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CHAPITRE U

ROYAUME ET POUVOIRS

Qoieonqne Tondra être le premier entre Tons . sera le serviteur de tous. (St BIarc, x. 44.)

Rotre Père i que Totre règne arrive. (St MatTBIEV/C. TI, T.

Un des devoirs les plus solennels « enseigné par la prophétie du divin maître » est celui qui impose à tous les chrétiens le vœu de la réalisation du royaume de leur père céleste sur la terre* Us promettent par là de s’associer à la mission divine du Sauveur ,

dans le but d’activité qu’il a donné à touE ses frères. Par ces mots encore, ils demandent la lumière et la protection divines, en retour de leur obéissance à la loi révélée.

Aussi, le Sauveur lui-méme va-t-il leur apprendre en qui ils doivent avoir foi , pour atteindre le but qu’ils désirent. Il leur indique les conditions du pouvoir; qu’il charge de les diriger dans l’accomplissement de la volonté de Dieu.

Vous savez, dît -il aux douze, que les princes des nations les dominent, et que ceux qui sont les plus grands, exercent la puissance sur elles.

Il n’en scrn pas alhsi parmi vous; mais que celui qui voudra être le plus grand entre vous, soit votre serviteur. Celui qui voudra être le premier d’entre vous, sera votre esclave ; comme le Fils de l’homme qui n’est point venu pour être servi, mais pour servir* et se donner tout entier pour la rédemption d‘uri grand nombre. (S.

thleu, XX, 25^28).

Que celui donc qui est le plus grand purUii vous, se fasse oonuue le plus petit i et eeUtf

noixvm «T POüTOïRSJ i9

qui préside, comme le servitenr. (S. tac XXII, 24-26.)

Ici, on doit remarquer tout d'abord, que cet enseignement de Jésus se présente arec le caractère de perfection dans le sacrifice de toutes ses instructions.

Ce n'est pas le pouvoir ancien, qui s'exerce par la force et Torgueil du rang et de la naissance, quil apporte auxnations^ mais le pouvoir hunible et serviteur de tous, qiil se ferait petit et esclave de Tintérêl des autres.

Ses paroles et ses actes confirment ce précepte par son exemple : —Venez* à mol# vous tous qui travaillez et qui êtes chargés i — Prenez mon joug sur vous 5 et apprenez; de moi que je suis doux et humble de cœur# et vous trouverez le repos de vos âmes , car mon joug est agréable et mon fardeau léger. (S. Matthieu, xi, 28-30.)

Lorsque Judas vient à lui pour le livrer par son baiser, Jésus ne trouve que ce ten-dre reproche à lui faire : — Ami, pourquoi èles-vous venu? (S: Matthieu, xxvi, 60.)

‘ Au moment bû il reçoit on soufOet du

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serriteur du grand-prôtre, qui lui demande pourquoi il répond ainsi au pontife, il le reprend avec douceur : — Si j’ai mal parlé, rendez témoignage du mal que j’ai dit; mais si j’ai bien parlé pourquoi me frappez-vous? (S. Jean, XVIII, 22.)

Enûn, lorsqu’au Mont des Oliviers, Jésus est saisi par ceux qui viennent l’arrêter , et que Simon Pierre tirant le glaive qu'il avait apporté, frappe Malcbus , serviteur du pontife, et lui coupe l’oreille droite, le Sauveur lui adresse ces mots : — Remettez votre glaive dans le fourreau ; car ceux qui se servent du glaive périront par le glaive. Pensezvous que je ne puisse prier mon Père, et qu’il ne m'envoye à l’instant plus de douze légions d’anges? Ne faut-il pas que je boive le calice que mon Père m’a donné? — ^Et en disant cela Jésus touche l’oreille du serviteur blessé et le guérit.

Ainsi le pouvoir que fonde Jésus Christ, doit être doux et humble de cœur. Il faut que ceux à qui il commande agréent son joug, et portent légèrement son fardeau.

Il pardonnera à ceux qui le trahiront, à

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ceui qui l’outrageront, à ceux qui le saisiront. Non-seulement il ne se servira pas des armes qui font couler le sang , mais il guérira de sa propre main les blessures qu'elles auront faites. EnGn il ne voudra pas être défendu, et il boira le calice que son père céleste lui aura envoyé.

