‹ Doctrine politique du christianismeChapitre 6 sur 32 · HIÉRARCHIE ET COMMUNION · texte numérisé non relu

HIÉRARCHIE ET COMMUNION

Tune des grandes dispositions de la hiérarchie d’après leurs dons naturels et qu’ils sont «omplémenlairement classés dans un ordre particulier d’après leurs dons gratuits ( S.

Denys. S. Thomas. Summa, pars. I. quest, cvin. i4. 6 20 — i.) ^ :

N’est-ce pas la môme pensée de cette hiérarchie qui se retrouve dans le précepte de charité de Jésus, qui promet dans le royaume des deux une place d’autant plus élevée, suivant qu’on a plus produit d'œuvres bonnes et qu’on s’est plus donné soimême , pour le bien de ses frères?

Mais en même temps il impose comme condition indispensable de cette élévation, la grâce de Dieu, lorsqu’il répond aux 01s de Zébédée qui lui demandent d’être placés à ses côtés, que son père seul peut leur accorder cette place.

— La grande hiérarchiedes anges est divisée en trois hiérarchies, qui le sont ellesmêmes chacune en troisordresd’espri Is cèlestesdifférents (Isaïe, vu, Ezéch ,i, Daniel, ii).

Les fonctions des trois grandes h'érivrchics sont celles-ci ; — La première, composée

des Séraphins, des Chérubins et des Trônes, est chargée de conserver et d'alimenter tout l’ordre sacré par l’expansion de l’ardente chaleur et de l'inextinguible lumière qui émanent d’eux. Ils puisent en Dieu même , par leurs regards, la raison des choses dont ils considèrent particuliérement la fin.

Les Séraphins brûlentd’un excessif amour, répandant la clarté et la chaleur de ce feu qui vit en eux. Ils se meuvent perpétuellement en Dieu.

Les Chérubins reçoivent la divine lumière, en contemplant en Dieu lui-même la beauté de l'ordre des choses. Ils font rayonner et pénétrer dans les autres, cette lumière des connaissances et de la sagesse, dont ils sont remplis.

Les Trônes transmettent les ordres, les jugements et les illuminations qu’ils reçoivent de Dieu, avec la connaissance de la raison des choses divines. Ils sont le lien de la première hiérarchie avec la seconde.

La seconde hiérarchie a pour fin spirituelle la science. Ses trois divisions sont les Dominations, les Principautés et les Puis-

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sancQS. Elles reçoivent de la première hièrarcliie. la connaissance parfaite do ia iin *, elles prennent la raison des choses dans les causes pniverselles ; elles règlenf les dispositions des ministères spirituel^ ^ science of la sagesse.

Les Don^inations gouvernent tou§ jes nistères divins et leurs transfnettppt |es pf:dres de Dieu.

Les Principautés dirigent les natiops pt )ps royaumes vers la resspmhfançe dP Piep.

Les Puissances contiennent et repous^nt les forces contraires à la yolpPtP La troisième^ hiérarchie est di.argée do l’action directe sur le monde. Elle se divise en Vertus, en Ardbauges et en ingps. pile exécute l’œuyre divine ordonnée en suivant exactement les déterminations pui Ini §ont imposées. Chacun des esprits quf la for^ ment, fixant en lui-même rinlçntipff do son acte, dirige tonte sa force ycirs l’pffel particulier qui lui est demain*

Les Vertus opèrent les miraoles, et soutiennent les fiddes dans le combat spirituel Les Archanges annoncent Ins grandes

choses qui sont au dessus de la raison. Ils visi- Icntics prophètes, ilscommandentauxanges.

Les Anges ont été répandus sur le monde par l'amour de Dieu, afin de secourir les hommes dans leurs nécessités ; de les conduire dans le monde ; de les instruire en les éloignant du mal ; de les diriger dans leurs actes, qu’ils portent ensuite à Dieu avec leurs prières. Ils transforment les fidèles par la charité. (S. Denys, vu , viii, ix; S. Thomas, pari. I , quesl. cviii).

Comme toute l'activité spirituelle de la hiérarchie des mondes a pour but unique et constant , d’arriver à la conformité avec Dieu, et à l’imitation de sa perfection, autant que faire sc peut, d’une créature à son créateur; il y a nécessité d’une activité remontant du monde, et correspondant à celle qui en descend. C’est celle qui purifie, illumine, et perfectionne. (S. Denys, ni, 2.)

