‹ Doctrine politique du christianismeChapitre 30 sur 32 · ST · texte numérisé non relu

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L'Irlande, déson cété, en luttant avec éncN gie pour son dogme contre l'hérésie oppressive de l'anglicanisme, a réclamé son droit d'homme, de liberté et de communauté responsable dans le travail populaire qui mène au but social du christianisme catholique. Certes, elle a donné un pur exemple do sa foi et de sa sainte patience, dans sa détermination paciflque d'association pour la résistance au mal et pour l'activité dans le bien.

Au centre de toutes ces nations, nous trouvons la France rayonnant sur elles sa tradition de dévouement pour la cause catholique, son espérance d'un avenir dé perfection chrétienne universelle, et l'exemple de sa nouvelle hiérarchie sociale^ baséé sur la souveraineté do son peuple et agissant dans le but de faire réaliser par tous les peuples la fraternité, la charité et la paix harmonique des nations.

Mais la France ne se borne pas à étendra son inducnce sur l'Europe, elle va encore disputer à l'hérésie, et enlever sans doute à la sécheresse protestante «t commercial#

S0OÉTÈ9 MODBRmS. fTI

de l’Angleterre Ids popnlations de la terre In> dienne, et celles de la Chine, qui sont arrh Vées au dernier terme de la réalisation des doctrines religieuses et sociales de l’ancien monde.

L’IndOi religieuse dans sa spiritualité, a toujours gardé l’unité harmonique du mon-^ de , dans la diversité de scs dieux secon-^ daires, directeurs des éléments et protec*leurs des actions humaines. Elle a tenu toujours cette unité du monde, séparée de la tradition dogmatique d’un Dieu innommé.

Invisible, immuable, caché sous le mystère sacré et profond de ses temples. Cette nombreuse nation rendue si puissante et si noble par le courage de ses chefs Radjahs et de ses bandes guerrières; paf l’inspiration de ses solitaires Sanynssis et de ses Brahmes religieux, qui ont employé leur intelligence à sa réformation spirituelle; enfin par son peuple actif qui a sculpté des montagnes en demeures sacrées et colossales de ses dieux ; se révoltera contre l’invasion mercantile et aride de la banque anglaise qu’on veut loi im-

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poser comme le pouvoir destructeur de la race Indoue. Elle tournera ses regards et ses vœux vers cette religion du dévouement absolu que prêchent les missionnaires pacifiques, dont les martyrs viennent de verser leur sang fécond sur un sol voisin. Elle se rangera alors sous la croyance *que la France lui donnera pour sceller son alliance spirituelle avec elle.

Ce peuple se reconnaîtra alors pour avoir été, par son passé , le conservateur le plus spirituel de l’harmonie divine : dans son unité créée par la pensée d'un Dieu supérieur à tout, et dans sa hiérarchie sociale antique, qui a été toute puissante par son activité spirituelle imitée de sa hiérarchie dogmatique du Cosme. Ce peuple généreux se consacrera à la réalisation de la foi qui répand la paix et l’amour sur le monde et dont la morale élevée le fera marcher dans une voie plus spirituelle. Alors son pouvoir le dirigera vers la conversion du Thibct, où s'est établi le dogme erroné de Bouddha, hérésie chassée de l'Inde. Il marchera vers la Chine, qui a appliqué cette doctrine du Bouddhisme, sous

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le nom de Fô , dans sa pratique sociale , énervée, immobile, et dépravée par la ruse mercantile et égoïste.

De cette extrémité du monde ancien , on passe, parla vue intellectuelle, le détroit de Bering, pour arriver aux populations de ce monde qu’on a appelé nouveau, parce qu’il était nouvellement découvert, mais qui était si ancien que ses hubilants étaient encore à la première époque de la civilisation primitive, lorsque le cbrislianisme les a découverts. La tradition, le cuite, les monuments, les arts de détail, les mœurs nomades de la plupart de ces peuples, colonies descendant des enfants de Noé, étaient en effet en rapport avec l'état primitif du monde ancien.