Boire le calice d’amertume que Jésus a bu et le boire dansTabsolue confiance etilajustice de Dieu, est donc le complément des conditions indispensables imposées à tout pouvoir chrétien. LeSauveurrépondcnefietaux fils de Zebédée dont la mère demande pour eux la place de droite et la place de gauche aux cétés du Christ; — Pourrez-vous boire le calice que je vais boire? — Mais, sur leur réponse aflirmative , il leur dit qu’il ne peut pas même leur promettre l’accomplissement de leurs désirs, si son père ne leur a préparé la place qu’ils souhaitent.

Les commentaicurs des évangiles ne manquent pas de faire remarquer que le précepte de Jésus-Christ sur le pouvoir , regarde aussi bien les pouvoirs laïques que

les pouvoirs ecclésiastiques.

81 PREMIÈRE P.VRTIE.

Estius (p. 116) dit en propres termes, que le Seigneur ne défend pas, par ces paroles, qu'il soit étabü des gouvernements parmi les âdèles. L'on ne peut inférer , ditil aussi de ce que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir , qu’il n’ait pas eu la puissance d’établir des lois , de donner des préceptes et de punir les transgresseurs. Enfin il ajoute que si le Christ éloigne les disciples de celle domination, telle qu’elle s’exerçait chez les païens, où les pouvoirs agissaient dans leur intérêt et pour leur honneur; il leur recommande en môme temps de ne considérer , dans toutes choses dont il auraient la direction, que le salut et l’utilité de ceux (jui leur seraient soumis. Mais les ecclésiastiques ne doivent pas seuls être parfaits; les séculiers le doivent être aussi : et les princes chrétiens ne peuvent dominer et exercer leur pouvoir dans la manière qui est défendue aux apôtres, sans être contraires à Jésus- Christ.

Cornélius à lapide (in S. Matlh, xxvii, II.) dit, à propos de la parole du Christ ; —

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Oui, je suis roi ! — Son royaume est triple ; le premier est supérieur , le plus élevé et le plus divin. II lui donne comme Dieu toute la création.

Le second est le plus bas; il est humain; c’est celui qu’ont les rois, les empereurs et les princes de la terre.

Le troisième est moyen , intermédiaire entre les deux , et placé bien loin au-dessus du royaume humain, de tous les sceptres et de tous les droits; c'est celui de la bonne volonté. Christ, dit-il ailleurs , a été le chef de tous les martyrs , comme le meilleur pasteur qui donne pour ses brebis sa vie en rançon et en prix, pour que tous les autres en fassent un miroir pour leur foi et un exemple pour leur vérité.

N’est-ce pas à cette même loi , imposée aux deux pouvoirs de la terre , que se rapporte cette double expression qui se retrouve dans les trois évangiles de S. Matthieu , de S. Marc et de S. Luc, du plus grand et du premier y qui doivent également se faire serviteurs de leurs subordonnés?

11 est donc impossible de le nier , toute

puissance qui s'exerce sur les hommes, soit au nom delà loi religieuse, soit au nom de la loi nationale , doit accomplir la première imitation de Jésus dans Thumilité, la douceur et la charilé.

Mais à ces paroles Jésus joint des actes ; il élève à la toute puissance de son vicaire sur la terre, leplus faible de tous ses apôtres, en le reprenant par des réprimandes sévères ou tendres: ou l’enseignant par ses miracles, en le consacrant par les manifestations de sa divinité.

Le fils de Dieu qui , dans sa divine charité, avait revêtu la nature humaine pour la réhabiliter dans son corps et la spiritualiser dans ses actes , avait choisi , de cette nature si faible et si variable , le plus complet exemple dans le pauvre ouvrier Simon, afin de montrer que l'élection du Verbe et la grâce de Dieu pouvaient seules constituer et consacrer le pouvoir suprême qu'il imposait à son Église.

Jésus avait rencontré Simon , ce dernier des petites gens du petit peuple Juif, rangeant ses filets au bord de la mer, et il

ROYAUME ET POUVOIRS

l’avait appelé en lui disant: — Suivez-moi et je vous ferai pêcheur d’hommes. (S. Matthieu. IV. 19.)

