PU^F&CE
opposiüoQ, l’opposilion est inconditionnelle. Mais pour que le contraire de A soit posé, il faut que A soit.posé d’abord comme action, c'est-à-dire, quant au contenu : l’opposition dépend donc d’une autre action; l’acte d’opposer n’est possible qu’à la condition de l’identité de la conscience du sujet qui pose et qui oppose. Si la conscience de la première action n’était identique à celle de la seconde, la seconde ne serait pas une opposition ; elle ne ferait que poser absolument ; elle ne devient opposition que relativement à un acte antérieur de poser. — A, quant à sa forme, est déterminé par l’opposition, il est un contraire absolument; mais, quant à sa matière, il est déterminé par A. Nous ne savons ce que — A est ou n’est pas, qu’à la condition de connaître A. — A n’est pas ce qu'est A ; voilà eu quoi consiste pour nous toute son essence. Or, nous ne connaissons primordialement, et jusqu’à présent il n’a été posé que le moi. — A ne peut donc être opposé absolument qu’au moi. Appelons non-moi ce qui est opposé absolument au moi ; si la proposition : — A n’est pas égal à' A se présente comme absolument certaine parmi les faits de conscience, il faut donc admettre qu’un nonmoi est absolument opposé au moi. Telle est la seconde proposition fondamentale de la connaissance humaine. Sous la formule : — A n’est pas égal à A, elle donne la proposition logique que l’on peut appeler de la contradiction ou de l'opposition. A n’en considérer que
DU TKADUCTEUll. i XI
la forme , que le rapport de l'opposition au contraire *
de l'étre, de la réalité posée dans la première propositition, on a la notion générale ou la catégorie de la lotion!-. . t ' ,
Mais à quelle condition la proposition que nous ve-' npns d’énoncer, subsiste-t-elle ? N’est-il pas à craindre qu’elle se détruise elle-même dans la contradiction absolue qu’elle expose? Le non-moi est posé dans le moi, puisqu’il lui[ estopp osé, et que toute opposition exige
l'identité du moi dans lequel elle est posée avec celui
auquel elle oppose un contraire. Mais lé non-moi est le contraire absolu du moi : ce qu’est le non-moi, le moi ne l’est pas ; en tant que le non-moi est posé dans le moi, le moi lui-même n’y serait donc pas posé. Cependant il ne peut être posé de non-moi, qu’autant que, dans la même conscience, il a d’abord été posé un moi auquel il soit opposé ; et comme c’est dans la conscience identique que le non-moi. doit être posé, en tant que le non-moi est posé dans le moi , le moi y est aussi posé. On voit donc que l’on peut tirer de la seconde proposition, deux conclusions contradictoires. Cette proposition ne saurait néanmoins se détruire, car elle ne se ' contredit qu’en tant que l'opposé détruit le posé, c’està-dire qu’en tant qu’elle a de la valeur, en d’autres termes , qu’en tant qu’elle subsiste : nouvelle contra-
* S 3. — Second principCf conditionnel quant à son contenu, pp. 1S«18«
PRÉFACE
(lictioD. Ces conséquences contradictoires sont rigoureusement exactes, mais elles détruisent l’identité de la conscience. Nous somdM» donc ici en présence d’un problème bien déterminé : il faut découvrir comment il se peut faire que c^ conclusions conservent leur exactitude sans détruire l’identité de la conscience.
Nous avons à rechercher comment, par une conciliation absolue, A et — A, être et non-être, réalité et négation, peuvent être conçus ensemble , sans se détruire ; ce ne peut être évidemment qu’en se limitant, qu’en se bornant réciproquement. Limiter une chose, c’est en effet en détruire la réalité par la négation, mais seulement en partie. La notion de la limitation renferme donc, outre les notions de la réalité et de la négation, celles de la divisibilité, de la quantité en général. Le moi et le non-moi sont donc posés absolument divisibles, c’est-à-dire limités, finis. Il y a, par conséquent, dans les actions primitives du moi , en même temps qu’une contradiction absolue, une conciliation absolue. En vertu de cette conciliation, le moi et le non-moi peuvent être posés ensemble dans le moi : Ils y sont posés tous deux comme se partageant la réalité. Le moi et le non-moi deviennent dès-lors réels. Le moi de la première proposition, de la proposition : Je suis, n’est pas le moi de la réalité, puisqu’aucun prédicat tiré hors de lui ne peut lui être appliqué, et qu’il est absolu. Le moi auquel un non-moi est opposé, qui
DU TRADUCTEUR
en ce cas est réel , divisible, limité, fini, est par conséquent 'opposé lui-méme au moi absolu, indivisible, illimité, infini. Les contradictions sont ainsi conciliées sans que l’unité et l'identité de la conscience soient entamées. Le cercle de ce qui est absolument et inconditionnellement certain dans la connaissance est maintenant parcouru. Nous pouvons en résumer l'ensemble dans la proposition suivante : J'oppose^ dans le moi, au moi divisible un non-moi divisible.
