‹ Doctrine de la scienceChapitre 18 sur 31 · IS · texte numérisé non relu

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modes possibles de la pensée , c’était la spontanéité de l’esprit humain , qui produisait l’objet de la réflexion — et même les divers modes de pensée possibles, conformément toutefois aux régies d’un système synthétique, — aussi bien que la forme de la réflexion, que la manière dont la réflexion doit être conduite. Il est ar-

rivé que l’objet de la réflexion contenait quelque chose de réel, mais avec un alliage de choses vides, qu'il fallait éliminer, jusqu’à ce que pour notre but, pour la science de la connaissance théorique, il ne restât plus que ce qui était entièrement vrai.

Uans la série prochaine, la réflexion sera dirigée sur les faits ; l’ohjet de cette réflexion est une réflexion, savoir : La réflexion de l’esprit humain sur la donnée qui lui est fournie ( il faut appeler donnée ce qui n’est que l’objet de cette réflexion de l’esprit sur lui-même, car ce n’est pas un fait ). Par conséquent dans la prochaine série , l'objet de la réflexion n’est pas produit par la réflexion elle-même ; il n’est qu’appelé par elle à la conscience.

Il ressort en même temps de cela que nous n’avons plus maintenant à nous occuper de pures hypothèses, dans lesquelles il soit d’abord nécessaire de démêler le peu de vérité qui s’y trouve, d’un alliage d’erreurs ; mais que l’on peut attribuer de plein droit de la réalité à tout ce qui est établi dès à présent.

La science de la connaissance doit être une histoire des faits ( pragmatique ) de l’esprit humain. Nous n’avons travaillé jusqu’ici, pour pouvoir nous y introduire, qu’à démontrer un fait et à l’élever au-dessus du doute. Nous avons ce fait^ et dès à présent notre perception qui n’est pas aveugle^ qui est expérimentale, peut

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tranquillement pqur^tHVre ta marche des événements.

8. ” Ces deux sériëft de réflexions sont dilTérentes quant à leur direction. Que l’on fasse entièrement abstraction d’abord de la réflexion philosophique artificielle, et que Ton s’en tienne à la réflexion primitivement nécessaire, qui doit mettre l’esprit humain en possession de ce fait ( et qui sera désormais l’objet d’une réflexion philosophique ), il est clair que l’esprit humain ne peut réfléchir sur le fait qui n’est donn^ d’après aucune autre loi que celle en vertu de laquelle ce fait est trouvé ; par conséquent, que d'après les lois qui ont dirigé notre réflexion jusqu’à présent. Cette réflexion est partie de la proposition : Le moi se pose comme déterminé par le non-moi , et a décrit sa route jusqu’à ce fait. La réflexion présente, naturelle, et qui doit être établie comme fait nécessaire, part de ce fait; et comme l’application des principes établis ne peut pas être achevée jusqu’à ce que cette proposition soit prouvée comme fait ( jusqu’à ce que le moi se pose comme se posant déterminé par le non-moi), elle doit continuer jusqu’à ce qu’elle arrive à cette proposition. Elle décrit par conséquent toute la route parcourue par celle-ci, mais dans une direction inverse, et la réflexion philosophique qui ne peut suivre que celle-ci, mais np peut lui donner aucune loi , prend nécessairement la même direction.

9. —> Si dès à présent la réflexion prend la direction inverse, le fait établi est en même temps le point où la réflexion doit retourner, c'est le point dans lequel sont unies deux séries tout-à-fait différentes, et dans lequel la fin de l’une se rattache au commencement de l’autre. Dans ce point donc, le principe de distinction

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du mode de déduction suivi jusqu’à présent doit avoir de la valeur.

La méthode était et demeure complètement synthétique. Le fait établi est lui-méme une synthèse. Dans cette synthèse, sont d’ahord réunis deux opposés de la première série ; ce qui serait donc le rapport de celte synthèse à la première série.