Cet homme igorant et simple ne tarde pas à témoigner sa foi dans la divinité de son maître. En le voyant marcher sur les eaux pour rejoindre la barque où il avait laissé ses disciples, Simon lui demanfle de le faire marcher lui- môme sur les eaux, pour aller à sa rencontre. A l’appel de la voix divine il descend hardiment de la barque ; mais en marchant miraculeusement vers Jésus, il s’épouvante du vent violent qui souffle ; il laisse entrer le doute dans son amc , et il s’enfonce sous les eaux. A sa prière le Fils de Dieu fait on nouveau miracle pour le relever ; mais il a pénétré dans l’ame de son disciple et il lui adresse ce doux reproche : — Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous douté? (S. Matthieu, xiv. 2i.-31.)

Simon trouvant l’occasion de conûrmer sa foi, répond à Jésus qui demande à ses disciples ce qu'ils disent de lui : — Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant. — Le seigneur sanctifie alors la croyance de Simon par ces

paroles:— Et moi je vous dis que vous êtes Pierre. C’est sur celte pierre , que je bâtirai mon Église et les portes de renfer ne prévaudront point contre elle. Je vous donnerai les clés du royaume des deux ; et tout ce que vous lierez ou délierez sur la terre , sera lié ou délié dans le ciel. (S. Matthieu, XVI. lS-19.)

Mais Simon Pierre passe à tout instant de la foi au doute et du doute à la profession de foi- Jésus le reprend sans cesse , mais Pierre retombe toujours et il va jusqu'à le renier au moment de sa passion. Ce n’est que lorsque Jésus, ressuscité, le confirme dans la mission de pasteur du troupeau tout entier de ses fidèles , par ces paroles : m’aimez-vousî paissez mes brebis et suivezmoi; que Pierre s’assure dans sa foi.

Aussi sanclifle-t-ilsa mission, en accomplissant la prédiction de son maître sur la mort qu’il devait subir. Il suit si bien Jésus- Cbrist qui l’avait appelé, qu'il l’imite jusqu’en montant sur le calvaire, pour s’étendre sur l’arbre divin de la croix, en aban-

BOYArSIE ET POtTVOIRS. «7

donnant son ame à la justice de celui qui connaissait sa vie , mieux que lui-même ne la connaissait.

Pierre avait constitué l’exemple du pouvoir chrétien, tel que l’enseignement de Jésus l’avait indiqué. Il avait fondé par son amour du fils de Dieu, celte puissance qui seule est restée debout depuis dixhuit cents ans, et qui a vu à ses pieds, passer, tomber, ou se lever tant de royautés éphémères qui se sont perdues en l’attaquant, ou se sont maintenues en la servant.

C’est que cette grande institution divine s'élevait sur l’église même de Jésus-Christ, où Pierre avait établi le mode de transmission de la mission pontificale, qui devait être imité dans tous les degrés de la hiérarchie.

Celte hiérarchie de l’Église est celle des premiers chrétiens qui suivirent Jésus. Elle était divisée en apôtres et en disciples. Les apôtres étaient au nombre de douze, élus et enseignés particuliérement par le Sauveur, et qui furent consacrés, comme doués de dons célestes, par le Fils de Dieu ressuscité.

es PRËMIÉRE PARTIE. ‘

Lorsque les onze (Judas ayant trahi) allèrent en Galilée sur la montagne où Jésus les avait appelés , en le 'voyant paraître ressuscité ils l’adorèrent /et il leur parla ainsi : — Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez les nations, les baptisant au nom du "Père, du Fils et du Saint-Esprit ; leur enseignant à garder tout ce que je vous ai conûé et voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles. (S. Matthieu, xxviii. 16-20.)

— Allez dans l’univers prêchant l’évangile à toute créature. (S. Marc, xvi 15.)

— Voilà ce que je vous disais, lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophéties et dans les psaumes fut accompli.

Il leur ouvrit alors l'intelligence afln qu’ils entendissent les Ecritures; et il leur dit : — Il fallait, selon qu’il est écrit, que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et qu'on prêchât en son nom la pénitence et la rémis-

ROVAIME ET l’üUVOIRS. û%

sion des péchés à toutes les nations, commençant par Jérusalem. Or vous êtes les témoins de toutes ces choses. (S. Luc, xxiv.

— La paix soit avec vous. Comme mon Père m’a envoyé , moi , je vous envoie. Et après qu’il eut dit ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : — Recevez le Saiiit-Esprit. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, et ceux à qui vous les retiendrez ils seront retenus. (S. Jean xx.‘ 21-23.)

