‹ Documens historiques ou Discours de M. ... de Dreux-Brézé, précédé d'un avertissement et d'une introduction sur les constitutionsChapitre 45 sur 46 · SM · texte numérisé non relu

SM

On a TU, préeédemmeDt, qu'acceptant la peneée persistai d'eatourer Parts de fortiâcations • et profitant, avec audace, de Tapparence d'une guerre possible et prochaîne par suite des affaires d'Orient , le ministère du 1*' mars ( que ce fût ou non sa propre opinion) avait décidé et commencé les travaux d'une enceinte coq* tinue et de forteresses considérables sur divers points extérieurs de la capitale.-— A son tour, le ministère du 29 octobre dut continuer cette œuvre contre laquelle une partie imposante de l'opinion s'élevait vivement au nom des intérêts généraux et des libertés publiques. Si toutes lesopinions ne semblaient point unanimes à cet égard, c'est que le centre gauche de la Chambre des Députés et une portion de la gameke qui avalent soutenu l'admlalstration de M. ThioS) auteur visible et responsable de cette mesure, s'étaient, par -là, engagés à l'approuver et que les journaux de cette partie de l'Opposition, sauf une ou deux exceptions, se trouvaient, également, entraînés à la défendre, au moins quant à présent. — Afin de régulariser les opérations commencées par le 1^' mars , de faire approuver les crédits ouverts pour les premiers travaux , en l'absence des Chambres, par des ordonnances royales, le nouveau ministère présenta le 12 décembre, à la Chambre élective, un projet de loi par lequel un crédit de 140 millions devait être alloué , àur l'exercice 1842, pour les fortifications de Paris. — La discussion, engagée aa mois de février, fut longue et animée. Plus queJe ministère encore, M. Thiers et ses amis soutinrent le projet de loi , dans le succès duquel ils étaient, en effet, compromis par la marche qu'ils avaient suivie sous l'administration du 1*' mars, et, grâce à ce seeours, le Gouvernement obdnt une majorité, telle quelle, sur ce projet qui fut, ensuite, apporté à la Chambre inamovible.

Là, Tattitude que, dès 1840, cette Chambre avait prise sur la question, le rapport que fit M. le baron Mounier et ce qui avait transpiré de. l'opinion des quatre cinquièmes des Pairs, rendait le sort de la loi plus qu'incertain. Elle fut adoptée aussi , cependant, malgré les efforts des hommes les plus considérés de la Chambre et

TefEst que produisît le discours suivant prononcé par M. de Dreux- Brézé au milieu des témoignages les plus manifestes d^assentiment et d'approbation.

ce Messieurs I

« Depuis quinze ans que j'ai rhanumr.de. faire partie de cette Chambre, jamais je ne pris la parole avec Wfe anxiété pluj^ grande , une émotion plus vive : je veux vous en dire la cai^e.

« Plusieurs membres de cette assemblée , adversaires comme moi du projet du Gouvernement , m'avaient demandé de garder le silence , dans la crainte que mon opposition ne fût un obstacle au succès qu'ils en espèrent. Je ne me suis pas cru cette puissance malfaisante, cette puissance funeste. Je n*ai pu partager cette appréhension. J'ai une idée trop haute de l'indépendance de chacun de mes collègues, de la fermeté de leurs convictions, pour supposer un moment que la franchise de cette opposition puisse apporter à la leur aucune modification.

«( Je conçois parfaitement qu'on ne partage pas mon opinion; je ne puis concevoir qu'on ne soit pas de la sienne. {Très-bien.)

« Messieurs, tout a été dit sur la loi soumise à vos délibérations;, aussi , est-ce moins une lutte que je viens engager contre le projet qui a triomphé dans une autre enceinte , qu'une déclaration contre une mesure dont il m'importerait, si elle était adoptée,

de ne pas accepter, aujourd'hu if la responsabilité morale, parce que, dans mon opinion , cette responsabilité serait un jour accablante pour ceux qui Tanraient encourue.

