‹ Doctrine politique du christianismeChapitre 20 sur 32 · TRADITION HUMAINE · texte numérisé non relu

TRADITION HUMAINE

î.or«qiie je «erai cleré aiHtlM* sus üe la lerrc, j'allirerai tout à moi. (S. JlAld. XII. V, 32.)

Remettfi-noua nos ilcllfs comme nons remettons à Ceux qui nous doitenl.

(S.Matt., c. vu, X. 10.)

L’homme, résumé de toutes les créations, terme suprême et dernier de toutes les créatures du monde qu’il habile, fut créé pour être le centre de la sphère d’activité de l’univers.

Pontife, sacrificateur et victime ; temple,

lit SECONDE PAStlE.

autel et sanctuaire; il fut placé comme médiateur entre le monde et Dieu, et chargé d’amener la création à la perfection voulue par la pensée divine.

Mais , en l'associant à son œuvre éternelle , la munificence divine fit l’homme libre, afin qu’il pût accepter ou refuser luimémela fin pour laquelle Dieul’avaitvoulu, et par-là mériter de nouveaux dons de son Créateur, ou subir le châtiment de sa justice.

Le Créateur avait fait le bien : l’homme pouvait imiter ce bien ou faire le mal. Fn maintenant son lien avec Dieu par l’obéissance à sa volonté, l’homme continuait l'ordre divin qui est le bien et la vie; en rompant ce lien par la désobéissance , il se séparait de Dieu et produisait le désordre , qui est le mal et la mort.

Cepeudant la divine Providence , prévoyant ces effets de la liberté , plaça dans 'homme l'excuse de ses propres fautes.

C'est la nature même de son organisme, qui , se mettant en rapport par ses sens avec la création, reçoit son influence séduc-

TRADITION nrHAINE.

Ml

trice , et qui , dans l’harmonie universelle , est en même temps le signe et le moyen de la domination de l’homme sur le monde* La nature humaine est donc â la fols l'origine et l’excuse de l’orgueil et de l’esprit d’appropriation, ces deux mobiles de toutes les erreurs, de toutes les révoltes , de tous les désordres; et cette nature humaine est en même temps l’agent du bien dans l’ordre , dans l’obéissance, dans l'amour de la vérité* C’est ce que démontrent les saintes Écritures dans la Genèse, et la science humaine dans son accord avec le livre sacré. La toutepuissante bonté de Dieu, en établissant l’immutabilité de sa volonté , crée et consacre l’homme comme roi du monde , et prépare en même temps son pardon*

Le Créateur, en effet, après avoir, au priocipo , séparé les éléments , les unissait par l’esprit de vie, qui devait produire, dans leurs combinaisons, des transformations nouvelles, dans une certaine limite. Puis , dans des créations successives, il donnait de nouvelles animations aux formes qu'il créait, suivant sa pensée éternelle. Dans les actes

SECONDE PARTIE

de sa toute-puissance, il organisait, il vivifiait» il animalisait » il spiritualisait les éléments combinés» toujours purifiés , toujours élevés , pour former des organismes plus parfaits» êtres nouveaux destinés à transformer en eux-mêmes ces éléments dans une certaine limite » et dans une progression croissante qui était dans la nature douée de vie. Enfin » dans Tacte suprême qui terminait la création , Dieu créait à son image rêtre spirituel à qui son amour paternel allait donner la mission d’accomplir dans son œuvre terrestre la volonté du Créateur.

Il faisait son corps du limon animé» amené à une certaine perfection par les créations antérieures et les résumant toutes. Par-là Dieu douait à la fois Thomme de la puissance de domination sur le monde, dont il représentait la plus haute spiritualité» et de la tendance à reproduire » dans ses efforts , les transformations progressives qui avaient créé le monde dont il était Tintelligence» et dont il contenait en lui-même les principes élémentaires.

Mais rhomme avait reçu encore un don

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plus précieux, c’était une ame faite à l’image de Dieu. Elle rendait I hommc lilire .

responsable et solidaire. Le Verbe, en lui révélant son origine et sa mission , lui inspirait etiQn le devoir de l’obéissance, comme premier sacrifice de son amour, comme premier acte de sa reconnaissance pour son Créateur.

L’homme était au-dessus de tous les êtres : il avait reçu le souille de Dieu. Dans sa pureté primitive, animé par le Verbe, participant à la création, à la science , à la gloire divines, il dut se sentir appelé à concourir à l’action éternelle , par sa propre volonté libre, immortelle, conforme avec celle du seigneur. Il dut comprendre qu’en se sanctifiant lui-mème , dans la nature terrestre qu’il avait reçue, il élèverait toutes les créatures qui lui étaient soumises et qu'il les pénétrerait de la communication divine qu’il avait reçue pour la leur transmettre par son travail spirituel do transformation. '

Destiné à réunir par son intelligence dans une lumineuse unité, toutes les lois des

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êtres et des choses créés , afin de les guider vers un seul but unique: la perfection divine; mis sur la Urre pour la transformer par son travail en divisant et en unissant , en séparant et en fécondant , en dominant et en spiritualisant , tous les éléments et tous les objets de la nature extérieure, qu’il soumettait à l'organisme le plus parfait qui ait été créé; il dut s’élever vers le principe de son être pour le glorifier dans un élan de son amour; il dut se vouer tout entier au service de son créateur , son seigneur et son Dieu.