Les actes des hommes sont donc d’abord purifiés par les Anges, les Archanges et les Vertus qui les lavent des vices de la terre.

Ils sont illuminés ensuite, c’est-à-dire, plongés dans la lumière divine, par lesPuissan-

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ces, !es Principautés et les Dominations. Ils sont onfln perl’ectionnés parles Trônes, les Chérubins et les Séraphins : , c’est-à-dire, qu’ils sont appropriés à l'ordre de la volonté divine et rendus dignes d’être présentés à Dieu. (S. Denys, ap. cl loc. cil. S. Thomas, Pars, et quest. cit.)

Enfin, au-dessous de ces puissances spirituelles qui exercent elles-mêmes les unes sur les autres, cette influence qui doit les rendre plus conformes à Dieu , sont appeléf's à concourir au môme but , deux autres hiérarchies des âmes humaines. L'une est composée des saints du paradis, sous le nom d’Église triomphante, l’autre, est l’Église militante formée pour les fldèles sur la terre; et toutes deux sont élevées, par les mômes moyens qui élèvent la hiérarchie des anges à l’imitation parfaite de Dieu.

11 résulte do là, que chacun des êtres de ces trois hiérarchies des fldèles, des saints et des anges, qui unissent la création au Créateur, est d’abord purifié pour écarter de lui toutes les choses contraires à la ressemblance de Dieu, qu’il est ensuite illuminé par la com-

«0 PBEMIËRE PARTIE.

munication de la divine lumière, et qu’enfin il s’approprie les dons de Dieu, pour arriver à sq perfection, par la pratique de la doctrine des choses sacrées, ce qui n’est autre chose que l imitation de la perfection divine.

(S.Denys, m, 1-2-3. S. Thomas, op et loc.)

Celle liiérarcliique harmonie qui accomplit la volonté de Dieu dans le monde, en imitant la vie de sou Verbe incarné , est le complément de l’ancienne loi, comme tout ce qui ressort de la parole de Jésus. Ainsi, dans toutes les anciennes religions l'imilation des choses célestes, la copie des demeures du ciel, la conformité avec les agents divins qui gouvernaient l’activité des deux , étaient le but unique de tous les pouvoirs, de toutes les hiérarchies, de toutes les nations. Mais comme chaque chef de société particulière se prétendait fils d’un Dieu du ciel particulier, et que les dieux secondaires s’étaient considérablement mullipliési il arriva que les sociétés tendant à s’isoler, devinrent ennemiesles unes des autres, parce qu'elles imitaient les actes des dieux différents, ce qui léur donnait des lois

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et des mœurs contradictoires avec celle des peuples leurs voisins.

Le Fils de Dieu lui-même fut obligé de

venir rétablir l’éternelle unité morale, sous

la nouvelle forme qui commandait à tous les hommes d’imiter la perfection de leur Père céleste, le sacriûce absolu de son Verbe incarné , et le royaume des cieux qui devait descendre sur la terre sous le nom de règne de Dieu.

Celte parole : que votre volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel, n’a donc pas d’autre but que celui-là, et elle se traduit merveilleusement par cette hiérarchie des anges, œuvre pure de Dieu , société sur la terre, la plus parfaitement chrétienne qu’on puisse imaginer et que la communion humaine doit imiter pour réaliser la volonté de Dieu.

Tous les principes de celle hiérarchie ne sonten effet autre chose que des applications de la parole évangélique et du dogme catholique qui la réalise. On en peut juger par ce résumé :

Les facultés naturelles les plus capables

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de communiquer, c'est-à-dire de se sacri- . fier et de donner aux autres tout ce qu'elles reçoivent de richesses spirituelles et tout ce qu'elles produisent de richesses profitables à la conservation et à l’élévation de tous , sont considérées comme dignes des dons les plus abondants de la grâce. C’est donc une application de la justice de Dieu, et une imitation de la bonté de son fils , qui assurent la liberté et la responsabilité de l’être spirituel , contre toutes les lois fatales qui peuvent l’opprimer.

L’éducation perpétuelle que tous ces esprits se donnent entre eux , en se communiquant l'amour, la science et l'activité »

n'a pour but que de conduire , d’instruire et de diriger les hommes dans la voie qui les mène à la conformité avec la volonté divine, et à la perfection qui est la fin de toute la création. C’est donc Tapplication de l’expansion créatrice du Père, et l’imita tien de la charité du Verbe, qui assurent la foi dans la Providence et la solidarité de de l'être volontairement actif, contre les tentations du doute et de l’égoïsme.

iniÉRARCHIE ET COMAIUNION.

