DOCTRINE DE 1>A CONNAISSANCE
§ 3. De la Science,
Savoir est connaître la cause d'une chose ; c'est connaître qu'une chose est ainsi et no peut être autrement ^ Le vrai est dans les choses, la vérité est dans l'entendement. L'énonciation do la première vérité sur l'ôtre est le premier principe ^ C'est par ce premier principe que tous les autres sont infaillibles, certains et immuables ^ Or, l'entendement cherche à connaître le vrai dans les diverses sciences , tantôt pour jouir de la contemplation du vrai, tantôt pour le but déterminé d'éclairer l'action. De là la division des sciences en spéculatives et en pratiques *. Au premier rang- parmi les sciences pratiques est la logique, si toutefois oii peut appeler une science celle qui est l'instrument de toutes les sciences et qui fournit les définitions et les raisonnements nécessaires aux sciences spéculatives ^ On a divisé les sciences en sept ar^s libéraux; mais cette division est insuffisante ®. Le nom d'art a été donné à ces sciences parce que leur objet n'est pas seulement la connaissance de la vérité, mais encore la
^ Anahjt. Po.f^, lib. II, lect. 1. Scire est causam rei cognoscere ; — Ibid., lect. 4. Scientia est certa coguitio rei ; quod autem contingit aliter se habere, non potest aliquis per certitudiuem cognoscere ; ideo oportet, ut id quod scitur non possit aliter se habere.
* De Verit. qu. 1. a. 4. Veritas sccundum quam anima de omnibus judicat est Veritas prima . . . secundum primam veritatem de omnibus dicimur judicarc.
s Nihil aiitom veritatis cognoscere possumus, nisi ex primis principiis et ex lumine intcllcctuali, qure veritatem manifestare non possunt, nisi secundum quod sunt similitude illius primaî veritatis, quia ex hoc etiam habeut quamdam immulabilitalem et iufallibilitatem. {Quodlih. X, qu. 10. a. 7.)
*Illi artifices dicendisunt sapientiores, quorum scientiaînon sunt ad utilitatem invenlœ sed propter ipsum scire, cujusraodi sunt scientiaî spéculative. {Metnph., Wh. I, lect. 1.)
5 Res autem de quibus est logica non quaeruntur ad cognosceudum propter seipsas, sed ut adminiculum quoddam ad alias scientias... Unde et secundum Boetium, non est tam scientia quam scientiaî iustrumentum. (In lib. Boetiide Trinit., qu. 5. a. 1.)
" Scplem libérales artcs non sulTicieuter dividunt philosophiam theoreticam. {Ibid.)