RAR SR R
a 2 Passevolants, aussi garnis de chacun deux bouettes et de leur forme d'affûts.
« 6 Berches parcillement garnies chacune de deux bouettes.
«Le tout en fer battu et pesant ensemble toutes nues sans affûts ni rouages, 5,882 livres fourni par ledit Néel et chargé sur le navire la Madeleineau Havrede-Grûce, excepté les deux cardinales montées qui sont restées à Rouen.
« Ledit marché fait à raison de 17 deniers la livre de fer batu. »
Le 12 avril 1553, Guilbert Casselier, charpentier
de navire, demeurant à Sotteville-lès-Rouen, s’oblige envers Olivier Martin, demeurant à Rouen, à lui
construire etagréer bien et dûment en toutes choses un navire de 34 pieds de quille, 20 pieds de quarts de banc, 12 pieds de borûs avec cinq ‘baulx courbez tillac, de chaque bout une courbe de baulx et sept courts de serre sous le dit tillac. Et sous le dit tillac y aura 9 pieds de hauteur ; le dit tillac assouvy de courbes et tant qu'il appartiendra bien et dûment. Et y aura sur le dit tillac deux cours de noyaux, un suzain qui ira jusqu’au grand mât d’icelui navire, avec une poulaine. Et y aura en icclle nef-quatre dallots de chaque bord, la callingue du matériel de devant et un fourq ou deux s’il est requis.
« Le dit Martin fournira tous les matériaux, bois, clous, étoupe, ferrements, poutres, chevilles et fera
« scier et préparer les bois à ses frais.
« Et paiera le dit Martin pour tout audit Castellier la somme de 130 livres (1)! »
(1) Tabellionage, 12 avril 1553,
Armement d'un navire de 90 tonneaux :
«Un grand mât, le matériel de devant (matériel est employé ici pour mâts et cordages); le matériel du beaupré, le matériel de misaine, deux matériaux de hune, lagrandehune, la hune de devant, tousles mâts assouvis de toutes vergues — Voiles : un grand papefie et deux bonnettes, le borse de sus beaupré, la misaine, le grand borse de hune, le petit borset de hune devant ; tous les mâts fournis et assouvis de palants, haubanset farains.— Quatreancres. quatre cables ; la « maitre ancre pesant 650 livres, la seconde 450, le cça- «a ble pourlesancres pesant 550livres ; la troisième an- « cre pesant 400livres, le cable pourla dite ancre 500 li- « vres ; la quatrième ancre pesant 350 livres (1). » En 1560, il existait à Rouen une forte Compagnie de banquiers sous le nom de Vincent Santiny, Nicolas Colardi et compagnons. — Tabel. — 831 janvier 1560. Le 12 avril 1565, Pierre de Bargalle; marchand à Rouen, vendit à Thomas Lenfant, marchand à Paris, une cargaison de 200,000 oranges pour le prix de 850 livres, prise aux quais de Rouen.
Guillaume Garet, maitre cloutier à Rouen, vendit à noble homme Antoine de Marcillac, baron de Courseulles 200,000 de clous à ardoises, au prix de onze solz le millier. -- Tabellionage, 9 février 1565. Nicolas Martel et Pierre Vauquelin, marchands de fruits à Anneville-sur-Seine, vendent à Poujotle jeune et à Guillaume Lemaire, 110 mynes de pommes Rainette moyennant 600 livres. — Tabellionnage, 22 juin 1568.
(1) Tabellio:age, 12 janvier 1557.
nes
mï 0 0
Pierre Aubert, marchand à Dieppe, vend à Guillaume Brochet, trésorier de l'extraordinaire de la guerre, 2,500 pieds de planches, à raison d’un sol six deniers chacun pied ;
118 planches de hêtres à six solz la planche et 1,551 livres de fer à quarante-deux livres 10 solz le millier.
Le tout pour servir et employer à la réparation des jetées, palissades et écluses du hâvre de Calais. — Tabellionage, 20 avril 1566.
