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définir ce que c’est que la vérité et Terreur, ces deux grandes sources du bien et du mal.
La vérité est le dogme religieux , moral et pratique, révélé de Dieu à Thommc pour lui faire connaître son origine, sa fin et la loi de sa nature. La vérité est absolument invariable par elle-même, puisqu’elle vient de la pensée éternelle. Elle est une, complète et complexe, car elle renferme Talpha et Tomega du monde, et sa loi d’existence. Elle exprime la loi du bien et du
mal imposée à la liberté humaine , afin qu’elle puisse choisir entre ces deux termes. Elle émeut tous les sentiments qui vivent dans la nature humaine , pour l’exciter à aimer le bien. Elle met en exercice la logique de Tintelligence, afin qu’elle élucide jusqu'à ses derniers détails. Elle anime Tactivité de Thomme du désir de réaliser la volonté divine, révélée dans le dogme.
L’erreur, au contraire, est le produit de la logique humaine, lorsqu’elle a été détournée de la voie du bien par un sentiment personnel , révolté contre la loi imposée par
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Dieu. L’erreur est toujours incomplète, variable, et tend à se mulliplier en se séparant en de nombreusi's différences, qui s'éloignent toujours plus de la vérité, à mesure que la logique individuelle , toujours plus faussée, descend dans des conséquences plus étroites. Il arrive, en effet, que l’erreur venant constamment d’un sentiment personnel et abandonnant la vérité qui peut seule donner la foi à l’ame et la certitude à Tesprit , laisse le champ libre à la fantaisie de rimagination, qui peut créer autant de doctrines qu’il y a d’individus.
Cependant les grandes erreurs n’ont jamais été très nombreuses et sont revenues imperturbablement les mêmes, aux grandes époques de transformations de l’humanité, en se présentant toujours comme doctrines nouvelles. En effet, une doctrine, pour avoir une valeur de réalisation sociale ou universelle, doit présenter une généralité dogmatique bien formulée , qui rend compte de tout; et les erreurs, qui parties dé la raison humaine ont eu la prétention d’escalader le ciel, se réduisent à quelques noms. On
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y trouve le panthéisme à double substance, où Dieu est rame du monde; le panthéisme spiritualiste : mysticisme^ où les formes sont des illusions et Dieu esprit |le seul être ; le panthéisme matérialiste , où Dieu se transforme éternellement dans les êtres pour jouir de lui-mème; le déisme » qui sépare Dieu du monde, mais lui ôte la création des éléments, Taction continue, providentielle , et rémunératrice sur le monde ; enûn le ma.
nichéisme, qui admet deux principes primitifs , Tun pur et du bien, l'autre impur et du mai, qui lutteront éternellement.
Mais on peut réduire ces différentes erreurs à un seul grand caractère , qui leur appartient à toutes. C'est que , cherchant à concevoir Tunité du monde dans une pensée bonne d'harmonie universelle , elles tombent dans la faute de confondre le dogme révélé , élucidé par l’intelligence orthodoxe , avec la science humaine qui étudie les phénomènes naturels , et par là elles commettent une grossière impiété: elles soumettent la parole divine au jugement de la raison humaine. Nous avons déjà indiqué.
SECONDS PABTIB.
ISS
dans oe livrO» la différence qui existe entre la science religieuse qui établit les origines divines , ainsi que rexplicaUon du bien et du mal : ce qui constitue la théologie ; et la science humaine » qui ne fait que nommer les êtres et rechercher les lois qui président à leurs phénomènes : ce qui constitue la philosophie , cette science de riiarmonie universelle.
