‹ Doctrine et traitement homoeopathique des maladies chroniques (volume 4)Chapitre 11 sur 211 · EE · texte numérisé non relu

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TRAITEMENT DES MALADIES CHRONIQUES. I 4x

catrice, et sans que l'endroit où il siégeait conserve une couleur différente de celle des tégumens sains. Mais le chancre auquel on n’oppose pas de moyens externes, ne guérirait jamais si la sÿphilis intérieure n'était pas déjà anéantie par la dose de mercure, puisqu’il est l'annonce naturelle et infaillible du moindre reste de syphilis encore existante.

Dans la seconde édition du premier volume de ma Matière médicale pure (Dresde, 1822), j'ai décrit la préparation d'un oxidule de mercure pur, que je considère encore aujourd'hui comme un des meilleurs remèdes antisyphilitiques. Mais pour arriver au but d’une manière plus simple, sans faire aucun détour, et sans cependant courir le risque de ne point y atteindre (car on ne saurait mettre trop de simplicité dans la préparation des médicamens), le mieux est de procéder comme il suit : on prend un grain de mercure coulant pur, qu'on broie pendant une heure avec cent grains de sucre de lait, d’après le méthode que j'ai coutume de suivre pour développer la vertu d’autres substances sèches, et que je ferai connaitre plus au long lorsque je traiterai des médicamens antipsoriques. Un grain de cette poudre est ensuite traité de même avec cent autres grains de sucre de lait, et enfin , pour obtenir une dilution pulvérulente au millionnième, on broye encore un grain de la seconde poudre avec cent grains de sucre de lait, également pendant une heure. Un grain de cette dernière poudre est alors dissous dans de lalcool aqueux ; on donne deux secousses du bras à la liqueur ; on en prend une goutte, qu’on secoue deux fois avec de l'alcool ,'et enfin on imprime de nouveau deux secousses à une goutte de ce dernier mélée avec

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cent autre gouttes d'alcool pur, afin de porter la dilution du mercure au billionnième degré. Un, deux et tout au plus trois globules de sucre, gros comme des grains de pavot, qu’on imbibe de cette liqueur, ét une dose qui suffit parfaitement pour obtenir la guérison dont il s’agit ici.

Comme la présence du chancre ou du bubon, pendant le traitement , annonce que la syphilis subsiste encore dans l'intérieur, de même, lorsque ce chancre ou ce bubon disparait, sous l'influence du seul médicament mercuriel donné à l’intérieur, sans qu’on ait recours à aucun remède dirigé contre le symptôme local lui-même, et sans que celui-ci laisse la moindre trace, il est parfaitement certain que tout vestige de la syphilis intérieure se trouve éteint au moment de la cicatrisation achevée du chancre, ou de Ja disparition du bubon.

Mais il suit non moins clairement de là que toute disparition du chancre ou du bubon qui succède à l'emploi de purs moyens externes, n'étant point l'effet de lanéantissement de la maladie vénérienne interne par l'administration intérieure du remède mercuriel approprié, laisse la certitude que la syphilis existe encore dans le corps, et que tous ceux qu'on leurre de l'espoir d’une guérison parfaite, après les avoir soumis à un pareil traitement local, n’en sont pas moins pénétrés de la maladie

vénérienne qu'ils l'étaient avant la destruction du

- chancre.

… Le second état dans lequel on peut rencontrer la syphilis à à traiter, est celui, assez rare, où, chez un sujet d’ailleurs bien portant, qui n'est attelht d'au cune autre maladie chronique, qui n’a par consé-

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quent point de gale développée, la suppression intempestive du chancre a été rapidement déterminée, par un médecin vulgaire , à l'aide de moyens purement locaux, sans qu'on ait employé aucun remède interne ou externe capable d’ébranler fortement l’organisme. Comme il n’y a ordinairement point encore de complication de gale dans ce cas, l'apparition des symptômes vénériens secondaires, ou de la syphilis, est également prévenue, et l’homme débarrassé de toute trace de miasme vénérien, par le traitement interne fort simple qui vient d’être indiqué, c’est-àdire par une égale dose de mercure au billionnième degré de puissance. Cependant la certitude de la guérison est moins patente que quand le chancre existe encore, et que l'influence du seul médicament interne en détermine la cicatrisation, après l'avoir ramené d'abord aux conditions d’un ulcère de bon caractère. | |

Mais il existe aussi dans ce cas un signe annonçant que la maladie interne, non encore arrivée au degré de développement de la syphilis, est ou n’est point guérie; ce signe demande seulement une plus grande attention pour être aperçu. En effet, lorsque le chancre n’a été que chassé de son siège par des moyens locaux dépourvus de toute âcreté, on découvre toujours , dans l'endroit qu’il occupait’, un indice certain de non extinction de la syphilis in- "terne, c'est-à-dire une cicatrice livide, rougeûtre, rouge ou bleuètre, tandis qu'au contraire lorsque la guérison (de la maladie externe) a été cpérée seulement par le remède interne, que le chancre a disparu de lui-même sans la coopération d'aucun moyen interne, et que par conséquent il n’est plus nèces-

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