Le 20 avril 1566, Jehan Dubosc, faiseur de brouettes à Moncomble, vend à Jehan Rome, futailler à Rouen, 51 petites brouettes telles qu'il les fait habituellement en la forèt d'Eavy et ce moyennant 21 livres les 51 ; etle 6 mai, Mathurin Amouret, demeurant à Esclavelles au hameau des Hayons, vendit au même Rome, 50 petites brouettes du bois de la forêt d'Eavy , avec 52 roues à brouettes, pour 9 solz par brouette et 7 livres 10 solz pour les
52 rouets à brouettes. — Tabellionage, 10 avril Tabellionage, 11 juin 1568. — Sever Delisle,
Pierre Thiessé et Jean Fessardtonnelliers, s'obligent envers Jehan Leroux, tavernier, à leur faire et livrer 500 ponsons en bois neuf, dressés, équipés et acoustrés bien et dûment, prêts à mettre vin, à condition que Leroux fournira tout le bois, cercles, ozier dont il sera besoin; les dits 500 ponsons livrables le 15 août prochain et seront fabriqués à Vascœuil. Cette soumission faite à condition que Leroux leur fournira chaque jour trois pots de vin et bière, pain, feu, lict et hostel et autres choses qu'il leur con-
vicndra, aux jours d'œuvres comme aux jours de fètes, tout le temps que durera la dite besogne.
Et en outre il leur paiera dix sept livres pour chacun cent ponsons.
Tabellionage, 11 mars 1570. — La veuve Cucu, papetière à Vimoutiers-en-Auge, vend à Jean Larcanier, marchand à Rouen, 500 rames de papier, dont 350 à la marque du gros pot, et 200 au grand écu, à livrer 40 rames par semaine, au prix de 28 solz la rame du gros pot et de 12 solz la rame à l’écu. Et, le 23 mars, Jean Rogeray, papetier à Notre Dame des Vieilles, près Beaumont le Roger, vend à Jean
Mallet, marchand à Pouen, 200 rames de bon papier
à la main bien collé chaque rame pesant 8 livres et demie, au prix de 15 solz 6 deniers la rame, 200 rames au petit écu du poids de 6 livres et demie eu priz de 13 sol: la reme, — 500 rames de papier Estrasse du poids de 17 livres la rame, au prix de 20 solz la rame.
Tabelliorage, 17 février 1570. — Guillaume Her. ment, capitaine d’un navire anglais, apporte sur les quais de Rouen, 22 charges de cheval de creseaux et coton ; dès le 3 février, il était arrivé d'Angleterre 54 charges de marchandises Ge draperie, 24 creseaux et 50 goddes de coton.
Le 4 août 1570, devant les tabellions de Rouen, Jean Godet, marchand érapier drapant à Rouen, s’oblige envers Jean-Baptiste Berinsagne, marchand à Lyon, à lui fournir, pendant trois ans, tous les draps qu'il pourra faire ou feire faire sur cinq métiers.
Tabellionage, 10 octobre 1570.— Pierre Burel, fon- :
deur de cloches à Rouen, rue des Matelats, s’oblige
rs de r cha-
U, paanier,
dont écu, à olz la Et, le ne des Jean
papier .
vres et rame, demie papier prix de
be Her sur les aux et rleterre eseaux
j Jean oblige Lyon, ps qu'il
el, fon- :
oblige
envers le curé etles paroissiens de Lamberville en Caux, à leur fondre, en leur paroisse, deux cloches pesant seize cents livres environ, pour mettre en rang et accordance avec celle qui est en la tour de la dite église ; et, si lesdites cloches ne sont du timbre et accord, le fondeur sera obligé de les refondre à ses frais ; il fournira le métal; mais les paroissiens fourniront la brique qu'il faudra pour faire le four où sera fondu le métal; ils iront chercher le métal à leurs frais à la vicomté de Rouen. Les cloches seront fondues le 13 septembre prochain, pour quoi il sera payé au fondeur huit écus un tiers par cent pesant
….de métal.
Le 13 mai 1572, Nauldin Ozenne, marchand de tuiles à Saint Aubin la Campagne, vend à Mathurin Louvel demeurant à Rouen, 700 tuiles de cornier, à 20 solz le cent, 300 festiers à 40 solz le cent, 3,000
‘ grandes tuiles à cent quinze solz le mille et 2,000
petites tuiles à 4 livres le mille.
