‹ Doctrine et traitement homoeopathique des maladies chroniques (volume 4)Chapitre 8 sur 211 · DOCTRINE HOMOFOPATHIQUE · texte numérisé non relu

DOCTRINE HOMOFOPATHIQUE

La manifestation de ces trois exanthèmes miasmatiques chroniques présente, comme celle des affections exanthématiques miasmatiques aiguës, trois points principaux qui réclament une attention beau- COUP plus sérièuse que celle qu'on ya consacrée jusqu’à présent. J’entends par là d’ abord le moment de l'infection, en second lieu lépoque à laquelle l'organisme entier est pénétré par la maladie contagieuse, jusqu'à ce que celle-ci se soit‘tout-à-fait formée dans l’intérieur, et en troisième lieu la manifestation du mal extérieur, par laquelle la nature annonce que la maladie miasmatique s’est intérieurement développée et répandue dans l'organisme entier.

L’infection par les miasmes des maladies exanthématiques, tant aiguës, que chroniques, a lieu, sans nul doute, dans un instant indivisible, c'est-à-dire dans le moment le plus favorable à cette infection. Lorsque la variole ou la vaccine commence, c’est à l'instant où, par l’effet de son inoculation, le liquide morbide entre en contact dans la plaie saignante faite à la peau, avec les nerfs mis à nu, qui, au même moment, communiquentirrévocablement, et d'une manière dynamique, la maladie à tout le Système nerveux. Après ce moment d'infection, le lavage, la cautérisation, l’ustion, l’excision même de la partie qui a reçu et admis la contagion, ne sauraient empêcher ni retarder les progrès de la maladie dans l'intérieur. La variole, le vaccin , la rougeole, etc., n’en accomplissent* pas moins leur marche dans l'organisme, et après plusieurs, jours, dès que la maladie interne s'est formée et complétée, la fièvre propre à chacune d’élles n’en éclate pas

NATURE DES MALADIES CHRONIQUES. 57 moins, avec son, éruption varioleuse, vaccinique, rubéolique, etc. (1). |

La même chose a lieu aussi, sans parler de plusieurs’ autres miasmes aigus,‘ lorsque la peau de l’homme vient à être souillée par le sang d’un animal atteint dé ce qu’on appelle la gangrène de la rate. Si ce sang, comme il arrive souvent, a produit linfec-

Lu

(1) On peut avec raison demander s’il existe un seul miasme au monde qui , l'infection une fois recue du dehors , ne commence pas par rendre l'organisme entier malade, avant que ses symptômes propres se manifestent à l'extérieur. La réponse ne saurait être autre que négative. I n’y a point de miasme semblable.

Ne s’écoule-t-il pas trois, quatre ou cinq jours, après l’insertion de la vaccine, jusqu’à ce que les piqûres s’enflamment? Ne se passe-t-il pas quelque temps avant qu’on voie éclater une espèce de fièvre, signe indubitable de la maladie déclarée, dont l’apparition précède celle des boutons, qui ne sont complètement développés que le septième ou le huitième jour ?

Ne se passe-t-il pas dix à douze jours, à la suite de la réception de l'infection variolique, avant que l’on voie survenir la fièvre inflammatoire et l’éruption boutonneuse à la peau? |

Qu’a fait la nature, pendant ces dix ou douze jours, de l’infection qui lui est venue du dehors? N? a-t-elle pas dû incarner en quelque sorte la maladie à l’organisme entier, avant d’être en état d'allumer la fièvre et de produire l’exanthème à la peau?

La rougeole a besoin aussi, après l’infection ou l’inoculation , de dix à douze jours pour que l’exanthème paraisse, avec sa fièvre; Après l'infection par la scarlatine , il se passe ordinairement un septenaire avant. que la fièvre scarlatine et la rougeur de la peau surviennent,

Qu'est-ce que la nature a fait du miasme dans l'organisme pendant’ ce laps de temps? Peut-elle avoir fait autre bac qu'incorporer au corps entier la maladie rubéolique ou scalartineuse tout entière, avant d’être prête à produire la fièvre rubéolique ou scarlatine ,

avec ses exanthèmes ?

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tion, si la contagion a pris, tout lavage de la peau est inutile : la pustule noire ou gangréneuse, qui est presque toujours mortelle, n’en éclate pas moins, ordinairement dans le lieu même de l'infection, au bout de quatre ou cinq jours, c’est-à-dire ist que l'organisme entier a subi la modificatiôn nécessaire au développement de cette effroyable.maladie. Il en est de méme de l'infection des miasmes demiaigus sans exanthème. Parmi un grand nombre de personnes mordues par un chien enragé, il y en a peu, grâces à la bonté divine, qui soient infectées; on en compte rarement une sur douze, et souvent, comme je l'ai observé moi-même #il n’y en a qu’une seule sur vingt ou-trente; les autres, quoique déchirées par. l'animal furieux, guérissent ordinairement toutes, bien qu’elles n'aient recu aucun secours de la médecine ou de la chirurgie (1). Mais celui chez qui le virus rabiéique a pris au moment de la morsure, et s'est communiqué sans retour aux nerfs voisins, puis de suite au système nerveux entier, celui-là devient enragé dès que le mal s’est développé, dans l'organisme entier, en une maladie aiguë et rapidement mortelle ;'AEVeléphttient pour lédiet la nature a besoin au moins de plusieurs jours et souvent de plusieurs semaines. Une fois que la bave du chien enragé s'est réellement inoculée, l'infection a ordinairement lieu d’une manière irrévocable au moment de la morsure, car les faits déposent que même

