‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 67 sur 87 · LXXXV.e LECTURE · texte numérisé non relu

LXXXV.e LECTURE

De la Satisfaction.

Facite fructits dignos pœnitcnliœ.

Faites de dignes fruits de pénitence. Matth. 5.

Jua Satisfaction , qui est la troisième partie du sacrement de Pénitence, est une réparation de l'injure faite à Dieu et au prochain. Satisfaire;! Dieu pour nos péchés , c'est faire ou souffrir quelque chose pour (léchirla colère de Dieu que nous avons offensé , et pour réparer le tort que nous avons causé à notre prochain. La Satisfaction , du moins quant à l'acceptation et au désir de l'accomplir , <-<■[ absolument nécessaire pour que les péchés soient remis par le sacrement de Pénitence : quand on n'a point la volonté de satisfaire à Dieu , on ne pèul obtenir

oCG Doctrine Ciitiktienne.

la rémission de ses péchés. C'est Dieu qui le? remet ; lui seul est le maître des condi auxquelles il veut eu accorder le pardon. Dans le sacrement de Baptême*, il nous dispense de la satisfaction : aussi les minisires de l'Eglise n'imposent-ils aucune pénitence ù ceux qu'ils baptisent , quelques péchés qu ils aient commis auparavant. 11 n'en est pas de même du sacrement de Pénitence; Dieu , par la bouche des prêtres , ne nous y remet que la peine éternelle , elil nous obligea subir une peine temporelle. Nous trou- Tons la preuve de celle vérité dans plusieurs endroits de l'Ecriture sainte ; il suÛira de vous en rapporter un exemple. David commet deux grands crimes; l'adultère et l'homicide : aussitôt Dieu lui envoie le prophète Nathan., pour lui faire sentir son !-.iquitd. David 'humilie et confesse qu'il a pèche; le j.rophèle l'assise que Dieu lui a pardonné ; cependant il ajoute : « Par- » ce que vous avez fait blasphémer le s; lut » nom de Dieu , le glaive des afflictions n » tira point dévoile maison , et le filsqui vous » est né , mourra. » En effet , la suite de sa vie fut traversée par mille afllictions , selon la prédiction du prophète , pour expier le crime qu'il avoit commis, quoique Dieu le lui eût pardonné. 11 reste donc une peine temporelle a souffrir , après que la peine éternelle a été réalise par l'absolution. Ceux qui meurent avant d'avoir subi celte peine temporelle, la subissent dans l'autre vie , ils achèvent d'expier leurs péchés dans le purgatoire. En effet , il convient à la justice de Dieu que ceux qui ont abusé de la première grâce reçue dans le Baptême , qui en ont violé les promesses , soient admis plus diflfr-

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cilomenl à la réconciliation ; il convient a la justice de Dieu que ceux qui ont déshonoré !t:s glorieuses qualités d'enfant de Dieu , de membre de Jésus-Christ , de temple du Saint-Esprit , qui oui traité comme une chose profane le gang adorablepar lequel ils avoientétésanctifiés, et qui ont fail outrage à l'esprit de grâce , ae trouvent pas la même facilité de pardon que ceux ijui n'ont point été baptisés , et dont les péchés .commis en grande partie par ignorance , ne portent pas lo même caractère d'ingratitude. D'ailleurs , la miséricorde de Dieu fait trouver au pécheur pénitent un grand bien dans le châtiment même qui le punit; il y trouve un frein à ses passions, un remède contre ses mauvaises habitudes; car la satisfaction que le confesseur impose doit être propre non-seulement à expier le péché commis , mais encore à détruire le vice qui l'a fait commettre; comme les humiliations pour l'orgueil , l'aumône pour 1 avarice , le jeûne pour l'intempérance , la mortification dos sens pour l'impureté ; et ces pénitences doivent avoir quelque proportion avec les parités , c'est-à-dire qu'elles doivent être plus ou moins grandes .selon que lespéchéssont pinson moins énorme? ou qu'ils ont été plus ou moins multipliés. «Il faut , dit saint Cyprien , que la pénitence égaie la faute ; et que le remède ne soit pas moins fort que lu maladie. » Les œuvres de pénitence sont principalement celles qui sont imposées par le prêtre, etque l'on peut réduire à la prière , au jeune et à l'aumône. Par la prière , on entend tous les actes de religion , c bonnes lectures , l'assiduité aux oliices divins : le jeûne renferme toutes les

privations , tout ce qui mortifie les sens; l'aumône comprend tous les secours corporels et spirituels donnés au prochain. Dieu veut Lien encore accepter en satisfaction toutes les- aillictions qui nous arrivent , comme les maladies , les injures , les persécutions ; mais pour que toutes ces œuvres soient de quelque prix devant Dieu , il faut les souffrir dans un esprit de pénitence , et les unir aux souffrances et aux satisfactions de Jésus-Christ , dans lequel nous méritons et nous satisfaisons ; c'est Jésus-Christ seul qui donne à nos actions tout ce qu'elles ont de mérite et de valeur ; c'est lui qui les présente à Dieu : c'est en sa considération quelles sont acceptées par son Père. L'on est obligé de satisfaire au prochain quand on lui a fait tort , ou dans sa personne par de mauvais traiterions , ou dans son honneur par des médisances et des calomnies : ou dans ses biens , par des vols ou quelque autre dommage. On ne peut obtenir de Dieu le pardon de ces péchés qu'en se réconciliant avec le prochain , si on l'a maltraité ; en réparant son honneur, si l'on a noirci sa réputation; en lui restituant ce qu'on |ui a pris , ou réparant le dommage qu'on lui a causé.

J'avois mérité des tournions éternels , et vous voulez bien , ô mon Dieu ! les changer en quelques pfittîcs passagères. A eus pouviez nie condamnera un supplice affreux,* et vousv< usomlenlez d'une légère satisfaction. Cet adoucissement est le fruit de.; souffrances que vous avez endurées pour moi. J'accepte , ô mon Dieu ! toutes les peines que votre justice m'imposera , peur l'expiation de mes péchés ; je les unis à U sa-

Sac RE M EN S. 5Gq

lisfaction que vous avez offerte pour moi. Daignez m'appliquer le mérite de votre mort; j'accomplirai Gdèlement la pénitence qui me sera imposée ; je supporterai avec patience les maladies et toutes les alllictions que votre providence m'enverra; je les regarderai comme des témoignages de votre amour ; persuadé que vous ne me châtiez en celte vie que pour m épargner en l'autre; j'y ajouterai même des pénitences et des mortifications volontaires , pour suppléer a l'insuffisance de celles qui m'auront été prescrites par le saint tribunal. Quelques légères privations dans mes repas , quelques aumônes faites de ce que j'aurai retranché à la sensualité , l'exactitude à me lever à l'heure marquée , la fidélité à garder le silence dans le temps et le lieu où il est ordonné ; toutes ces pratiques qui ne peuvent nuir à ma santé, vous seront très-agréables ; unies à vos souffrances , elles serviront à expier mes péchés , et à satisfaire votre justice.

Pratique.

Offrir chaque jour à Dieu ses peines , et les supporter en esprit de pénitence.

Doctrine Chbêttekne.

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