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conda de ioni son pouvoir ce mouvement, lorsque son rappel , qu'il avait demande depub longtemps , lui fut accorde.
L'amiral Dupotet vint le remplacer ^^ 'à apportait quelques armes avec loi , mais i) n'ameoast pas de troupes.
M. Buchet*Martignyi dësappoislé de ne pas rece» veir de la France les secours qu'il en «spérait pour seconder Montevideo dans la lutte eogagea* coatP» Biosas, prit une honorable et courageuse initiative; il n'faësita pas à engager sa responsabilité et sa fortune personnelle^ en négociant des sommes considérabies pour subvenir aux besoins des alliés de la France. Qui aurait cru que cette conduite digne d'élogeSi approuvée irfors par le Gouvernement f aueail peur résultat le traité actuel ?
Rosas y à l'arrivée de M . Dupotet , a^^it fait ré» paodre le bruit qu'il allait traiter avec le neavel amiral. Ce dernier se laissa prendra à ce piage. M'aymt pas de mandat pour entrer en comna* nication officielle avec Rosas, que faît^il? fi est censé rencontrer pas- hasard , à bord d'une corvette anglaise {Pj4ctéon)y le ministre du président; il déjeune avec ce ministre et, à ce déjeuner, des toasts sont portés à la prochaine réconciliation de la France et de la République.
Des propositions dérisoires, oflertes par Rosas^sciot envoyées par M • Dupotet au gonvernemovl foaoçais en mars 1840, par la corvette la Camille ; le miDis^ tère répond à ces ouvertures par le rappel du négo-
cidteur; il s'empresse de demander aux Chambres, au mois d'avril, ufl vole d'urgence pour un premier crédit de i,5oo,ooo fr. , puis un second de 340,000 fr. ; total : a,o4o,ooo fr. , destinés à aider Lavalle dans la lutte qu'il soutietit contre Rosas ; le contre^miral Baudin est nommé, au mois d'août, au commandement de nos forces navales dans TOcéan- Pacifique.
La réputation de fermeté de M. Baudin , à la disposition duquel on met une expédition de 3,000 hommes, rassure les esprits et ftiît renaître la confiance; nombre de maisons de commerce du Havre et de Nantes expédient des navires pour Buenos-Ayres.
Tandis que les choses se passaient ainsi en France, M. Dupotet eut, un moment, la pensée de réparer la fitute qu'il avait commise par son imprudente entre-^ vue avec le ministre de Rosas ; il autorisa le général Lavalle , qui avait échoué dans l'attaque du camp du général Ecbagué, à embarquer toutes ses forces sur la flottille que nous avions dans ces parages. Lavalle profite de ce secours et débarque, audacieu* sèment, sur le territoire de Buenos-Ayres. Ce coup hardi réussit; les forces du général se grossissant des mécontents soulevés contre Rosas , il marche avec 5,000 hommes de cavalerie sur la capitale de la province de Buenos-Ayres.
' Rosas, sans attendre Lavalle, porte son camp à Santos-Lugera et, chose étrange ! il laisse Buenos-Ayres dégatuie de troupes en présence de notre escadre et
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des 4oo marins françaiii qui, s'ils avaient ëië débarqués y auraient opéré une si heureuse diversion. Lavalle, privé d'infanterie^ reste un mois sans pouvoir avancer ; vainement, il fait solliciter ramiral Dupotet de faire une démonstration pour lui per> mettre d'agir, M. Dupotet reste sourd à ses demandes. Cependant Lavalte, sans se décourager, tient la omopagne, en attendant l'arrivée du nouvel amiral françaiis. Il espère que le nom du vainqueur de S»Dt- Jean-d'Ulloa, autant que les forces françaises qu'il amène, lui assuraront la victoii*e.
Mais la nomination de M. Baudin avait été révoquée et M. de Mackau, nommé à sa place, arrive pour remplacer M. Dupotet.
Personne, mieux que moi, n'apprécie les talenlsde M. de Mackau et n'est prêt à reconnaître les services que, dans sa carrière, il a pu rendre à la France; maïs toujours est-il que l'amiral Baudin, vu ses succès récents dans des parages voisins , était en meaure, plus que personne, de relever le courage de nos alUés et d'obtenir de Rosas les satisfactions qui nous étaient dues.
