TRADITION HUMAINE. I6.S
partout et toujours cette tradition est une cr('!alion, une théogonie, une’ cosmogonie commençant par un être divin , un Dieu créant successivement une hiérarchie intermédiaire jusqu'à l'homme.
Un seul peuple parmi tous les autres, privilégié de Dieu , a gardé la tradition orthodo.xe de la révélation pure et intacte de tout polythéisme. Là, au lieu que la Genèse cosmogonique montre une hiérarchie spirituelle, intcrmédiairede Dieu à l'homme, inférieure à son créateur, mais supérieure à la race humaine , dernière créature , c'est l'homme qui forme le point culminant de la création : la créature spirituelle qui la domine tout entière, la seule qui ait reçu le souflle de Dieu, la seule à laquelle il ait lui-même, dans sa parole et l’acte divin de son Verbe, révélé sa volonté. L’homme, au principe des choses , est le dominateur du monde, et il peut communiquer directement avec Dieu , pour agir par sa pensée , par sa puissance et par son activité obéissantes sur le monde, que Dieu lui a donné
SECONDE PARTIE
pour le rendre conforme à son éternelle volonté.
Mais tandis que le peuple hébreu accomplissait sa fonction de gardien de la tradition révélée et de la théologie orthodoxe , les autres peuples, guerriers plus hardis à poursuivre le mal ; ou conquérants plus puissants à rétablir Tunité de domination; ou transformateurs plus actifs de la terre et des êtres inférieurs à l’homme et livrés à sa possession, cherchaient dans la connaissance de l’univers les moyens de diriger plus facilement leur action dans le but qu’ils voulaient atteindre. Alors ils travaillèrent, de toute la puissance de leur intelligence, h établir la science humaine, libre de la hiérarchie de Dieux intermédiaires, qui les séparait du Djeu ordonnateur primordial de toutes choses. Les solitaires religieux del lnde, l'hermétisme Égyptien, les centres initiateurs de l’Asie-Mineure , accoinpl iront cette mission de la philosophie où la science humaine de l’univers se forma à Tabri de la théologie et dq culte orthor doxes. Cependant la philosophie ne tarda
TSAOITION mTMÀINE.
pas à perdre de vue son origine , et préoccupée du système du monde, dont elle donnait les éléments avec leurs lois, pour remplacer les Dieux mythologiques, elle tomba dans les erreurs dont nous venons de parler. L’école d'Alexandrie , intermédiaire aux philosophies de l’Inde, de l’Égypte , de l’Asie-Mineure et de la Grèce ; fille d’Alexandre le conquérant de la monarchie universelle; arrivée comme représentant l’intelligence de tous les peuples de l’ancien monde ébranlés dans leurs croyances; cette tour de Babel où se parlaient toutes les langues chercha à faire le syncrétisme de tous les dogmes, de toutes les sciences religieuses ou philosophiques, et des sciences politiques ou pratiques. Il arriva alors ce que ne manque jamais de faire la raison humaine qui veut remonter à Dieu, sans l’aide de la révélation. C'est la plus monstrueuse erreur de l’esprit humain, le panthéisme sous toutes ses fonnes, cachant sous un masque religieux son impuissante im- -piété, donnant au monde créé le nom mênie de Dieu, et entraînant l’homme dans les
HS SECONDE PARTIE.
ténèbres de la mort morale , en lui arrachant tous les dons que la munificence de son père céleste lui a faits.
Mais la providence divine avait veillé sur son œuvre, elle avait constitué au milieu du genre humain ce peuple qui avait conservé la tradition orthodoxe de la révélation , et qui devait être encore le dépositaire du passé et de l’avenir, de la loi primitive révélée et de l’espérance du Rédempteur qui devait racheter les hommes de la faute universellement transmise : le Verbe expiateur et révélateur tout à la fois.
Le patriarche Abraham , de la race de Sem, reçut cette mission le premier, dans ces paroles d’ une communication divine :
^Toutes les générations de la terre seront
bénies en vous (Genèse, c. xii, 3.). — En même temps il reçut l’ordre d’accomplir un sacrifice purificateur sur lui-même, sur ses enfants, ses serviteurs , sur toute sa maison , la circoncision ; elle avait pour but de séparer le pur de l’impur dans Tindividu, de faire dominer le bien sur le
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mal dans l’homme lui-môme, quel que lut son degré dans la hiérarchie de la raniille , qui n'élait autre chose que la société religieuse patriarcale.
Enfin, la prophétie du messie sauveur s'illumina de tous les détails du ses douleurs et de sa gloire, dans la splendide et riche poésie du peuple hébreu, sous l iiispiration de la loi du Moïse et du la volonté du seul Dieu.
SECONDE PMITIE.
BealliMitlou fie la mlMitiuu Uumulno.
CIIAPITUE IV.
POUTIÿOE CBajmCKKE.
CHAPIRTE IV.
POLITIQUE CHRÉTIENHE.
Ile pfoftez pM que {e sois vtiio détruira la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu détruire mais accomplir.
(S. ULuTaiBCt c. V, T 1.)
Lorsque le Christ, Fils de Dieu, vint sur la terre comme fils d'Abraham et de David, il revêtait ce droit de rjce d’un patriarche et d’un roi, pour établir le lien qui unissait la loi révélée , la tradition et le pouvoir social antiques, à la révélation nou-
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▼elle et au pouvoir nouveau qui allaient être rétablis sur le monde. Mais il fit plus encore il constitua ce nouveau pouvoir, dans l’ouvrier pauvre du nom de Joseph , qu’il choisit comme son père adoptif et qu’il éleva par là à être le signe de la toute puissance souveraine dece peuple , qu’on a appelé la communion des fidèles et qui devait se diviser en sociétés d’exécuteurs du travail chrétien, chacune se plaçant sous une loi nationale particulière, dérivée du dogme.
Les propres paroles du Sauveur , prouvent d’une manière péremptoire que telle était son intention. — Quel est, dit-il, à ceux qui l’écoutent, le grand et le premier commandement de l’ancienne loi? Vous aimerez le seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre ame, de tout votre esprit.
Vous, quand vous voudrez prier dites :
notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié. (S. Matthieu, xxii, 37; VI, 0.)
Cette dilTérence de la loi nouvelle avec la loi anctenne est à considérer, non seulemeni