SEPTIÈME DEMANDE
Délivrez-nous du mal.
IN ors terminons cette prière par demander à Dieu qu'il nous délivre du mal ; c'est-à-dire , des misères de cette vie , des ennemis de notre salut et de la damnation éternelle. A combien de maux n'est-on pas sujet dans celle vie ! De combien d'amertumes n'est-elle pas remplie ! Les maladies , la douleur assiègent noire corps; le trouble , l'inquiétude , le chagrin attaquent notre ame. C'estcbien avec raison que l'Eglise appelle celle terre où nous vivons , une vallée do larmes. Nous ne demandons pas d'être entièrement affranchis de toutes ces misères , ce privilège ne convient point à notre état présent. Ce que nous demandons , c'est d'être dé-
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livrés de relies qui seroient pour nous des occasions de péchés , el qui nuiraient à notre salut. 11 n'y a dr véritable mal que ce qui mettroit obstacle à notre justification. Si les infirmités , l'indigence , les calamités peuvent être appelées dos maux , c'est surtout parce qu'elles jettent l'aine dans le trouble , qu'elles nous exposenl à ! impatience , au murmure, au désespoir , parce que nous n'avons pas assez de vertu pour les supporter sans péché; mais les maux que l'on souffre patiemment , loin de nous être préjudiciables, serrent à nous purifier , et contribuent à notre justification ; ce sont plutôt des biens que des maux ; quelque pénibles qu'ils soient , ils sont dans l'ordre de la Providence; lecbàliment du péché est un moyen pour arriver au bonheur éternel. « Il faut , dit l'apôtre , » passer par beaucoup de tribulations et de a souffrances , pour entrer dans le royaume du » Ciel. » Il nous est cependant permis de désirer et de demander d'être délivrés de ces maux , pourvu que nous fassions cette prièreavec une entière résignation à la volonté de Dieu r et que nous soyons disposés a les souffrir avec soumission , si Dieu les juge nécessaires ou utiles pour notre salut. En priant ainsi , et en persévérant dans la prière , nous trouverons le vrai remède de tous nos maux. Dieu exaucera nos prières , soit en nous en délivrant , soit en nous donnant la force de les supporter , ce qui est bien plus avantageux pour nous. En second lieu , nous demandons d'être délivrés df-s ennemis de notre salut , et en particulier du démon , qui est notre plus cruel ennemi. Cet esprit de ténèbres , non çonteat
d'avoir sédirit nos premiers parens , et d'avoir attiré sur leur postérité un déluge de maux , ne cesse de nous faire la guerre , et de nous tendre des pièges pour nous perdre ; mais Dieu arrête sa fureur , et lui prescrit des bornes qu'il ne peut franchir. « Notre ennemi , dit » saint Cyprien , ne peut rien contre nous , si » Dieu ne le permet : c'est donc vers Dieu que » nous devons sans cesse tourner nos regards » et lui adresser nos prières , puisque l'esprit » malin n'a d'autres pouvoirs sur nous que celui » que Dieu lui donne. » Enfin , nous demandons à Dieu qu'il nous délivre de la damnation éternelle , qui est le comble de tous les maux , le souverain mal , mal irréparable , mal éternel. Cest.dans cet abîme de maux , c'est dans cette fatale éternité qu'il n'y aura plus à demander d'en être délivré; il faudra portera jamais tout le poids de la colère et de la vengeance divine. C'est là qu'il n'y a plus de rédemption à espérer, plus de bonheur à attendre , plus de salut à demander, mais un assemblage de tous les maux à souffrir, et à souffrir pendant l'éternité. Avec quelle ardeur , avec quelle persévérance ne devons-nous pas demander d'être garantis de ce malheur affreux ! Devons-nous jamais nous lasser de faire celle prière , tandis que nous pouvons encore en obtenir l'effet ?
Vous me permettez , ô mon Dieu ! de vous demander la délivrance des maux temporels , de l'infirmité , de la douleur , et de tous les accidens qui peuvent troubler le repos de ma vie ; mais vous voulez qu'en vous faisant celle demande , je me soumette à tout ce qu'il vous plaira d'ordonner pour mon bien : je la fais
celte prière , el je la fais avec la restriction que vous y mettez. J'ai mérité de souffrir ; je voua offre mes peines pour L'expiation de mes péchés. Donnez-moi , Seigneur, la patience qui m est nécessaire; ayez.égard à ma foiblesse , ô I des nnséncordes,ÔDfeMdetoute consolation laites couler dans mon ame cette divine onction qui diminue le sentiment des peines Mais , outre les maux du corps , il y a des maux mon plus à craindre , des maux spirituels des maux éternels : délivrez-moi surtout , ô mon Dieu de ces derniers; délivrez-moi du malin esprit de 1 esprit dWgueil et d 'indocilité , de l esprit de mensonge , de l'esprit d'impureté et de paresse qui m entralneroit dans le péché , et de là dans la damnation éternelle. 41, I Soi gneur , si pour éviter ce dernier malheur il est nécessaire que j'éprouve qoelqu'autre niai que ce soit , ,e ne vous demande plus que vous m épargniez en ce monde. Frappez , je m'abandonne à vous sans réserve; je suis entre les mains d un Père qui connoît mes forces et mes "-•soins ; c en est assez pour qUe je conserve la paix au milieu même de mes souffrances.
Pratique.
S'adresser à Dieu avec confiance dans toutes ses peines.