DE LA FAMILLE NATURELLE ET DE LA FAMILLE SPIRITUELLE
Ces deux familles ont une même mission:
l'éducation du jeune être. Elles sont cependant différentes dans leurs formes et cette diférence est si réelle qu’elle se trouve dans la révélation de la Genèse et dans celle de l'Évangile.
Ainsi, U a été dit: Dieu créa donc l’homme
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à son image , il le créa à l’image de Dieu.
Il les créa (bara) mâle et femelle.
Dieu les bénit et il leur dit : croissez et multipliez-vous, remplissez la terre et vous l’assujeltisez et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui se meuvent sur la terre.
(Genèse, c. 1. 27, 28).
C’est là la famille naturelle de l'homme, enfant de Dieu qui est à la fois le représentant de la création , puisque Dieu lui dit, comme il l’a dit aux êtres animés qu’il crée : croissez , multipliez et remplissez l’espace ; et qu'il ajoute pour l'homme : assujettissez vous la terre et dominez les êtres vivants.
C’est donc la famille naturelle qui représente la loi de croissance de la création et le nombre universel de la race humaine qui doit transformer la nature créée, suivant cette loi.
Mais voici ensuite la famille spirituelle qui est formée par le Verbe.
Le Verbe-Dieu (Johah EloMmJ, forma {litztrj donc Adam de l’aura humaine
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de la terre; en souflant sur lui, et Adam devint animé de la vie spirituelle.
Le Verbe-Dieu, lira de la formé d’Adam,
la forme de la femme, et ramena à Adam.
Adam dit alors : voilà la chair de mac^ir, qui s’appelera Aischa [Virgo, la vierge, la femme spirituelle), parce qu’elle a été formée de la forme spiritualisée de Aüh (le Ftr,
l’homme puissant) consacré par larévélation de sa mission divine.
C’est pourquoi \Aish quittera son père et sa mère pour s’attacher à son Aisha et être deux dans une même chair spiritualisée.
Or, ils étaient tous deux nus et n'en rougissaient point. {Genèse, c. ii, 22-25.)
C’est bien là, en elTet, la famille spirituelle du frère etdela sœur, qui participent, chastes et purs, de la même chair spiritualisée par le soufQe du Verbe, et qui ont été consacrés par lui à la fonction de conserver, d'expliquer et d’enseigner, par la propagation intellectuelle, la parole divine : expression de la mission céleste et terrestre de l’homme.
Cette double fonction de la famille natu-
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lia
relie qui fécondait la race de sa nature dominatrice, et de la famille spirituelle gardant la chastetépourmieuT féconder l'esprit par la parole divine et l'exemple céleste, étaitsi clairement écrite dans la loi primitive qu’on la retrouve chez tous les peuples antiques et modernes.
La famille naturelle est, en effet, restée la base consta'nte et unique de toutes les sociétés, dans sa consécration, sa hiérarchie et son activité féconde. La famille spirituelle n’a pas été moins honorée, ni moins poissante, quoique dans les temps primitifs elle ait été moins pratiquée.
Il en arriva ainsi en effet par suite de la chute de l'homme, dont la faute a consisté à confondre la génération matérielle avec la fécondation spirituelle, ce qui a produit la transmission de la fonction divine et sociale par la race.
C’est cette loi si dure et si fatale, qu'inventa la raison humaine dans son erreur, et qui pèse encore sur l'humanité : l'héritage de la mission par la race.
Mais comme l'esprit surgissait toujours
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ais
réagissant contre le mal , la chasteté rétablit sa valeur en souvenir delà loi du Verbe; et de nombreuses familles spirituelles d'hommes et de femmes s'abstinrent du mariage naturel. C'était pour sel ivrer à l'expiation et à la méditation par le jeûne, parla privation des jouissances et par la vie solitaire, à cette Gn de donner l’exemple de la domination sur soUméme. Tels ont été les prophètes de la Judée, les solitaires de l'Inde, les sacerdoces de beaucoup de nations: et tous ceux qui, inspirés par le bien, ont produit désœuvrés intelligentes appelant les hommes vers le ciel.