La Chambre comprendra, facilement, qu'après les discours prononcés dans ses dernières séances par les officiers^énéraux les plus illustres de nôtre pays, je ne traiterai pas des questions techniques. Vingt années de ma vie , passées dans les rangs de Tarmée , ne paraissent pas me donner à cet égard une autoriié suffisante. Si j'admire. le talent des orateurs qui savent parler sur tous les sujets, je me garderai de les imiter. D'ailleurs, dans une affaire si complexe, ces questions ne sauraient , selon moi , dominer la dis* cussion.

ft Sansdoute, il n'y apasun Français qui neveuilie, avant tout, que le pays soitdéfendu contre l'étranger, que rintégrité du territoire soit mise à l'abri de toute atteinte. A quelque opinion qu'on appartienne, on veut que la France reste la France {Très^ bien,) , que ce patrimoine de puissance et de grandeur, légué par nos pères , soit transmis intact aux générations nouvelles , avant même de savoir sous quelle forme de gouvernement, sous quelle autorité, sous quel système, ce grand empire doit être placé. (approbation.)

«c Ainsi, Messieurs, je désire qu'on ne se méprenne pas sur le sentiment qui dirige mon opposition contre le projet de loi sur les fortifications de Paris.

(X Que s'il s'agissait de lier le bassin de la Seine et

les coteaux qui domuieut la capitale à un système de défense générale du royaume, de construire, dans ce but, des forlifications avancées qui fussent, non le principe, mais le complément de ce système de défense, je mettrais à honneur d'y souscrire, sans me préoccuper, des sacrifices qui en résulteraient pour la France ; -— une pareille dépense est pour notts le premier des intérêts ; — miûs le projet a un tout autre caractère.

« Il m'est impossible de ne pas voir que sa portée implique toutes les questions de civilisation , de liberté, d'ordre intérieur et que la défense du territoire n'est plus, ici^ qu'une raison accessoire sei*vant à couvrir des intérêts moins générauai et moins respectables. (Moui^ewent.)

« Messieurs, dans toutes les grandes discussions sur nos affaires extérieures, vous m'avez permis de vous signaler l'existence de deux intérêts différents : l'un ^ que j'ai appelé l'intérêt réel et permanent de la France ; l'autre , un intérêt passager et de circonstance.

« Je ne veux blesser aucune opinion, aucun parti, mais je désire cependant être compris ; cet intérêt passager, cet intérêt de circonstance que nous avons vu entraîner la France dans des alliances funestes, qui a laissé passer l'Espagne sous l'influence anglaise, qui, nous séparant de nos alliés naturels, nous a placés dans l'isolement le plus complet, cet intérêt a été réduit, dans ces derniers temps, à une impuissance dont vous avez vu les effets.

« Depuis un an , toutes les promesses au nom desquelles s'est accomplie la réToiution de i83o, pro* messes de liberté, promesses de grandeur à Texte* rieur , d'économie dans les finances , de développement dans le commerce et Tindustrie, se sont évanouies à ta fois devant les plus tristes réalités. Ce naufrage est devenu la préoccupation de tous les écrits. ( M. Guizot fait des signes de dénégation. Assentiment sur un grand nombre de bancs. )

ce S'iKétaît vrai que cet intérêt partiel et passager eût voulu se réfugier à Fabri d'un déploiement de forces matérielles j sans exemple dans les temps modernes, on comprendrait comment des partis divisés sur des questions de pouvoir, mais ralliés par des principes communs , se sont réunis dans la pensée de fortifier la capitale.

c Je n'accusie les intentions âe personne ; je rends au contraire justice aux sentiments qui ont inspiré les déclarations de M. le président du Conseil dans son exposé des motifs. Mais tes ministres passent et les fortifications resteront* (7W5'-A«e/i.) D'ailleurs, l'histoire des nations nous offre trop d'exemples que les gouvernements sont souvent entraînés par la force de leur situation à de funestes extrémités qu'ils n'aperçoivent pas toujours.