LEE nee EEE CRE RE

(1) Ges faits consolans sont dus surtout aux médecins anglais et américains, [unter et Houlston (London medical Journal , vol, v), Vaughan, Shadwell et Percival (dans J. RIRES à on the hydrophobia. Philadelphie, 1793).

la prompte excision (1) de la partie souillée ne garantit pas des progrès du mal dans l’intérieur et de Pirruption de la rage. Les mille et un autres moyens externes qu'on à tant vantés potir nettoyer la plaie, Ja cautériser et la faire suppurer, ne produisent Eur un meilleur résultat.

D’après ce qui se passe dans toutes ces maladies miasmatiques, on voit clairement que, linfection du dehors ayant été reçue, il faut que la maladie qui s'y

rapporte se développe dans l'intérieur de P homme, et que l'organisme entier devienne peu à peu varioleux, rubéoleux ou scarlatineux, avant que ces divers -exanthèmes puissent apparaître à la peau.

‘Mais pour toutes ces maladies miasmatiques aigués, la nature humaine possède en général le pouvoir salutaire de les anéantir en deux ou trois semaines, c'est-à-dire de se débarrasser dans ce laps de temps de la fièvre et de l'éxanthèmerspécifiques, et de les éteindre d’elle-mênre dans l'organisme , par un procédé à nous inconnu (crise), de manière qu’en général l’homme, s’il n’y succombe pas, s’en trouve complètement Er, et cela dans un court espace de temps.

Dans les maladies miasmatiques chroniques, la

(1) Une jeune fille de huit ans fut mordue à Glascow, le 21 mai 1792, par un chien enragé. Un chirurgien excisa sur-lechamp toute la plaie, l’entretint en suppuration, et donna du mercure jusqu'à ce qu’il survint une légère salivation , qui dura quinze jours. Cependant la rage éclata le 27 avril, et deux fours après la malade mourut. ( Ÿ’oyez Duncan, Medic. comment. Dec. IT, vol. ‘VIT, Edimb. 19093, et The new London med. Journ. IL.)

Go DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

nature suit la même marche, sous le rapport du mode d'infection et de développement préliminaire de la maladie interne, avant que le symptôme extérieur qui annonce son entière formation apparaisse à la surface du corps. Mais lorsque les choses en sont venues là, elles offrent cette grande et remarquable diflérence d'avec les maladies miasmatiques aiguës, que l’affection interne entière persiste pendant toute la vie, comme je l’ai déjà dit, et croit même d'année en anmée , lorsque l’art ne réussit pas à l’éteindre et à la guérir d’une manière radicale.

Parmi ces miasmes chroniques, je me bornerai ici

à citer les deux que nous connaissons avec un peu Hs de précision que les autres, savoir : le chancre vénérien et la gale.

Il est probable que, dans un cas de coït impur, l'infection spécifique s'opère instantanément à l’endroit du contact et du frottement.

Lorsque l'infection a pris, le corps vivant tout entier en est aussitôt pénétré. Immédiatement après le moment de l'infection, la formation de la maladie vénérienhe commence dans tout Fintérieur.

Sur le point des parties génitales où l'infection a eu lieu, on n’aperçoit dans les premiers jours rien d’extraordinaire, aucune trace de maladie, d’inflammation ou de corrosion. C’est en vain aussi qu’on lotionne et qu'on nettoye la partie après le coïît impur. La place reste saine en apparence; l’intérieur de l'organisme seul est mis en action par l'infection, reçue ordinairement en un instant, et cette action de sa part a DSRr but de s’'incorporer e miasme vénérien, de se pénétrer d’outre en outre de la maladie vérérienne.

C'est seulement après que tous les organes sont

ainsi pénétrés par le mal reçu dans le corps, quand l'organisme entier est devenu de toutes parts vénérien, c'est-à-dire lorsque la maladie vénérienne a complété son développementintérieur, que la nature malade s'efforce de soulager le mal interne et de le réduire au silence, en faisant apparaitreun symptôme local, qui se manifeste d’abord sous la forme d’une petite vésicule , ordinairementnée sur le point qui a été infecté dans l’origine, puis sous celle d’un ulcère douloureux, auquel on donne le nom de chancre. Mais cet ulcère ne paraît que cinq, sept ou quinze Jours, quelquefois même trois, quatre ou cinq semaines , aprés le moment de hobsons C’est donc évideniment un symptôme produit du dedans au dehors par l'organisme devenu vénérien de part en part, qui tient lieu du malinterne, et qui est apte à communiquer le même miasme, c’est-à-dire la maladie vénérienne, à d’autres personnes, par l'effet du contact.

Si alors la maladie entière qui s’est déclarée vient à être éteinte par des médicamens spécifiques administrés à l’intérieur, le chancre disparait aussi, et l'individu est guéri.

