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saire pour réduire au silence la maladie vénérienne | interne, qui elle-même n'existe plus, on ne saurait distinguer la place qu'il occupait, la peau étant devenue là aussi unie et de la même teinte que partout ailleurs.
Si le médecin homœæopathiste ee après une prompte extinction purement locale du symptôme vénérien extérieur, qu'il existe une cicatrice livide, annonçant la syphilis interne non encore éteinte, et si le sujet, auquel il s’agit maintenant de procurer une guérison absolue, jouit d’ailleurs d’une bonne santé, si par conséquent son affection vénérienne n’est point encore compliquée avec la gale, une seule dose de la meilleure préparation mercurielle, administrée comme il vient d’être dit, le délivre également et aussi facilement de tout reste
de miasme vénérien. On peut se convaincre que la
guérison est achevée lorsque, pendant l'action du spécifique, la cicatrice reprend la couleur des tégu-
mens sains, et que toute teinte livide disparaît.
Dans les cas même où, après la cicatrisation locale du chancre, un bubon s’est déjà manifesté, mais où
+ le sujet ne se montre atteint d'aucune autre maladie
chronique, où par conséquent la syphilis interne n'est point encore compliquée de gale dévelopnée, ce qui en effet arrive rarement, alors le même, traitement procure aussi une sers complète, dont on acquiert la certitude à l’aide du même cazt ractère. |
Si l'on procède d’une manière convenable dans l'une et l’autre circonstances, la guérison est absolue, et lon n'a plus à craindre que la syphilis éclate jamais.
Le plus difficile de tous les cas, le troisième, nous reste encore à examiner. Dans cet état, tantôt le sujet est déjà atteint d’une maladie chronique au moment où il contracte l'infection syphilitique, et par conséquent la syphilis se trouve compliquée de la gale es même l'existence du chancre ; tantôt, siln'y avait point encore de maladie nn px le corps à l'apparition du chancre, et s’il ne se montrait que les signes d’une gale sommeillant à l'intérieur, un médecin vulgaire non-seulement a détruit le symptôme local par un long emploi de moyens internes fort douloureux, mais encore il a soumis le malade à un traitement interne trés-débilitant, en imprimant une violente secousse à la constitution. Il est résulté de là que la santé générale à été détruite, que la gale, jusqu'alors latente, est sortie de son
sommeil, et qu’elle a provoqué la manifestation d’affections chroniques, qui se sont alors associées à celles de la syphilis interne dont le symptôme extérieur avait été traité d’une manière si peu rationnelle : car iln’y a que la gale développée et dessinée sous la forme de maladies chroniques évidentes, qui puisse se compliquer avec le mal vénérien, la gale encore latente et sommeillante n'ayant pas cette faculté. / Cette dernière ne s’oppose donc point à la guérison de la syphilis; mais quand la maladie vénérienne se trouve compliquée avec la gale développée, il est ümpossible de la guérir seule.
Il n’est que trop commun, dis-je , apres la destruction locale du chancre, de rencontrer la sÿphilis non guérie compliquée avec la gale sortie de sa léthargie, non pas toujours parce que celle-ci était déja développée avant l'infection vénérienne , car ce phéno-
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mène est rare chez les personnes jeunes, mais parce que les traitemens ordinaires de la maladié vénérienne la tirent violemment de son état de sommeil et la déterminent à se déclarer. Des frictions mercurielles, des doses considérables de calomélas, de sublimé corrosif et d’autres mercuriaux âcres analogues, qui occasionent de la fièvre , des diarrhées dysentériques, une longue salivation épuisant les forces, des douleurs dans les membres, l’insomnie, etc., sans posséder assez de vertu antisyphilitique, sont souvent employés, pendant des mois entiers, alternativement avec une multitude de bains chauds et de purgatifs débilitans ; en sorte que la gale interne latente, dans l’essence de laquelle il entre d’éclater toutes les fois que la santé générale reçoit une forte secousse, s’éveille plutôt que la syphilis ne cède à un traitement si mal conçu, et vient s’associer à cette dernière, qu'ensuite elle complique.