« Dans une époque dont il fiiut voiler les images, n'a-l-on pas vu la faiblesse des caractères concourir, avec Fénergie des volontés, à tous les malheurs de la patrie? Il n'y aurait donc, dans le projet de loi qui nous occupe, que cette circonstance singulière d^un

gou^vernement tout entier se livrant à Finconmi^ que je m'eAVaierais encore d'une résolution dont la raison et lasagesse humaine n'auraient pas mesuré la portée.

a Mais, s'il ne nous est pas donné de connaître rétendue des matui qui peuvent résulter du projet, nous savons du moins que toutes les conditions dans lesquelles nous sommes, aujourd'hui, placés se troaToraîenl changées du jour où, autour de ki capitale, près de cent bastions fortifiés et quatorze citadelles offriraient au pouvoir exécutif, quel qu'il (lît, le moyen de tenir sous ses canons les assemUées législatives, la presse et les centres intellectuels qui, dans les temps de liberté, <mt toujours exercé une iafiaencd modératrice sur la marche des partis et des

ff NoD^ Messieurs, un^ gouvernement libre ne peut eûster au milieu d'une ceinture de bastilles. L'ar« ticle 7, par lequel on déclare qu'une loi sera nécessaire pour classer Paris parmi les places de guerre, ne me rassure nullement. Je vois bien qu'on a voulu dissiper les craintes du commerce et de l'industrie prêts à s'enfuir.. Mais l'industrie, le commerce, les arts, la richesse , le luxe, tout cela abandonnera Paris au jour du péril ; et les murs, élevés pour préserver la capitale, ne seront peut-être que l'enceinte desonlombeau.

a Après nos cinquante ans de révcJution , il est permis de tout prévoir. Or, si le pouvoir, dominé par sa situation, était poussé vers la tyrannie, le des-

potisme légal ne lui manquerait pas. Les décrets ne coûtaient rien à la Convention pour légaliser ses violences , et le salut public est un prétexte que les assemblées révolutionnaires ne manquent jamais d'invoquer ou de subir.

tf C'est contre de (elles appréhensions qu'il Ds'a paru nécessaire de protester dans cette enceinte.

« M. le ministre des affaires étrangères a prétendu que, par cet appareil militaire créé autour de Paris, on fortifiera le pouvoir et que l'on réduira les partis au repos qui naît de l'impuissance. Je professe une conviction contraire à celle de M. le ministre des affaires étrangères. Je crains bien plutôt que cet instrument de despotisme, devenant l'objet de la convoitise des factions, ne. les excite à des luttes plus terribles, qu'il ne soit un appât ofTert à leur activité, non-seuIen)ent dans les rues de nos cités^ mais encore dans les institutions électives et parlementaires où les principes et les exemples de ,i83o leur donnent l'espoir de triompher.

«c Qu'on ne se le dissimule pas , Messieurs , ces factions qui ont, si longtemps, invoqué la liberté , n'aspirent qu*à la dictature et c'est pour elles qu'on travaille toutes les fois que l'on cherche , dans la force matérielle, un moyen de suppléer à la force morale qui échappe. Ce n'est pas Paris qu'il faut fortifier ; c'est la monarchie qu'il ne fallait pas démanteler ; c'est ce grand pouvoir monarchique qui , pendant tant de siècles, fit triompher Ja France des invasions étrangères, qu'il faut s'efforcer de relever.

Vôîlà la v^rîlabîe citadelle qui peut protéger efficacement la sûreté intérieure de la France et son indépendanée extérieure. {Sensation prolongée!)

flc Cependant , tout le monde en convient , la situation de la France est grave; l'isolement dans lequel elle est tombée en Europe, la perte de son influence dans la question d'Orient, l'agglomération dés états de TAlIemagne dans des intérêts de commerce , ces faisceaux d'alliance qui se forment partout comme si l'Europe s'arrangeait maintenant pour exister et prospérer sans la France , tout cela constitue une situation profondément triste.

ce Mais la transformation de Paris en place de guerre changera-t-elle cette situation? Mettra-t-elle an tcfrme à notre isolement? Sera-t-elle pour le itiônde un objet d'eflroi? Créera-t-elle, surtout, pour le gouvernement de juillet, une forcé nouvelle en parais^nt indiquer qu'il n'a d'autre refuge que l'enceinte de la ville où il fut inauguré ? Non , Messieurs, tout lé contraire arrivera. L'étranger, jaloux de l'influencé de Paris, se réjouira de sa déchéance intellectuelle; il se félicitera de nous voir épuiser, prématurément, nos ressources financières.