En juin 1572,le capitaine Desarpens a chargé dans son bateau, au quai de Rouen, une bassine en pierre de marbre et 14 caisses de marbre pour la Reine-mère ; ces marbres venaient de Saint Malo et on les portait à Paris.
Moyennant huit livres par cent pesant Etienne Agnez transporte par terre, de Rouen à Lyon, en 24 jours, trois milliers pesant de draps de laine.
22 décembre 1581. — Noel Guerard, voiturier par eau, s’oblige à prendre dans la cour des Cordeliers à Rouen toutes les pierres de marbre blanc qui y sont avec une grande colonne de jaspe et une grande
pierre de marbre blanc, pour la sépulture du feu Roy
Henri ; le tout étant au nombre de 186 pièces y compris la colonne, pour porter en la maison blanche lez Saint Denis moyennant la somme de 141 écus d’or soleil.
Le 7 aout 1581, Pierre Jouenne et Nicolas Morvent, vergers raquetiers, affirment par serment que le prix des raquettes est de un écu la douzaine et celui des bonnets longs rouges, d’un écu et demi la douzaine.
Jean Thierry dit Babier, faiseur de balles à jouer à la paume à Rouen, vend à Thomas Doisseau, marchand à Angers, cent grosses de balles de laine à jouer à la paume moyennant soixante six écus deux tiers pour le tout. Lesquelles cent grosses seront livrées dans la première semaine de mai prochain. (Tabellionage 4 janvier 1582.)
Tabellionage, 16 novembre 1583.— Thomas Theffroy. maître poudrier, paroisse Saint Pol, enclos de Rouen, vend à Massiot Vastel d'Honfleur, maitre et victuaillier du navire l’Espérance, dont est capitaine Guillaume Lelièvre, 500 livres de grosse poudre à canon, 100 livres de poudre grenée à arquebuze et 50 livres de mèches.
Fabrication d'éauilles. — 19 mai 1584. — Tabellionage de Saint Gervais. — Richard Dubosc, compagnion éguillier, s’alloua chez Nicolas Picard, maître dudit métier, pour y travailler de son estat à faire des éguilles, aux conditions suivantes: Picard lui fournira le fil tout coupé et préparé ; il lui fournira en outre le logement, mais Dubosc se nourrira. Picard fournira aussi les outils et paiera à Dubosc 6 sols par millier de persage signolées et trocques ;
y comche lez 18 d'or
s Mornt que e et ceemi la
à jouer u, Marà jouer X tiers livrées (Tabel-
s Theflos de maitre st capipoudre buze et
Tabel- , COM- Picard, estat à Picard i foururrira.
Dubosc )cques ;
ae CO: dé
10 solz pour” vidage de chaque millier, 5 solz par millier de fine pointe, 4 solz par millier de dressage au marteau, et, pour chaque millier de dressage à la lime, 15 deniers : enfin il paiera 8 solz pour polissage et vernissage de chaque millier.
14 mars 1585. — Jean Gibert, maître du navire la Marie, s'oblige à porter de Rouen à Bayonne, pour le compte de Mathieu D'Oliva, 3 coffres, 8 ballots, 2 paniers, 1 baril pleins de merceries mêlées et de vaisselle d’étain, plus trois paires de landiers, 29 paniers de verres, 3 lits de camp, 12 réchauds d'étain et 10 muids de bled.
Le 13 mai 1585 il est amené sur le quai de Rouen 85 balles de coipeau de buis pour faire peignes, le tout venant de Bayonne pour Jean Delacroix de Rouen.
Le 11 février 1588, Robert Savé et Jean Rense, marchands corroyeurs à Rouen, vendent à Garcie Delpeze, aussi marchand à Rouen, 168 peaux de veau pour être expédiées à Bourges (Burgos?) en Espagne.
Le 22 avril 1588, Pierre Danyel, jardinier, paroisse Saint-Gire de Répainville à Rouen, vend à Denis Tremol, marchand de fruits à Rouen, tous Les arti-
.thauds qui croîtront cette année dans son jardin,
nommé Lapye, sis audit Saint Gire de Répainville et ce, à raison de 10 soz la douzaine composée de quatorze artichauds, et, le 26 octobre suivant, il vend
encore au même et par le même prix de 10 solz,
deux cents douzaines d’artichauds à compter 14 pour 12.