Mais si, comme font les médecins vulgaires, avant de guérir la maladie interne, on détruit le chancre localement (1), la maladie ALES D chronique,

TE

(1) La syphilis n’éclate pas seulement à la suite de lapplication des caustiques, ce que de pauvres théoriciens expliquent en supposant que le virus a été refoulé par-là du chancre dans le corps, sain encore, suivant eux , avant cette époque; elle survient aussi , même lorsqu'on à fait rapidement disparaître le, chancre sans re-

Courir -à aucun irritant, ce qui prouve d’une maniere sura— bondante ct sans sad la préexistence de la syphilis dans

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la syphilis, reste dans le corps, et, si ensuite on ne la guérit point elle-mêémeintérieurement, elles’aprave d'année en année jusqu’à la fin de la vie. La constitution même la pius robuste n'est point capable de l'anéantir en elle.

Ce n’est donc, comme je l'enseigne et le pratique depuis nombre d'années , qu'en guérissant la maladie vénérienne dont tout le corps est pénétré, et surtout enévitantavecsoinlesmoyens répercussifs extéfieurs, qu'on parvient à guérir en même temps son symptome local, le chancre, tandis que, quand on se contente de détruire Fer ce dernier, sans par avance procéder : à une cure générale et débarrasser l'homme de toute sa maladie intérieure, lapparition de cette dernière, la syphili is AVEC ses sites: est inévitable.

Comme ki syphilis, la gale est aussi une maladie miasmatique chronique, et* elle commence de la inêéme maniere à se former.

Cependant la maladie psorique est le plus contagieux de tous les miasmes chroniques. Elle possède cette propriété à un bien plus haut degré que les deux autres miasmes chroniques, la maladie vénérienne chancreuse et la maladie des fics. Pour que l'infection ait lieu ave cces deux dernières, il faut , à

l’intérieur. Petit exeisa chez une femme une portion des petites lèvres, sur laquelle existaient depuis deux jours des chancres vénériens ; la plaie guérit, mais la syphilis n’en éclata pas moins ( Fasre, Lettres supplémentaires à son Traité des Maladies vénériennes. Paris ,,1786). La chose était bien naturelle, puisque la maladie vénérienne existait déjà dans tout l’intérieur du corps, avant l'apparition du chancre,

moins que le miasme n'ait été introduit dans une plaie, que des parties de notre corps très-riches en nerfs et recouvertes d'un épiderme fort mince, comme sont les organés génitaux, aient éprouvé un certain degré de Lt de Mais le imiasme psorique n'a isérciré que du contact de l'épiderme général, surtout chez les jeunes enfans. Chacun a, et presque dans toutes les circonstances, l'aptitude à etre infecté par ce miasme, ce qui n'est point le cas our les autres. dl Aucun miasme chronique n'infecte plus généralement, plus certainement, plus facilement et d’une manière plus absolue, que le miasme psorique. Il est, comme je viens de le dire, le plus contagieux de tous. 1] se communique avec une telle facilité qu'en passant d’un malade à un autre pour leur tâter le pouls, un médecir l'inocule souvent à plusieurs personnes sans le savoir (1). Du linge lavé avec des hardes qui ont été portées par des galeux (2); des gants neufs, mais qu'un galeux avait déià essayés, un lit étranger, une serviette dont on se sert pour s’essuyer, ont suffi pour communiquer ce principe d'infection. Il arrive même souvent au nouveau-né de le contracter en traversant les parties génitales externes de sa mère atteinte de la maladie, de recevoir ce funeste présent d’une sage-femme qui s'en était souillé la main chez une autre accouchée, ou de Île contracter, soit au.sein dé sa nourrice, soit dans les

(1) C. Musiranos, opera, de Tumoribus, cap. 20. (2) Comme l’a observé Willis, dans Turner, des Maladies de la Peau, trad, de l'anglais. Paris, 1783, t, IT, chap. 3, p. 77.

bras et par les caresses impures de celle qui est chargée de le soigner, sans compter les mille et mille autres occasions qui se rencontrent dans la vie de toucher à des objets invisiblement entachés de ce miasme, OCCasions qu'en ne soupconne souvent pas, que fréquemment même on ne peut point éviter, de sorte que les individus qui échappent à la contagion de la gale sont en bien petit nombre. Nous n'avons pas besoin d'aller la chercher dans Îes hôpitaux, les fabriques, les prisons, les hospices d'orphelins, ou les salés demeures de lindigence; elle se glisse jusque dans la vie ordinaire, dans la retraite comme dans le grand monde. L’ermite du Mont-Ferrat y échappe aussi rarement dans sa solitude creusée au milieu des rochers, que le petit prince dans ses couches de batiste.

Dès que le miasme psorique a touché, par exemple à la main, il ne demeure également plus local, du moment qu'il a pris. Tout lavage, tout moyen de nettoyer la partie est inutile. Les premiers joûrs on n’aperçoit rien encore à la peau; elle n'éprouve aucun changement, et reste saine en apparence. On ne remarque alors ni exanthème, ni prurit sur le corps, pas même sur la partie qui vient de recevoir l'infection. Le nerf que le miasme a affecté d’abord, l'avait déjà coinmuniqué d’une manière invisible et dynamique aux nerfs du reste du corps, et l’organisme avait tellement été pénétré en silence de cette excitation spécifique, qu'il s’est trouvé contraint de s'approprier peu à peu le miasme psorique , jusqu'à ce que lindividu tout entier füt devenu galeux, c’est-à-dire jusqu'à ce que le développement intérieur de la gale füt achevé.