« Dans les temps de civilisation , la grandeur et la force des empires ne sauraient tenir à des ceintures de murailles ; cette force et cette grandeur né s'improvisent'pas par un vote dé crédits, quelque monstrueux qu'il puisse être ; elles sont l'œuvre de tous les jours y le travail de tous les instants.

c Toute nation qui marchera dans une voie olo^ u. «

raie et sociale aura des amis au dehors , des auxiliaires contre ses ennemis, et la coalition aniverselle» qui seule rendrait l'invasion possible, ne saurait se former contre elle.

« Toutefois , je le répète , je ne m'opposerais pas à un plan de défense générale du royaume , qui ainst que Ta dit M. le président du Conseil dans son exposé d^ motifs, en protégeant déplus loin la capitole^ élpignerait dautarUptus hs coups dirigés contre ëUe* Mais de tous les systèmes q^'on pouvait nous pré* senter , celui qui a prévalu me sec»ble le plaa sds^ pect et le plus redoutable.

a Avant Tavénement du ministère du i^ mars , aucune des commissipns qui, depuis longues anaéesi se sont occupées d^ l'idée de fortifier Paris , n'avait eu la pensée de réaliser le gigantesque projet qui vous est soumis. Quel est donc l'auteur priaftilif , Tanteur premier de ce projet? D'oii nous vieo^-il? k ooup sur ce n'est pas de l'illustre maréchal <|m présidi^ la Conseil, puisqu'il voulait un autre système de Ibnifications. Ce n'est pas de M. le ministne des afiaives étrangères^ le seul miWibre du cabineC qui l'ait soutenu dans la chambre élective, puisqu'il a^léclaré qu'il n'était pas compétent pour le jugfer; ce n'est pas des autres membres du cabioet qui out gardé le silence, prohablçment parce qu'ils préféraient le projet du m^xéchsX à celui que nous disoutcma»

(c Ainsi, personne dans le Conseil n'est, réeUeroait, l'auteur ou le partisan d'une loi que le ministère en corps, cependant, soutient et appuie.

.<c.M. ]e maréchal Souh| en présentant ce projet, de préférence à celui qu'il croyait le meilleur, a déclaré qti'il subissait une nécessité politique; mais cette nécessité, qui peut la lui avoir imposée? Ce Q'est pas, j'aime à le croire, le ministère précédent qui, certes^ n'avait aucune autorité pour le faire; ce ne sont pas ses collègues qui se sont déclarés incom* pétents» Qui donc , je le demande encore , a pu , dans une question où l'honneur, la sûreté , la fortune de la France, sont engagés , imposer au ministère , contre sa conviction , un projet qui fait peser sur lui une grave responsabilité ?

Ainsi que je le disais tout à l'heure , le problème à résoudre est bien, moins de défendre Paris que d'empêcher l'ennemi de s'en approcher ; or^ le système de M* le mafiéchal Soidt , qui s'appuie sur la guerre active , la seule qui soit eu harmonie avec le génie du peuple français , qu'il faut toujours porter en avant quand on veut assurer la victoire , le résout bien mieux , selon moi , que celui qui absorbe une si grande partie de l'armée.