L’ordre hiérarchique qui impose à chacune de CCS classes de libertés célestes un devoir différent , suivant la fonction d'inspiration , de safçesse ou d’action qui leur est dévolue, n'a pour but que de rendre plus capables d'agir sur les créatures humaines,' ceux qui sont chargés de leur porter les dons de Dieu. Dans cette fin il faut bien comprendre que ces esprits sont chargés de rapporter les produits de l’activité humaine libre et aidée de la grâce , aOn qu’ils soient purifiés, illuminés , perfectionnés, et rendus dignes d’ètre offerts à Dieu. C'est donc la mission de chaque être spirituel , don de l'amour de Dieu, qui lui impose le devoir d'un sacrifice hiérarchique et qui le rend digne d’offrir , comme acte de reconnaissance, le produit de son travail h l’œuvre divine de son Père céleste. C’est en effet l’œuvre qui imite le mieux le sacrifice absolu de Jésus-Christ.

Il faut reconnaître là l'origine, le moyen et le but du règne de Dieu, annoncé et promis par son Verbe et celte vérité : que toutes les paroles du Christ sont en ac-

cord avec celte hiérarchie céleste. On peut donc dire que ces principes , ces lois , ces conditions morales sont la fin de Thumanité qui se IransGgurera comme Jésus , afin que Dieu dise d’elle : celle-ci est ma fille bien-aimée en qui je me suis complu.

Les instructions que le Sauveur donne à ses disciples concordent, en effet, avec tous les faits célestes. Il dit qu’il y a plusieurs demeures dans la maison de son père. (S. Jean, XIV , 2. ) Il explique lui-même les degrés de la hiérarchie du travail spirituel , dans les paraboles qui ont pour but l’annonce du royaume de Dieu. Deux surtout sont positives : Tune est celle du semeur, dont le grain tombé dans le chemin, dans les pierres ou dans les épines ne produit rien , tandis que celui qui est tombé dans la bonne terre porte du fruit. Quelques grains rendent cent pour un, d’autres soixante, d’autres trente.

(S.Malth., XIII. ) L'autre parabole présente la même progression ternaire. C’est celle du maître qui confie à trois de ses serviteurs , suivant leur capacité, un, deux et cinq talents. Deux font valoir les cinq et les deux

mÉRAACfilB Èt COimtmiON. 9Î

talents; et rendent le double de Ce qu'ils ont reçu. Tandis que le troisième enfouit son talent et le rend sans production. Le lUaftrO alors promet auk deux serviteurs actifs de le^ constituer sur beaucoup de richesses , parce qu’ils ont été fidèles en dé petites choses î bt il fait jeter le serviteur stérile dans les ténèbres extérieures (S. Matthieu, XXV.)

Ainsi; cotnme dans la hiérarchie dés àUges, les dons gratuits sont distribués suivant la bapabité hutürelle, et il faül faire fnicli-^ fier; mhltiplier, augmenter les dousqu’ou à reçus et qu’on doit employer pOUr là glOibé du tnaîlre dé toutes choses.

Dans ceS mêmes pàràbOlesv ih vOlonté dé Dieu, qui doit être réalisée sur là terre; donne aux trois degrés de la hlérUt-chiO le môme but 'dé là conformité avec la perfection divine , puisque le même gràitt où la même richesse spirituelle, et la mômé monnaie ou là même richesse terrestre ; sont distribués à tous. C’est donc lé fOhdà commun des anges , qui ‘est échauflfé par !é feu de l’amour, illuminé par la clarté dé là

science, et multiplié pour être distribué par la charité active.

De. tous ces grands et divins enseignements , il résulte des données générales et solennelles pour la constitution du royaume de Dieu sur la terre.

Et d'abord se présente celle d’une éducation religieuse universelle , répandant le grain delà parole divine par la propagation de la foi, par l’enseignement catholique élémentaire , et par l’union de toutes les âmes dans l’amour de Jésus-Christ. C’est la mission que le fils de Dieu lui-méme a donnée au clergé, qui s’est nommé catholique, apostolique et romain; c’est la mission que Dieu a donnée à la première hiérarchie des esprits célestes jd’étre des inspirateurs entre le monde et lui.