Ce n'est que quand l'organisme entier se sent pénétré de cette maladie miasmatique chronique spéciale, que la nature s'efforce de soulager le mal interne , et de le réduire au silence, en provoquant l'apparition d’un symptôme local approprié à la peau, de sorte qu'aussi Jong-temps que l'exanthème persiste à l'extérieur dans l'état et sous la forme qu’elle lui a assignés, la gale interne, avec ses affections secondaires, ne peut point éclater, mais est contrainte à rester cachée, sommeillante, latente et comme enchainée. di

Ordinairement il faut, FE * partir de moment de l'infection, sik, sept, de ou même quinze jours avant que l'organisme entier ait dcquis cette modification intérieure qui constitue la gale. Ce laps de temps écoulé, après un froid plus ou moins vif qui se déclare le soir, et auquel succède pendant la nuit une chaleur générale, terminée par. la sueur, petite fièvre que beaucoup de personnes attribuent à un. refroidissement, et à laquelle elles ne font aucune . attention, on voit paraître sur la peau des pustules psoriques, d’abord très- petites et miliaires, qui grossissent peu à peu (1 1). Ces pustules: se montrent d’abord aux alentours du point qui a recu l'infection.

(1) Bien loin que les pustules galeuses qui paraissent alors soient une affection cutanée à part et purement locale, elles ne sont, au contraire, que la preuve certaine du développement complet qu’a pris auparavant la gale interne, et l'exanthème n’est qu’un complément de cette dernière ; ear cette éruption cutanée spéciale et cette espèce particulière de prurit appartiennent à l’essence de la maladie entière, dans son état naturel et le moins dangereux. | |

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Elles sont accompagnées d’un prurit ou chatouillement voluptueux, et qu'on pourrait dire agréable jusqu’à en être insupportable. Ce prurit porte si irrésistiblement à se gratter ét à déchirer les psteses psoriques, que quand, par empire sur soi-même, on s’abstient de se gratter, unérisson parcourt la peau du corps entier. L'action de se gratter procure bien quelque soulagement pour un instant, mais bientôt après la partie sur laquelle on l’a exercée devient le siége d’une ardeur brülante, qui persiste long-temps. Cest le soir, et avant minuit, que le prurit se fait sentir le plus < souvent, et qu'il est le plus Ter table.

Les pustules dlenste contiennent, dans les premières heures de leur apparition, une ymphe claire comme de l’eau; cette lymphe ne tarde pas à se convertir en pus, qui remplit la tête de la pustule.

Le prurit n'oblige pas seulement à se gratter; sa violence, comme je l'ai dit, porte même à déchirer les vésicules, de sorte que & liquide qui s'échappe devient une source abondante d'infection pour les alentours du malade, et pour les personnes non encore atteintes. Toutes les parties du corps qui viennent à être souillées, même sans qu’on s’en apercçoive, par ce liquide, le linge, les habits, les ustensiles de toute espèce, propaseen ensuite la maladie dès qu’on y touche.

Il n’y a cependant que ce symptôme cutané de la gale pénétrant L organisme entier, symptôme auquel on applique spécialement le nom de gale, parce que c'est lui qui frappe le plus les yeux, il n’y a, dis-je, que cet exanthème, les ulcères auxquels il donne lieu plus tard et done les alentours deviennent le

NATURE DES MALADIES CHRONIQUES. 67 siége d’añ prurit particulier, enfin les dartres pruriteuses, shumectant par le frottement, et la teigné, qui puissént propager la maladie à d’autres personnes, parce que c’est là seulement que se trouve contenu le miasme communicable de la galé. Au contraire, les autres symptômes de la gale, ceux qui sont secondaires ét ne surgissent qu'après la disparition de l'exanthème ou son anéantissement par l’art, en un mot, les affections sporiques générales , ne sauraient transmettre la maladie à d’autres, pas plus que ne le peuvent, à notre connaissance, les symptômes secondaires de fa syphilis, ainsi que J. Hunter l'a observé et enseigné le prémier. ae

Quand il ne s’est écoulé que très-peu de temps depuis l'apparition de l’exanthème psorique, et que par conséquent il ne s’ést point encore répandu fort au loin sur la peau, on n'apercoit chez le ma- Jade rien, qui trahisse l'existence en lui de la gale interne ; se trouve bien en apparence. Le symptôme extérieur tient lieu de la maladie interne, et obligé la gale, avec ses affections secondaires, à restér, pour ainsi dire, latente et enchaïnée (1).

C’est dans cet état qu'il est Le plus facile de guérir

(1) C’est ainsi que le chancre fait taire la syphilis interne, et ne lui permet pas d’éclater, tant qu’il reste en place sans qu’on y touche. J’ai observé une femme, exempte de tous symptômes secondaires de syphilis, chez laqüelle un chancre subsistait au même endroit depuis deux ans ; il n’avait jamais été traité, et peu à peu s'était agrandi au point d’avoir alors près d’un pouce de diamètre. Une préparation mercuriclle bien choisie et prise à l'inté-

rieur, guérit cette femme en peu de temps ; la guérison fut com-

O plète ; le mal interne et le chancre disparurent simultanément.

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la maladie entière par des remèdes spécifiques administrés à l’intérieur.

