‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie BrésilienneChapitre 29 sur 285 · A L HOMÉOPATHIE. XL · texte numérisé non relu

A L HOMÉOPATHIE. XL

reils essais, où, tout grand homme qu'il était, il avait toute l'inexpérience d'un commençant, il ne pouvait espérer davantage. Aussi se garda-t-il bien d'imiter la pétulante hostilité de son collègue, et refusa nettement à quelques-uns de ses collègues de se prononcer contre la doctrine de Hahnernann.

Plusieurs fois il me manifesta un vif désir d'aller avec chez moi Hahnernann ; mais l'état de sa santé ne le lui permettait pas. Combien j'aurais voulu voir ces deux génies en présence ! ils se seraient jugés, car c'est au génie seul à juger le génie. Et moi, leur élève et leur sincère admirateur, je me serais trouvé heureux de mettre la main de l'un dans celle de l'autre.

La maladie de Broussais faisait des progrès. Livré d'abord à l'allopathie, il se décida enfin à se traiter homéopathiquement, sur la fin de mai 1857. Je le traitai pendant quatre mois, et voici, me dit Frappart en ouvrant son registre, voici l'histoire de sa maladie. Sa santé était profondément altérée, car l'allopathie avait passé par là; et cependant, tant que je continuai de le soigner, il éprouva une amélioration lente, mais graduelle. Seulement, dans les premiers jours de septembre, il éprouva une aggravation assez forte à la suite d'une dose de nuxvomica. Les allopathes qui étaient à l'affût, ses amis, son fils lui-même, en profitèrent pour le détourner de ce qui leur paraissait une chimère, et le 1er septembre 1837, une application de sangsues mit fin au traitement que j'avais commencé sous de si heureux auspices. Quelques jours plus tard, l'effet secondaire du nux vomica aurait produit une amélioration marquée, et Broussais, dont le caractère était aussi grand que le génie, eût été le premier à s'incliner devant la doctrine qui l'eût sauvé. Sa maladie ne cessa de faire les progrès les plus alarmants. Broussais me consulta de nouveau; je lui administrai trois nouveaux médicaments. Mais comme , en même temps, il n'interrompit pas tout traitement allopathique, il n'en tira pas de bons effets, et finit par succomber entre les mains d'Amussat, qui le traita d'après les principes les plus irréprochables de l'École.

— Où sont vos preuves ? dis-je à Frappart. — Les voici, me dit il. Vous savez que je ne marche jamais bans elles, et que

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