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doctrine incontestable de la foi catholique qui déclare qu’un serment, ou une promesse dans lesquels, on prend Dieu à témoin, qui n’ont point la gloire de Dieu ou le bien du prochain pour objet, sont nuls, invalides et criminels dans leur effet, principalement quand ces associations et ces serments illicites sont suivis de brigandages et de massacres. Que quand la paix et le repos d’un pays sont troublés, prendre sur soi de justifier de pareils procédés, en se couvrant du voile de la religion, c’est une impiété téméraire contre Dieu, et c’est fournir un prétexte aux ennemis de la foi catholique de répéter ces sausses interprétations de nos dognes dont ils se sont si souvent servis por nous noircir, mais que nous avons aussi souvent rejetées avec indignation et horreur.
La vie, les propriétés, ou la réputation—le bonheur spirituel ou temporel des autres, sans distinction de secte ou de croyance, sont des objets sacrés auxquels la religion catholique nous défend de porter la moindre atteinte sous peine de la punition éternelle. Le bien qu’on voudrait procurer à l’église ne peut jamais justifier ni excuser la plus légère injustice contre notre prochain. Quand méme on pourrait obtenir l'établissement le plus brillant et le plus assuré à la religion catholique en Irlande, par un acte injuste, soit qu’il soit proposé à un chrétien ou à un infidèle, cet acte serait un crime qui mériterait la colère et la punition de Dieu et conséquemment défendu parles dogmes dela foi catholique—parce qu’on ne peut faire le mal pour procurer le bien ! ! !
Il est bien humiliant et bien chagrinant pour nous, qu’il soit nécessaire en cette occasion d’assurer une vérité qui se présente d’elle-même, et qui fait partie des premiers éléments de l'instruction catholique ; mais dans ces temps de troubles et de perversité,
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nous sommes forcés de recourir aux premiers principes pour assurer les fondements de notre religion, et dans un pays où les animosités religieuses n’ont malheureusement eu que trop de force, on doit s’attendre à y voir abonder les fausses interprétations et les calomnies.
Quels que soient les griefs dont les catholiques peuvent avoir à se plaindre, ils ne peuvent être réparés par des assemblées tumultuaires et des as. sociations illégales ; au contraire, leurs plaintes n’en deviendraient par de tels moyens que plus irritantes et plus envenimées ; ils seront encore plus animés à continuer leurs actes de brigandage, de violence et de dévastation. Ils se croient forts, parce qu’ils sont en nombre, quoique le désordre rèone parmi eux, et ce motif les encourage à courir à leur propre destruction, et finalement ils se trouvent frustrés de leurs désirs et trompés dans leurs espérances en employant des moyens illégitimes en eux-mêmes, et destructifs de la fin qu'ils se proposent.
Permettez-moi donc de vous renouveler encore une fois ce que je vous ai si souvent répété dans mes lettres l’année dernière, d’insister sur la nécessité où sont les pasteurs d'employer tous leurs efforts pour persuader à leurs troupeaux de s’abstepir des serments illécitimes, et des associations illégales également destructives de lenr bonheur temporel et éternel, dont la fin est la ruine de leurs ames, la perte Ge leurs biens, et souvent même de leur vie. Que les pasteurs présentent leurs instructions dans Îles termes de l'affection et de la tendresse paternelle; le seul mode dans lequel l’église catholique les autorise à les communiquer. C’est pour convertir et non pour détruire qu'ils doi. vent réserver les menaces et les censures; et ce
mode, qu'ils doivent employer dans leurs instruction, est le seul adapté aux dispositions naturelles etau caractère des Irlandais. Convainquez Île peuple de ce pays que son bonheur est l’objet que vous avez en vue, et vous éprouverez de sa part une docilité reconnaissante et affectionnée, docilité dans laquelle aucun autre peuple de la terre ne peut le surpasser.
Faites connaître ces ordres que je vous donne à tout le clerzé de mon diocèse, et par lui à tous les fidèles en général.
Je suis, rév.
votre obéissant serviteur en Jésus-Christ, Tnonas Hussey.
4 Londres, 15 juin, 1798.
Au rév. Dr. HEARN, À vicaire-général du diocèse de Waterford.