Le 5 juillet 1588, Jean Lefaucheur, maître charron à Rouen, s’oblige envers les fermiers des Coches, à
grd" + + « : ct Sears VoiVers ti s
BISLNTHECA
w, [ttave
DE: 2 CE RE dire
TS M ET, ST ne ES Er 4) MIE
‘entretenir bien et dument pendant cinq ans les six coches ordinaires allant de Rouen à Paris et de Paris à Rouen de toute chose généralement quelconque de son état de charron, et ce moyennant le prix de 80 écus d'or par chacun coche et par chaque année.
Quant aux coches ou carrosses particuliers il en existait à Rouen dès 1562, car l'abbé du Bec en possédait un très riche à son hôtel du Bec, rue de ce nom.
Bientôt la mode s’en établit. En 1596 un malletiercocher avait ses ateliers sur la paroisse Sainte Marie la Petite et le 19 août de cette année il s’obligea envers noble homme Thomas Guitton seigneur de Carvet, à lui faire et livrer un coche bien cliché d’osier, garni de fer aux cercles des bouts et du mitan, et les cercles de bois de fresne couverts et garnis de cuir de vache, et le dedans doublé de serge tanée cramoisie de Beauvais; deux grands dossiers avec deux grands carreaux et un petit aussi couverts de la même serge. Deux rideaulx aux portières en serge d’escot tanée. Et la flèche en bois d’orme ou de fresne et le timon pareillement de fresne. Quatre roues ou traits de bois d’orme, avec les harnois de quatre chevaulx en cuir de bœuf et baudrier cousus à quatre rangs, tous complets de colliers, avalloirs, traits, têtiers, rangor et guides ; Et les colliers couverts de quatre peaux et bien acoustrés de clous blancs. Deux étriers à monter dans le coche et les coffrets ferrés et garnis de serrures et clefs. Deux cadenats avec la chaine pour fermer le dit coche. Et la frange et cordons de fleuret ou saiette. Les dossiera piqués de soie et garnis de laine et les esseaux
les six Paris que de rix de année.
s il en en pos- , de ce
illetiere Marie gea eneur de 1 cliché s et du verts et le serge dossiers ouverts ères en e ou de Quatre nois de cousus alloirs, ers Coue clous e et les s, Deux bche. Et es dosesseaux
de bon bois avec bons équignons dessous les happes et brebans et des flottes pour changer en chemin quand besoin sera. Et la vollée barrée, et bascus et boites aux moyeux ferrés de bon fer d'Espagne; Et le dedans dudit coche peint de tenné blanc et orange avec des chiffres ; les pommes et les dits chiffres dorés.
Le tout moyennant le prix de cent écus d'or!
Voilà ce qu'était et ce que coûtait un coche en l'année 1596.
« Tabellionage, 12-14 août 1589. — Nicolas De la Salle et autres marchands de Rouen, attestent par serment que le 11 juin dernier ils ont livré à Pierre Tardieu, marchand à Rouen et chargé dans le bateau du capitaine Desarpents, qui devait les mener à Paris, 1,792 livres de cire de Barbarie, trois pipes et une botte d'huile d'olive, plus un tonneau de 1,063 livres de cire; qu'arrivé au Pont-de-l'Arche, le bateau fut arrêté et les marchandises pillées par le capitaine Raullet.
De son côté Abel Lemarchand atteste que le 20 juillet suivant il trouva le dit Tardieu qui était prisonnier au château de Montagny, près Montagny, entre les mains du capitaine Chaumont, capitaine des gardes du Roi; que lui qui parle le sait parce qu’il avait été lui même arrêté prisonnier au dit chàteau par le dit Chaumont. lequel voyant sa pauvreté (il est un pauvre brouettier) l'avait élargi avec lettres du dit Tardieu adressées à Jean Souplix et Pierre Fermanel, marchands à Rouen, afin qu’ils lui envoyassent cent cinquante escus montant de la rançon fixée par le capitaine Chaumont; ce qui fut exécuté par les dits Souplix et Fermanel.
