‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 5 sur 87 · V.e LECTURE · texte numérisé non relu

V.e LECTURE

Providence de Dieu.

ytlilngll à fine usque ad finem fortilcr , et disponil omnia suaviter.

Sa sagesse atteint avec force depuis une extrémilt'- jusqu'à l'autre , et elle dispose tout avec douceur. Sap. 8.

JJieu prend soin de toutes les créatures ; et ce soin s'appelle providence. Il gouverne toutes choses , et rien n'arrive dans le Monde sans son ordre ou sans sa permission. Le bien qui se fait arrive par son ordre; Dieu l'approuve, il le veut, il le commande, il le récompense. Le mal n'arrive point par l'ordre de Dieu , il le défend, il le punit; mais il le laisse commettre , il ne l'empêche pas , parce qu'il ne veut point gêner notre liberté , et parce qu'il est assez puissant pour tirer le bien du mal même. Ne croyez pas , mon cher Théophile , que Dieu abandonne ses créatures au hasard , après les avoir faites. Puisqu'il a daigné les créer, il n'est pas indigne de lui de les gouverner. Le hasard n'est rien, et ne peut être cause de rien. Comme il fallut une puissance et une sagesse infinies pour produire le Monde , il faut aussi que celte même puissance et cette même sagesse lemaintiennent et le conservent. L'histoire sainte toute entière atteste cette vérité; et ce qu'il y a de plus remarquable dans les écrivains sacrés, c'est leur attention conti-

Symbole. sô

Duelleàfaire envisager tout ce qui arrive comme un effet de la providence, Quand les Juifs étoient fidèles à la loi de Dieu, il répandoit sur eux ses bienfaits , et les combloit de prospérités : abandonnoient-ils le Seigneur? les chàtimens et les malheurs sui voient de près leujj^ infidélité.

Cette providence ne veille pas seulement sur les royaumes et les empires; son attention s'étend à la moindre des créatures. Elle est aussi appliquée à chacun de nous, que s'il étoit seul au monde. Il ne tombe pas un passereau sur la terre sans l'ordre de votre Père céleste : tous les cheveux de votre tète sont comptés, dit Nôtre-Seigneur lui-même. Voù- I</-vous en avoir desexemples , mon cherThéphile? ouvrez les livres saints. Joseph est vendu par ses frères, et emmené en Egypte; il est chargé de chaînes , et jeté dans une prison obscure. Mais Dieu, dit l'Ecriture, descendit avec lui dans la fosse , et ne l'abandonna point dans les fers . Joseph sortit glorieux de la prison, et fut mis à la tête de toute l'Egypte, où il étoit entré comme esclave. Lorsqu'il se fit reconnoitre à ses frères, il leur dit : « Gen'est » point par votre conseil , c'est par la volonté » de Dieu que j'aiété envoyé ici. » Voyez-vous , mon cher Théophile, comment il attribue h la providence de Dieu ce qui paroissoit être l'effet de la volonté des hommes? Moïse est exposé sur les eaux du Nil, en exécution des ordres du roi Pharaon ; mais , par une disposition admirable de la providence , la fille du roi vint à l'endroit où étoit l'enfant; elle en eut pitié ; elle le fit élever dans le palais niêuie, comœo

si c'eût été son fils. Qui est-ce qui la conduisoit si à propos au lieu où l'enfant alloit périr? Qui est-ce qui lui mit dans le cœur ce sentiment de compassion , et lui inspira le dessein de l'adopter pour son fils? C'est Dieu qui destinoit cet enfant à être un jour le libérateur de son peuple. Est-il donc besoin , mon cher Théophile , de vous rapporter des faits anciens , pour vous convaincre qu'il y a une providence ? I\e voyez-vous pas tous les ans croître et mûrir les moissons? j\e voyez-vous pas les arbres se charger de fruits, pour vous nourrir ? Pouvez vous ne pas apercevoir , dans ce renouvellement continuel de secours , l'attention d'un père qui veille à la conservation de ses enfans , et qui pourvoit à tous leurs besoins? Ne vous imaginez pas , mon cher Théophile , que cette attention , que ce soin coûte à votre Dieu et que son repos inaltérable puisse en être troublé. Tout est également aisé à une puissance et à une sagesse infinies. Si un roi ne s'occupe que de grandes affaires , sans descendre dans le détail des petites choses qui se passent dans son royaume, c'est qu'un roi n'ayant qu'une intelligence bornée , ne pourroit s'appliquer aux petites choses sans négliger les grandes. Mais la sagesse de Dieu étant iufinie , embrasse tout sans peine et sans effort ; c'est elle qui donne la fertilité à la terre et l'accroissement aux plantes; c'est elle qui nourrit les oiseaux du ciel, les poissons qui nagent dans la mer, et les animaux qui rampent sur la terre. « Les » créatures insensibles , le feu , la pluie , les » vents , les tempêtes obéissent a sa voix , et » exécutent ses ordres , dit le prophète ; c'est