La chasteté et la vie austèredes femmes n’a donc pas ét^ moins honorée ni moins sacrée dansl’antiquité. Sans citer tous les cultes qui n'étaient pratiqués que par des prêtresses, en l'honneur des divinités femelles ou mêles, telles que celles de Cérès et de Bacchus, créateurs du pain et du vin, ces deux puissants moyens de conservation et d'inspiration , on peut se souvenir dé trois exemples de puissance, pris aux deux extrémités de l’ancien monde, et au centre de l’Amérique,
SECONDE PARTIE
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et on se convaincra de cette royauté réelle de la femme chaste. Les vierges de Vesta, si vénérées chez les Romains; la vierge Dourga victorieuse des démons Assouras, dans la hiérarchie divine des Indous ; et la vierge mère de Iluitzilipucliili , Dieu de la guerre chez les Mexicains, ne présentent- elles pas tous les degrés de puissance que nous concevons sur la terre, dans le ciel, ou en nous-mêmes?
Et maintenant si Jésus, né fils d'une mère vierge , ne se marie pas ; s'il ne s'entoure que d'apôtres auxquels il impose de renoqcer^à la famille naturelle ; s’il leur dit : qu'il y en a qui renoncent à la fécondité génératrice pour le Royaume des cieux : que les enfants du siècle se marient, mais qu'à la résurrection on ne se mariera pas, ni on ne sera pas marié, et qu'on sera comme les anges de Dieu dans le ciel, les fils de Dieu et de la résurrection ; ne comprendra-t-on pas cette grandeur de la chasteté à laquelle tantd’esprits élevés se sont voués, se vouent encore et se voueront toujours pour accomplir uue fonction spirituelle ?
Certes le Verbe de Dieu qui rapportait la
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loi primitive spiritualisée à l'homme purifié des suites de sa chute, ne voulait pas abolir par cet enseignement le mariage ni la famille naturelle, que Dieu avait créés au principe. Il comprenait en eiïet, dans la même vertu, les enfants du siècle, qui se marient pour propager leur race perfectionnée spirituellement, et il promettait à ces femmes et hommes mariés , d’égaler aussi les anges dans le ciel, à la résurrection.
Mais il montrait le vœu absolu de chasteté, comme étant le signe de perfection de la mission la plus spirituelle sur la terre.
C’est toujours, en effet, cette double mission spirituelle et physique de la nature de l’homme, qui reparaît ici dans la famille naturelle et dans la famille spirituelle. Jésus- Christ, imposant à la famille naturelle la mission de donner sa parole à l'enfant, telle qu'il la donnait lui-méme à tous, l'égalait à la famille spirituelle ; mais il les hiérarchisait en pureté et en élévation d'exemple et de pratique.
Il faut remarquer aussi que chacune de ces familles est hiérarchisée de la même
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manière. Ainsi dans la Genèse, Thomme male et femelle sont créés ensemble pour le mariage naturel, mais là, déjà, Thomme féconde la femme organiquement. Dans la révélation primitive du Verbe qui suit cette création , la femme tirée de l'homme pour être son associée , faite d’une même chair est, dans cette production môme, fécondée spirituellement par l’homme. Le but de cette association spirituelle dans une même mission divine sur la terre est si clair, que dans le second chapitre de la Genèse, le Verbe exprime nettement ce but, en disant ; Il n’est pas bon que l'homme soit seul. Mais ce n'est que lorsque l'homme spirituel n’a pas trouvé d’être semblable à lui dans tous les êtres créés, que le Verbe tire de lui sa sœur la Vierge , son associée en esprit et en pratique.
Jésus-Christ , le Verbe incarné, conGrme très bien cette unité hiérarchique, qui ne cessera qu’à la résurrection, en disant que les hommes et les femmes seront jugés dans la liberté, dans la responsabilité et dans la solidarité qui sont propres à chacun d’eux .
SOCIÉTÉS MODEHNES.
Mais il faut bien plus remarquer encore combien la famille naturelle et la famille spirituelle ont augmenté en importance et en puissance depuis le christianisme.