22 mars 1589. — Nicolas Morin, cirier à Rouen, atteste avoir refondu en cette ville de Rouen, en la maison de Charles Reboullet, 6,660 livres de cire de Hambourg, dont il a fait cent onze pains; et pour Balthasard Despinose, 2,377 livres dont il a fait 40 pains.
Le 11 mars 1589. — François Villa, marchand italien, vend à Louis Lespert de Rouen, cinq pièces de velours dont une de velours raz, bleu, à cinq écus l’aune; une pièce de velours raz, incarnatin, à cinq écus l’aune; une pièce de velours raz, noir, imprimée, à 4 écus et demi l’aune, une autre à fond de Rue noir, à trois écus l’aune; enfin, une autre de velours supra-riche, noir, à trois écus l’aune.
Du 8 août 1589. — Nicolas Doublet et Gilles Letellier, marchands à Rouen, attestent par serment qu’il y a à Rouen des ouvriers qui font des bas de chausses d'estame, façon d'Angleterre à coins retournés de mêmes bonté et étoffe que ceux qui se font en Angleterre, et ils le savent parce qu'ils ont eux mêmes des ouvriers ordinairement qui leur en font et livrent à toute heure qu’ils en ont à faire.
Tabellionage, 14 mars 1594. — Jean Paviot, marchand à Rouen, achette de plusieurs marchands de Rouen, grand nombre de pièces de toiles de 300 aunes chaque pièce; il en compose 21 balles dans chacune desquelles il a fait entrer 24 pièces de toile, ce qui fait environ cent cinquante el un mille deux cents aunes qu’il expédie à Saint Luc, pays d'Espagne.
Avant 1586, les ouvriers de la monnaie de Rouen étaient payés à raison de 3 solz par marc d'ouvrage de billon y compris la cisaille, mais vu l’augmenta-
en, at- , en la cire de t pour | a fait
nd ita- [ pièces nq écus à cinq , impr'ie fond de utre de
s Letelnt qu'il chausses mêmes erre, et uvriers à toute
pt, marands de 0 aunes hacune ile, ce ux cents gne.
Rouen puvrage smenta-
tion du prix des denrées et du charbon, Claude Le Roux, maître de la monnaie, leur alloua 4 solz par marc. En 1594, on voulut ramener l’ancien prix de 8 solz le marc. Les ouvriers refusèrent ; il y eut coalition et refus de travail. Le Parlement se saisit de l'affaire, nomma des commissaires pour entendre les parties et, néanmoins, ordonna que les ouvriers seraient payés « au prix qui leur a été payé ces dernières années » soit 4 solz par marc. — Arrêt du 21 juin 1594.
Courtier maritime. — Tabellionage, 3 février 1595. — Jérôme Carrel pourvu à l’état d'écrivain de la mairie et interprèle des langues étrangères; commet Thierry Vernère pour, en son nom, aller, venir et assister en cette ville avec les maîtres des navires étrangers qui voudront employer le dit Carrel, tant aux diligences de leurs arrivements et décharge de leurs navires, que pour leur aider à recevoir età constater les manquements et avaries des marchandises apportées dans leurs navires et aussi pour la recharge et partement d'iceux, et en autres affaires que les dits maîtres de navires étrangers auront à employer le dit Carrel.
20 janvier 1599. — Pierre Letellier vend à Charles Seririer, marchand à Paris, cent milliers d'oranges dont moitié en citrons, à compter onze cents pour un millier, par le prix de deux écus solz et deux tiers le millier de onze cents.
26 février 1599. — Jacques Quin et Fernand Michel achètent 19,924 livres de fromage de Aidre ; Jean Heuft en achette 8,778 livres en 1,002 pains ; enfin Jacques Song fait venir six tonneaux contenant trente
slx mille livres Au même fromage; il les ont fait charger à Aidre distant de quinze lieues d'Ambourg.
Du 26 juin 1599. — Louis Couette reçoit du trésorier des bâtiments du Roi, douze écus pour avoir apporté à Rouen dans sa gribane, 21 caisses et 12 barriques dans lesquelles sont coquilles, vignots, nacres, roches de corail, congellations et autres pierres maritimes, au nombre de seize tonneaux, le tout pour employer aux grottes et fontaines que Sa Majesté fait faire à Saint-Germain-en-Laye.