La seconde donnée est celle qui commande d’appeler les hommes capables d’exercer la mission intellectuelle, afin que, éclairés par les lumières de la sagesse et de la science, ils aident la nature humaine dans son activité terrestre. Ces hommes doivent posséder la puissance de créer les institu-

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lions sociales , de les conserver et de les diriger dans le but d’activité nationale. Ils doivent travailler sans cesse à modifier les lois pour les faire tendre vers l’accomplissement de la loi religieuse universelle, et pour faire marcher les nations, les royaumes, les peuples et les empires, chacun dans leur voie particulière, à l'union de toutes les sociétés sous un même but d’acti> ité. C’est ce que fait la seconde hiérarchie des anges.

C’est 1a sagesse et la science des hommes éclairés par la lumière de l’Espril-Saint.

La troisième donnée est celle de la distribution des moyens du travail it chacun suivant la fonction sociale à laquelle il est appelé par ses dons naturels, pur son instruction et par sa bonne volonté. Elle doit maintenir le travailleur dans le droit que lui donne le travail accompli , leconsei'lcr dans ses actes, l’encourager dans la preduction la pies abondante, la plus utile et la plus parfaite. Enfin elle doit le rémunérer suivant le degré de moralité de son œuvre, et de bonne intention dans l’accom- ’ plissement de son devoir social; ou le punir suivant le degré d’infraction dont il se sera'

PREMIÈaE PiJlTIB.

rondu coupable epvers |a société. C’est l’acli\it6 terrestre de Thomme anirnée par la divine charité de Jésus-Christ; cette mission qu’accomplit la troisième classe de la hiérarchie des anges en agissant directepient sur la terre.

Mais ce mouvement qui descend , à l’aide de cette triple mission , jusqu’au peuple fidèle, doit commencer un mouvement hiérarchique ascendant. La charité doit rer cueillir les besoins, les désirs, les plaintes de tous, afin de transmettre ces nécessités morales du temps à ceux qui, dans leur sagesse et leur science, peuvent remédier au mal, qui s’oppose au progrès dans la voie du règne de Dieu. Ceux qui exercent celte fonction intellectuelle devront alors comparer Télat spirituel et pratique de la société, avec la souffrance publique, et constater quels sont les produits acquis par le travail social qu'il faut consacrer comme bons, et quels sont ceux qu’il faut modifier. Ce second degré de la hiérarchie appellera alors l’inspiration divine du premier degré, c'est-à-dire de la mission sacerdotale, pour

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raidef dans la recherche des changements à apporter dans la loi nationale aGn de préparer Tayenir religieux de la volonté de Dieu.

Tous alors invoqueront Tautorité divine, constituée par le Verbe lui - même dans S. Pierre, qui l’a transmise à ses successeurs, et cette autorité, elle-même, appel- ■*

lera dans le Concile, les lumières des ministres qui représentent la double activité de rhomrae sur la terre.

On a vu que les disciples Jean et Jacques étaient toujours appelés par Jésus pour être, en même temps que Pierre, témojns de tous les grands actes de sa vie> qui constataient sa divinité, depuis sa transGguration jusqu’à sa résurrection. On a vu aussi que ces deux apôtres étaient les types de ces grands saints, contemplateurs et prophètes inspirés, ou puissants propagateurs de la foi et témoins par leur sacriGce. Cesont eux qui ont transformé le monde à la parole du Christ; ce sont eux, ministres de Tactivité spirituelle , que les souverains pontifes ont toujours appelés à leur aide dans les

conciles, pour décider les questions de l'avenir du monde; ce sont eux qu’ils appelleront encore, pour assurer les nations dans leur mission divine, et pour proclamer les principes nouveaux que la réalisation de la doctrine d(; Jésus impose aux sociétés religieuses et sociales du passé. Ces conciles, semi - laïques , semi - religieux , seront le pouvoir réel du règne de Dieu , qui brille dans l’avenir de l’humanité.

Sur les solides degrés de la foi s’élèveront vers les régions célestes les désirs les plus ardents , les sympathies les plus pures , les dévouements les plus entiers, dans toutes les variétés de leurs natures, dans toute la diversité de leurs missions , attirant de la terre les volontés les plus infimes et les plus faibles, attirant du ciel les divines lumières, les abondantes grâces et les miracles féconds de la bonté de leur Père céleste.