Dans la même synthèse , il doit y avoir aussi deux opposés pour la seconde série de la réflexion, afin qu’une analyse et la synthèse qui en résulte soient possibles. Gomme il ne peut y avoir dans la synthèse que deux opposés réunis, ceux qui ont été unis en elle à la fin de la première série, doivent être ceux qui doivent être de nouveau séparés pour commencer une seconde série. Mais s'il en est ainsi, la seconde série u’en sera pas véritablement une seconde ; elle ne sera que la première renversée, et notre méthode ne sera que la répétition d'une solution , qui ne servira de rien, n’augmentera en rien notre connaissance et ne nous fera pas faire un pas en avant. Par conséquent, les termes de la seconde série devront différer en quelque chose de ceux de la première , tout en étant les mêmes. Nous ne pouvons obtenir cette différence qu’au moyen de la synthèse, et même en l’approfondissant. Bien connaître la différence qui distingue les termes opposés, en tant qu’ils font partie de la première ou de la seconde série, est un résultat qui vaut la peine d'être poursuivi, et qui répand la plus grande lumière sur le point le plus important et le plus caractéristique de ce système.

10. — Les opposés sont dans les deux cas un objectif et un subjectif ; mais ils le sont avant et après la

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synthèse d’une manière bien difTërcnte dans l’esprit humain. Avant la synthèse, iis sont de simples opposés et rien déplus; l’un est ce que l’autre n’est pas, et réciproquement; ils expriment un simple rapport et rien de plus; ils sont quelque chose de négatif, et absolument rien de positif ( précisément comme dans l’exemple ci-dessus, la lumière et l’obscurité en Z, Z étant considéré comme limite purement pensée) ; ils ne sont qu’une simple pensée, sans aucune réalité, et de plus une pensée qui n’est qu’une simple relation. — A mesure que l’un se présente, l’autre est anéanti, et celui-là ne pouvant se présenter que sous les prédicats du contraire de l’autre, avec sa notion, par conséquent, se présentant en même temps la notion de ce dernier qui l’anéantit , il ne peut effectivement pas se présenter. Il n’y a donc rien et il ne peut rien y avoir d’existant ; notre conscience n’est pas remplie ; il n’existe absolument rien en elle. (Nous n’aurions pas pu entreprendre toutes les recherches auxquelles nous nous sommes livrés jusqu’à présent, sans une illusion bienfaisante de l’imagination, qui supposait un substract à ces purs opposés ; notre pensée n’aurait pas pu les atteindre, car ils n’étaient absolument rien et on ne peut pas réfléchir sur rien. Cette illusion ne devait [>as être conservée, il fallait seulement en compter le produit dans la somme de nos déductions, et l’en exclure, comme cela a eu lieu réellement). Après la synthèse, ils sont quelque chose qui peut être perçu et retenu dans la conscience, quelque chose qui la remplit ( à la faveur et sous la loi de la réflexion ; ils sont pour la réflexion ce qu’ils étaient librement avant, mais sans qu’on le remarquât et avec une forte opposition d’elle-

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même), précisément comme ci-dessus la lumière et l’obscurité en Z étaient quelque chose que l’imagina-, tion étendait à un moment, quelque chose qui ne s’anéantissait pas absolument.

Cette transformation les précède dans leur passage à travers la synthèse , et il faut indiquer comment la synthèse peut leur communiquer quelque chose qu’ils n’avaient pas auparavant. La faculté synthétique a pour tâche d’unir les opposés, de les concevoir comme une seule et même chose (car le postulat .s’adresse toujours comme auparavant, précisément à la fa-*, culté de penser). Elle ne le peut pas'; cèpendant la tâche, le but sont là et ainsi s’élève une lutte entre le postulat et l’impossibilité de le satisfaire. Bans cette*^ lutte, l’esprit hé^te, flotte entre le postulat et l’impossibilité de le satisfaire, et dans cette situation^ maisdans celte situation seule, il les tient ensemble, ou ce qui revient au même, il les rend tels qu’il puisse les saisir' et les retenir en même temps, (leur imprimant ainsi une impulsion qu’ils lui rendent ensuite et qu'il leur renvoie encore, il leur donne un certain contenu et une certaine étendue que l’on montrera plus tard être la pluralité dans le temps et dans l’espace). Cet état est celui de l’intuition ; on a déjà nommé plus haut imagination la faculté qui s’y déploie.