26 février 1601. — Jacques de Bourneville s’alloue à Jean de Gouzemont (Juan de Jusmont) maitre parfumeur à Rouen, de ce jour au jour Saint-Jean-Baptiste prochain 1601, pour que de Gouzemont lui apprenne pendant le dit temps son état de parfumeur de toute sorte de cuirs, de toute sorte de gants, de de draps, de toiles, velours, satin, damas, chaînes de senteur, toute sorte de poudres de senteur, cassolettes, miroirs, boittes de jaspe contrefaites, pommades de senteur ; lui apprendra aussi à parfumer toute sorte de confitures et autres choses que peut faire le dit de Gouzemont dépendant de son état; le dit de Gouzemont fournira à de Bourneville, feu, lit, hôtel, boire et manger, et celui-ci lui paiera 30 écus dont 6 écus dès ce jour et 15 écus à Saint-Jean-Baptiste.
De Bourneville s’interdit de travailler du dit état à Rouen avant le 26 février 1602.
Le 15 mars 1601. — Jacques Deshommets, Nicolas Surgis, et Jacques Sauning, marchands à Rouen, ont vendu et chargé sur les navires la Françoise et le Soleil, 17 balles de toiles et de double œuvre fabri-
ait char-
lu trésoavoir ap- ; 12 bar- , nacres, res ma- Jour emfait faire
s’alloue tre paran-Baplui apfumeur nts, de nes de | CASSOs, pomrfumer 1e peut t; le dit u, lit, 30 écus n-Bap-
It état à
Nicolas en, ont se et le fabri-
quées à Rouen ; le tout envoyé à Séville, en Espagne. Chaque balle contenant de 20 à 24 pièces et chaque pièce mesurant environ 800 aunes, représentent à peu près cent mille aunes!
Le 3 octobre 4601, furent apportées à Rouen, par un navire de Hambourg, 25,000 livres de laine, en 16 balles.
Avec le xvrr siècle le caractère du commerce rouennais se modifie. L'industrie proprement dite tend à se développer ; le négoce s'étend sur une foule d'objets dont à peine il avait été fait mention jusqu'ici ; la mercerie, la quincaillerie, la bimbeloterie acquièrent une importance extrême, enfin il semble qu'un élément nouveau, la concurrence, par exemple, ait inspiré à nos corporations des idées de progrès. Les notes suivantes permettront de constater ce mouvement inusité vers les perfectionnements et les inventions.
Teinturiers : Parlement, arrêts des 8 août 1601, 14 août 1602, et 98 février 1608.
1° Lettres patentes qui défendent l’introduction en France et l'usage par les teinturiers de la drogue venant des Indes appelée linde et aint, employée au lieu de pastel et de guelde ;
2° Arrêt qui défend aux teinturiers de teindre en noir aucuns draps, crezeaux, frocs, double fuzen, serges, etc.,en laine et draperie excédant la valeur de 20 solz l’aune, qu'ils n’aient été auparavant dûment passés en la teinture de voide et de garence.
Un nommé Lemasson, teinturier à Beauvais, ayant fait apporter à Rouen de la marchandise d'Inde prohibée par les lettres patentes du 3 août
1601,1e Parlement, sur 1a demande des teintu"iers de Rouen, ordonna de jeter dans la rivière la dite teinture et marchandise.
Du 10 au 20 juin 1605, Guillaume Bleunt et David Chefd'œuvre, teinturiers à Rouen, teignirent en couleur d’incarnat cramoisi une pièce de crezeaux blancs, façon d'Angleterre, et l'expédièrent à Lisbonne.
Le 7 novembre 1605, devant les notaires de Rouen, David de Beaulieu attesta qu'aux années 1592 et 1593, la graine d’écarlate du Portugal valait à Rouen de 45 à 50 solz la livre, et le pastel ou poudre d’écarlate de six livres quinze solz à sept livres, aussi la livre.
Tabellionage, 13 novembre 1603, Jean Langlois et Robert Savé, corroyeurs, vendent à Jean Gervais, 466 douzaines de peaux de veau tannées, plus deux douzaines. teintes en. couleur orange, deux douzaines en rouge, deux douzaines jaune paille et sept douzaines noires. Le tout apprêté et accoustré à Rouen, pour être expédié à Lisbonne.