Ces deux familles ont été en effet chargées par Jésus-Christ de conserver et do transmettre, en l’agrandissant et en le perfectionnant, le seul héritage qu’il leur permette : sa parole et sou exemple.
Elles n’ont pas failli à cette mission élevée , il faut en convenir. La famille spirituelle de ces nombreux ordres de moines, qui associaient toujours un ordre de femmes au leur, sous les mêmes vœux de pauvreté, de chasteté et d’humilité, a donné une expansion puissante à l’héritage 'spirituel de Jésus-Christ, en fécondant les intelligences, en fertilisant le sol , en enseignant la transQguration des corps par l'observance austère de la tradition laborieuse, pauvre et charitable des associations monacales : ces laïcs consacrés à la chasteté.
La famille naturelle, populaire , a suivi cet exemple. Elle a tendu , sans cesse , à donner des générations meilleures, de corps
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et d’esprit; elle leur a donné la pratique du travail désintéressé , qui se voue par la charité et la foi, à la lutte patiente, incessante, obstinée contre le mal de l’erreur, de l’égoïsme et de l’oisiveté. Elle a, comme les moines missionnaires , envoyé ses enfants armés pour combattre les hérésies
contraires à la réalisation du dogme. Elle a détruit en elle , en se transfigurant ellemême par les sacrements , toutes les suites delà chute: l’esclavage, le servage, l’hérédité dans toutes les classes; en les remplaçant par la liberté du dévoûment au but national, par la responsabilité du devoir social et par la solidarité pacifique de la charité chrétienne.
Ces deux familles donnent-elles aujourd'hui le même enseignement, le même exemple et la même direction?
Le premier devoir de la famille naturelle est de donner à l’enfant un organisme aussi élevé en spiritualité que celui des parents qui ont dû y parvenir eux-mêmes, par la pratique pure et constante du dévoûment chrétien. Ils doivent, dès les premiers jours
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de la naissance^ habituer Tètre nouveau à cette domination de l’ame sur le corps, qui donne à la première enfance de bonnes habitudes, en domptant, en réglant et en ordonnant les désirs, les besoins, les volontés impatientes de sa nature exigeante.
Combien de fois la faiblesse sympathique des mères, n'a-t-elle pas altéré la santé de leur enfant par un allaitement trop fréquent? Combien de fois n'a-t-clle pas cédé trop facilement aux moindres fantaisies, aux moindres caprices de ce petit être qui abusait de son amour imprudent?
Et n’est-ce pas dans ces premiers pas de la vie que se décident , et la force active , et le caractère ferme, et le sentiment du devoir, qui font Tètre supérieur; ou les mauvais penchants développés, qui font l'être dépravé?
Combien de mères confient à des mains étrangères et mercenaires le premier chant berceur , la première et tendre parole qui doivent frapper l'oreille charmée de leur enfant?
Détournées qu'elles sont de leurs de-
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voirs par des plaisirs futiles, elles oublient ce que la parole, ce signe que Dieu a donné à l’homme comme son rapport le plus spirituel avec lui, avec le monde, avec ses semblables , exerce de puissance sur l’esprit. Dans leur indifférence coupable , elles abandonnent leur plus sainte mission à des êtres inférieurs qui peuvent éveiller dans l’enfant la première pensée cupide ou haineuse; lui inspirer le premier sentiment d’orgueil ou d’envie; et provoquer en lui le premier acte de révolte ou de colère.
Combien de familles ont été désunies, deshonorées, anéanties par la déplorable éducation première d'un être, né pur et bon , et dont la pensée, le sentiment et l’action, faussés dans le premier âge, gardent pour toute sa vie l’habitude du mensonge, du doute et de la violence égoïste.
Ceux qui s’unissent dans l’ordre du mariage sont bien coupables, quand ils ne comprennent pas la solennelle mission de l’éducation morale et première des enfants, qui fait la base la plus solide des sociétés de
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tous les temps et qui a été la société primitive elle-même.
Cependant ils n’en sont pas seuls responsables, car lorsque l’éducation publique s’énerve et se déprave, c’est la famille spirituelle, qui en a reçu la mission, qui est coupable parce que la foi générale s’est éteinte et que la probité s’en allant, rien n'est enseigné du bien.