ff On trouvera, dit^^on , de grandes ressources mi* litaires dans la garde nationale. Messieurs , personne plus jque moi ne rend honunage au courage éprouvé de la garde nationale de Paris; mais, de bonne foi, croUrOD que tous les citoyeqs , pères de famille , propriétaires, commerçants, industrieb, abandonnei!OQt leurs foyers pour se dévouer au pénible ser» vice de la garde de l'enceinte et des forts? Non , cela est impossible. Mais le jour où il faudra vous servir

de la popnlalîon parisienne pour la défense de la capitale, vous serez obligés d'armer les oavriers sans ouvrage et les faubourgs; eh bien ! ce jour-là , n^en doutez pas, il n'y aura plus de gouvernement. (Mouvement prolongé.) \je salut de Paris n'est pas dans des forces mortes ou inertes, il est dans l'armée, dans une réserve puissamment organisée, dans un gouvernement prévoyant et fort; le salut de Paris est sur le Rhin ; il est encore derrière la Loire, comme Charles VII Ta prouvé à nos pères. Mais concentrer tous les efTorts de la France dans une enceinte de quelques lieues, jouer en quelque sorte sa fortune sur une seule carte , c'est là une conception tellement désastreuse qu'on dirait qu'elle a été inventée par le plus mortel ennemi de la patrie.

M. le président du Conseil du i^ mars a déclaré , je le sais, que Paris ainsi fortifié sefait iniprenable; mais si, par malheur, cette autorité militaire se trouvait en défaut ; {On rît,) si Paris, se défendant, venait à être pris , peut-on calculer sans frémir les conséquences d'un semblable événement ?

«c Le système de la guerre active est destiné à le conjurer, et cependant on absorbe par le projet actuel les ressources nécessaires pour la Soutenir! Le projet n'éloigne pas t'attaque de la capitale , il la provoque , il la hâte et l'appelle ; il montre à l'ennemi l'endroit où il faut frapper, il méconnaît dans le soldat français cette ardeur, cet enthousiasme , cet imprévu qui ont porté si loin sa renommée ; il accumule sur Paris le plus de chances de destruction; il en

fait uncbampde bataille; il veut, pour ainsi dire, que la France s'y enferme pour y vaincre ou pour mourir. Malheur à Paris si la question est ainsi posée ; car vainqueur ou vaincu y le champ de bataille sera dévasté! {Pro/bnde sensation.)

« Je n'insisterai pas sur les difficultés de défendre une enceinte et des forts d'un développement de près de vingt lieues, d'approvisionner de subsistances, une population de i,3oo,ooo âmes et de la maintenir dans l'obéissance; je n'insisterai pas sur le péril qui peut nattre à ce seul cri : on nous trahit ^ s'élevaut soudainement d'une multitude inquiète ou turbulente. Ces objections si graves, présentées par les adversaires du projet, ne me semblent pas avoir été résolues par ses partisans; mais je dirai quelques mots de la durée des travaux et des dommages qu'ils causeront à la fortune publique.

« L'exécution de la loi doit durer cinq ans; aiosi^ pendant cinq ans , cent miUe ouvriers vont se trouver livrés aux insinuations de la presse et aux désordres inséparables d'une grande capitale; pendant cinq ans, tous les ministères qui peuvent se succéder seront obligés d'accepter et de soutenir un projet dont les dangers ont déjà ébranlé les convictions de plusieui*s de ceux qui l'ont voté dans la chambre élective.

<c Cette considération me parait de nature à soulever dans vos esprits de sérieuses réflexions car, remarquez-le bien , l'adoption de la loi ne tend h rien

moins qu'à rendre la formation de tbiite nouvelle administration impossible ou plutôt, ainsi qu'on TOUS l'a déjà dit, en étant la glorification du î^mBTSf à rendre inévitable le retour de ce cabinet qaî, en violant toutes les règles constitutionnelles, n*a pas craint d'engager, sans Ieconcoui*s des chambres , la fortune de la France ; de décréter, par ordonnances une mesure que la Chambré des Députés avait cependant déclaré en ï 833 ne pouvoir être prise qu'en vertu d'une loi."

« Si vous doutez que l'adoption pure et simple du projet soit le retour forcé du ministère du i^r mars, lisez les feuilles qui s'efforcent de ramener cette administration au pouvoir; leur polémique journalière vous prouvera, mieux que mes paroles, que le succès de la loi dans la chambre élective a été le triomphe de l'opposition. Ne s'écrie-t-elle pas, sous totîtes les formes : Le ministère a la majorité des voix, mais nous avons la majorité des convictions; M. Thiers ne disait-il pas, il y a huit jours : C'est la majorité du i®f mars qui a doté le pays des fortifications?

