‹ Doctrine et traitement homoeopathique des maladies chroniques (volume 4)Chapitre 13 sur 211 · RE · texte numérisé non relu

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(1) Voyez Exposition de la Doctrine médicale homæopathique, où Organon de l’art de guérir, $ 196-228.

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soit de petites croütes, cependant il lui est impossible de douter un seul instant qu’il a affaire à l’éruption galeuse, quand l'enfant ou le nourrisson, âgé de quelques Jours, frotte et gratte sans cesse la partie qui en est le siége, ou lorsque l'adulte se plaint d'éprouver un chatouillement pruriteux insupportable, surtout le soir et la nuit, qui ne permet pas qu'on s’abstienne de se gratter, et qui ensuite cause une ardeur brûlante. En pareil cas on ne saurait jamais douter de l'infection psorique, quoique chez les gens riches et les personnes des hautes classes de la société on parvienne rarement à savoir quand, où et par qui cette infection a été produite ; car, ainsi que je l'ai dit précédemment, il y a une foule de circonstances insaisissables qui peuvent y donner lieu.

Lorsque le médecin remarque ces symptomes à temps, il Ini suffit, en évitant toute application extérieure, d'administrer un ou deux globules de sucre, gros comme des graines de pavot, et imbibés de l'alcool soufré dont je parlerai plus bas, pour guérir un enfant de la maladie psorique tout entière, c'est-à-dire de l’éruption et de la gale interne; ce remede sera bien suffisant et au delà.

Il est rare que, dans la pratique civile, on ait occasion de voir et de traiter une éruption psorique récemment produite par infection, qui s'étende au loin sur la peau. Le prurit insupportable qu’elle ocasione détermine les malades à réclamer le plus promptement possible les conseils de quelque bonne femme ou d'un apothicaire, qui leur prescrit des répercussifs d’une efficacité presque instanianée, par exemple, un mélange d'axonge de porc et de fleurs de soufre. C'est seulement dans les casernes, les pri-

sons, les hôpitaux, les maisons de détention et les asiles d’orphelins, que les sujets atteints de l'affection sont obligés de s'adresser au médecin.

Dès les temps les plus anciens où la gale s’offrait à l'observation, car elle ne dégénérait pas partout jusqu’au point de produire la lépre, on reconnaissait au soufre une sorte de vertu spécifique contre cette affection; mais on ne savait non plus, comme la plus grande partie des médecins modernes, qu'employer ce moyen à l'extérieur pour faire disparaitre l’exanthème. Plusieurs onguens et pommades, dont quelques uns consistent en soufre mêlé seulementavecdu goudron, mais dont certains contiennent en outre du cuivre ou autres substances, sont indiqués dans Celse pour déterminer cette destruction de l’éruption cutanée qu’il regardait comme une guérison. De même aussi les anciens médecins faisaient, comme ceux d'aujourd'hui, baigner les galeux dans des eaux minérales sulfureuses chaudes. Les sujets atteints de la gale étaient ordinairement délivrés de l’exanthème par ces préparations sulfureuses extérieures; mais ils n'étaient point réellement guéris par là, ce que prouvaient clairement les graves maladies qu'on voyait éclater à la suite; par exemple, l'hydropisie générale dont mourut cet Athénien qui,s était débarrassé de la gale en prenant les bains sulfureux chauds de l'ile de Mélos, ainsi que nous l'apprend l’auteur du cinquièeme livre des Epidémies, qui vivait trois siècles avant Celse, et dont l'ouvrage est rangé parmi ceux qu'on ous à Hippocrate. ,

Les anciens médecins ne donnaient pas de soufre à l’intérieur contre la gale, parce qu'ils ne s'étaient pas plus aperçus que les modernes que cette mala-

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die miasmatiqüe est simultanémentet principalement intérieure.

Les modernes n’ont jamais non plus prescrit le soufre à l'intérieur seulement pour la guérison de la gale, parce qu’ils n’ont également jamais reconnu cette affection pour une maladie interne en même temps qu'externe, et principalement interne. Ils ne l'ont administré que de concert avec le répercussif extérieur de l’exanthème, et à des doses qui détermipaient un effet purgatif, à celle de dix, vingt et trente grains par prise, souvent répétées, de sorte qu'ils ne pouvaient jamais apercevoir à quel point avait été utile ou nuisible cet emploi du soufre à l’intérieur , concurremment avec des moyens externes. Au moins était-il impossible que la maladie psorique entière füt jamais guérie radicalement par là. Cette méthode ne faisait, comme l'administration de tout autre purgatif quelconque, que déterminer la disparition de l’exanthème, avec des conséquences tout aussi fâcheuses que s’il n’eut point été donné de soufre à l'intérieur. Car le soufre, administré même à lintérieur seulement, mais à doses aussi fortes que celles dont je viens de parler, ne peut jamais procurer la guérison radicale d'une gale, soit parce que, pour agir comme remède antipsorique et homoœæopathique, il exige qu'on ne le fasse prendre qu'aux plus petites doses, attendu qu’en proportions plus considérables et souvent répétées(r)il aggrave la maladie

(1) Je crois devoir placer ici les réflexions d’un homme qui a jugé l’homæœopathie sans partialité et même avec connaissance de cause. Après avoir admis qu’un moyen qui, dans l’état normal, provoque déjà les symptômes a, b, g..., analogues à d’autres

dans certains cas, ou du moins en ajoute une nouvelle à celle qui existait déjà, soit parce que l’action violente qu'il exerce fait que la nature l’expulse par les selles ou par le vomissement, sans profiter de sa vertu curative.

Maintenant si, comme le démontre l'expérience, la gale, même la plus facile à guérir, c’est-à-dire l'affection galeuse interne récente et accompagnée de son exanthème primitif, ne peut jamais l'être par emploi de répercussifs extérieurs combinés avec administration à l’intérieur de doses énormes et multipliées de soufre en poudre, on conçoit aisement que la gale dépouilléé de son éruption cutanée, réduite à ne plus être qu’une maladie interne invétérée et déployée peu à peu en symptômes secondaires, sous la forme d’affections chroniques de toute espèce, ne saurait non plus être guérie ni par des

phénomènes physiologiques, agit, ‘dans l’état normal, de manière à convertir les symptômes morbides &, 6, y..., en symp— tômes a, b,g..., qui ont pour caractère dg n’êlre que passagers, Bucquoy ajoute : « Mais ce groupe a, b, g (de symptôme mé— » dicimenteux), substitué au groupe «, 6, y) de symptômes mor- » bides), n’acquiert le caractère d’une courte durée que parce qu’on » a employé le médicament indiqué à une dose extrêmement » faible. Si le médecin homæopathiste donne une trop forte dose » du remède homæopathique , la maladie « , 6, y, peut bien être : » convertie en La maladie a , b, g; mais cette nouvelle maladie » tient autant au corps que l’ancienne, et l’organisme ne peut » pas plus s’en débafrasser qu’il ne pouvait se délivrer de l’autre. » Si Fon administre une dose très-forte du remède ,.il se produit » une maladie nouvelle, souvent fort dangereuse , ou bien l’orga- » nisme fait tout ce qui dépend de lui pour se débarrasser promp- » tement du poison, par la diarrhée, le vomissement, etc. »

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