Les préjugés les plus odieux sont incarnés dans les êtres sociaux. Le droit, sous toutes ses formes, prédomine le devoir; l’égoïsme rit du dévoùment; l’orgueil fait taire la charité , et les sociétés se dissolvent dans ce déluge du scepticisme et de l’indifférence.
La famille spirituelle est coupable au premier chef, car au temps de la création , elle fut constituée par le Verbe lui-même, et c’est toujours elle qui a maintenu ou ramené les nations dans leur vrai but religieux , moral et pratique.
Mais quand elle s'égare, son activité est désastreuse. 11 arrive, en effet, que la famille spirituelle, qui vit réellement dans
SECONDE PARTIE
le temps et ne peut agir que sur les hommes du temps, est obligée de revêtir des formes propres aux circonstances dans lesquelles se trouvent les nations* Alors elle enseigne, elle inspire et elle prophétise l’acte le plus utile à accomplir pour le bien de tous, dans le but religieux et social*
Il se trouve alors que la forme doit changer avec les circonstances du temps et que, si la famille spirituelle persiste dans une forme usée, épuisée et qui ne convient plus à la nation , dans le pas nouveau qu’elle doit faire, elle fait un enseignement, elle inspire un sentiment , elle prophétise une pratique, qui sont faux et contradictoires dans le sens social. Elle devient un obstacle sur la voie progressive qui mène au perfectionnement* Il faut qu'elle change sa ferme et qu’elle marche en avant du peuple au lieu de marcher en arrière ; sans cela
elle périt et disparaît pour un temps variable, jusqu'à ce qu’on la fonde de nouveau comme une nécessité de l’organisation sociale, qui associe les hommes par la charité.
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Tous ces faits se représentent précisément dans notre société actuelle. Il y a de ces corps de la famille spirituelle qui sont restés dans l’esprit de leurs fondateurs. Ils ont été créés en contradiction avec le protestantisme, et la tendance incrédule de la philosophie. Mais ces luttes sont si singulièrement assoupies et si inutiles aujourd’hui, où l’esprit public est absolument changé , et où des questions bien "plus vivantes de pratique sociale s'agitent partout, que les exagérations contradictoires qui ont fait naître ces corps spirituels, ne sont plus que des obstacles et des erreurs, pour le mouvement social qui se prépare.
Nul esprit, à moins d’une préoccupation personnelle bien étrange, ne peut se méprendre sur la marche que suivent les nations actuelles dans la voie de l'organisation
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chrétienne.
Il n’y a pas un peuple chrétien qui ne crie par toutes ses voix , par tous ses arts, par toutes ses sciences, par toutes ses douleurs et ses peines , par tous ses désirs et ses vœux , ces principes qui ont si bien
SECONDE PARTIE
germé depuis dix-huit cents ans que la moisson est mûre.
Qu'on fasse donc des moissonneurs de notre temps, des corps de la famille spirituelle qu’on veut établir aujourd'hui. Qu’on leur donne la langue de nos jours et non celle des trois derniers siècles. Ils moissonneront plus avec les idées, les doctrines sociales et les réalisations du travail sous toutes ces formes qui vivent dans la loi de la révolution française , qu’avec les superstitions et le spiritualisme outré qui font la base de l’enseignement religieux aujourd’hui.
L’éducation que ces familles spirituelles donneront aux enfants des peuples sera donc la connaissance de leur mission divine de travail sur la terre, pour achever la création dont Dieu ieur a conGé la Gn.
C’est la source de tous les sentiments généreux, de toutes les pensées saintes, de toutes les œuvres de charité. Alors les nations honoreront ces familles, dans leur dévoûment à propager le bien public, et la conOance de tous les défendra contre les
SOCIÉTÉS MODERNES
attaques auxquelles elles sont en butte , lorsqu'on peut les accuser d'égoïsme spirituel.
Ces deux classes de familles, naturelle et spirituelle, doivent être les régénératrices des populations. De l'accomplissement de leur sainte mission dépend l’avenir de l’humanité. Qu’elles demandent donc la double consécration qui doit les fortifier dans la réalisation de leur généreux travail pour le bien de tous les enfants de Dieu.
