‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie BrésilienneChapitre 50 sur 285 · DYNAMISME VITAL. M · texte numérisé non relu

DYNAMISME VITAL. M

les lacunes laissées par Hahnemann, ce n'est pas se mettre en opposition avec lui , c'est restituer ingénieusement des fragments oubliés d'un monument inachevé, c'est compléter, en le respectant, le plan dicté par l'inspiration du maître.

« Guérir, disait ïïahnemann, c'est réagir.

« Vivre, c'est réagir encore.

(( Le médicament n'est qu'une cause de réaction.

« L'aliment n'est pas autre chose.

« Stimulée à temps, la force vitale rétablit le jeu des fonctions; stimulée convenablement, elle entretient aussi l'intégrité des organes. Elle crée la fibre vivante comme elle crée le mouvement, le calorique, le fluide magnétique et la pensée.

« Les médicaments n'ont pas besoin d'être matériels. Les doses infinitésimales, une commotion morale, l'imposition des mains, peuvent rétablir la santé. De même aussi la nutrition, qui clans l'ordre habituel de la nature a besoin d'agents matériels, s'opère aussi parfois, comme nous l'avons dit, sous une action toute méthaphysique. La joie, la honte, la colère, l'étude, vous ôtent l'appétit. Une fièvre typhoïde vous nourrit quarante à cinquante jours, pendant qu'un homme sain jeûnerait à peine sept ou huit jours sans être mortellement atteint.

« M. Liébig prouve, de nos jours, comme Franklin l'a fait il y a soixante ans, que le vin ou la bière contiennent très-peu de matières alimentaires, et qu'un ouvrier économe fait mieux de consommer des aliments solides. Eh bien! des milliers d'ouvriers continuent à boire, chaque jour, en plus, un litre de liqueur fermentée et à manger une livre de pain de moins, et ils se trouvent très-bien de ce régime en dépit des chimistes et des physiologistes.

(( On nous a objecté dernièrement l'expérience des os colorés par une alimentation de tiges de garance. Chacun sait aujourd'hui que cette coloration est due à une interposition des particules colorantes, qui se dissipe par un simple lavage. L'Académie des sciences a été longuement occupée de cette question , sur laquelle nous ne revenons pas, pour ne pas mettre en doute la sagacité de nos lecteurs. Des corps étrangers peuvent s'égarer dans nos tissus ; qui songe à le nier? Ce qui nous parait absurde , c'est que nos tissus

eux-mêmes soient produits par une assimilation d'atomes venus du dehors.

« C'est à l'occasion des réactions que les aliments provoquent en nous, que nos organes s'accroissent et se développent. C'est une grossière erreur de croire que ces aliments eux-mêmes s'incorporent et s'identifient avec nous ; mais cette erreur était naturelle à des époques matérialistes , où le témoignage des sens était tout pour l'humanité, où Ton croyait que le soleil tournait, que les antipodes étaient impossibles , que la loi des contraires était applicable à la thérapeutique, que la combustion était un dégagement de phlogistique, que l'air n'était pas pesant , que la nature avait horreur du vide, etc., etc.

« Cette erreur était naturelle, comme celle du professeur qui croit infuser des notions nouvelles à un élève par son enseignement , tandis qu'en réalité il ne peut que solliciter l'intelligence a réagir sur elle-même, pour qu'elle y trouve les mathématiques, le droit, le sentiment du beau, la notion de Dieu et de l'ordre universel, en un mot, tout ce que le maître explicateur croit y introduire.

(( Oui, force vitale, âme, intelligence, l'homme tire tout de son propre fonds. Aussi il ne peut rien acheter à prix d'or, comme cela serait, si la nutrition était une assimilation de matériaux étrangers. Savoir, génie, talents, vertus, force, beauté de corps, la richesse pourrait tout acquérir si tout venait du dehors. Il y aurait, au marché alimentaire, des denrées privilégiées qui développeraient des races de géants; il y aurait, au marché académique, des méthodes substantielles qui, sous un petit volume, contiendraient tous les sucs du savoir, et, convenablement digérées, développeraient des intelligences colossales. Console-toi, fils du pauvre, que nourrit un pain grossier, et pour qui les Bossuet et les Fénelon n'écrivent pas d'enseignement sublime! Console-toi, c'est en toi-même que réside la source de tout savoir et de toute vie ! Tu ne seras pas le nourrisson de la Faculté, ni l'élève du génie ; mais tu es par toi-même bien plus que cela, tu es l'enfant de Dieu; c'est Hahnemann, c'est Jacotot, c'est le Christ qui te le disent; et, si tu le veux, tu obtiendras de ton père plus que les enfants des rois; il ne refuse rien à la simplicité du cœur, à la prière, à la foi et à la volonté.

« Oui, quoi qu'on en ait dit, l'homme est avant tout une vie, c'est-

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