Ëtmoi, je vais vous envoyer le don promis de mon père. Cependant, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez re^ vêtus de la force d en haut. Et il les conduisit jusqu’à Béthanie, et ayant élevé les mains il les bénit; et les bénissant, il se sépara d’eux et fut enlevé au ciel. (S. Luc, idem. 49 à 51.)

Ces hommes, ainsi consacrés par le Verbe, comme les représentants de sa puissance sur la terre , ayant reçu son souffle divin , comme Adam qui avait été transformé spirituellement par le souffle de ce même

ÎO PREMIÈRE PARTIE.

Verbe, furent les premiers prùlrcs dé l’Ég^lisede Jésus -Christ. Pierre particulièrement chargé de conserver et diriger l'œuvre divine, se leva dans le cénacle, au milieu de ses frères, apétres et disciples, qui étaient alors au nombre de 120, et leur dit que, pour remplacer Judas, il fallait choisir un de ceux qui s’étaient unis à eux tout le temps que le Seigneur Jésus avait vécu parmi eux, depuis son baptême par Jean jusqu’il sa résurrection, afin qu’il fût témoin de ce qu'il avait vu. Ainsi, Pierre soufflait à son tour l'esprit du Fils de Dieu sur la communion de ses fidèles, pour les inspirer dans leur élection.

Ils en présentèrent deux , Joseph appelé Barabas, lequel était surnommé le Juste, et l'autre Mathias ; et priant, ils dirent :

Seigneur, vous qui connaissez les cœurs de tous , montrez-nous lequel des deux vous avez élu afin qu’il prenne sa part du ministère et de l’apostolat , dont Judas s'est détourné pour aller en sa demeure. Aussitôt ils tirèrent leurs noms au sort et le sort tomba sur Mathias; et il fut compté

ROYAUME ET POUVOIRS. Tl

parmi les onze apôtres. (Act. Ap. i. 13à 26.)

L'inspiration de Pierre , le chef suprême de l’Ëglise ; l’élection, dans la communion des frères de celui qui connaissait le mieux la vie de Jésus ; lu prière appelant la grâce de Dieu, pour choisir elle-même entre deux:

telles sont les conditions, dans la primitive Église , de la transmission de la mission apostolique.

Le groupe des disciples formé par le Seigneur, au-dessous des apôtres choisis entre ceux qui étaient dignes d’être ses fidèles , et porté à la On de sa vie au nombre de 70 membres, s’était consacré lui-même par l'adoption et la pratique des préceptes de Jésus.

C'était à ce peuple de l’Église gouvernée par ses apôtres, qu'il confiait sa divine prophétie du règne de Dieu , dans la prière du Paler noster. C’était à cette communion des fidèles qoül donnait les enseignements et les exemples les plus directs de sa charité, de sa justice , de l’amour de Dieu , et du sacrifice de soi-même.

Aussi ce second degré des frères augmenté

du double depuis la mort de Jésus-Christ , lut-il digne de produire le premier apôtre élu après l'ascension du Sauveur. Aussi vitil sortir, bientôt après, de son sein, des diacres, des prêtres et des évêques : cette hiérarchie féconde de l’Église, qui remonte au ciel, offrant à Dieu les prières des hommes, et qui en rapporte les sacrements et la grâce.

Cependant Jésus avait donné encore un enseignement plus élevé en spiritualité. Il semble qu’aprês Pierre il ait choisi deux de ses apôtres pour l'accompagner toutes les fois qu’il se manifesterait à lui dans scs profonds mystères. Ainsi Jean et Jacques, les deux CIs de Zébédée , sont présents à la TransGguration, à la douleur du Mont des Oliviers, et après la résurrection, lorsque le Christ consacre définitivement Pierre.

A considérer le caractère de ces deux apôtres on peut reconnaître une différence tranchée entre eux. Le premier est saint Jean le disciple bien-aimé, évangéliste de l'amour , prophète inspiré de Dieu prédisant Tavcnir. Ne paraît-il pas être le type originel de cette suite de solitaires, de chefs

ROYAUME ET POUVOIRS. 7S

d’ordre religieux , de saints réformateurs du monde, dont toute la puissance vient de l’amour, de la prière, de la méditation sur les vérités de la loi divine, de la contemplation de la gloire de Dieu, et de la communication spirituelle avec le Tout-Puissant?