DE C’CNIVERSITÉ.
L’Université a une mission non moins solennelle que celle des premières fonctions.
Elle agit à la fin de l’éducation de la jeunesse, en développant son intelligence par l'étude de la philosophie, de la science et de la pratique : moyens nécessaires pour accomplir la fonction que chacun choisit dans les différentes missions de la société.
La philosophie n’est jamais autre chose que l’unité harmonique des sciences; et cette
SECONDE PARTIE
ttarrooniei cel|p unité elles-môniBs, pa autre chose que la grande loi de rhislpire humaine, qui coordonne tous les travaqa 4é rintolligencB dans leur ordre et dans lenr marche. Cette science, que les hQmnaeed'un esprit élevé ont toujours cultivée, a poqr but dé déduire du passé moral et iqlelleer tuel de l'humanité et de la nation dont iis font partie, l’avenir de l’une et de l’autre, et d'en conclure de là une doctrine de pratique sociale dans le présent.
Nous ne connaissons pas de philosophie qui n'ait ce sentiment, ce but et cette conclusion. Certes, il y a des philosophes dans l’erreur et dont la logique est fausse; mais il y en a aussi d’orthodoxes, et dont la logique est vraie : c’est là la düTérence qui fait admettre ceux-ci et rejeter les autres; mais la forme est la même.
Pour les catholiques , c'est-à-dire , pour nous Français, il s'agit donc en philosophie orthodoxe, de connaître la réforme politique qui doit réaliser sur la terre le dogme ca-;* tbolique de la morale universelle révélée, en établissant la hiérarchie et la pratique
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temporelle du travail chrétien et social. Cela doit résulter, en effet , de l'application des
f ffogrès faits par les sciences élevées sous 'arbre divin, abreuvées à la source éternelledu dogme, et qui ont été formulées par lessavants religieux et laïques. Ainsi, depuis la science historique, en passant par toutes les sciences qui étudient les phénomènes de la natqre, dans leurs ordres et leurs puiS'^ sances différentes, on doit arriver à la réa~ lité de la science économique, qui règle la hiérarebie et l’ordre du travail social. Le but sera donc de faire servir à la perfection humaine tous ces phénomènes naturels, transformés par une action morale, et rendus plus spirituels, comme c’est la mission de l’homme dans le monde créé qu'il doit dominer par son esprit.
Si c'est Ih la vérité ; si cette philosophie, si ces sciences découlent bien logiquement du dogme catholique ; si elles tendent au but de réaliser la révélation du Verbe, c’està-dire, d’accomplir la volonté de Dieu sur la terre par tous les moyens du travail spirituel et physique qui sont au pouvoir de
SFXONDE PARTIE.
Thomme, la ligne de renseignement universitaire n'est plus douteuse ; le but des corps qui forment cette fonction intelligente de la nation est certain et bien déterminé.
L'Université doit imposer celte mission à toutes les écoles de la nation , depuis renseignement normal qui instruit les maîtres de la jeunesse, jusqu’à la dernière pratique des derniers métiers : à tous doit être donnée cette doctrine morale et sociale qui viviGe, qui spiritualise l’activité nationale.
Tous les corps savants doivent être appelés à résoudre les questions qui tendent à la réalisation du but et à en fournir les moyens, depuis la théorie politique la plus élevée jusqu’au mécanisme le plus simple.
EnGn tout cet enseignement de l’Université doit se résumer dans la consécration de chaque être enseigné dans sa bonne volonté et reconnu digne d’accomplir la mission qu’il a choisie , en lui donnant les moyens intellectuels de l’accomplir, en appelant son dévoûment et son activité à la réalisation du but social , dans son amour pour ceux qui souffrent, dans son désir de la gloire nalio-
SOCIÉTÉS MODERNES. MO
nale et dans son serment d’atteindre au but social par son dévoûment et sa force active.
L’Université, en suivant cette voie, a brillé d’un vif éclat au moyen-âge , lorsque , représentant la science universelle, toutes les nations lui envoyaient l’élite de leur jeunesse pour y étudier la philosophie la plus élevée qui pût ressortir alors du dogme catholique.
