XLII CONVERSION DE BROUSSAIS
ce que j'affirme, personne n'esta même de le mettre en doute. Elles sont de trois sortes :
4° Les publications que j'ai faites avant la mort de Broussais; 2° les témoignages de MM. Luchet, Boudard, Montègre, Lemaire, les amis particuliers de M. Broussais, et celui de toutes les personnes de sa maison; 3° l'existence d'un manuscrit volumineux écrit en entier de la main de M. Broussais, et annoté de la mienne, contenant le détail de son traitement homéopathique, du 1er juin au 19 septembre 1837, et les reprises qui ont eu lieu, manuscrit dont Casimir Broussais a reconnu l'existence, comme le constate ma correspondance avec le docteur Lacorbière ; 4° Les lettres de Broussais, que j'ai entre les mains, et dont voici un fragment du 46 septembre 1857 : Le malade avait de la répugnance pour l'homéopathie, mais d'après une lueur d'espoir que je lui donne, il se décide II D'où il faut conclure que Broussais avait quelque confiance en l'homéopathie, ou il faudrait admettre, chose inique! qu'un médecin pût conseiller à un malade de faire ce qu'il ne ferait pas lui-même. Je confie l'appréciation morale de cette pensée aux médecins honnêtes gens, et surtout aux malades.
Quant aux publications que j'ai faites pour constater du vivant de Broussais ses sympathies pour l'homéopathie, en voici quelques-unes :
A. Dans une brochure, publiée à la fin de 4837, je m'exprime ainsi :
« Après avoir avancé dans ma treizième lettre que M. Broussais lui-même est loin de médire de l'homéopathie, je pique un peu M. Bouillaud, en ajoutant que pour se convertir à cette doctrine, il n'aura pas autant de chemin à faire que notre maître en a fait.
« Quant à ces quelques paroles que j'ai l'air de jeter là comme parmégarde, sur la demi-conversion de M. Broussais à la doctrine homéopathique, elles ont été bien réfléchies; c'est un devoir que j'accomplis envers la vérité et l'humanité : envers la vérité, puisqu'on effet, en 4857, M. Broussais s'est abandonné, en désespoir de cause, pendant quatre mois, à l'homéopathie, pratiquée par un homéopathe pur; envers l'humanité, car l'opinion de M, Broussais en pareille matière a trop de
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poids, et peut avoir trop d'influence dans ie peuple des médecins et des malades pour que je néglige de la faire connaître avant que nous ayons le malheur, comme lout le fait appréhender, de perdre ce grand homme. Si j'atiendais pour parler que ce malheur fût arrivé, j'aurais à craindre qu'on doutât de mon affirmation, et que tel partisan d'une doctrine qui a jeté tant d'éclat sur la médecine européenne ne vînt inconsidérément m'opposer une négation que je ne serais plus alors en mesure de réfuter que par d'irrécusables preuves : assurément je désire éviter la controverse sur ce point, mais je veux exercer le droit de faire savoir de la vérité lout ce qu'il est utile qu'on en sache, sans m'inquiéter du qu'en dira-t-on, ni du qu'en diront-ils ; la vérité passe avant les hommes.
Si M. Broussais était moins souffrant, je ne serais pas si laconique, et à l'occasion du traitement homéopathique qu'il a suivi, je parlerais tout aussi nettement de la nouvelle doctrine médicale dans une lettre qui doit être publiée, que je lui parlais, il y a peu, deHahnemann lui-même dans une lettre confidentielle.
B. Dans ma lettre à M. Bouillaucl, du 26 octobre 1838, je dis de nouveau : « Si je parviens à vous convertir au magnétisme, ce sera un titre pour essayer plus tard votre conversion homéopathique. Cette prétention vous étonne sans doute? Eh! monsieur, maintenant le grand Broussais lui-même est loin de médire de l'homéopathie ; vous n'aurez pas tant de chemin à faire qu'il en a fait.
C. Dans ma lettre à M. Broussais, du 8 novembre 4858, je dis : « On vous a sans doute raconté, mon bon etgrand maître, ou vous l'avez lu dans la Gazette phrénologique, qu'à la séance générale dans laquelle nous glorifions chaque année la mémoire du père de toutes les réformes futures, M. le professeur Bouillaucl avait lancé sans cérémonie, du haut de sa grandeur présidentielle, l'outrage au magnétisme et à l'homéopathie? Mais ce qu'on ne vous a pas dit, et ce que vous devez savoir, c'est que j'ai relevé ce double outrage, parce que c'était mon devoir et mon droit, dans une lettre qui n'a pu être publiée que le 26 chi mois dernier. Je vous envoie copie de cette lettre : vous v
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verrez qu'à l'occasion de l'homéopathie, je rappelle très-convenablement la justice que vous vous plaisez à rendre à cette découverte, parce que vous seriez fâché qu'une vérité passât sur la terre, sans l'avoir au moins saluée au passage. »
Vous voyez que je puis parler, me dit M. Frappart. Allez, mon ami, lui dis-je, et Dieu vous soit en aide. Il prit un cahier de papier, et se mit à écrire. Le lendemain, je reçus son manuscrit que je reproduis ici en partie.