XLIV/ LECTURE
Devoirs des Enfans à l'égard des Parcns.
Honora patron tuum et matrcm tuam , ut sis Ion gœv us super tirram.
Honorez votre père et votre mère , afin que vous viviez long-temps sur la terre. Exod. 20.
Cie précepte, déjà gravé dans le cœur de tous les hommes , Dieu l'a renouvelé de vive voix , aiin de nous en faire sentir l'importance et la nécessité. Il met cette obligation à la tête de tous les devoirs qui regardent le prochain : à peine le Seigueur a-t-il prescrit ce que nous lui
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devons à lui-même , qu'il nous marque ce que nous devons à n<>s paréos , pour nous faire comprendre qu'après Dieu , ce sont eux que nous devons le plus honorer. Ce commandement est le seul auquel il ait attaché une récompense sur la terre : il promet une longue \i< à ceux qui l'accompliront. Jugez par là , mon cher Théophile , combien Dieu a à cœur qu'on rende aux parens l'honneur qui leur est dû. Comprenez combien il est indispensable , combien il est avantageux pour vous d'honorer votre père et votre mère. Cet honneur que vous leur devez , renferme quatre obligations : il faut les respecter , les aimer , leur obéir , et ies secourir dans leurs besoins. Le premier devoir des enfans envers leurs parens , c'est le respect , et un respect inviolable , en tout temps et dans quelque situation qu'ils se trouvent ; ce respect consiste à recevoir avec docilité leurs avis et leurs corrections , à leur parler toujours avec soumission , à craindre de leur déplaire , à cacher et à excuser leurs défauts. « Il est bien juste , dit un saint docteur , que les enfans aient du respect et de la vénération pour ceux qui leur ont donné la vie ; ce seroit une énorme ingratitude dans un enfant , que de mépriser ceux de qui il a tout reçu. » lin père et une mère sont les images de Dieu à l'égard de leurs enfans; ils en tiennent la place ; ils sont les dépositaires de son autorité : leur manquer de respect , c'est en manquer à Dieu même ; l'injure qu'on leur fait retombe sur celui qu'ils représentent ; aussi , dans l'ancienne loi , Dieu avoit-il ordonné qu'on la punît du dernier supplice. « Si quej-
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qu'un , dil-il , outrage de paroles son père ou sa mère , qu'il soit mis à mort. » Le second devoir des enfans , c'est d'aimer leurs parens. Est -il nécessaire de prouver celte obligation ? 11 sullit , sans doute ', mon cher Théophile , de vous rappeler tout ce qu'ils ont fait et tout ce qu'ils font encore pour vous. Ils vous ont donné la vie : dès que vous avez été au monde , ils ont pris soin de vous; et dans ce premier âge , qui demandoil une attention continuelle , ils n'ont été, pour ainsi dire , OC' cupés que de vous , ils ont veillé sur voire m Tance ; et quelque rebulans qu'aient été les soins qui vous éloient alors nécessaires , ils s'y sont prêtés avec joie : souvenez-vous de leur tendre empressement , de leurs inquiétudes , :\uv ^otre sanlé , de leurs alarmes dans vos m; ladies. Que de peines ne se donnent-ils pas encore aujourd'hui , à quels travaux ne se livrent-ils pas pour vous procurer un sort heureux ! Ah ! mon cher Théophile , poui -rez-vous jamais assez aimer un père et une mère qui vous aiment si tendrement et si constamment ? tin enfant qui n'aimeroit pas son père et sa mère ne seroit pas un Chrétien , ne seroit pas même un homme , ce seroit un monstre. Le troisième devoir d'un enfant envers ses parens, c'est l'obéissance. » Enfans , dit l'apôtre saint Paul , obéissez h vos parens ; car cela est juste devant le Seigneur. » C'est a cet le marque que vous reconnoilrez si vous les respectez , et si vous les aimez sincèrement : un enfant qui désobéit à son père ou à sa mère , ou qui ne leur obéit qu'à regret , n'a pour eux ni le respect , ni l'amour qu'il leur doit. Evi~
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lez, mon cher Théophile , une conduite si criminelle aux yeux de Dieu et des hommes ; obéissez toujours à vos parens, obéissez promptement ; obéissez avec amour. Souvenez-vous que Jésus- Christ lui-même vous a donné 'exemple do cette soumission. Quoiqu'il fût le mailie et le souverain de toutes choses , il a voulu obéir à la sainte Vierge sa mère , et à saint Joseph , parce qu'il lui tenoit lieu de père. Enfin le quatrième devoir des enfans a l'égard de leurs parens , c'est de les secourir dans leurs besoins ; par exemple dans leurs maladies, dans la vieillesse , dans la pauvreté : en toutes ces occasions un enfant est obligé de les aider, et de ne les laisser manquer de rien. Pour sentir cette obligation il suffit d'avoir un cœur. On doit se trouver heureux de pouvoir rendre à son père et à sa mère une partie de ce que l'on a reçu d'eux. Manquera ce devoir, ce seroit une monstrueuse ingratitude ; il faudroit avoir étouffé tous les sentimens de la nature : aussi 1 Ecriture s'exprime-t-elle avec force contre ceux qui se rendent coupables de ce crime. « Combien est infâme celui qui abandonne son père ; et combien est maudit de Dieu celui qui aigrit l'esprit de sa mère , en refusant de prendre soin d'elle ! »
Etoit-il donc besoin , ô mon Dieu ! de me faire un précepte particulier sur l'obligation d'honorer mes parens ? Mon cœur ne m'instruisoit il pas assez de ce devoir ? Vous avez voulu , Soigneur , me faire sentir la nécessilé de l'accomplir fidèlement. «Te n'y manquerai jamais , ô mon Dieu ! avec votre sainte grâce. Je respecterai toujours ceux que vous avez
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rendus les instrumens de votre puissance , pour me donner la vie, et de votre providence , pour me nourrir et prendre soin de moi. Après vous , je les aimerai plus que tout ce qu'il y a au monde. Eh ! qui pourroit me toucher de plus près que ceux de qui je tiens tout , la vie et l'éducation; tout , en un mot ? Je serai leur joie et leur consolation , par une obéissance entière et sans réserve. Je serai leur appui et leur soutien dans leur vieillesse , comme ils ont été le mien dans mon enfance. Rien ne pourra jamais affoiblir les sentimens que j'ai maintenant pour eux , et que je leur dois à tant de titres. Par cette conduite, ômon Dieu ! je mériterai , j'attirerai sur moi les bénédictions précieuses que vous avez promises aux enfans bien nés , qui honorent ceux de qui ils ont reçu la vie.
S'appliquer a contenter en tout son père et sa mère.
Décalogue. 207