Aux REvERENDs Pasreurs et à tout le CLERGE CATHOLIQUE Romaix de l’Archidiaconé de Dublin. Révérends,
Vous lirez à intelligible voix, et prononcerez à chaque messe l’exhortation et la forme d’excommunication suivantes, le dimanche après leur réception, et ensuite aussi souvent que vous le croirez convenable. Vous la publierez dans d’autres occasions le h: plus généralement et dans le plus grand nombre h) d’endroits qu’il vous sera possible.
Je suis très-sincèrement, votre très-désavoué serviteur en Jésus-Christ, JFAN Thomas Troy.
Dublin, 22 juin, 1798.
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Nos chers frères,
Quoique vous devez savoir que rien n’a été négligé de notre part pour vous inspirer les sentiments qui conviennent à de bons chrétiens, et qui peuvent tourner au profit et à l’avantage des membres d’une société, sentiments qui vous ont été si fortement inculqués par les principes de notre Sainte Religion, nous croyons qu’il est encore pour nous d’une nécessité indispensable de vous exhorter de la manière la plus solennelle à conserver la paix, à tenir la conduite qui convient à des sujets fidèles et à obéir aux leis avec le respect que vous leur devez.
Vous n’avez pas oublié l’ardeur avec laquelle vous vous êtes précautionnés encore tout récemment contre les artifices insidieux des perturbateurs irréligieux et mal-intentionnés qui cherchaient à vous tromper et à vous attirer dans leurs projets de rebellion, pour renverser le gouvernement de notre tràs-gracieux souverain, et détruire la juste subordination établie par la divine providence pour l’avantage et la conservation de Ia société.
Nous ne pouvons assez vous exprimer combien a été vive la douleur que nous avons ressentie de ce que cette sollicitude pastorale pour votre bonheur spirituel et temporel n’a pas fait, sur plusieurs de vous, l’impression que nous désirions, lesquels renonçant à la qualité de chrétiens ternissent et deshonorent, en affectant de le conserver, le beau nom de CATHOLIQUES ROMAINS, par un mépris décidé de toute autorité ecclésiastique et civile. Leurs séducteurs sont pleinement convaincus que, quand une fois on a manqué aux égards qui sont dûs aux guides spirituels, on en vient bientôt à mépriser l'autorité temporelle et à secoucr le joug que nous impose la loi. Delà les efforts continuels qu’ils font pour avilir le Sacerdoce, en calomniant le clergé
qu'ils représentent à une multitude inconsidérée comme insensible à la situatisn du pauvre; c’est un moyen qu’ils mettent en usage pour parvenir à remplir le malin désir qu'ils ont de détruire l’influence salutaire des Ministres de la religion, sans laquelle l'anarchie et la licence doivent nécessairement succéder au bon ordre et au gouvernement. Les fatals effets de ces insinuations pernicieuses sur un grand nombre de personnes de notre troupeau, sont tous les jours de plus en plus visibles et alarmants. Penton douter que ce soit un mépris entier pour la religion et pour ses ministres, qui doit avoir induit des catholiques romains à se défier de nos exhortations pressantes et réitérées, à s’unir avec différentes personnes qui se donnaient le titre d’'Jrlandais Unis, pour commettre les actions les plus atroces sous la sanction spécieuse de ce qu’ils avaient l’impiété sacrilège de nommer un serment ? Car n’avous-nous pas, comme ministres la religion qu’ils professent, de concert avec les premiers apôtres de cette religion elle-même, joint à ce que nous dicte la lumière de la raison et les sentiments de la nature, n’avonsnous pas annoncé aux plus ignorants et aux plus insouciants d’entre eux, la profonde méchanceté et la nullité absolue d’un serment qui a pour son objet le brigandage, le meurtre et la rebellion ? Oh ! qui noue dunnera une source de larmes, pour pleurer sur les crimes de notre peuple et de notre pays, et pour laver la tache flétrissante imprimée par la main de geas coupables d’ingratitude et de révolte, sur notre caractère national !