Les nations américaines actuelles, formées des migrations de tous les peuples chrétiens mêlés aux indigènes , ont créé une population quicontinuederecevoirles contre-coups de la politique moderne , mais qui , jusqu'à celte heure, n’a pas encore eu la puissance de se donner un nouveau mouvement social.

vu . SECONDE PARTIE.

Mais lürsf|ue 1 Europe aura commencé sa grande réulisalion du chrislianisme, dans son organisation sociale, ces populations éloignées, suivront bientôt le généreux exomplü de leurs anciennes métropoles.

On peut donc diviser les nalions en deux grandes catégories ; la première qui est restée sous la loi antique, clla seconde ayant accepté le dogme chrétien. Ces deux catégories peuvent être considérées, comme présentant la plus complète image de l'application et de la réalisation dans la société humaine d’un dogme complet , souvent altéré, modiûé ou réformé par la nature humaine qui cherche à s’affranchir de la loi du sacrifice forcé par l’expiation.

Ce que nous venons de dire du dogme indou, si entier dans sa double unité de la hiérarchie d’un monde guidé par des intelligences supérieures et inférieures , dominé par un Dieu éternel, invisible, immuable , innommé , mystérieux et caché aux esprits qui ne peuvent le comprendre;

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et de ce dogme, réalisé par les castes sociales, par les prodiges d'arts, de richesses , de puissance intérieure et de lutte constante contre le mal : montrent encore aujourd'hui rinde comme le type le plus vrai de la réalisation de la loi antique.

Les deux erreurs, embranchements de cette société, existant aujourd'hui, sont le Thibet et la Chine qui ont appliqué, chacun à sa nature, ce dogme indou déliguré par Bouddha , qui instituait l’esprit humain pour souverain créateur, pour souveraine puissance, pour souverain juge, pour souveraine activité.

Le Thibet conclut à la toute puissance de l’intelligence, et s'organisa, dans son immobilité , sous la loi d’une sorte de panthéisme fatal : esprit et matière où le Dieu, intelligence du monde, tourne sur lui-méme sans cesse et sans fin , en introduisant les particules de son ame immuable dans la matière tournant elle-même en se reproduisant et se détruisant. Cette circulation de l'esprit a pour but de rétablir le repos universel troublé par la première faute de

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rhomme, et ce dogme a produit un immense couvent où domine le Bouddha vivant , chef temporel et spiritueU qui passe sa divinité en succession.

Le second de ces embranchements de la plus grande erreur sur le dogme de l’Inde, est celui de la Chine qui, meilleure logicienne que le 'i'hibet, dans la voie ou elle s’engageait avec lui , choisit la jouissance matérielle au lieu de la jouissance intellectuelle; et elle, s’entoura de sa grande muraille pour sé livrer en paix à la dépravation la plus honteuse que pouvait inventer le panthéisme : cette doctrine monstrueuse qui se réduit toujours en pratique d’un égoïsme matériel ou spirituel.

Les peuples chrétiens ont suivi la même voie logique, car elle est celle de la nature humaine. En cherchant à réaliser le dogme révélé à tous par le Verbe incarné, la liberté spirituelle, intellectuelle de l’homme s'est toujours exercée à chercher aussi les moyens les meilleurs, pour écarter d’elle

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les obstacles à l’atTrancbissetnent de tontes les libertés humaines, appelées par le Verbe à la même mission divine.

Il est arrivé en effet, de toutes les populations antiques qui ont adopté tout ou partie du dogme chrétien; ou qui, se détachant de l’unité catholique , ont voulu chercher à réformer ce dogme ; ou qui ont été touchées par l’influence chrétienne, lorsqu’elles étaient encore sous l’organisation sociale des temps les plus reculés : que toutes ces populations diverses ont reçu, gardé et pratiqué une partie du bien spirituel , intellectuel et pratique, qui naissait sur la voie tendant vers l’avenir et suivie par le progrès catholique.

11 en a été ainsi des luttes intérieures et des guerres extérieures de ces nations, orthodoxes ou hérétiques, ou schis-" matiques, ou réveillées dans leur sommeil.