M. Buchet-Martigny ne pei^ pas un instant pour instruire M. de Mackau de la situation faite par les événements ; il s'attache à lui faire comprendre que le temps des négociations est passé, que Rosas est auK abois et qu'une énergique démonstration suffit pour amener la chute du tyran ; mats M. de Mackau, probablement en vertu des instructions qu'il a reçues avant son départ de Paris, du cabinet du i^^ mars, ne
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lient aucun compte des représeolations du consul et signe le traité que vous connaissez.
Get exposé succinct^ mais ftdèie, de la conduite sui- ' yie dans cette af&ire par les difierents ministres qui «e soùt succédé, ne soulève-t-il pas, Messieurs, les plus pénibles réflexi^xis ? £st-il possible de comprooieltre au plus haut degré, par une marche plus incertaine, 1^ vrais intérêts et la dignité de la France? Comprend-on, après le langage tenu dans les deux chambres par le ministère du i*'' mars, après les dépenses considérables faites en faveur d*un allié qui s'était dévoué à notre cause, que nous ayons abandonné cet allié? Oui, on ne le comprend que trop en présence de l'issue de l'affaire d'Orient ; mais la France qui paie, la France dont l'honneur est compromis ne saurait aussi condamner trop hautement, par notre organe, une telle politique.
a Les conséquences de ce traité du ag octobre seront désastreuses dans l'avenir. Si Rosasse maintient au pouvoir, la guerre contre Montevideo cornmencerii inévitablement, car vous n'avez pas oublié que l'indépendance de cet État, reconnue par le Brésil, en i8a8, et garantie alors par l'Angleterre, a été violée peu de temps après.
<K Si Lavalle reprend lé dessus, il nous reprochera avec juste raison de Favoir abandonné. Les deux rives de la Plata nous seront désormais hostiles. Dans cette affairfe, comme dans la question d'Orient, notre indécision, notre faiblesse nous auront aliéné tout le monde.
c( Le cooti:aire serait arrivé si, continiiant a aider Lavalle à secouer le joug tyrannique de Aosps^ oe • dernier eût été renversé^ car alors les deux goo^ernemeoU de Buénos-Ayres et de Montevideo pfNis auraient dû leur repos et leur existence. Cens qui n'ont pas craint de traiter avec Bpsas, ceux qui comptent sur sa foi, ignorent-ils donc que ce farouche .dictateur a laissé assassiner, il y a quelques années, le président du sénat, Massa? Que le lendemain, sa rage n'étant pas encore assouvie, il a (ail fusiller, sans jugement^ le colonel Massa^ fils de celui que je viens de nommer? Voilà Tbomme. avec lequel vous avez praité ! {Sensation prolongée.)
a La simple lecture de l'apte diplomatique sur lequel j'appelle votre attention vous convaincra qu'excepté la concession mentionnée a l'article i", concession qui ne fixe pas le chiffre de l'indemnité, arrêté dans notre premier ultimatum , mais seuleipent le principe de cette indemait^é, qu'excepté cela, hors de là, Rosas n'abandonne rien ; quant à l'indépendance de Montevideo, il se réfère à la convention dvk ay août iSaB, dont je parlais tout à l'heur^, et vous save^ comment il a tenu cette convention.
<K L'amnistie, stipulée par l'article 3, est une vraie dérision. Non, ce n'est pas une amnistie, ce n'est pas un acte de réconciliation que celui qui commence par exclure les généraux et^^hefs des corps» qui laisse à Rosas la faculté de n'accorder de passe* ports qu'à ceux dont il ne jugera pas la présence
iocompitible avec la aûreté de la réptiblique ai^eo*tite. El ce sont des agents firaoçais qui acceptent la niasion de dédarer à Lavalle qu'il doit déposer les armes refhises dans ses mains au nom de la France!
