‹ Doctrine politique du christianismeChapitre 24 sur 32 · POLITIQUE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

POLITIQUE CHRETIENNE

parce qu’elle donne à tous les frères de Jésus-Christ une même oripine divine et un même droit de liberté spirituelle et de responsabilité; mais encore, parce qu’elle donne à la mission de l’humanité tout entière, le devoir général et primitif qui rapporte à son Père céleste l’œuvre quelle doit accomplir, par la fraternité universelle.

Cette nouvelle loi est donc un échange de sentiment paternel et filial entre Dieu et l’homme; une communication de grâce divine, qu’invoque l'être spirituel dans son devoir de reconnaissance pour le père qui l'a aimé le premier 3 un vœu d’obéissance libre, volontaire, dévouée au créateur qui a daigné associer l’homme à l’œuvre de la création.

Mais de l’activité de l’humanité tout entière, vouée à l’accomplissement de l'œuvre de Dieu et à la sanctification de son nom, résultait un autre sentiment pour unir les hommes dans ce but. C’était la charité universelle, qui naissait de la solidarité de tous ces frères entre eux.

Voici, dit Jésus, le second commande*

SrCONDE PARTIE.

ment de l'ancienne loi : vous aimerez votre prochain comme vous-même.

Et moi, je vous fais un commandement nouveau, qui est de vous entr’aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés.

Ceci est mon précepte, c’est à cela qu'on reconnaîtra que vous êfes mes disciples. Or, personne ne peut avoirun plusgrand amour que celui qui se donne soi-même tout entier pour ses amis; et vous êtes mes amis si vous faites coque je vous prescris. Je ne vous appelle pas mes serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait le maître. Mais je vous nomme mes amis, parce que, tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. Vous ne m’avez point choisi; mais moi je vous ai choisis et je vous ai établis, afln que vous alliez et que vous apportiez des fruits, et que votre fruit demeure ; aûn que le Père vous donne ce que vous lui demanderez en mon nom.

Je vous le recommande : Aimez-vous mutuellement.

Jésus dans ses enseignements de charité, dit en plusieurs occasions , que ce don si

POUTIQUE CHRÉTIENNE. m

entier de soi-mème, doit aller jusqu’à se renier et à se haïr en soi-mème dans son ame; car celui qui aime son ame et pense à conserver la vie de son ame» la perd. Et lui- 'môme n’en donne-t-il pas l’exemple dans son supplice de la croix, où le doute de l’abandon de son père l’amène à remettre son esprit aux mains de sa justice?

Les apôtres dans leurs épitres et les com- * mentateurs des évangiles s’accordent tous pour entendre celte abnégation de soimème dans sa plus entière extension.

S. Jean va jusqu’à dire , que la charité chasse la crainte: puisque la crainte contient en elle la pensée du châtiment et que celui qui craint n’est pas parfait en charité.

Mais Jésus continue à établir le rapport entre la loi ancienne et la loi nouvelle» en concluant toujours à la spirituelle supériorité de sa nouvelle loi.

Vous avez appris , dit-il , qu’il y a dans la loi ancienne ; Vous aimerez votre prochain et vous haïrez votre ennemi» Et moi, je vous dit : Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent; et priez pour

tn SECONDE PABTIE.

ceux qui vous persécutent et vous calomuient; afin que vous soyez enfants de votre père qui est dans le ciel , qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants , et qlii fait pleuvoir eu faveur des justes et d^ injustes.

Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens : Tu ne tueras pas, celui qui tuera ’ sera coupable au jugement. Hais moi , je vous dit que tout bomme sera coupable an jugement, qui se mettra en colère contra son frère; sera coupable au concile, qai aura dit à son frère : Maca ; sera coupable de la géhenne du feu qui aura dit à son frère : fou.

Si donc vous offrez votre don'devairf l’au-> tel , et que vous vous souveniez là , que votre frère a quelque chose contre vous y l iiseez là votre don devant l’autel et allez d’abord vous réceiieilier ave« votre frère?

et alors venez offrir votre don.

Vot» avez entendu parler qu'il a été dit am anciens» Ne commettez pas d'adol-^ 1ère.

Ëtmo»rj»TM»dîi que tous cetEX<imre»

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