«c Pendant cinq ans, M. le ministre des finances vous Ta dit , les travaux publics vont se trouver ralentis ou suspendus; ainsi, tandis que tous les états de l'Europe développent à l'envi les éléments de prospérité que vingt années de paix ont fait naître , la France, déjà arriérée sous ce rapport, verra s'arrêter tout à coup ce char du piogrès dont. Tan dernier, elle ne songeait qu'à accélérer la marche.

« Pemiettez-moi une dernière considération. £!Ie m'est inspirée par le spectacle qui a été oHerl dans kl discussion de la Chambre élective.

« Là| on a vu l'opinion gouvernementale se trouver l'alliée de l'opinion de gauche, les ministres du i^** mars obtenir l'appui de leurs successeurs.

« D'un autre cèté, la minorité, qui a combattu le projet, s'est composée de fractions également opposées entre elles sur toutes les questions de haute politique.. Quand des intérêts si divisés entre eux se trouvent réunis sur une question si importante, il est difficile de croire que chacim d'eux n'ait pas cme arrière-pensée.

« Messieurs, il y a dans ces faits quelque chose d'insolite et de mystérieux qui doit faire naître de sérieuses réflexions. Il faut bien le dire : une loi dont personne ne peut mesurer la portée, une loi qui a pour résultat l'inconnu, a passé dans la confusion des opinions, {^«^e approbation,)

« Si jamais la pairie fut appelée à remplir le but de son institution, c'est bien dans une semblable circonstance, oit tous les pouvoirs, tous les partis, toutes les opinions semblent s'égarer dans des voi^s ruineuses pour le pays et pour la liberté. Que si le ministère persiste à repousser toutes moditlcatious au projet^ sachez résister au ministère; rappelezvous qu'il y a dix ans Casimir Périer, après avoir fait aussi, dans l'intérêt de sa renommée, la réserve de son opinion personnelle, vous pressait d'adopter une loi, qui, en révisant l'article 23 de la charte.

ébranlait le gouvernement constitutionnel dans ses bases les plus essentielles.

oc Par un sentiment de patriotisme, erroné selon moi, vous avez cédé aux instances de cet homme d'état. Qu'en est-il résulté? personne ne le niera, raflaiblissement de la Chambre des Pairs. Eh bien! Messieurs, n'en doutez pas : si Ton pouvait croire (et je crains qu'on ne le croie) que, dans cette mémorable circonstance, vous avez cédé aux exigences du ministère, aux exigences de la Chambre élective, à d'autres exigences... c'en serait fait à jamais de l'autorité et de la puissance de la pairie!

« Votre sagesse, votre expérience, cet esprit de réflexion qui sait résister à l'entRainement d« passions, qui depuis vingt-six ans est venu tour à tour en aide au pouvoir et à la liberté, tout semble vous investir dans ce moment suprême de la glorieuse ' mission de rectifier la marche du Gouvernement, et de préserver les institutions représentatives de la destruction qui les menace : car, ne vous le dissimulez pas. Messieurs , ainsi que vous l'a dit votre honorable rapporteur, il n'y aurait plus de système représentatif possible, si les Chambres restaient dans. Paris au milieu des réunions de corps d'armée que nécessiterait un tel ensemble de fortifications.

« Toutes les garanties du gouvernement constitutionnel seraient violées ; et la révolution de 89, commencée par la démolition de la Bastille et l'adresse de Mirabeau pour l'éloignement des troupes, finirait par l'érection de quatorae bastilles et le bloous

étroit des asseipblëes par une armée établie en per* inanence autour de la capitale ! {Sensation.) . a Les adversaires du projet vous ont indiqué les dangers du présent et de l'avenir ; vous êtes. Messieurs, le seul recours de la société en péril. Sauvez Paris, sauvez la France !

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