L'homme ainsi comblé de tous les dons de la munificence divine, pénétré de tous les sentiments de reconnaissance et de devoirs qui le portaient à obéir, succomba à la tentation de l’orgueil et de la convoitise et fut séparé de Dieu.

L'homme était coupable au plus haut chef. 11 avait consenti à la tentation par sai propre volonté; il avait désobéi à la loi révélée. Il avait confondu le mariage spirituel par lequel le Verbe l’avait uni à une vierge, tirée de lui sa sœur, c'est-à-dire son

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aide dans sa mission spirituelle ; avec le mariage matériel , par lequel le créateur avait fait l'homme primitif mâle et femelle en lui ordonnant comme aux animaux de croître et de multiplier. L’Âdam , prêtre chaste » introduisait le mal en lui et souillait

tout le bien qu'il avait produit en accord avec Dieu , d’une tache do mal matériel»

Aussi l'action violente de la force remplaça** t-elie l'active émanation spirituelle qui sor*r tait de lui pour dominer le monde. La solidarité qni l'unissait aux êtres qui devaient naître spirituellement de lui » propagea en eux le mal par la génération matérielle , et la fonction divine fut transmise par la race au lieu de l’être par l’esprit. Toute la création fut dégradée avec celui qui était chargé de' la faire conforme à la pensée éternelle du créateur; et qui avait failli à sa mission toute spirituelle d’enseigner et de diriger les autres à la loi divine.

Le mal transmis par la confusion de la .

procréation spirituelle avec la génération matérielle produisit bientôt ses fruits. Une succession de crimes» de révoltes et d’er*

I5t Sli<X)NDK PAEITIK. ;

reurs, amena la dissolulion de lu iamille primitive consacrée, qui était la première unité hiérarchique, religieuse et sociale.

Les petits centres, nés de cette séparation, se constituèrent dans leur erreur, en transmettant la mission spirituelle par la géné- «

ration matérielle et fixèrent ainsi la hiérarchie par le droit de r^xc. Cette confusion de Tesprit avec la matière, de Tintelligence avec la force physique, de l ame, souffle de Dieu, avec l’organisation terrestre, mena ces familles à Terreur du panthéisme, avec tous les résultats contraires à la loi révélée, de jouissance égoïste comme droit; de violence comme devoir, et d’orgueil comme pouvoir.

L’homme dépravé dans son intelligence et dans sa force, oubliant Dieu dans l’enivrement de sa personnalité , souffla le désordre sur la création , attira sur lui les catastrophes des éléments, et sur ses œuvres impies les désastres du ciel.

Mais la tendance au bien progressif de la création, qui avait été mise par Dieu dans l’organisme Intelligent de l’homme.

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n'avait pas été détruite. Elle avait été seulomi.'iit viciée par le mal et transmise avec lui aux générations humaines. Elle surgit au milieu du trouble universel et commença la lutte de l’obéissance contre la révolte, de l'harmonie contre le désordre, du bien contre le mal.

Noé, de la race de Seth, troisième fils d’Adam , et remplaçant d’Abel , sauva le genre humain de la destruction à laquelle il était condamné. Par une inspiration de Dieu, il lui conserva la science divine, celle qui étudie la création; celle qui ordonne la pratique du sacrifice. Par sa propre inspiration, il institua le repas sacré de la chair de la victime, afin d’augmenter la force physique de l’homme, qui devait combattre le mal et le poursuivre par toute la terre.

Il créa aussi un breuvage fermenté qui devait exciter l’esprit et le porter vers Dieu pour y chercher la connaissance de sa volonté. Il constitua enfin la hiérarchie de la société qu’il fondait dans ses trois fils Sem, Cham et Japhet, représentants des trois fils d’Adam, qu’il chargea de repeupler le

16i SECONDE PAJRTIE.

monde en établissant la même hiérarchie»

conservatrice et pratique de la loi dans toutes leurs colonies.

Toutes les sociétés humaines, tous les peuples, touteslesnations,touslesroyaumes» tous les empires de la terre ont été fondés sur cette base de la loi de l’expiation par le sacrifice sanglant et infligé au mal. Le but universel était de retourner à la pureté primitive par la destruction du mal. Mais comme la transmission des suites du péché s'effectuait dans ies générations en même iemps que la transmission des résultats bons de l'expiation et de la tendance au bien mise par Dieu dans i’homme, il s’en suivit qu’il y eut toujours dans la race humaine une lutte constante entre la tendance au bien et ia tendance au mal , qui a fait la conservation ou la destruction des empires suivant la moralité du but d'activité qu’ils se sont posés.

Pour bien comprendre ces grandes phases des populations antiques, il est important de se placer au point de vue le plus élevé de l’activité spirituelle de l’humanité et de

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