Elle a produit de si puissants et de si féconds résultats dans toutes les sciences des transformations phénoménales du monde , dans l'histoire morale et physique de l'homme , qu’on est en droit de s'étonner quand on voit la décrépitude spirituelle, l'indilTérence mo^ raie et l'inertie sociale de l’Université qui vit ou plutôt qui meurt aujourd'hui.
Elle a suivi la dépravation des sciences, qui, en s’isolant les unes des autres, ont Gui par se perdre dans une innombrable multitude de petits détails analytiques, sans penser même à les faire remonter à la grande synthèse divine et harmonique du Cosme.
Elle a pensé à rétablir cette unité dans une prétendue philosophie qui n'a pas de nom,
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telligence de cet être, elle detail contiaftfe le but pour diriger l’éducation publique et l’instruction particulière des classes de tràtailleürs qui detaient réaliser la tnissiod dé la nation daiis le monde; alors elle sefait éfe que, dans le moyen-âge, était cetté noble, sublime et satante Université qUi a été l’institutrice de toutes les nations.
Mais se fût-elle bornée à cherchOé sëülément le but national do la Ftantie, {kHli* conduire les générations françaises vers cet avenir, elle aurait été encore (In exemple pour tous les peuples du monde , de celte logique irréfragable qui joint le passé et l’avenir dans l’activité du temps. Ën enseignant à tous et a chacun le devoir qui lui est imposé suivant sa nature et sa eapacité spirituelle, et en l'Instriiisant des Moyens de remplir sa mission dans t’assoeiation particulière et générale qui leiid à un seul et Même but social, elle aurait montré comment on transforme splHltiél^ lemeut les soeiétés.
Hais pour atteindre un pareil rêsUIlat 9 fout une innombrable quantité de matlres
SECONDE PARTIE
Isa
intelligents et dévoués qui étudient sans cesse les jeunes esprits qui sont soumis à leur obéissance, afin de distinguer leurs dispositions et de les diriger dans la voie particulière d’instruction où ils seront plus aptes à accomplir un travail.
Il faut des corps savants, politiques, dépouillés de personnalité, assez doués d’intelligence, assez pourvus de dévoûment, pour que , dans la vue de la bonne activité nationale, ils recherchent les misères, les douleurs, les nécessités de l’état social, afin de modifier la loi politique en tendant vers le but marqué à la nation et en améliorant le sort de ceux qui souffrent.
C’est là , en effet , que TUniversité doit puiser la matière de son enseignement qui inculque aux divers classes des travailleurs la théorie et le procédé le plus habile de leur œuvre , et la loi générale à laquelle ils doivent obéir comme membres de la société.
Espérons donc que le temps ne se fera pas attendre, où des hommes puissants par l’intelligence , par l’amour de leur pays et
SOaËTÉS MODERNES.
ISS
par leur sentiment de l’aTenir, seront chargés de former les générations fécondes pour la réalisation du bot national.
DE l’art.
L’art a la mission prophétique de développer, d’élever et de maintenir, pendant toute la vie de l'homme, ses sentiments les plus généreux, en les dirigeant vers le but à venir de la société et du monde, auquel il donne la forme qui peut le mieux pénétrer jusqu’à l’ame par les sens.
C'est donc do l’éducation constante du sentiment humain que l'art est chargé ; comme 1 Université est chargée de l'éducation de l'intelligence ; comme la famille naturelle est chargée de l'éducation , dans l’obéissance qui doit soumettre à l’esprit la nature physique ; comme le clergé est chargé de l’administration des sacrements ; et les ordres la'iques , de l'éducation morale par ^'élévation du travail social vers Dieu.
Ces quatre moyens de la transfiguration
SECONDE PiUltm.
tSi
spirituelle de rhomme durent toute* la vie»
donnés ou reçus dans un échange mutuel»
merveilleux don de la charité divine que le Verbe incarné a fait à ses frères.
L'art est le symbolisme de celte charité inGnie. 11 la perpétue dans la voie, progressive de l'esprit sous une forme toujours plus parfaite.