Tabellionage, 7 octobre 1603, Jean Dannet, marchand épinglier à Rugles. et François Hommet, marchand à Rouen, vendent à Bonaventure, aussi marchand à Rouen, cent douzaines de paquets d'éguilles, façon de Rugles ;
Quatre grosses et cinq douzaines d’étuis à lunettes, six grosses d’écritoires et six grosses de cornets pour écritoires : Le tout façon de Rouen. Des quantités considérables de dez à coudre, de ciseaux , de dagues, de patenôtres et de bas, également fabriqués à Rouen;
Pour expédier en Espagne.
iers de
te tein-
et Daent en Pzeaux à Lis-
es de innées valait stel ou à sept
lois et rvais, s deux
doulle et stré à
Le 11 décembre 1604, Jacob Pouchet, Pierre Ferry etJean Feron, fabricants de chapeaux à Rouen, s’obligent à fournir à Ferry Gosmont, marchand chapelier à Paris, les chapeaux dont il aura besoin, savoir, les chapeaux noirs à grands bords, à raison de 14 livres la douzaine et les moyens de bord, à 12 livres la douzaine.
Les 15 février et 4 octobre 1605, Alexandre Agasse, marchand à Rouen, expédie en Portugal 860 pièces de Bougrens teints de diverses couleurs, et pour Saint-Sébastien, 288 pièces d’autres Bougrens teints aussi en diverses couleurs.
Les 93 avril, 15 juin et 1+ août 1605, Robert Gueroult, marchand à Rouen, et plusieurs autres, expédient en Espagne et en Portugal 122 douzaines d’épingles, chaque douzaine renfermant douze milliers, soit 1,464,000 épingles, façon de Houen; 7 douzaines et demie de bonnets, façon de Rouen; vingt grosses d'alènes, façon de Conches ; vingt-six grosses de cornets, six grosses d’écritoires et trois balles de cardes à laine, façon de Rouen ; douze grosses d’aiguillettes de cuir, facon teinture et manufacture de Rouen; douze douzaines de petites poeles en fer, six petites fontaines en fer, deux petits bassins en cuivre et 250 livres pesant de poèles à frire, le fout façon de Rouen ; 42 douzaines de pots en fer, façon de Lire en Normandie. |
Le 20 décembre 1605, vente de quatorze douzaines de chapolets en os, quatre grosses d’Agnus Dei en cornes, cent quatre mille grains de verre, 750 grains d’ambre, 7,000 grains de cristal, douze grands miroirs dorés, onze mille plumes à écrire, 8 pièces de
rouleaux de laine, une grosse de ceintures de tissés de coton, ferrées, cinq grosses de cassots, six grosses de bagues en corne, six douzaines de verges en soie, dorées ét noires, 2,500 douzaines de dez à coudre, 13 caisses de lunettes, trois grosses et deuz douzaines de tablettes, six grosses de petits miroirs, onze douzaines de boîtes peintes, 25 douzaines de cadenats; Le tout de la fabrique de Rouen et vendu pour l'Espagne.
Le 5 janvier 1605 Henry de Beaulieu, marchand à Rouen fournit à Pierre de Beaulieu son fils, moyennant la somme de 5,000 livres, quatre mille aunes de toile blanche façon et mesure de Rouen.
Il était tenu à la mairie de Rouen un Registre sur lequel on constatait les ventes pour l'étranger; de plus, il existait deux estampilles qui servaient à marquer les marchandises fabriquées à Rouen et celles fabriquées en France que l’on expédiait en Espagne ou en Portugal (1).
Le 7 mai 1605 Nicolas Lehucher, maître étamier à Rouen, vend pour St Sébastien en Espagne, 18 plats grands et petits, une fontaine avec son bassin, une équerre et deux sallières; le tout en étain et par lui manufacturé en sa maison à Rouen.