De cette manière, et par l'effet de cette association, nait ce qu'on appelle la syphilis larvée, et chez les Anglais pseudosyphilis, monstre de maladie doubie, qu'aucun médecin jusqu’à présent n'a pu ramener à la santé, parce que nul d’entre les médecins n’a jusqu'à ce jour connu la gale dans toute son étendue et dans sa nature, soit à l'état latent, soit à celui de développement, et qu'aucun n’a soupçonné même, bien loin de l'observer, cette effrayante complication avec la syphilis. Il ne s’en trouvait donc aucun parmi eux qui püt guérir la gale développée, seule cause de cette syphilis bätarde, qui, par conséquent, füt capable de débarrasser la syphilis de cette cruelle complication , afin qu’elle devint curable , ce qu'elle n’est point sans cela, pas plus que ne Pest la
gale quand on ne détruit pas la syphilis en même temps qu'elle.
Il est de régle générale, pour attaquer avec succès cette syphilis dite larvée, qu'après avoir écarté tout ce qui pourrait exercer du dehors une influence nuisible sur le malade, en prescrivant un régime léger et nourrissant, et régularisant le reste du genre de vie, le médecin homœæopathiste commence par employer contre la gale le remède antipsorique le plus homoœæopathique à l’état morbide présent, en se conformant aux préceptes qui seront tracés plus loin; que, quand ce remède a épuisé son action, il en oppose aux symptômes encore saillans de la gale un second aussi approprié que possible ; qu’il donne à celui-là aussi le temps d’accomplir tout ce qu'il lui est possible de faire pour amender l'état du malade; qu’ensuite il administre la dose, précédemment indiquée, du meilleur tient mercuriel, et qu'il Ja Jaisse agir pendant trois , cinq ou sept semaines, c'est-à-dire jusqu'à ce que les symptômes syolhilialt ques saméliorent.
On n'arrive cependant point tout-à-fait au but par ce premier traitement, dans les cas anciens et difficile. D'ordinaire alors il reste encore des maux et des incommodités qu’on ne peut pas dire positivement psoriques, d’autres aussi qu'on ne saurait mettre d’une manière précise sur le compte de la syphilis , et qui réclament des secours d'une autre espece. Il est nécessaire, en pareil cas, de recommencer le traitement tel qu'il a été suivi la premiere fois, c'est-à-dire de commencer par choisir, entre les médicamens antipsoriques dont on ne s’est point encore servi, un ou plusieurs de ceux qui sont le plus ho-
ne
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moœæopathiques, et de les donner au malade jusqu'à ce que ce qui semble encore ne point être syphilitique, C'est-à-dire ce qui a l'apparence psorique, disparaisse; après quoi on administre de nouveau la dose indiquée du remède mercuriel, et on laisse agir cette dernière non-seulement jusqu'à ce que les symptômes évidemment syphilitiques (les ulcères douloureux et picotans aux.amygdales, les taches rondes et cuivrées à la peau; les ulcères lisses, pâles, uniquement couverts de mucus, indolens et presque de niveau avec la peau; les douleurs térébrantes nocturnes dans les os, les exostoses, etc.) aient disparu, mais encore (les symptômes secondaires de la syphilis étant si peu fixes, que leur disparition n’est point une preuve de leur extinction totale) jusqu’à ce qu’on voie survenir les signes indicateurs de l’anéantissement complet du miasme syphilitique, le retour de la couleur naturelle, et l'entier effacement de la lividité qu’offrent les cicatrices produites par la destruction du chancre à l’aide de cathérétiques extérieurs.