. En ce1a> noüs n’avons fait qu'appliquer à rintelligence humaine les principes divins et révélés qui sont inscrits aux deux premiers chapitres de la Genèse, et dont la portion de riiumanité qui est restée dans la voie du bien ne s’est jamais départie. Nous ne voulons pas, d’ailleurs, dire par là que ces deux sciences aient des origines différentes, ou qu’elles soient de nature opposées , ou qu’elles soient discordantes entre elles $ au contraire, elles sont liées l’une à l’autre. La théologie et la philosophie sont inhérentes entre elles, mais dans un ordre hiérarchique; car la science humaine n’a de valeur que lorsqu’elle est une conséquence de la doctrine révélée, et qu elle n’attaque pas par le
TRADmON inJMAIME. lit
raisoDBemeat le dogme qui représente cette doclrine. La logique de la science religieuse elle-même, qui veut rester orthodoxe dans la révélation, et cependant rendre le dogme plus solide, plus évident, plus certain, ne le juge pas , ne le change pas ; elle ne veut qu'en tirer les conséquences , en démontrer les résultats, en enseigner la pratique. Dans ce merveilleux travail de l’intelligence humaine, si la théologie abandonne la philosophie à la raison, ce n’est pas qu'elle la sépare de la doctrine révélée: elle la laisse appendueà la science religieuse par la connaissance irréfragable qu’elle lui donne de l’origine divine du monde , dont elle doit étudier, nommer et coordonner les phénomènes, pour en connaître les lois. Mais la philosophie doit encore, après avoir acquis cette connaissance des lois particulières à chaque ordre d’êtres, les faire accorder toutes en les rattachant à la loi universelle et morale qui meut le monde sous la main de Dieu.
La théologie est étemelle et immuable , car elle parle au nom de Dieu) tandis que
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la philosophie qui parle au nom de l'homme est temporelle et change comme lui.
L’homme, en effet, pour suivre la tendance progressive vers le bien qui le mène au but de perfection que Dieu lui a marqué , doit constamment changer de pratique politique. Sa science propre doit donc changer la loi qui règle la conduite des familles, des sociétés, des nations, et des peuples, suivant la connaissance qu’elle a du but qui doit être atteint et du pas qu’il faut faire pour hâter, sans heurt, sans secousses, la marche de l’humanité dans cette voie. Or, cette science humaine étant la philosophie; on conçoit , dans cette disposition an changement, dans cette temporanéité de ses doctrines pratiques, déterminées par la loi de tendance au bien, combien elle doit être sujette à l’erreur. Si, en effet, elle veut faire remonter sa mutabilité vers la science théologique, immuable par elle-même, elle l’altérera dans son principe même, qui est d’être la parole de Dieu. 'Si, en outre, elle ne veut pas rester dans les limites que Dieu lui a assignées, et qu’elle cherche, en de-
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hors du dogme, à appliquer sa raison aux queslions d’origine et de fln, du bien et du mal dans leurs natures, de Dieu et de l'ame dans leurs rapports; elle pourra attenter au dogme révélé, à la doctrine qui l'ait la foi et la certitude des peuples.
Aussi coupable qu’Adam, elle voudra placer sa raison au dessus de la parole révélée de Dieu et, ne trouvant pas que ce que Dieu a dit et fait soit bien , elle voudra dire et faire mieux que lui. Alors elle refera le monde suivant ses passions, ses désirs, suivant les instincts de sa personnalité égoïste, orgueilleuse et révoltée, et elle tombera dans toutes les doctrines erronées que nous venons de nommer. Comme elles, elle détrônera Dieu pour l’attirer dans le monde et en faire une loi fatale, transformant éternellement les mêmes phénomènes circulairemenl reproduits. Elle détrônera l’homme, et si elle lui laisse son ame ou qu’elle la lui ôte, toujours, comme l'ont fait les erreurs antiques, elle le privera de sa liberté morale, de sa responsabilité spirituelle, et de sa solidarité avec les êtres qui parti-
iOt BKCONDB PAHTH.
cipent de sa nature. Elle confondra son ame avec Dieu ou avec le monde : esprit ou matière, roulant dans un cercle sans flnj partie de Dieu, émanée delui et y retournant nécessairement , ou phénomène aveugle et brute du monde et régi par sa loi fatale. Toujours et par toutes les voies, transmigrant dans les êtres , séparée de Dieu , ou unie àlui, elle mènera l’homme à cette mort morale, dont tout dogme orthodoxe le sauve, en donnant à son ame et à son corps l'immortalité céleste et bienheureuse, que promet à sa liberté morale, le Dieu créateur, conservateur et rémunérateur, qui l’a établi comme médiateur entre le ciel et la terre.
Il faut bien le reconnaître et rendre justice aux peuples de l'antiquité, Dans tous les grands centres religieux, le mystère sacré du sanctuaire a conservé la tradition orthodoxe de ce Dieu unique: révélé comme créateur du monde, invincible, innommé, et dent le nom terrible foudroyait les prolanes; duquel tout était venu et au quel tout devait retourner puridé , ex-