DE S. A. 1. LE PRINCE D. ALPHONSE. L1X
Pour qu'à ton corps l'âme s'unisse , Brésil , il faut un sacrifice Plus efficace et plus touchant !
Il faut qu'Alphonse se dévoue Et que , par sa mort , il dénoue Le nœud qui t'enserre , ô Géant !
Toujours révolté dans sa chute Contre ce fait prédestiné, En vain Satan s'indigne et lutte ; Son bras coupable est enchaîné.
Alphonse naît , et d'un nuage , Comme un infaillible présage, Un aigle sort , et dans la nuit Fai briller un éclair immense , Annonçant , un instant d'avance , Le coup de foudre qui le suit.
Satan foudroyé, qui retombe Au sein ténébreux du chaos , Ressort bientôt de cette tombe Armé pour des combats nouveaux. Un monstre enfanté par la rage , La Phthisie à l'affreux visage , Pour accomplir le grand forfait , Aborde Alphonse , et , digne fille De Lucifer , elle distille Un venin mortel dans son lait.
Un instant on l'écarté à peine.
L'esprit de mort toujours présent Rôde, aiguillonné par la haine, Et médite un trépas plus lent.
Au nom de la Science ancienne , Sibylle menteuse et païenne .