Ma pratique ne m'aoffert que deux cas(1) dans lesquels il y eût complication des trois miasmes chronique, de la sycose avec la syphilis et la gale développée. L’affection triple fut traitée d’après les mêmes princi-
(1} Un homme que sa femme avait infecté de la syphilis aux parties génitales, sans qu'on pût savoir, d’après son rapport, s’il avait eu des chancres ou des fics, fut tellement maltraité par les mercuriaux les. pus violens, qu’il perdit la luette, avec perforation du palais, érosion de la plupart des parties sp du nez, tuméfaction et phlogose du reste, qui paraissait percé de trous comme un gâteau d’abeilles, douleurs extrêmes et puanteur insupportable. Get homme avait en outre un ulcère psorique à la
pes, c’est-à-dire que le traitement fut dirigé d’abord contre la gale, puis contre celui des deux autres miasmes chroniques dont lessymptômes se montreérentensuite prédominans, etenfin contre le dernier. Il fallut combattre de nouveau un reste des symptômes psoriques encore subsistans, et leur opposer les remédes appropriés; après quoi les médicamens dont j'ai parlé plus haut firent disparaître ce qui restait encore de la sycose et de la syphilis. A cette occasion je ferai remarquer que la guérison parfaite de lasycose, qui s'est également emparée de l'organisme entier avant l'apparition de son symptôme local, s'annonce, comme celle du miasme chancreux, par la disparition absolue de la couleur livide qui reste après la simple destruction locale des fics, et qui est une preuve que la sycose interne n’a point encore été éteinte.
De la Gale,
Avant de passer à ce qui concerne le troisième miasme chronique, le plus important de tous, ou la gale, il me parait nécessaire de placer encore ici la remarque générale suivante. 1K
La contagion, dans les trois seules maladies mias-
és é :
jambe. Les remèdes antipsoriques amendèrent les ulcères jusqu’à un cerlain point, guérirent celui de la jambe, enlevèrent les douleurs cuisantes, et firent cesser en grande partie la fétidité ; les moyens contre la sycose procurèrent aussi quelque bien : mais, somme totale, on ne parvint à produire des effets plus saillans qu'après avoir donné une petite dose d’oxidulé de mercure, qui guérit le malade promptement , et le remit en pleine santé, à la perte près du nez,
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matiques chroniques qu’on connaisse, n’exige ordinairement qu'un seul instant; mais il faut un temps plus long pour que le principe contagieux ainsi recu se développe en une maladie générale de organisme entier, Ge n’est qu'alors, au bout de plusieurs jours, quand la maladie miasmatique a acquis son developpement interne complet dans l’homme tout entier, que, du fond de l'affection intérieure, sort le symptôme local destiné par la bonne nature à exprimer le mal interne dans un certain sens, à le pallier, à lui servir de dérivatif, ou à le réduire au silence, de manière qu’il ne puisse pas porter un trop grand préjudice à l’économie et mettre la vie en danger, tant que ce symptôme persiste sur une des parties du corps dont les lésions sont le moins à craindre, c'est-à-dire à la peau, et dans la région de cette membrane ou le miasme s’est trouvé immédiatement en contact avec Îles nerfs au moment de l'infection. J'aurais dû penser que cette marche constante et toujours la même de la nature dans les miasmes chroniques, et même dans les miasmes aigus fixes, n’échapperait point aux médecins, du moins en ce qui concerne la maladie vénérienne, au traitement de laquelle ils se livrent déjà depuis plus de trois centsans, et que, de ce qui arrive dans cette affection, ils tireraient des conclusions applicables à ce qui se passe dans les deux autres miasmes chroniques; mais le même vertige, la même irréflexion impardonnable qui leur a fait soutenir que, chez tout individu atteint du mal vénérien, le chancre provoqué, au bout de plusieurs jours et souvent d’un laps de temps considérable, par affection complètement développée dans intérieur, n’était qu'un accident venu du de-
hors, une chose fixée seulement à.la peau, de sorte qu'il suffisait de cautériser l’excoriation pour empécher le virus d'être porté dans le corps par l’absorption et d’infecter l'économie entière; la même irréflexion qui leur a fait admettre cette fausse théorie sur l’origine du chancre vénérien, et leur a suggéré une si Gala ge méthode de traitement, dont l'inévitable résultat est de provoquer certainement la manifestation de la syphilis jusqu'alors confinée dans le fond de l'organisme resté toujours malade; ce même défant d réflexion les a conduits, jusque même dans ces derniers temps, à considérer faussement aussi la gale comme une simple affection de la peau, à laquelle l’intérieur du corps ne prend aucune part, et contre laquelle, par conséquent, il n’y a rien de mieux à faire que de la détruire extérieurement, tandis que l’anéantissement de la maladie psorique interne, foyer de léruption cutanée, était le seul moyen de guérir celle-ci d'une maniere conforme à la nature.