11.-= Nous croyons que c’est précisément la circonstance qui menaçait de détruire la possibilité d'une théorie de la connaissance humaine, qui est ici la seule condition sous laquelle nous pouvons établir cette théorie. Nous ne prévoyions pas comment il nous serait possible de réunir les termes opposés absolument, et nous voyons ici qu’il ne serait pas possible d’expliquer

‘ noCTRISE

les ëvéïieménts dont notre esprit est le théâtre, sans des termes absolument opposés; de même que la faculté qui est le principé de tous ccÿ événements, l’imagination productrice, ne serait nullement possible s’il ’"n’y avait à' réunir des termes absolument opposés, et dépassant complètement la mesure de la faculté coropréliensive du moi. C’est encore une preuve que notre système est juste et qu’il explique ce qui devait être * expliqué. Ce qui est supposé ne peut être expliqué que par ce que l’on trouve et ce qui est trouvé que par ce que l’on supposait. 4)e cet état absolu d’opposition résulte tout le mécanisme de l’esprit humain, mécanisme qui ne peut être expliqué que par une opposi- •■'tion absolue.

12. ■— Une lumière complète est répandue en même temps sur une expression qui s’est déjà présentée et n'a pas encore été parfaitement expliquée, savoir : ' Comment l’idéalité et la réalité peuvent-elles être une seule et même chose ? Comment toutes deux ne sontelles dilTérentes que suivant la manière dont on les considère ?

Les termes absolument opposés (l’infini subjectif, et l’infini objectif ) sont avant la synthèse quelque chose de purement |>ensé, et comme nous nous sommes exprimés jusqu'à présent, quelque chose de purement idéal. Devant être réunis par la faculté de penser et ne le pouvant pas, ils reçoivent de la réalité par la fluctuation de l esprit, nommé dans cette fonction, imagination , parce qu’ils deviennent par-là capables d’ètre perçus par l’intuition, c’est-à-dire qu’ils reçoivent de la réalité en générai; car il n’y a et ne peut.y avoir réalité que par le moyen de l'intuition. Si l’on fait

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abslraciion dc Cette intuition , ce que l’on peut pour la simple facul|ë de penser, mais nOn pour la conscience en général cette réalité redevient quelque chose de purement idéal. Elle n’a d’existence qu’en vertu* de la loi de la faculté de la feprésentation. • ^

13. =. Nous apprenons donc ici que toute Véalitc,-.^ toute réalité pour nous, veux-je dire", et on ne peut l’entendre autrement dans un système de philosophie transcendantale, — n’est produite que par l’imagination. L’un des'plus grands penseurs de notre tenfps, qui, autant que je puis en juger, enseigne la même, chose, rappelle une illusion de l’imagination. Mais touteerreur est ‘opposée à la vérité, toute errèur doit pouvoir être évitée. Or, s’il est démontré , comme cela le sera dans le système actuel, que sur cette action de l’imagination est fondée pour nous notre conscience, notre vie, notre être, c’est-à-dire toute notre existence en tant que moi, celte action ne doit pas cesser d'être, si nous ne devons pas faire abstraction du moi, ce qui se contredit, car ce qui fait abstraction ne peut pas faire abstraction de soi-mème. Par conséquent, l’imagination ne trompe pas; elle donne la vérité et la seule vérité possible. Admettre qu’elle trompe, c’est élever un ‘ scepticisme qui professe le doute de sa propre existence. •

DOCTltlINE .

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