Mais si on laisse la maladie suivre la marche qui lui est propre, sans employer aucun remède interne propre à la combattre, ni aucun moyen externe susceptible de faire disparaitre l’exanthème, la maladie entière grandit rapidement dans Pintérieur, et cet accroissement du mai interne rend nécessaire une augmentation proportionnelle du symptôme cutané. Il faut donc alors, pour réduire encore au silence le mal interne devenu plus grave, et pour l’obliger à rester latent, que l'éruption psorique finisse par envahir toute la superficie du corps.

Lors même que la maladie a déjà atteint ce terme, l’homme semble encore jouir d’une bonne santé sous les autres rapports. Tous les symptômes de la gale, qui a pris tant de développement à l’intérieur, sont encore couverts et réduits au silence par le symptôme cutané, qui s’est accru dans la nfême proportion. Mais l'homme même le plus robuste ne peut pas supporter long-temps un tourment pareil à celui que cause un si insupportable prurit répandu par tout le corps. Il veut à tout prix s’en délivrer, et comme les médecins ne peuvent pas lui procurer une guérison radicale, il cherche au moins à se débarrasser de l'éruption qui lui cause de siintolérables démangeaisons. Les moyens d'y parvenir ne tardent pas à lui être fournis, soit par d’autres ignorans comme lui, soit par de médecins ou chirurgiens | vulgaires. Il cherche à se délivrer de sa plaie extérieure, sans soupçonner les maux bien plus graves qui seront la conséquence inévitable de la répression du symptôme cutané, comme le démontrent assez

les observations qui ont été rapportées plus haut. En faisant disparaître ainsi une éruption psorique, il agit d'une manière aussi insensée que celui qui, pour se tirer tout à coup de la pauvreté, et devenir plus heureux à ce quil croit, dérobe une grosse somme , et s’attire ainsi la peine de l'em prisonne: ment et des palèris

Lorsque la maladie psorique a duré déjà depuis long-temps, que l’exanthème sesoit répandu, comme il arrive ordinairement, sur la plus grande partie de la peau , ou, ce qui a lieu dans certains cas d’inertie de cet organe, qu’il soit demeuré borné à un petit nombre de pustules (1), dans les deux cas, larépression de l’exanthème abondant ou rare entraine les suites les plus fâcheuses, parce qu’elle détermine infailliblement la manifestation de la maladie psorique interne, qui a eu jusque là le temps de faire des progrès cénadéediies.

Gependant on doit excuser l’impéritie des personnes étrangères à l’art de guérir, lorsqu'en se plongeant dans l’eau froide, se roulant dans la neige, se faisant appliquer des ventouses, ou se frottant, soit le corps entier, soit seulement Îles articulations, avec du soufre et de la graisse, elles font disparaître l’éruption et le prurit insupportable qu'elles éprouvent; car elles ignorent à quels symptômes terribles de la maladie psorique interne elles ouvrent ainsi la porte. Mais peut-on pardonner à des hommes dont la mission et le devoir sont de connaître l'étendue des maux qui résultent infailliblement du réveil de la gale interne par la suppression de l'exanthème

té

(1) Voyez ci-dessus l’observation dans la note 86.

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psorique, et de tout faire pour les prévenir en guérissant d’une manière radicale cette maladie entière (1), quand on les voit traiter ainsi les galeux, leur prescrire même des moyens, interneset externes, plus violens, des purgatifs âcres, puis lemplâtre de Jasser, les lotions avec l’acétate de plomb, le sublimé corrosif et le sulfate de zinc, mais principalement la pommade avec l’axonge et les précipités mercuriels, et s'empresser de faire disparaitre l’exanthème, en assurant que c’est un mal qui siége uniquement à la peau, qu’on doit se hâter de l’en chasser, qu’ensuite tout est fini, et que, l’homme reste sain et exempt de toute incommodité? Peut-on les excuser quand les exemples consignés dans les écrits d’anciens observateurs consciencieux, et des milliers d’autres analogues qui se-répètent souvent, Journellement même, sous leurs yeux, ne les boléaee point, ne font pas pénétrer dans leur esprit la conviction qu'en anéantissant l'exanthème ils attirent aux galeux des maux certains, rapidement mortels, ou aussi durables que la vie, en déchainant ainsi la maladie psorique interne, au lieu de l’anéantir et de la guérir, en làchant sur leurs malades décus, par le brisement des liens qui l’enchainaient, le monstre à mille têtes qu'ils auraient du abattre? s On conçoit aisément , et l'expérience le démontre, que quand l’éruption psorique négligée a exercé pendant plusieurs mois ses ravages sur la peau, et qu'ainsi la gale interne à pu librement atteindre son

(1) Car, même à ce haut degré d'intensité de la maladie psorique , l’exanthème et le mal intérieur, c’est-à-dire, la gale entière, quoique plus graves qu'au début, immédiatement après

plus haut degré d'intensité dans une période de temps médiocre, les suites inévitables de la réper-

leur première apparition, sont beaucoup plus faciles à guérir, par des médicamens homcæopathiques spécifiques , que la gale interne ne l’est, après la simple suppression de l’éruption extérieure , lorsqu’elle étale ses symptômes secondaires et se déploye sous la forme de maladies chroniques. Dans cet état, sigelle est encore entière, la maladie psorique, “bien que pren à un très-haut degré, est encore infiniment plus facile à AG avec son exan— hèine , par des remèdes internes appropriés, sans concours d’aucun moyen local, de même que la maladie chancreuse vénérienne cède souvent, de la manière la plus certaine et la plus facile, à une seule des plus petites doses de la meilleure préparation mercurielle (l’oxydule le plus pur de ce métal), administrée à l’intérieur, traitement à l’aide duquel, sans qu’il soit besoin de recourir à aucun topique, le chancre se réduit rapidement à n’être plus qu’un ulcère de bon caractère, et guérit de lui-même en peu de jours, de manière qu’ensuite on ne voit jamais paraître aucune trace d’accidens secondaires (de syphilis), parce que le mal interne a été guéri en même temps que le symptôme local.