En effet, c’est dans son état complet, aussi longai que subsiste encore l’exanthème primitif destiné à faire taire l'affection interne, que la maladie entière est le plus facile à guérir et cède le plus promptement aux remèdes.
Mais dès qu’on l'a dépouillée de cette éruption cutanée primitive, qui a la puissance de remplacer le mal interne, l'affection psorique se trouve dans un état contre nature; elle est forcée de se jeter uniquementsur les parties intérieures du corps, etdedéployer les symptômes secondaires.
Il suffit donc, pour apprécier combien l’éruption cutanée est essentielle à la gale commençante, et
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combien on doit soigneusement éviter de la faire disparaître quand on veut attaquer cette dernière par l'intérieur, seule manière de la guérir radicalement; il suffit, dis-je, d’avoir égard à ce fait, que les maladies chroniques les plus graves qui, après la destruction de l’exanthème commencant, se sont manifestées comme autant de symptômes secondaires de la gale interne, ont souvent disparu avec tant de rapidité, par l'effet de révolutions considérables dans l'organisme qui faisaient renaître l'éruption à la peau, qu'on voyait cesser ainsi comme par miracle, du moins pour quelque temps, des maux os graves et dâtant même de plusieurs années. On peut consulter à cet égard, dans les observations qui ont été rapportées d après d’anciens médecins, les n° 1, 50016)8, (9) 175 (18), (22): 28:83, 253904 D 04; 58, 60, 72, 81, 87, 89, 94.
Mais qu'on ne se laisse point aller à conclure de là qu'après avoir éclaté sous la forme de maladies chroniques secondaires, lorsque son. éruption cutanée a été détruite au dehors, la gale interne soit ramenée, par la réapparition de l’exanthème, au même état naturel qu'auparavant, et qu’il soit älors aussi facile de la guérir qu'avant la suppression de l’éruption primitive. É (
Il n’en-est point ainsi. Car, eomme l’exanthème qui succède primitivement à l'infection ne tient point d'une manière aussi fixe à la peau que les chancres ou les fics aux parties sur lesquelles ils se sont montrés d’abord (1), mais que, loin de là, il lui arrive fort
(1) Les chaneres et les fics ne disparaissent jamais d'eux-mêmes,
souvent d'abandonner la peau , même pardes causes autres (1) que l'application calculée d’un moyen propre à le faire disparaitre, ou même par des circonstances inconnues (2); que, par conséquent, le médecin ne doit point perdre de temps pour recourir aux remédes antipsoriques internes tandis que l'affection psorique est encore complete : tout délai convient beaucoup moins encore quand äl s’agit de traiter ces éruptions secondaires, que la cause la plus légère suflit pour effacer, parce qu’elles sont généralement moins fixes encore, circonstance d’où on doit conclure qu’il leur manque une grande partie de ce qui caractérise l’exanthème primitif, et que le médecin ne doit point compter sur elles dans le traitement radical de la gale. : | Cette facilité à disparaitre de l’éruption psorique | rappelée pour la seconde fois à la peau paraît dépendre évidemment de ce qu'après l’anéantissement Jocal de l’exanthème primordial, la gale n’a plus le pouvoir de communiquer au nouveau qu’elle provoque les propriétés complètes de celui qui s’est montré la première fois à la suite de l'infection, et de ce qu’elle est beaucoup plus disposée à se déployer sous la forme d’autres maladies chroniques diverses;
lorsqu'on ne les détruit pas par des moyens externes, ou qu’on ne guérit point la maladie entière par des remèdes intérieurs.
