‹ Doctrine politique du christianismeChapitre 27 sur 32 · DU SACERDOCE · texte numérisé non relu

DU SACERDOCE

Ainsi que nous venons de le dire, le clergé catholique a la solennelle mission, qu’il tient du Verbe lui-même , de garder intact et pur de toute erreur, le dogme catholique qui est le symbole de la foi chrétienne ; de l’enseigner à tous, en le leur expliquant dans le sens spirituel de sa tendance à la perfection divine ; et en l’incarnant en eux par les sacrements qu’ils désirent et qu’ils invoquent dans leur liberté , pour recevoir de ces sacrements la puissance divine d'accomplir l’œuvre de Dieu sur la terre.

Cette activité spirituelle n’a pour but que de réunir, dans une même foi universelle, dans une même intelligence de la parole révélée , dans une activité libre , responsable et solidaire, tous les hommes que leur bonne volonté appelle, dans l’imitation de la vie et du sacrifice de Jésus Christ, à l’œuvre divine de la création. Cette activité spirituelle est la seufe et unique mission du clergé catholique.

Toute la puissance du clergé est là : C’est

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dans le dogme, immuable, éternel, universel , à la conservation et à l’expansion duquel le Verbe l'a consacré , qu’il doit chercher et montrer le lumineux avenir du règne de Dieu sur la terre.

EneDet) s'il quitte cette place élevée, sur* natarelle, toute spirituelle qui lui est réservée; s’il se mêle aux formes et aux événements variables de la.politique, à la mobilité de la logique humaine , qui cherche la perfection dans la réalisation chrétienne; U perd , au contact des passions humaines et à toutes les misères de la lutte des intérêts , la mansuétude divine qui le fait planer au-dessus du monde, comme médiateur« comme cousécrateur, et comme juge entre l’homme et Dieu.

Alors il arrive pis encore. Au lieu de chercher à ramener à la vérité par la doaceur et la charité fraternelles ceux qui tombent dans l'erreur et dans l’b^ésie, il excite la violence et les armes des hommes contre eux, eequl peut anwner la destruction des nations, el il se déprécie en partageant le pouvoir.

lompordjaraiédaglâiTe de la guerre.

SOOtTÉS ÜMKillteS. Ml

Sofia, qüand U chehjie des arguments dans les variations de la logique humaine , {tour établir des contradictions avec les hérésies religieuses , ou les erreurs philosophiques, le clergé lui-même peut arriver à des exagérations dans ce qu’il croit être le seul bien et peut tomber par là dans des erreurs de pratique. Telle est la fatalité providentielle qui , pour certains esprits religieux exaltés, fait toutes choses en lèur temps , et qui, pour les esprits sensés , prive l’homme de sa liberté et paralyse son activité sociale. Telle est l'obéissance absolue pour les momdres actes de la vie , qui ête à l’homme sa responsabilité , qui , ne lui laissant pas même le mérite , l’endort dans une quiétude qui l’annule complètement.

Telle est la préoccupation donnée à la personnalité spirituelle, jusqu’à lui assigner pour seul but de sa vie terrestre son propre salut, et pour pratique de s’isoler complètement du monde t ce qui empêche l’bomme de reconnaître sa mission divine, devant, dans Vadi^vrawat de la création, transformer le monda pu aon àctmté tibré, pour Toflirir à

SECONDE PARTIE

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pieu, aussi parfait dans son unité spirituelle qu'il l'à voulu dans sa pensée éternelle.

On conçoit parfaitement comment le clergé a pu arriver à ces erreurs, dans la lutte contre le pro^stantisme qui nie l'action divine de la Providence et de la grâce, et Taction médiatrice de l'homme : dans la solidarité des saints avec l’homme, dans la prière, la pénitence et l’eucharistie qu’il refuse.

On comprend bien facilement aussi comment, dans la lutte contre les réformateurs politiques, impies ou indifférents, il a pu chercher à retenir les esprits en exagérant l’importance du salut, de l'obéissance et de la Providence*

, On excuse enûn de notre temps/ la dernière erreur du clergé, qui n'a pas compris la valeur de l'université et de la philosophie, dans l'organisation de la société chrétienne et catholique, lorsqu’on voit quelle route rapide de décadence, immorale et anti* chrétienne, l’éducation de la famille et celle de Tupiversité ont suivie, quand elles se sont laissées guider par la philosophie restée dans les . errements du xviii« siècle, qui ont at-

SOCIÉTÉS UODERNES. «05

taqué le dogme et les bases morales de la société.

Cependant Tuniversité et la philosophie sont les deux corps les plus essentiels de la moralité d’une nation, et les renier ou les détruire, ce serait détruire la société: tandis que leur transformation, par la charité et la science chrétiennes, peut amener le bien social et religieux.