Comment excuser les médecins qui, depuis plus de trois cents ans qu’ils traitent la maladie vénérienne, si généralement répandue aujourd’hui, en ignorent encore à tel point la nature, qu’à lPaspect d’un chancre , ils n’admettent d’autre partie malade que celle qui en est le siége, ne soupçonnent pas que la syphilis était déjà développée dans l’organisme avant sa manifestation, et ne voient qu’en lui seul le symptôme vénérien à combattre, au moyen de remèdes purement externes, pour rendre, suivant eux, la santé au malade? Des milliers de faits n’ont pu leur apprendre qu’en détruisant ainsi le chancre , ils nuisent seulement ; qu’ils ne font que priver la syphilis préexistante de son symptôme local dérivatif, et obliger le mal interne à éclater sous une forme plus redoutable, moins facile à guérir. Comment excuser une erreur si pernicieuse et si générale ? Pourquoi les médecins n’ont-ils jamais réfléchi sur la manière dont se développent les fies ? Pourquoi ont-ils toujours méconnu, dans ce cas, le mal interne général,

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cussion d'un exanthème ancien doivent être beaucoup plus dangereuses encore.

qui fait la base de ces excroissances,, et n’ont-ils pas cherché à guérir radicalement, par des moyens homœæopathiques, ce mal préexistant , après la destruction duquel les fics disparaissent d'eux-mêmes , sans le secours d’aucun remède externe?

Mais, quand'*bien même il y aurait quelque motif spécieux d’excuser cette triste négligence et cette ignorance , quand même on soutiendrait que les médecins n’ont eu que depuis trois siècles et un tiers le temps de s’éclairer sur la vraie nature de la syphilis, et que la vérité aurait peut - être fini par leur apparaître après une plus loneue pratique, rien ne justifie l’aveuglement général qui, pendant une si longue suite de siècles, leur a fait méconnaître la maladie interne préexistante à l’éruption psorique, et les a portés à rejeter orgueiileusement tous les faits capables de leur ouvrir les yeux, afin de prolonger l'erreur, et de laisser le monde dans la pernicieusc croyance que les pustules accompagnées d’un insupportable prurit sont une simple affection cutanée, dont la destruction locale délivre le sujet de toute maladie.

Les médecins même les plus célèbres ont accrédité cette grave “erreur, depuis Vanhelmont jusqu’aux coryphées les plus modernes de la pratique allopathique.

Îl est vrai qu’en appliquant les moyens que j'ai indiqués plus haut , ils atteignaient la plupart du temps leur but, celui de faire cesser l’exanthème et la démangeaison, qu’ils croyaient ou du moins affirmaient avoir anéanti complètement la maladie ellemême, etqu'ils prenaient congé de leurs malades en les assurant d’une guérison parfaite. |

Quant à tous les maux entraînés par cette destruction de l’exanthème qui appartient à la forme naturelle de la gale, ou ils ne voulaient pas les voir, ou ils les donnaient pour des maladies nouvelles ayant une tout autre origine. Dans la préoccupation de leur esprit , ils n’avaient aucun égard à ces innombrables témoignages, parlant si haut, d’observateurs consciencieux des temps anciens, qui établissaient les tristes suites de la destruction locale de l’exanthème psorique , survenant souvent d’une manière si prompte après

Il n’est pas moins certain que la suppression d’une éruption psorique qui succède à une infection peu éloignée ,'et qui se borne à un petit nombre de boutons, entraine bien moins de danger immédiat, la gale interne qui s’est développée dans tout l’organisme n'ayant point encore eu le temps d’arriver à un haut degré. On doit avouer même que cette repercussion de boutons psoriques survenus depuis très-peu de temps, n’amène souvent aucune suite bien fâcheuse d’une manière immédiate. Aussi est-il ordinaire, surtout chez les personnes délicates ou des hautes classes de la société, et chez leurs enfans, qu'on ignore que des boutons peu nombreux, apparus seulement depuis quelques jours, et.accompagnés de démangeaisons vives, avaient pour cause la gale, surtout lorsqu'un médecin s’est empressé de les faire disparaitre dés le lendemain par des lotions ou des pommades saturnines.

Mais quel que faible que puisse être la gale interne au moment de la prompte répression d'un exanthème psorique qui vient de se manifester et qui n’est encore composé que d’un petit nombre de vésicules, ainsi que le démontre souvent le peu d'importance des incommodités qu'on observe ensuite, et que le médecin, par ignorance, attribue à d'autres causes légères, cette gale interne n’en de-, meure pas moins, dans son essence et dans sa nature

sa répercussion ; qu’il faudrait renoncer à l'exercice de sa raison si l’on ne voulait voir en elles des produits immédiats d’une grande maladie interne , ainsi privée du symptôme local destiné par la nature à la tenir dans le silence, et réduite à ne plus pouvoir se maniféster que par ses symptômes secondaires.