Toutes ont reçu du christianisme des mœurs plus douces et plus pures; une tendance à l’affrunchisscment de celui qui travaille au bien êire de tous; une disposition bienveillante qui lie , dans la paix , les sociétés en-

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tre elles au lieu de les séparer par la guerre; enfio Taide donné au travail par Téchange des découvertes pratiques des sciences, et par la communication commerciale des produits industriels : ces moyens puissants d’améliorer le sort , les mœurs et ractivitè pauvre de ce peuple dévoué , base des nations par son travail transformateur et conservateur du monde et de riiumanité.

La différence, en plus et en moins, s’est toujours trouvée en plus, chez les nations qui ont gardé intact le dogme catholique, et qui ont tiré de lui, pour la pratiquer, la plus rigoureuse logique de sa morale soçiale. Elle s’est toujours trouvée en moins chez les nations qui s’en sont le plus écartées et qui ont le moins compris la logique de sa doctrine d’amour, de charité et de fraternité : le mahométisme, le protestant»me, et la prédominance de la raison, de la personnalité dans les trois derniers siècl^.

Il est résulté de là une décroissance dans le bien, descendant par la lutte de l’égoïsme contre le sacrifice absolu du dé-

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voûment chrétien jusque sur les nations orthodoxes. Elle s’est étendue, comme un déluge impur de doute, d'incrédulité et d’indin'érence, où chaque égoïsme, spirituel ou matériel, s’est posé comme type exploitant le grand travail du monde , pour sa propre jouissance céleste, ou pour sa propre jouissance temporelle.

C’est toujours, en effet, la fin des erreurs religieuses, engendrant l'erreur politique qui agit violemment, ou la persistance fatale dans l'organisation sociale ancienne, qui doit disparaître pour faire place à la nouvelle loi tendant toujours de plus en plus à la perfection progressive du christianisme.

Mais la France qui a toujours accompli si noblement son œuvre de missionnaire de la foi catholique , n’abandonnera pas cette foi active qui a fait sa gloire. La France , qui a toujours envoyé aux nations ses armées pacifiques de pieux moines, pour leur porter la civilisation chrétienne et la fécondité de leur sol ; la France qui a toujours disposé de ses armées guer-‘

tso æCONDE PABTIE.

rières de preux chevaliers ou de braves soldats pour donner la liberté chrétienne aux peuples, pour les délivrer de leurs ennemis , et pour les soustraire à l’oppression de la loi antique, ou à l'erreur de l'hérésie; la France ne manquera pas à sa mission généreuse. Elle se souviendra de la toute puissante intelligence de son université où toutes les nations venaient chercher leur philosophie et leur science. Cette université sera encore la reine savante du monde, où toute intelligence libre, responsable et solidaire, viendra s’inspirer à l'école de ses arts et s’éclairer à la lumière de ses sciences pratiques, qui donnent à chaque fonction de la hiérarchie sociale les moyens de réaliser son œuvre. Elle enseignera à chacune d'elles la copnaissance de la loi cosmique, de l’histoire et du droit social, chrétien:

ainsi que la perfection progressive des pratiques de conversation, de direction de l’activité charitable pour le bien et la liberté de tous. La nationalité française reparaîtra alors, dans toute sa splendeur d'unité et de dévoùment, que sa foi constante lui

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assure encore dans son glorieux avenir.

Alors elle aura le droit de jeter en dehors d'elle sur les peuples associés dans la communion chrétienne, ses nouvelles familles spirituelles, constituées pour élever les enfants chrétiens dans leur mission de dévoément absolu à la réalisation de la volonté divine sur la terre, et à l’amélioration charitable du sort de leurs frères.

Mais pour que les nations aient foi en ces nouvelles familles spirituelles, la France les placera encore sous l’autorité consacrée de leurs vœux de pauvreté , de chasteté et d’humilité, puissants exemples de la pratique chrétienne qu’elles doivent enseigner.

SECONDE PARTIE

BéallMtlon de la mlsaion biuualne.

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