Le second est saint Jacques, premier martyr des apôtres, et qui semble donner l’exemple du mépris de la vie, de l'abandon entier de soi-méme, enfin, du désir de sacrifice , qui animèrent la série des martyrs, des confesseurs et des missionnaires de tous les temps. N’est- ce pas tous ceux qui s’en vont deux à deux , n'ayant ni or , ni argent dans leur ceinture, ni sac, ni bâton, ni deux habits ; prêchant en disant : que la paix soit sur ce pays, faites pénitence, le règne de Dieu est proche. Ne portent-ils pas leur croix pour être dignes de Jésus , qui les a envoyés ainsi dépouillés pour répandre sa parole sur le monde. N’estce pas aussi ceux qui ne s'inquiètent point comment ils se défendront, lorsqu'on les mènera devant les magistrats , certains

qu'ils sontque l'Esprit-Saint leur enseignera à celte heure ce qu'ils devront dire.

Ces deux grands types des apôtres de tous les temps, prophètes inspirés par l’amour et la contemplation , ou témoins do leur foi par le sacrifice , semblent être dans leur liberté obéissante le complément spirituel et acUr do l’autorité divine et de la puissance conservatrice de S. Pierre cl de ses successeurs.

Rien ne manquait donc, dans la révélation du Verbe, à ce pouvoir apostolique et à celle hiérarchie ecclésiasliiine, qui devaient établir tous les honimes frères de Jésus-Christ en union avec lui.

Cependant, Jésus alla encore plus loin dans la constitution de la communion de ses fidèles. 11 reconnut les pouvoirs l(!mporels des nations , comme ayant un droit acquis par leur principe même de conservation. Il leur avait donné le conseil spirituel de l'humilité, du dévoûmeatet de la douceur, comme condition de leur puissance, et il ne craignit pas d’imposer celte autorité à Ses frères , parce qu’il savait bien qu’elle

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ROYACME ET POUVOIRS. 7$

serait atteinte et transformée par la foi.

C’est donc ainsi qu'il faut expliquer avec saint Bernard la parole du Christ que rapporte S. Mathieu (xxu. 16-22). Rendez à César le denier qui porte son image, et à Dieu l’ame qu’il a créée à son image et à sa ressemblance et vous serez justes. {Lib.

de passione domini , cap. 3. )

Ainsi le fidèle , protégé dans son travail et dans la propriété du produit de ce travail par le César , type des pouvoirs nationaux , doit lui payer le tribut du denier, qui lui revient justement parce qu’il sanctionne les droits de tout homme, faisant une œuvre dans le but du bien social qui lui a été enseigné, qui l'a dirigé, rétribué et protégé, suivant sa bonne volonté.

La foi n’a pas manqué, en effet, de justifier la prévision do Jésus, en transformant les pouvoirs temporels et les institutions sociales, transmis par le passé. La charité chrétienne les modifia tellement , que le rot du premier peuple qui fonda la doctrine politique du christianisme fut nommé fils aîné de l'Église ; qu'un royaume se nomma

tô . PREMIÈRE PARTIE. -

lui-même catholique; que des princes prirent le titre de très chrétiens, et qu’un empire fut appelé saint.

C’est que ces pouvoirs pratiquaient alors, l’activité dans la défense et la propagation de la foi et qu’ils appliquaient en même temps. Injustice et la charité chrétiennes, étendues sur les peuples , en les soutenant et en les affranchissant dans leurs droits.

. Puissent ceux de notre temps comprendre cette parole de la divine prophétie : que votre règne arrive !

Ils seront inspirés alors de la charité active et toute puissante de la loi chrétienne. Ils appelleront autour d’eux, tous ceux qui, sympathiques aux douleurs et aux privations populaires, auront médité sur les moyens les plus prochains d'y remédier.

Ils publieront des lois fécondes en justice, en protection, en organisation et en libération pour le travail , qui sera seul un

titre d’honneur , de considération , et do

consécration publiques.

Alors ils seront plus dignes eux-mèmes.

de recevoir un nom plus glorieux que leurs

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prodécesseurs. Consacrés religieusement et socialement dans leur puissance sur les peuples qui les auront élus, sous les inspirations de l’Esprit -Saint, ils liront plus clairement dans l’avenir pour réaliser dans le présent et par leur dévoùment absolu aux intérêts de tous, les pas marqués dans la marche humaine qui va vers le progrès divin.

ProplK^llo <lii R<^^no <lo Dl<*a.

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