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chronique, la même maladie psorique générale de l'organisme entier, c'est-à-dire incurable sans les secours de l'art, incapable de céder aux seuls efforts de la constitution même la plus robuste, et toujours croissante jusqu’au terme de la vie. A la vérité, lorsqu'on s'est hâté ainsi de la dépouiller aussi promptement que possible, par des moyens locaux, des premières traces de son symptôme cutané, elle a coutume de ne croître d’abord que peu à peu, et de ne faire dans l'organisme que des progrès lents, infiniment plus lents que quand l’exanthème a été toléré pendant long-temps, cas dans lequel, comme je lai déjà dit, ses progrès ont lieu d’une maniere très-rapide. Mais elle n’en continue pas moins à grandir sans relâche, et, si.les circonstances extérieures sont favorables, elle le fait tellement en silence, et y employe tant d'années, que celui qui ne connaît pas les signes de sa présence à l’état de sommeil, croirait et déclarerait le sujet parfaitement sain et exempt de tout mal interne. Il se passe souvent des années avant qu'elle donne lieu à de grands symptômes qu'on puisse appeler une maladie évidente. | |

De nombreuses observations m'ont dévoilé peu à peu les signes à l’aide desquels la gale qui sommeille dans l'intérieur, et qui jusqu'alors est demeurée latente, peut être reconnue, même dans les cas où elle n’a point encore pris le caractère d’une maladie prononcée. Au moyen de ces signes on peut extirper le mal jusque dans ses racines, et le guérir radicalement, avant que la galé interne se soit déclarée en maladie chronique évidente , et qu’elle ait atteint ce redoutable degré d'intensité dont les suites fâcheuses

NATURE DES MALADIES CHRONIQUES. 7b

rendent la guérison souvent difficile et dans certains cas impossible.

Il y a beaucoup de signes indiquant que la gale grandit peu à peu dans l’intérieur, qu'elle sommeille cependant encore, et qu’elle n’a point déployé pleinement le caractère d’une maladie évidente ; mais un sujet ne les présente pas tous à la fois; l’un en offre davantage, et l’autre moins; chez tel individu on ne trouve que certains d'entre eux dans un moment donné, et les autres paraissent chez lui par la suite des temps, ou ne se manifestent jamais, suivant sa constitution et les circanstances au milieu desquelles M né

On observe, surtout chez les enfans, excrétion ‘ fréquente de vers et d’ascarides, démangeaisons insupportables dans le rectum, causées par ces derniers. Dans beaucoup de cas ballonnement du bas-ventre,

Tantôtune faim insatiable, et tantôt point d’appétit.

Päleur de la face et flaccidité des muscles.

Fréquentes ophthalmies.

Gonflemens des glandes du cou (scrofules).

Sueurs à la tête, le soir, après que le sujet s'est endormi.

Saignement de nez chez les jeunes filles et les jeunes garçons, plus rare chez les adultes, et souvent d’une grande violence. |

Mains fees froides ou Môuillées de sueur dans l’intérieur {chaleur brülante à la paume des mains). LE

Pieds froids et secs, ou baignés d'une sueur fétide (chaleur brülante à la plante des pieds ).

À la moindre cause, engourdissement des bras ou des mains, des jambes ou des pieds.

76 | DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

Des crampes fréquentes dans les mollets (dans les muscles des bras et des mains).

Des soubresauts sans douleurs de certaines parties musculaires cà et là dans le corps.

. Des coryza (1) secs ou humides très-fréquens ou chroniques (ou l'impossibilité de contracter un

rhume de cerveau, même par l'effet des causes les plus fortes, quoique du reste il y ait continuellement du malaise ).

- Obstruction habituelle d’une des narines ou des deux. .

Sentiment pénible de sécheresse dans le nez.

Angines fréquentes; voix souvent rauque.

Tussiculation courte le matin.

Fréquens accès d'asthme.

Facilité à se refroidir, soit le corps entier, soit seulement la tête, lé cou, la poitrine, le bas-ventre, les pieds, par exemple dans un courant d’air (2), et ordinairement avec tendance de ces parties à suer ; affections diverses, souvent continues, qui résultent de là.

Grande tendance à se donner des tours de reins, quelquefois seulement en portant ou soulevant un petit poids, ou même en allongeant et étendant les bras vers des objets élevés, avec une foule d’accidens résultant de cette extension souvent médiocre

(1) Ici ne se rangent pas les fièvres catarrhales (par: exemple la grippe) épidémiques qui attaquent presque tous les hommes, ceux même dont la santé est la meilleure.

(2) Quoique les courans d’air et le froid humide ne soient point agréables aux personnes qui n’ont pas la maladie galeuse, elles n’en éprouvent ni refroidissement ni accidens consécutifs.

des muscles, comme mal de tête, nausées, chute des forces, douleur tensive dans les muscles de la nuque et du dosset@n sente. .

* Fréquens maux de tête ou de dents d’un seul côté, à l’occasion même d’affections morales peu profondes. |

Fréquens accès de chaleur et de rougeur passagères à la face, assez souvent accompagnés d’un peu d'anxiété.

