne suffiroient-ils donc pas pour fixer mon attention , et pour remplir les momens que je passe en votre présence? Donnez -moi , ô mon Dieu ! les sentimens d'une piété tendre; inspirez-moi une crainte religieuse , un respect mêlé de joie et de confiance : faites que je m'y conserve toujours dans le recueillement, et dans une attention tranquille et soutenue.

Pratique.

Se recueillir en entrant dans l'Eglise.

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