Les mêmes motifs font comprendre et excuser le clergé , lorsqu'il demande la liberté de renseignement. Cependant le plus grand danger de cette liberté serait de lais-' ser enseigner, pendant un temps quelconque, des doctrines subversives de tout ordre social et de. toute croyance religieuse.

Enfin , puisqu’il faut reconnaître que la mission que nous venons d’indiquer comme étant celle du prêtre, est réelle, divine, et donnée par Jésus-Christ à ses apôtres, il faudra avouer aussi que le clergé de France est celui qui l’accomplit le mieux.

Sous quelque forme qu'il enseigne la doctrine morale, universelle et éternelle, en inspirant à la nation toute entière, les sen^

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timeats de cli^arité qui en jaillisseat; l'iatel^ ligence du dogme qui 6xe le bien et le mal) et la pratique du sacrifice de soi-même, qui mène à l’accomplissement de la volonté du Créateur sur la terre; il est évident qu’U communique la pensée la plus élevée, la plus spirituelle, la plus divine sur la via humaine.

N'est-il pas vrai , en outre» qa’il donne ' lui-même l’exemple de la pratique de toules les vertus chrétiennes? La charité, dans sa plus sainte , sa plus naïve expression ; l'austérité et la pureté des mœurs; le secours fraternel à tous ceux qui souffrent, ne sontils pas les sentiments qui le guident; l’obéiasance à la hiérarchie spirituelle et intelligente qui coordonne la résignation , la patience et l'humilité. ne sont-elles pas ses vertus? Les travaux pénibles d’une vie dévouée à tous , sans cesse et sans relâche , dans toutes saisons et à toute heure , ne font-Ua pas la vie sublime de la plus grande partie de notre clergé de France? Depuis l’humble prêtre du plus pauvre hameau, jusqu’à l'é^ véque des viUés les plus Fiohea e| les pim

pen|4ân,:M ievt«fl fo» d’^xém|4è à tons Iw degré* de la hiérarchie seciale. j

Quand (» clergé pieax appelle, lea frères de 'lésoaXbrist à recevoir oes sacrenMiitai qui dotveot les oMsacrer, comme ouvriers spirituels, à l’œuvre divine; quand il vient, par de saintes paroles, les sanctifier dans leur activité la plus inime et la ptas mg« térielle, comme dans la plus élevée et la plus spirituelle ; quand d iêuv offre ces sd*> crements qui leur apportent les dons sacrés de leur Hberté, de leur reeponsi^té, du leur solidarité et de leur force pour imiter le sacrifice divin du Verbe incarné; oes frères révoltés repousseront -Us loin d’eux [ce clergé, parce qa‘en leur donnant ees droits il leur impose des devoirs ?

Kon! il fout le dire et le s^péiasit ha pu^ sauce du clergé s'accroît chaque jour, mal»

gré \es clameurs intéressées que l’orgimilf et l’incrédulité poussent contre des erreural rares et des scandales pins rares encore.^ Cette puissance,, pacifique dans sa (diarité,'< s’accroîtra bien pius encore, quand tonâ tes piètres OQaq)rep<hK»A qult ïcor iui^eifce

8KC0NDE PARTIE.

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s'agrandira de l’enseignement et de la participation de tous les hommes à la gloire divine, que leur donne la loi mwale révélée, universelle, immuable, étemelle.

Ils les élèveront par là vers Dieu et vers leur but spirituel de perfection , bien mieux que par les terreurs des punitions ou par les espérances de jouissances personnelles.

Là, en effet, dans cette mission divine, est l’ardente aspiration, le brûlant désir du dévoûment, du sacrifice de soi-méme, que les sacrements et l’éducation incarnent dans les nations chrétiennes. Là est le grand devoir; là est le grand droit; et tout homme s’élève, comme médiateur entre Dieu et le monde, à cette seule et sublime pensée.

Que le clergé garde donc bien et explique cette loi immuable et solennelle , qui découle du dogme catholique , apporté par le Verbe créateur , révélateur et incarné, qui répand sa larme de charité, sa parole d'amour, et son sang rédempteur sur l'être humain le plus infime, pour l’élever, aussi pur, aussi libre que le premier homme

SOCIÉTÉS MODERNTS.

OU la première femme , à se consacrer à l’œuvre de Dieu.

Qu’il conserve intacte et inattaquable, cette loi éternelle et mystérieuse , sa seule fonction, son seul pouvoir, sa seule activité; qu'il la fasse planer au-dessus de toutes les nations, de tontes les sociétés, de toutes les hiérarchies. Mais qu’il se garde luiméme de descendre sur le sol mouvant de la raison humaine , à qui Dieu a permis de chercher les moyens les meilleurs pour accomplir son œuvre de la transformaCion spirituelle du monde , par le travail solidaire. mobile et perfectible de son activité physique.

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