Certes, s’il est une de ces missions que la nation française ait remplie avec lustre , avec puissance et avec un résultat qui ne passera jamais» c’est celle de l’art.
Nous en citerons un exemple, qui vit encore sous nos yeux et que tout le inonde peut constater sur le sol de la France.
•Nous voulons parler de TarchitectUre religieuse, celte demeure sacrée du Dieu de toutes les nations, cet asile céleste où les hommes ont toujours été appelés à venl^ au sacriûce offert à Dieu, et à y recevoir les impressions variées de la parole, du rythmé, du chant, de la musique^ de là sculpture, de la peinture, et de celte har-^ monie pénétrante qui transporte Tame humaine dans la vie divine (tutelle doit imiter.
SOCIÉTÉS MODERIrtS. *»*
Depuis le temple celtique aux longues allées de pierres brutes de Rarnac, quon trouve en Égypte et en Bretagne, dans un lieu sacté de ce même nom, jusqu’aux montagnes de l'Inde, sculptées en pagodes Immenses et remplies de colosses divins aux formes sveltes et élégantes : monuments qui ouvrent et ferment la série ascendante de l’art dans le passé; depuis la crypte basilicalc , au plan en croix et aux murs nus de Saint-Gervais de Rouen , jusqu’à la cathédale de Reims, cette merveille architecturale toute ornée des plus nobles images du divin sacriflce incarné dans l’homme ; églises qui limitent la transformation architecturale qu’a crééé le christianisme dails 80h plus haut spiritualisme; ott peut ftehonhàltrô cétte Ihhrdië ascendante. En ôfitfef oii peut Voir él cbtetater de quelle importance est pour les ahlft»
arts l’unité architecturale qui les reçoit dans son lieu sacré, les double dans leur puissance, les anime de toutes les inspirations qui peuvent naître de sa forme symbolique, de son plan, de sa forme extérieurè
SECONDE PARTIE
animée: enfin de son unité majestueuse, renfermant le signe moral du Cosme et du Dieu qui Ta créée.
th bien ! si la France a été supérieure à tous les peuples dans le nombre , dans la magnificence de ses édifices religieux et civils , et que tous ses arts aient concouru à la toute-puissance du culte et de la vie qui s y passaient, et qui s y passent encore en se montrant dignes d’animer et de faire vibrer ces monuments sacrés; ne pourra-t-on pas dire que, dans son avenir, elle sera encore capable de tenir le sceptre de Tari ?
Ce que nous allons démontrer , tout le monde peut le vérifier, car nous l’avons vu nous-môme. La France est couverte des plus magnifiques types d’architecture du onzième au quatorzième siècle : aucun style n’y manque , roman , byzantin, ogival lancéolé, ogival flamboyant. Le style le plus pur, comme expression du dogme catholique. celui du treizième siècle, occupe le centre de la France dans les cathédrales si puissantes, et si élégantes de Paris, de
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Reims, de Chartres, de Bourges, d’Âmiens, de Rouen, de Coutances, de Séez, de Clermont, et tant d’autres aussi variées que celles-là le sont entre elles. Il faut avoir vu et étudié ces splendeurs de l'art catholique, pour comprendre ce grand poème religieux qui s’élève sur la croix du Sauveur, ouvrant sa nef à scs fidèles par le grand portail, que domine le jugement dernier , signe de la solidarité qui lie au passé et à l’avenir, chaque ame responsable du choix qu’elle fait entre le bien et le mal. Il faut avoir pénétré, couvert des grandes ombres des nefs, élancées vers le ciel, et bordées des chapelles des saints, qui appellent les prières de ceux dont ils sont les patrons, pour connaître cette émotion croissante qui mène au chœur de l’église. La vie de Jésus- Christ passe autour de l’hémicycle du chœur sanctiRé par l’autel où va s’accomplir le divin sacrifice. Le ciel y assiste déjà : la sainte Trinité éclate dans les verrières diaprées de couleurs éblouissantes; la cour rayonnante des apôtres, des saints , des prophètes, tout l’Ancien et le Nouveau Testa-
SEœSDE PABTIE.