« Mais si les concessions qu'on nous fait sont illu^ aoires^ celles que noias accordons ne sont que trop réelles. Par l'article a, nous abandonnons non-seà* ieoKOt tout le matériel et. les bâtiments argentins tsapturés pendant le blocus, mais nous nous dessai^ aissons encore du seul gage qui tious garantit la GdAiiè de Rosas à tenir ses engagements eti rendant, prématuréoftefit, l'île de Martin-Garcia.
« Mais c'est surtout le second paragraphe de rar<licle 3 du traité qui mérite, selon moi, toute votre réprobation. Ce paragraphe est ainsi conçu :
ft Malgré ce fm est stipulé dans t article pré* a cédenif ai le gouvernemeot de la fédération ar«> « gentine accordait aux citoyens ou natifs de tout « ou partie des Etats de l'ÀHiérique du Sud, des « droits spéciaux, civils ou politiques plus étendus « que ceux dont jouissent maintenant les sujets de « toutes ou chacune des nations les plus favorisées, « ces droits ne pourront s'étendre aux citojrens ^français établis sur le territoire de la i^épublique, u ni être réclamés par eux. »
« Dans cet article, se montre à découvert la ten« dance de la ligue américaine, contre laquelle n'ont cessé de combattre les agents de toutes les puissances européennes. Les Anglais, par leur traité avec Buénos^Ayres, ont droit au traitement de la na-
tion la plus fapvodsée, sans aucune eiKï^f ion, tandis que celte non^xception ne nous est pas accordée.
« SI Buenos-Ayres accorde une faveur au Gfaili, FAnglelerre, en vertu de son traite, aura ie droit d'obtenir cette même faveur et nous en serons privés y car nous nous sommes interdit jusqu^au droit de réclamer.
a Cette ligue américaine, dont le Gouvernement semMepeu se préoccuper, est cependant, sous le point de vue commercial, chose pUis sérieuse qu'on ne le pense. Notre alliance avec* Montevideo, alliance signée avec du sang, sinon avec de Tencre, était un fait immense sous ce rapport , précisément, qu'elle rompait de (ait la ligue américaine, puisque nous avions une république avec nous.
' « On ne^aurait donc se le dissimuler , de quelque c6té qu'on l'envisage, ce traité ruine l'inHùence de la France dans les États baignés par l'Océan Pacifique; on ne croira plus dans ces parages, ni à notre puissance, ni à nos promesses.
ce Un seul moyen nous resterait de ne pa&y perdre tout crédit, ce serait que le Gouvernement déclar&t qu'il prend Montevideo sous sa protection, et qu'il laissât dans la Platades forces suffisantes pour que cette protestation fàt efficace. Si cette mesure n'est pas adoptée, assurément vous verrez renaît re les lu ttes qui, depuis quatre ans, ensanglantent l'Uruguay et, peut-être, serez-vous obligés d'aller demander plus tard à Montevideo réparation de griefs semblables k qui sont ceux restés impunis à Buenos*Ayres.
a Le traite du 29 octobre, qu'on pourrait appeler un traité de vaincu, je me hâte de le reconnaître, ne saurait être imputé au cabinet actuel ; il appartient tout entier au ministère du i^' mar^; à ce ministère dont le court passage aux affaires a été la ruine de nos finances et Faccroissement de nptre abaissement en Europe.
ce Le nouveau cabinet doit-il se borner à mettre sa responsabilité à couvert, en déclinant sa participation à cette convention diplomatique ?
« Je ne le pense pas; vous ne le pensez pas, non plus.
« De deux choses Tiine': ou, ce qui me parait difjficile* MM. les ministres trouvent le traité honorable ; dans ce cas, ils n'ont aucun droit d'accuser leurs prédécesseurs; ou ils trouvent le traité mauvais^ et par conséquent inacceptable, et dès lors leur devoir est de refuser la ratification. {/igi(ation au banc des ministres,)
<K Le nouveau cabinet ne saurait, dans son propre intérêt, sortir trop promptement des voies dans lesquelles a marché x^elui qui Ta précédé. Il est venu pour faire autrement et autre chose : d'ailleurs, les circonstances ne sont plus ce qu'elles étaient il y si quatre mois, et les mauvaises excuses données par l'ancien ministère, pour masquer sa conduite , ne seraient plus aujourd'hui qu'un honteux aveu de faiblesse et d'impuissance.