Il résulte de cette conciliation une notion logique que l’on peut appeler notion du fondement. Nous venons de voir que les contraires sont identiques en un certain caractère ( celui de la limitation, de la divisibilité, dans la proposition précédente), et que réciproquement les identiques ( le moi absolu et illimité et le moi réel et limité, dans la même proposition) sont opposés en un certain caractère. Ce caractère est, dans
le premier cas, un fondement de relation, et dans le second, un fondement de distinction ; car, poser des identiques ou comparer des opposés , c’est les mettre en relation, et opposer des identiques , c’est les distinguer. La notion logique du fondement ne s’applique qu’à une partie de la connaissance. Au moyen de cette notion, il n’est porté en effet aucun jugement sur ce à quoi rien ne peut être ni opposé, ni identique. Ce qui n’a pas de fondement, ce qui est à soi-même son propre principe, est le fondement de tous les jugements
rnérACB
{Mssibles. Ce principe suprême est le moi absolu ; aussi tous les jugements dont le moi absolu est le sujet, ont une valeur absolue et sans autre fondement.
L’opération de l’esprit, par laquelle on recherche le caractère dans lequel les choses sont opposées, est an~ tithétique. Celle par laquelle on recherche, dans les choses opposées, le caractère suivant lequel elles sont identiques, est synthétique. La loi logique de l’antithèse et de la synthèse, la notion du fondement, est déduite de la troisième proposition fondamentale ; l’autorité de toute synthèse et de toute antithèse , dérive de cette proposition; or, l’action qu’elle exprime.la conciliation des termes contraires, n’est pas possiule sans l’action de l’opposition , de même que celle-ci ne saurait exister sans celle-là. Par conséquent il ne peut y avoir de synthèse sans antithèse , ni d’antithèse sans synthèse. La troisième proposition fondamentale contient la synthèse absolue , la synthèse suprême, celle qui est possible absolument sans autre principe qu’ellemême. Toutes les synthèses légitimes de la connaissance humaine doivent au contraire avoir en elle leur fondement, c’est-à-dire, être contenues en elle. La marche de la science de la connaissance est ainsi toute tracée. Elle verra dans toute proposition une synthèse; mais la synthèse n’est pas possible sans une antithèse antérieure que l’on néglige comme action, dans la synthèse, pour ne s’occuper que des contraires à réu-
DD TRADUCTEDB.
nir : la science de la connaissance aura donc à pechercher d’abord, dans chaque proposition, les opposés qui devront être conciliés. Ainsi, dans la synthèse suprême qui lui est donnée absolument, où le moi et le non-moi sont conciliés, elle devra découvrir les caractères contradictoires qui peuvent exister encore, et les concilier par un nouveau fondement de relation qui doit se trouver aussi dans le fondement suprême de relation, et ainsi de suite jusqu’à ce qu'elle arrive à des caractères contradictoires qu’il sera impossible de réunir synthétiquement.
Si la synthèse et l’antithèse s'exigent réciproquement, elles ne sont pas moins impossibles, toutes deux sans thèse. Nous avons vu, en eflfet, qu’il ne saurait y avoir opposition, ni par conséquent conciliation , si d’avance quelque chose n’était posé, semblable ou dissemblable, opposé ou identique à rien autre; c’est-àdire, si quelque chose n’était posé simplement et absolument. Le système de la Science de la Connaissance repose donc tout entier sur la première des propositions fondamentales, sur la proposition absolument inconditionnelle : Je suis. C’est de cette proposition qu'émane la loi suprême de l’unité, loi dont la réalisation est impossible à l’homme toujours engagé dans le divers, qui flotte sans cesse entre les contradictions, et ne peut aller que de l’antithèse à la synthèse, et de celle-ci à celle-là; mais qui en lui assignant un
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