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felui qui couvre le ciel de nuages, et qui pré-

• pare la pluie h la terre. » Il permet quelquefois que l'homme de bien soit dans la misère , tandis que l'impie est dans l'abondance. N'en prenez pas occasion de douter de la providence. Si Dieu permet que le juste souffre sur la terre , c'est qu'il veut éprouver sa vertu pour la récompenser magnifiquement dans l'autre vie; c'est qu'il sait que celte aflliclion passagère est un moyen pour assurer son salut éternel.

De ce principe , il y a une providence , naissent deux devoirs pour l'homme. Le premier est de se soumettre sans réserve à la conduite de cette providence: nous devons l'adorer dans les maux comme dans les biens qui nous arrivent , dans l'adversité comme dans la prospérité , dans la maladie et les souffrances comme dans la santé et dans la joie : nous devons dire alors : « Dieu le veut , et il ne lèvent

• que pour mon bien; que son saint Nom soit » béni. » Le second devoir est de se confier en la providence , et d'attendre sans inquiétude de la bonté de Dieu , tout ce qui nous est nécessaire pour cette vie et pour l'autre* « Gonsidé »rez les oiseaux du Ciel, dit Notre-Seigneur; » ils ne sèment ni ne moissonnent ; c'est Dieu «qui les nourrit : combien ne valez-vous pas » mieux qu'eux ! Voyez les lis des campagnes ;

• ils ne travaillent ni ne filent. Cependant le » roi Salomon , dans toute sa gloire , n'étoit t> pas vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu a soin »de vêtir ainsi l'herbe des champs, combien

• prendra-t-il plus soin de vous, qui êtes ses

• enfans ! » Ce seroit donc l'outrager, que de

!>G Doctrine Ciirétienxe.

s'inquiéter et de manquer de confiance en sa bonté paternelle.

Je crois , ô mon Dieu ! que tout ce qui m'arrive ne peut m'arriver que par votre ordre ou par votre permission , et je m'abandonne sans réserve à la conduite de votre providence. "Vous savez ce qui me convient beaucoup mieux que je ne le sais moi-même; vous connoissez mes besoins et ma foiblesse ; disposez de moi , régies tout selon votre bon plaisir; je veux tout ce que vous voulez. Dans l'adversité comme dans la prospérité , dans la maladie comme dans la santé , je bénirai , j'adorerai votre providence. Vous êtes mon créateur , mon Dieu , mon père. Puis-jemeltre mon sort en de meilleures mains ? Vous n'abandonnerez pas un enfant qui met toute sa confiance en vous. Tant que j'aurai cette confiance , rien ne pourra me nuire ; tout me deviendra utile , et tournera à mon avantage. Si j'ai quelque chose à Souffrir , je ne considérerai pas la main de l'homme qui me frappe; je n'envisagerai que votre volonté qui le permet pour mon bien; et plein de soumissien pour cet te volonté sain te, j'accepterai cet te

affliction comme une chose que fous savez in't'tre utile, et comme un moyen que votre sagesse emploie pour assurer mon bonheur éternel. Comment pourrois-je douter de votre attention paternelle sur moi? Combien de preuves touchantes ne m'avez-vous pas données de votre amour ! Toute ma vie n'est qu une suite de bienfaits que vous m'avez accordés. Votre providence m'a conduit jusqu'à présent pomme par la main : je serois bien ingrat, si,

Symbolk. 2/

après tanl de grâces reçues, je me défiois de \ aire boulé.

Se soumettre en tout à la volonté <le Dieu.

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