Chute fréquente des cheveux, cho de la chevelure, nombrêuses écailles sur le cuir chevelu.

Tendance à l'érysipele, çà ou là.

Absence ou désordre des règles, qui sont trop ou trop peu abondantes, retardées ou avancées, trop prolongées, trop aqueuses , avec diverses incommodités du corps. | | à,

Mouvemens convulsifs dans les membres au moment de s'endormir. |

Lassitude le matin en s’éveillant; sommeil qui ne rafraichit pas.

Sueurs le matin, dans le lit.

Facilité extrême à suer dans le jour au moindre mouvement (ou impossibilité d'entrer en sueur).

Langue blanche, ou du moins très-pâle, et plus souvent encore fendillée®

Beaucoup de mucosités dans la gorge.

… Fétidité de la bouche, souvent on presque toujours; surtout le matin et pendant les regles ; odeur fade , ou acide, ou semblable à celle d’une personne qui a Fo malade, ou analogue à celle du moisi, quelquefois même 'putride. .

Saveur acide dans la bo uche.

Nausées le matin.

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Sentiment de vacuité dans l'estomac.

Répugnance pour les alimens cuits chauds, la viande'surtout ( principalement chez les enfans ).

Sécheresse dans la bouche pendant la nuit ou le matin. ’

Tranchées fréquentes ou Rs (surtout chez les enfans J

Selles dures, retardant de plus d’un jour, marronnées, souvent coiffées de mucosités (ou selles presque constamment molles, diarrhéiques rÉR bouillie. )

Tumeurs hémorrhoïdales à lanus; flux de sang avec les selles.

Prurit à l'anus.

Urine foncée en couleur. :

Veines gonflées, dilatées, aux jambes ( varices). Engelures et douleurs d’engelures hors du froid rigoureux de l'hiver, et même en été.

Douleurs dans les cors, sans pags extérieure de la chaussure.

Facilité extrême à se disloquer l’une ou l’autre arr ticulation.

Craquement dans quelques unes ou dans plusieurs articulations, pendant le mouvement.

Douleurs tiraillantes , tefisives, dans la nuque, le dos, les membres, les dents surtout ( pendant le: temps humides, orageux, lorsque le vent du nordest souffle, après un refroidissement, un tour dé reins, des passions désagréables, etc.).

Renouvellement, pendant le repos, des douleurs e: des malaises, qui se dissipent pendant le mouvement

La plupart des accidens se font sentir la nuit , e se renouvellent ou s’agravent quand le baromètre es

très-bas, pendant les vents du nord et du nord-est, en hiver et vers le printemps. ni

Songes causant de l'agitation, eHrayans, ou du moins par trop vifs.

Peau malsaine : la plus petite lésion dégénére en ulcère ; gerçures de la peau des mains et de la lèvre inférieure.

Fréquens furoncles ; fréquens panaris.

Peau sèche aux membres, aux bras , aux cuisses et même aux joues. |

Cà et là sur la peau des places sèches, tombant en écailles, qui occasionent quelquefois un prurit voluptueux, et, après qu'on s’est gratté, une chaleur brülante. | |

Cè et là quelquefois, bien que rarement, une ampoule isolée, causant un prurit Ep sa mais insupportable, dont le sommet ne tarde pas à se remplir de pus, et qui, après le frottement, occasione une chaleur brülante; cette vésicule parait à un doigt, au poignet, ou ailleurs. à

En butte à à quelques uns ou à plusieurs de ces accidens, l'individu se croit encore"bien portant, et . d’autres partagent sa manière de voir. Il peut aussi, malgré cela, mener pendant longues années une vie très-supportable, et vaquer assez librement à ses oc- cüpations, tant qu’il est jeune ou encore dans la force de l’âge, qu'il n’éprouve aucun revers, qu'il jouit des nécessités de la vie, qu’il n’essuye ni chagrin ni contrariétés, qu'il ne travaille pas au delà de ses forces, et surtout qu’il est d’un caractére gai, tranquille, patient. Alors la gale, que le connaisseur découvre à quelques uns ou à plusieurs des Symptômes énumérés précédemment, peut sommeil-

80 DOCTRINE HOMOEOPATIIQUE.

ler pendant nombre d'années dans l’intérieur , sans attirer au sujet une maladie chronique continue.

Cependant, même au milieu de ces circonstances extérieures favorables, dès que le sujet avance en age, il suffit souvent d’une cause légère, d'un petit chagrin, d’un refroidissement, d’un-écart de régime, etc., pour produire un accès violent, quoique peu durable, de maladie, une colique vive , une angive, une inflammation de poitrine, un érysipèle, une fièvre, ou autre affection dont lintensité n’est fréquemment point en rapport avec la cause déterminante. C’est ce qui arrive la plupart du temps en automne et en hiver, mais se voit souvent aussi au printemps.

Lorsque le sujet, enfant ou adulte, qui offre toute l'apparence dela santé, malgré la gale latente dans son intérieur, tombe dans un cercle de circonstances contraires à celles dont je viens de faire l’'énumération , lorsque par exemple son organisme entier vient à être fortement débilité et ébranlé par une forte épidémie régnante, parunemaladie contagieuseaiguë (1),

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