‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie BrésilienneChapitre 51 sur 285 · DYNAMISME VITAL · texte numérisé non relu

DYNAMISME VITAL

à-dire quelque chose d'absolument individuel, qui n'admet aucune agrégation étrangère. Il est bien plus impossible de concevoir qu'un seul atome du monde extérieur s'ajoute à nos tissus vivants, que de trouver un rapport commun entre un arc de cercle et la ligne droite, entre la mort et la vie, entre la matière et l'esprit. Loin de chercher dans notre organisme l'accomplissement des lois physiques ou chimiques, nous n'y pouvons voir qu'un démenti continu donné à ces lois, par le triomphe non interrompu de la vie, depuis le moment de la naissance jusqu'à la mort.

« Assez longtemps les médecins matérialistes ont considéré le corps humain comme une horloge, une clepsydre, ou une machine à vapeur. Il est temps de s'élever à une notion plus haute. Etincelle de la toute-puissance divine, la force vitale, par une simple émanation de sa vertu intime, se manifeste par un corps matériel, dans lequel elle palpite, qu'elle agrandit dans les limites qui lui sont imposées, et qu'elle laisse dépérir quand un pouvoir supérieur l'appelle à revêtir une nouvelle forme pour accomplir d'autres destinées.

« Le don créateur, ce sublime attribut de Dieu, est évidemment concédé à l'homme, et c'est ce que les écrivains sacrés ont entendu, quand ils ont dit : Dieu a créé Vhomme à son image. Or, cette similitude ne peut être complète, qu'autant que nous participons au pouvoir surnaturel de corporifier les substances spirituelles, ou tout au moins de matérialiser dans le temps notre âme immortelle.

« A ce point de vue, la médecine, qui a si longtemps été le fléau de toute idée religieuse, en deviendrait le plus ferme appui. Chaque instant de notre existence, chaque fibre de notre chair, deviendraient un miracle incessant, une preuve continue du triomphe de l'esprit dans le monde matériel.

« Pour ceux qui ont compris la doctrine de Kant et qui savent que le temps et l'espace ne sont que les formes de notre intelligence, la matière elle-même n'a plus une existence absolue comme les physiciens se le figurent. Elle peut fort bien n'être elle-même que le mode par lequel les esprits se manifestent les uns aux autres dans notre sphère phénoménale. Or, l'homéopathie, en nous révélant des forces vives dans tous les corps de notre univers, nous prépare à cette conception, d'une matière contingente et relative, d'une

matière que notre force vitale est aussi appelée à créer pour accomplir certains usages et pour se manifester dans le temps. A l'inverse de ceux qui veulent ramener l'homéopathie à une simple méthode de guérison, nous appelons de tous nos vœux ces rapports et cette alliance avec la métaphysique et la théologie. On a assez parlé des sciences, des doctrines, des théories : l'heure approche où nous devons avoir une théorie, une doctrine, une science, et au-dessus d'elles toujours présente, l'idée de dieu. »

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