‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie BrésilienneChapitre 41 sur 285 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

expérience sur l'homme sain.

La science est une dans son essence ; et cependant ses rameaux divers, ce qu'on appelle les sciences, sans cesser d'avoir des relations intimes et mutuelles , ont chacun un domaine séparé.

Aussi le domaine de la médecine, c'est la science de l'homme , de l'organisation de la vitalité humaine. C'est là qu'est sa spécialité, sa force et sa gloire, et toutes les tentatives faites pour emprunter aux sciences accessoires la connaissance des vertus thérapeutiques d'une substance, ne sont pas seulement inutiles, elles sont absurdes et ridicules. L'observation du physicien, le creuset du chimiste, les classifications du naturaliste, n'ont aucun rapport avec le jeu des fonctions vitales.

Pour déterminer l'action médicinale, il n'y a qu'un procédé rationnel à suivre, c'est d'observer l'effet des remèdes sur l'organisation humaine elle-même. Telle est la route qu'ont suivie les deux plus grands génies qui se soient occupés de soulager les souffrances de l'humanité, Hippocrate et Hahnemann. Le premier, dans l'enfance de l'art, ne s'est occupé qu'à étudier l'effet des médicaments administrés au lit des malades, et à bien les constater pour les savoir appliquer dans les cas semblables. Cette marche était sage ; dans les ouvrages du médecin de Cos, elle se traduit sous mille expressions différentes : suivre la marche de la nature, respecter et favoriser les crises, sont des idées purement homéopathiques. Nous trouvons dans le traité îiapi tgttcov jcou owôpwrrçw le passage suivant, plus explicite que tout ce que Hahnemann même a pu avancer : « C'est par les semblables que les maladies se développent, et c'est par les semblables qu'elles sont éliminées hors des corps malades... C'est par les vomitifs que l'on guérit les vomissements. » Il suffisait de généraliser ce fait isolé, et l'homéopathie, pour le bonheur de l'humanité, eût apparu trois mille ans plus tôt sur notre terre où elle aurait prévenu bien des douleurs. Mais, hélas! cette marche prudente n'a point été suivie. Les disciples d'ïïippocrate s'en sont graduellement écartés. Galien a formulé le principe Contraria contrariis. Les médecins, au lieu de favoriser la solution des crises, ne se sont plus occupés que de combattre les maladies, que de s'opposer à leur développement. La meurtrière allopathie s'est constituée, et tout espoir de soulagement a été perdu pour l'humanité souffrante.

Hahnemann a de nos jours accompli ce qu'Hippocrate avait vainement tenté ; mais combien sa manière de procéder est préférable ! Combien la route qu'il a choisie est plus directe! Hippocrate n'avait étudié que les maladies, Hahnemann s'occupe surtout de l'homme

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