(1) Par exemple, sous l'influence du froid (voyez plus haut, no 67), de la petite vérole (ne 39), des bains chauds (n° 35).
(2) Forez les n°5 9, 18, 26, (36), 5o, 58, 61, 64, 65, qui montrent en même temps qu'après ces disparitions spontanées de l’éruption psorique primitive, il ne survient pas, d'ordinaire, moins d’accidens qu'après sa destruction par des moyens locaux.
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circonstance qui multiplie singulièrement les difficultés d’une guérison radicale, et ne permet de l’effectuer qu’autant qu'on se borne exclusivement à attaquer la gale interne.
Il n’est donc d'aucun avantage po: le traitement que l’exanthème soit rappelé à la peau au moyen de remèdes internes, comme on y parvient quelquefois (voyez n% 3,9, 59, 89), ou que d'autres causes inconnities (Voy. n% 1, 5, 6,6, 17, 23, 28, 59, 33, 35, 39; 41, 54, 58, 60, 72, 80, 81, 87, 89,04) principalement une fièvre (voy. n° 64, 55, 56, 74), le fassent reparaitre. Cette éruption secondaire n'est jamais que trés-passagère, et, en général, sa manifestation est un événement si peu certain et si rare, qu'il n'y a point à s’en servir-pour baser le traitement, ét qu’on ne doit pas compter sur elle pour rendre la cure radicale plus facile.
Lors mêmé que nous posséderions les moyens de provoquer certainement cet exanthème, et qu'il serait en notre puissance de Île maintenir plus Ilongtemps à la peau, il n’y aurait encore aucun fonds à faire sur lui pour diminuer les difficultés du traitement de la maladie psorique entière (1).
(1) Il fut un temps où, n’étant pas encore bien convaincu de celte verité, je croyais rendre fa guérison de la gale entière plas facile, en mettant l’art à contribution pour rappeler l’éruption cutanée, c’est-à-dire en déterminant une forte suspension de la faculté perspiratoire de la peau , afin de diriger homæopathiquement son activité vers le rappel de l” sh thbrt) Je trouvais convenable pour cela d'appliquer, la plupart du temps sur le dos, ou, si le cas l’exigeait, sur d’autres parties du corps, un emplôtre
préparé cn faisant fondre doucement six onces de poix de Bour-
TRAITEMENT DES MALADIES CHRONIQUES. 15h
C'est donc une vérité bien établie, que l'époque à laquelle on guérit le plus facilement la gale eritière par les remèdes antipsoriques est celle où existe encore l'éruption psorique primitive. Il s’ensuit également que, sous ce rapport aussi, les médecins agissent sans conscience lorsqu'ils anéantissent lexanthème par des moyens locaux, au lieu de recourir à un traitement interne, facile encore alors, qui attaque cette redoutable maladie dans tout l'organisme, et d’étouffer ainsi en germe les suites fâcheuses qu’elle ne manquera pas d'entraîner un jour, c'est-à-dire toute la cohortedesaffections chroniques secondaires.
