‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie brésilienne contenant une exposition méthodique de homéopathie, la loi fondamentale du dynamisme vital, la théorie des doses et des maladies chroniques, etcChapitre 35 sur 313 · À L'HOMÉOPATHIE, XLV · texte numérisé non relu

À L'HOMÉOPATHIE, XLV

la vérité se fraye une route en dehors des sociétés savantes, se rit de leur insouciance, méprise leur colère, et renvoie à sa source leur dédain.

L'injustice à la fin produit l'indépendance !

Pourtant, quelque hostiles que soicut les Académies aux idées nouvelles, quelque encroûtées qu'elles paraissent, dans les membres qui les composent, il faut l'avouer, de temps en temps on en voit qui cherchent à s’éclairer, et qui finissent même quelquefois par se convertir ?n petto un peu plus ou un peu moins aux doctrines proscrites. Je dis in petto, car jamais un véritable académicien, un académicien pur sang, n’abandonne ostensiblement la bannière de sa corporation. La peur de ce qu’ils appellent le ridicule arrête les plus téméraires ; et c’est ainsi qu’en toute chose la vanité sans contre-poids empêche le bien et cause le mal. Et pourtant encore, comme il faut rendre justice à tous, on doit en citer un, le plus grand, le seul grand de son époque, qui, après avoir été opposé à la phrénologie, est devenu ardent phrénologiste ; qui, après avoir nié le magnétisme, a cru au magnétisme; et qui enfin, après s'être un peu moqué de l’homéopathie, s’est livré, lui malade, aux soins d'un homéopathe ; cet homme, c’est ce puissant génie qui, pendant quinze ans, a remué le monde médical ; c’est cet athlète infatigable qui si longtemps a fait trembler son ennemi intime et fidèle, la vieille école d'alors. C’est le créateur de la médecine physiologique, en un mot, c’est Broussais. Que si ces messieurs les académiciens m’accusent d’être peu soucieux de sa gloire, de la gloire de mon maître, que les uns sachent et les autres se souviennent que pendant dix-huit ans j'ai été l’ami de son foyer domestique, et que si, partant, quelqu'un doit s’intéresser à sa gloire, c’est moi. Ce n’est donc point parce que l’homéopathie a besoin de Broussais que je viens revendiquer pour elle son suffrage, la vérité n’a pas besoin d'un homme pour triompher : c’est au contraire dans l'intérêt de la gloire même de Broussais et surtout dans celui de léquité, puisqu’en effet Broussais-a concédé une part de son suffrage à Phoméopathie. D'ailleurs, puis-je me taire lorsqu'on nie ce que

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