Mais il est permis de douter que ce but si élevé soit jamais atteint ici-bas ; et Jésus lui-mèrae, en promettant toutes ces grandeurs à la communion de ses fidèles, lui inspirait la méfiance d’elle-même, comme

HIÉRARCHIE ET COMMUNION. loi

il avait fait à Tierre, en le constituant chef de son église. Lorsque ses disciples lui demandent quand viendra la consommation des siècles , il leur répond : — Quel sera ce jourou cette heure, nul ne lésait, pas môme les anges des cieux, ni le Fils, mais seulement le Père. Voyez^ veillez et priez, car vous ne savez pas quand viendra ce temps.

Veillez donc, car vous ne savez pas quand viendra le maitre de la maison, vers le soir . ou à minuit, à Theure du chant du coq ou le matin > de peur que, venant soudain, il ne vous trouve endormis; et ce que je vous dis, je le dis à tous ; Veillez, prenez garde qu'on ne vous séduise, car, plusieurs viendront en mon nom, disant : Moi, je suis le Christ. Ils en séduiront plusieurs. Alors, si quelqu’un vous dit : Voilà que le Christ est ici ou là ; n’en croyez rien , car des faux Christs, des faux prophètes s’élèveront et ils feront de grands prodiges et des miracles^ de manière à séduire même les élus, si c’était possible ; et comme l’iniquité abondera, la charité de. plusieurs se refroidira; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin

109 PREjnÉRE PARTIE.

sera sauvé. Comme Téclair qui part de TOrienl et apparaît en Occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’Homme. Or, aussitôt la tribulation de ces jours , le soleil s’obscurcira et la lune ne répandra plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les vertus des cieux en seront ébranlées, et alors paraîtra le signe du Fils de l’Homme dans le ciel ; et toutes les tribus de la terre pleureront, et elles verront le Fils de l’Homme venant sur les nuées avec une grande puissance et une grande majesté.

Et il enverra des anges avec la trompette et un grand bruit, et ils rassembleront les élus des quatre vents, depuis une extrémité du ciel jusqu'à l’autre. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Alors deux hommes seront dans un champ ; l’un setà pris et l’autre laissée beux femmes moudtont à la même meule; Tune sera prise et l’autre laissée. Qui est donc, le serviteur fidèle et prudent que son maître a établi sur sa maison pour distribuer la nourriture au temps marqué? Bienheureux ce serviteur si son maître arrivant, le iroüve

mÉRARCUIE ET C0M3IUM0N. 108

agissant ainsi. Je vous dis en vérité qu'l) l’établifa sur tous ses biens. Mais si ce mauvais Serviteur dit en son cœur *. Mon maître tarde à venir, et s’il commence à battre ses compagnons, à manger et à boire avec des ivrognes , le maître dé ce Setrlteur viendra au jour qu'il né l'attend pas, et il lé séparera et le mettra avec les hypocrites.

Là il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Ouand toutes les nations seront assemblées devant lui.il séparera les uns d'avCc les antres, comme le bérger, et il mettra les brebis à sa droite et lés boucs à Sa gauche.

Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venei, les bénis de mon père, possédez le royaume qui vous a été préparé dés le commencement du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j'étais étranger et vous m’avez recueilli; j’étais nu et Vous m’avez revêtu t j’étais malade et Vous m’avez visité; j’étais en prison et vous m'êtes venu voir. Je vous dis en vérité qU'autant de fois que tous avez agi ainsi

«Oi PREMIÈRE PARTIE.

pour bien des moindres de vos frères que voilà , vous l’avez fait pour moi. Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche: Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le démon et pour ses anges , car vous ne m’avez point secouru, quand vous ne l'avez pa» fait pour un de ces petits; et ceux-ci iront au supplice éternel et les justes à la vie éternelle. (S. Matthieu, xxiv. xxv:S. Marc, xm;S. Luc, xxi.)

Ainsi voilà bien la sanction que le Verbe donne à la loi du royaume de Dieu, et ce que nous venons de dire des trois missions de la hiérarchie, se retrouve exactement conDrmé dans l’annonce du jugement. Ceux qui auront été chargés de semer la parole divine dans le champ des fidèles, de la préparer par la moulure de l'intelligence ; et de distribuer la nourriture de l'esprit et du corps, à ceux qui sont appelés à réaliser la volonté de Dieu; ceux-là, qui agiront et persévéreront fidèlement et prudemment, dans l’obéissance et Injustice, seront établis sur tous les biens que possède le divin maître.