gogne, dans laquelle, après lavoir retirée du feu, on délayait une once de térébenthine de Venise, jusqu’à ce que le mélange fût complet. Cet emplâtre était étalé sur un morceau de peau de chèvre chamoisée , et appliqué encore chaud. Cependant on peut aussi se servir du mélange de cire jaune et de’ térébenthine commune qu’emploient les jardiniers, où d’un taffetas enduit de gomme élastique; ce qui prouve que la provocation de l’eéxanthème pruriteux n’était point due à une faculté irritante positive de là masse, car le même emplâtre ne fait naître ni éruption ni prurit, quand on l’applique à un sujet non atteint de Ia maladie psorique. Tei était, comme j’ai pu m'en convaincre, li méthode la plus efficace pour exciter cette sorte d'activité de la peau. Cependant, quelque patience qu’eussent les malades , et quelque atteints qu’ils fussent de la gale à l’intérieur, jamais il ne survenait une éruption psorique complète, ni moins encore durable pendant quelque temps. L'effet se bornait à ce que, parfois, 1l survenait quelques rougeurs pruriteuses , qui ne tardaient pas à disparaitre quand on débarrassait la peau de l’emplâtre. Le plus souvent il se manifestait une dénudation suintanté de la peau , ou, dans les cas les plus favorables, un prurit plus ou moins violent, dont ie malade réssentait les atteintes le soir, qui rarement s’étendait à des parties du corps autres que celles sur lesquelles portait l’em-
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En vain le médecin qui exerce son art dans le civil (car celui qui pratique dans les hôpitaux n’a pas la moindre excuse) s'écrie-t-il que, quand on ignore, ce qu’on ne peut presque jamais savoir d’une manière positive, où, quand, en quelle occasion ét par quels rapports avec une personne manifestement galeuse la contagion a eu lieu, on ne saurait reconnaitre si l’exanthème actuel, souvent fort peu considérable, tient réellement à la gale; que, par conséquent, on ne doit pas le rendre responsable des suites fàcheuses quand il le prend pour une tout autre chose, et cherche, cédant au vœux des parens, à
plâtre, et qui alors soulageait incontestablement pour quelque
temps les maladies chroniques , même les plus graves , reconnais—
sant la gale pour source, par exemple la suppuration des poumons. Mais tantôt les choses ne pouvaient pas être portées jusqu’à ce point sur la peau d’un grand nombre de malades, et souvent l'effet se bornait à un prurit modéré ou peu sensible; tantôt,
lorsque je parvenais à provoquer des démangeaisons vives, elles étaient trop insupportables pour que le malade pût les tolérer pendant tout le temps qu’exigeait le traitement interne : si alors on enlevait l’emplâtre pour lui procurer quelque soulagement, le prurit même le plus fâcheux disparaissait en peu de temps, avec l’exanthème encore subsistant, et le traitement n’avait reçu de là aucun avantage. Ceci confirme ce qui a été dit précédemment, que l’exanthème rappelé à la peau, comme aussi le simple prurit, ne possède pas, à beaucoup près, les propriétés pleines et entières de l’éruption primitive qui a disparu, et que par consé-quent il n’est pas d’un secours fort efficace pour la cure radicale de la gale par des médicamens internes. D’ailleurs le peu de bien qu'il procure perd toute valeur à cause du tourment souvent in supportable que causent l’éruption et les démangeaisons excitées par l’art ; et de l’affaiblissement général qui est l’inévitable suite de la douleur occasionée par le prurit.
l'effacer le plus promptement possible de la peau, soit par des lotions saturnines, soit par des frictions avec des pommades dans lesquelles il entre du blanc de plomb, de la calamine ou du précipité blanc.
Cette excuse, dis-je, n'est point admissible. Car, d’abord, lorsque le médecin veut agir avec conscience et d’une manière rationnelle, il ne doit jamais employer de moyens externes pour combattre une éruption cutanée, de quelque espèce qu'elle soit (1). La peau humaine ne produit aucun exanthème d’ellemême et sans le concours du reste de l'organisme, sans y être contrainte par l'état maladif du corps entier. Une éruption cutanée, quelle. qu'elle soit, se rattache à un état anormal de toute Péconomie vivante, que, par conséquent, on doit, avant tout, prendre en considération et attaquer avec des moyens capables de modifier, d’amender, de guérir l'organisme entier, méthode par laquelle l’exanthème fondé sur la maladie interne guérit et dispa-
rait de lui-même, sans qu'on ait besoin de recourir à aucun reméede externe, et souvent avec plus de rapidité que quand on lui oppose des topiques.
En second lieu, quand bien même le médecin ne serait point à portée de voir l’exanthème dans son état primitif, avant qu'il ait été détruit, c’est-à-dire sous la forme de boutons d'abord transparens, qui ne tardent pas à se remplir de pus, avec une étroite auréole rouge, ne füt-il alors que très-peu considérable, semblable à des papules miliaires, isolées, ou mêéme-ayant l'aspect soit de rougeurs excoriées,