Nous nous atteudions peu qu'aucun de notre bien aimé troupeau püût s’associer avec des traîtres et des séditieux, et bien moins que le nom sacré de la religion pût être profané, comme nous avons entendu dire qu'il l'était, par la conduite la plus impic et la
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plus atroce. Nous avons également été surpris d’apprendre que plusieurs considèrent la rebellion (un petit nombre, à la vérité) comme un complot prémédité, tramé par les catholiques romains d'Irlande pour détruire la religion protestante et le gouvernement établi! Sous cet amas d’insinuations perfides dans un grand nombre et de calomnies de la part de plusieurs, nous considérons qu’il est de notre devoir de les repousser autant qu’il est en nous, en déclarant au nom du Dieu qui voit tout, et de l’église Catholique romaine, comme nous avons souvent fait en d’autres occasions:
1° Que nous abhorrons et détestons toutes les actions qui conduisent à la révoite, à la sédition et au libertinage, commises par des personnes associées sous le titre d’irlandais unis, de défenseurs, ou sous toute autre dénomination ; le but de ces actions ne tendant qu’à faire tort aux propriétés ou aux personnes de tout état, ou à troubler la paix publique. Nous condamnons ces contraventions comme contraires à la loi de Dieu, aux principes et aux canons de l’église catholique romaine, et aux préceptes de la raison et de l’humanité. C’est pourquoi nous considérons les transgresseurs comme la honte du christianisme et le rebut de la société.
2°. Nous déclarons dela même manière que l’association des Irlandais unis, défenseurs, ou autres, à dessein de prêter serment pour exciter une révolution, ou pour renverser le gouvernement de S. M. dans ce royaume, au lieu d’obliger en aucune manière,ne sont que des liens d’iniquité, et conséquemment illégitimes, criminels, impies et damnables.
Nous fesons ces déclarations solennelles en conformité des principes de notre sainte religion, et dans F
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ce langage uniforme que nous avons accoutumé de tenir toutes les fois qu’un esprit de conjuration s’est fait sentir parmiles White Boys, Right Boys (*) ou toute autre classe du peuple où se trouvent des catholiques romains.
Mais le fait est, mes très-chers frères, que les troubles actuels sont contraires aux principes du christianisme, et ont leur source dans le défaut de religion, ou dans la négligence habituelle des devoirs qu’elle nous prescrit, ou dans le mépris pour ses fidèles ministres. Un esprit d'innovation, qui ne cherchait qu’à secouer le joug de la foi, a répandu un germe de corruption dès le commencement de la révolution française. Le jacobinisme, par une fatalité bien malheureuse, a versé ses influences pestiférées sur les esprits d’un trop grand nombre, spécialement sur les dernières classes qui ont été égarées par de perfides perturbateurs, nominalement des protestants, es presbytériens et des catholiques romains, mais qui dans le fait sont des athées, des déistes et des indifférents, lesquels pour leurs propres intérêts ont trompé la multitude, en fesant sonner à ses oreilles les mots magiques de liberté et d'égalité, mots qui ont eu leipouvoir de charmer le pauvre toujours trop crédule, et de lui inspirer un désir effréné de se procurer, par un désordre
(*) White Boys, Right Boys sont des noms qui ont été successivement donnés à une certaine classe d'Irlandais, que l’on peut regarder avec juste raison comme la pépinière qui a donné naissance à la dernière insurrection, Mécontents de l’imposition de quelques taxes, ils s'étaient retirés dans les montagnes, d’où ils sortaient ordinairement pour faire prêter aux habitants de la campagne des serments illicites, et pour exercer des actes de la plus grande cruauté envers ceux qui se montraient opposés à leurs principes, ou qui fesaient leurs efforts pour en prévenir les suites fatales,
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dans lequel il a cependant prétendu conserver une espèce d'ordre, ou par d’autres moyens, une liberté indépenante des autorités constituées, et se faire des propriétés en pillant les plus opulents de ses voisins.
Nous n’avons jusqu’à présent entendu parler que des tristes conséquences de la moderne liberté française, et de l'égalité qu’ils ont affecté de répandre sur le continent. Nous sommes fâchés et très-fâchés que ces funestes conséquences, que nous avons voulu empêcher de pénétrer dans ce royaume par les avertissements que nous avons donnés à temps, aient été méprisées par un si grand nombre de dupes de la faction jacobiniste qui n’a d’autre projet que la subversion des autorités ecclésiastique et civile.
On ne peut que déplorer l’apostasie de quelques catholiques qui renoncent à remplir les devoirs que leur dicte leur conscience, et à l’amour de l’ordre que leur religion leur inspire ; mais il n’est point d'énergie de langage qui puisse rendre d’une manière assez expressive, ce que tout bon chrétien doit sentir, quand un ecclésiastique profane son ministère de paix en appuyant, excitant et favorisant l'insurrection, la sédition et le désordre, de quelqu’espèce que ce soit. Quel chagrin ne devons. nous donc point éprouver dans notre particulier, d'apprendre que plusieurs prêtres se sont joints avec les rebelles et encouragent la rebellion ! que d’autres ont donné des soupçons défavorables sur leurs principes civils par une intempérance de langue et par une eonduite suspecte !