Mais ceux qui, au lieu d’agir ainsi, s’aban-

niiSARCIIIE ET COMHCMON. 105

donneront à leurs passions violentes et désordonnées seront rejetés dans le lieu des pleurs et des grincements de dents.

Ëuûn cette loi do jugement se résume toute entière, dans la charité qui donne tout ce qu’elle possède en secours aux frères du Sauveur et qui reconnait avec S- Paul (Philippe, II, 13,]quec'est Dieu qui opère en elle le vouloir et le parfaire , selon la bonne volonté.

Cet homme de bonne volonté, que les anges chantent dans le ciel à la naissance du Verbe incarné, et que le chœur de l’église célèbre au commencement du divin sacrifice ; cet homme du bonne volonté , qui devient le frère de Jésus-Christ, en faisant et en parfaisant la volonté de son père; tel est le type du bien dans le royaume de Dieu, celui à qui la paix sera donnée sur la terre et la vie éternelle dans le ciel. Cet homme est le signe sacré de ce peuple souverain des fidèles, origine de toutes les hiérarchies et de tous les pouvoirs.

Ce peuple souverain , en effet , n’a-t-il pas fait sortir de son sein fécond toutes des

lèi PREMIÉHE PARTIE.

graiidcurs spirituelles du christianisme ?

Toutes les associations dames dévouées absolument à la volonté de i)ieU , qüi ont fait vœu de chasteté , d humilité et de charité obéissante, pour mteil.x aCconlplir la propslgatîon de la parole divine , son élucidation spirituelle et .sa pratique matérielle sur la terre sont nées de lui. Toutes les associations d’intelligences : conciles, assemblées d’état, université, corps savants, communions protectrices de tous ceux qui travaillent de bonne volonté à spiritualiser la nature , en la faisant servir au progrès divin de la création, imposé coümie le devoir universel de l’humanité, sont venues de ce peuple chrétien.

Il faut bien le reconnaître : ce mduvcment sublime de sacrifice; cette activité de transformation spirituelle du monde ; ces élans expansifs de l’ame, en amour de Dieu, en charité fraternelle , en zèle du devoir universel du travail; tout cet ensemble harmonique de la communion des âmes chrétiennes de bonne volonté , s’est élevé vers le ciel comme la sainte Vapeur d’bn grand

miiiAR(9i8 ET coanrcmoN. m sacrifice offert à Dieu par ce peuple souverain, s’immolant lui-mêmei divin martyr, dans la peine du travail-

C’est de ce peuplé fidèle que doivent encore sortir tous les pouvoirs qui amèneront lu réalisation du règne de Dieu sur lu terre. Glorieux et fiers de leur origine populaire , ils serviront encore avec plus de cbarité et de dévouement la cause de la communion des travailleurs pauvres et souffrants.

Le pouvoir sacerdotal qui parle au nom de Dieu , et le pouvoir médiateur qui mé-^ dite la science humaine et enseigne , dans sa prévision, l’avenir du progrès social, s’uniront dans leur double mission. Ils inspireront et conseilleront la troisième puissance humaine, que le Christ lui-mème reconnaît et constitue comme pouvoir exécuteur, temporel et politique, chargé de distribuer les fonctions et les instruments du travail social a la bmine volonté, suivant la loi nouvelle votée par l’unanimité nationale pour être réalisée temporellemenl.

On voit donc que le Verbe divin impose * aussi par sa parole et par ses actes, aux

IW PREMIÈRE PARTIE. \

pouvoirs qu*il crée ou qu'il conserve pour gouverner ses ûdèles , celle hiérarchie Irinaire, signe logique éternel de laclivilé spirituelle > dont le dogme ineffable de la Trinité est le mystère divin.

L'imitation de la hiérarchie divine dans le pouvoir, rimitation de la hiérarchie céleste dans Taclivité sociale , Timitation de la vie de Jésus dans la pratique des devoirs spirituels et physiques , telles sont les voies par lesquelles l'humanité , fille de Dieu , marchant dans la certitude de sa foi en la promesse du Sauveur , arrivera au règne de Dieu sur la terre , en se rendant conforme avec son Père céleste , par l’accomplissement de sa volonté.

Amour , sagesse , sacrifice : cette loi une et triple donnée de Dieu aux hommes, purifiée et spiritualisée par son Verbe, a toujours été et sera toujours le sommet et la base de toutes les pyramides sociales , que rhumanité missionnaire de Dieu élève sur la terre , pour se rapprocher du ciel dans son activité dévouée.

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