Nous savons que le nombre de ces prévaricateurs sacrilèges, pris comparativement, n’est pas considérable, qu’il est composé d’insensés, d’ignorants, de gens de mauvaises mœurs, accoutumés
par orgueil à désobéir à leurs supérieurs spirituels. Faut-il qu’il se trouve, hélas! de tels caractères dans les ministres de chaque religion ! La France n’at-elle pas ses prêtres constitutionuels et ses évêques apostats, tous gens sans principes ? ne s’estil pas trouvé un traître parmi les apôtres choisis par Jésus-Christ lui-même ? Dans une illusion qui a été aussi générale, et un systême suivi d’une manière aussi invariable par les promoteurs de la rebellion et ceux quise sont laissés tromper par. eux, pour attirer et intimider ceux qu’ils voulaient gaguer à leur parti, en se servant des mêmes moyens que ceux qu’ont employés les jacooins français, on pouvait souhaiter, mais on ne devait pas s’attendre que tous les ecclésiastiques de chaque religion tiendraïent une conduite exactement conforme aux principes de leur croyance, et qu’ils suivraïent les instructions et l'exemple de leurs supérieurs ecclésiastiques. Nous sommes bien éloignés d'entreprendre, ou même de paraître justifier ou excuser les prêtres rebelles ou séditieux. Nous réprouvons et déplorons leur conduite, soit qu’elle soit la suite de leur dépravation ou de leur fragilité.
Quand les instructions, les exhortations et l’exclusion de la sainte table prononcée contre les pécheurs, sont sans effet pour les retirer de leurs vices, ou de leurs dangereuses erreurs, les premiers pasteurs de l’église sont autorisés et obligés en conscience à avoir recours à l’excommunication, le dernier remède qui soit en notre pouvoir contre les pécheurs obstinés et contumaces ; nous croyons devoir les séparer du corps de l’église, de peur que, continuant de communiquer avec ceux dont la conscience est nure et innocente, tout le troupeau
pe devienne infecté et corrompu. Cette autorité
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a été exercée par S. Paul (1 Cor. 5.) et dans tous
les siècles par l'Eglise jusqu’à présent. Jésus- ‘Christ lui-même commande que les pécheurs impénitents qui refusent d'écouter les pasteurs de l’église soient considérés comme des payens et des publicains (Matth. XVIII. 17.) c’est-à-dire, comme le rebut de léglise, comme retranchés de son sein et privés de ses bénédictions.
Nous vous avons avertis par nos instructions et nos exhortations, que tous ceux qui sont engagés dans quelques conjurations contre l’état sont incapables de recevoir l’absolutiou au tribunal de la pénitence, sans un sincère repentir de leur déloyauté, et un ferme propos d’amendement ; nous les avons conjurés de prouver la sincérité de leur repentir en remettant leurs armes, et en s’unissant avec les fidèles sujets de S. M. d’une manière franche et décidée pour le soutien de la religion et de la constitution Les efforts de vos pasteurs ont été suivis de quelques succès, plusieurs par une grâce divine et efficace se sont convertis, d’autres ont persévéré dans leur obstination, Tous les remèdes n’ayant eu aucun effet sur ces rebelles incorrigibles, nous nous trouvons forcés de les déclarer excommuniés de la manière suivante, après une courte explication des cérémonies de la cloche, du livre, de l’extinction des des cierges, et la clôture des portes de la chapelle.
lo. Le son de la cloche annonce que l’excommunication va être publiée.
20. Lorsqu’on ferme le missel, on donne à entendre à la personne excommuniée qu’elle s’est rendue indigne des bénédictions promises aux observateurs de l'Evangile auquel elle a renoncé.
30. L’extinction des cierges indique qu’elle est privée du titre qu’elle avait au ciel, par la lumière de la foi chrétieine qu’elle avait reçue à son bap-
tême, et qu’elle est condamnée aux ténèbres de l'enfer.
40. La clôture des portes annonce, qu’elle est exclue de la communion catholique, et retranchée du corps des fidèles.