Il faut constater ici qu’à cette époque, le commerce Rouennais avait pris une extension extraordinaire, surtout pour la quincaillerie, la bimbeloterie et la mercerie. On a pu voir déjà par les quelques notes qui précèdent, les débouchés que nos marchands avaient trouvés en Espagne et en Portugal. Les an-
(1) Tabellionnage, 12 mai 1605.
| tissés rosses n soie, oudre, z douiroirs, nes de vendu
hand à noyenaunes
re sur er; de ient à lien et ait en
amier B plats n, une ar lui
merce naire, et la notes hands s an-
| nées qui suivirent jusqu’en 1612 environ ne firent
qu'accentuer davantage cette grande reprise d’affaires. Les ventes et les expéditions pour l'Espagne et pour le Portugal sont tellement nombreuses qu'il
. serait trop fastidieux de les énumérer ; leur objet ne
varie d’ailleurs presque pas ; c’est toujours, comme je viens de le dire, la quincaillerie, la bimbeloterie et la mercerie.
Je me borne donc à donner le détail de quelques ventes, afin que l’on puisse apprécier en même temps l'importance de ces ventes, leur nature et aussi dans quelle proportion les choses fabriquées à Rouen, ou aux environs, entraient dans le commerce d’exportation.
Ainsi le 12 juillet 1606, je prends au hasard une vente d'objets fabriqués à Rouen : 500 pièces de rouleau, 20 millions d’épingles, 412 paquets de petites épingles, 18 milliers de crochets, 12 livres de soyes de pourceau, vingt mille rocailles, 6,000 clouts à cordonnier, 30 grosses de chapelets, 30 grosses de Biblotage, 12 douzaines de verges en poil, 12 dou= zaines de décrottoirs en poil, 12,406 grosses de dez d'acier, deux grosses de miroirs, 9 douzaines de boites peintes, douze douzaines de mouchettes, douze douzaines de chantepleures, douze douzaines de tablettes, une grosse d’aleines et soixante neuf douzaines de milliers d'epingles.
Les plus fortes maisons pour la fabrique des épingles à Rouen étaient celles de André Gueroult et de Jacques Leblond ; je les vois faire des ventes de 3 et 400 douzaines de milliers d’épingles ; à Rugles le plus fort fabricant était un nommé Jean Donet.
Jacques Carré fabriquait considérablement d’aiguillettes en fil ; c'était, avec André de Guñtre, Jean Bultel et Simon, les plus importants merciers de la ville ; ils expédiaient très fréquemment en Espagne et en Portugal des navires chargés de merceries et de quincaillerie de fabrique rouennaise et normande ; mais vu l'importance de leurs opérations, Rouen ne suffisant pas toujours à les alimenter, ils faisaient venir d'Allemagne, de Nuremberg surtout des lunettes, des étuis à lunettes, des écritoires, des cornets, des cadenats, des étrilles, des décrottoirs, des chandelliers, des crochets, des dez, des tablettes, du fil à carder, etc.
Le commerce des éguillettes était tellement important qu'il occupait journellement quatre mille ouvriers (1) tant à Rouen que dans les faubourgs et dans les paroisses d'Esquetot-Lambert, Yrville, Pymont, Saint-Martin-aux-Arbres et Bourdainville ; il consistait en la fabrication de ces mêmes éguillettes et en celle des lacets dont les dames de ce temps-là, aussi bien que les bourgeoises et les filles et femmes des artisans, faisaient une énorme consommation ; ces éguillettes et lacets étaient terminés par un ferret ; or, les merciers, qui faisaient fabriquer le tissu, ayant essayé par économie, de les ferrer eux-mêmes, les éguilletiers prétendirent que c'était là une atteinte portée à leurs droits, s’en plaignirent au Roi et en obtinrent des lettres patentes qui obligèrent les merciers à leur donner toutes leurs éguillettes et tous leurs lacets à ferrer (14 avril 1611).
(1) Arrêt du Parlement, 14 avril 1611.
t d’ai- , Jean s de la gne et et de Lande ; uen ne isaient les lules corrs, des blettes,
importlle ouet dans "ymont, consis— es et en , aussi nes des pn ; Ces ferret ; tissu, mèmes, htteinte pi et en es merbt tous
Le commerce des toiles était également fort important, mais l'importation l'emportait de beaucoup sur l'exportation; les toilliers de Saint-Gervais, cependant, expédiaient en Angleterre d'assez fortes parties de toiles de leur fabrication, mais comme ces ventes avaient presque toujours lieu aux foires de la Chandeleur et de Saint-Romain, il est difficile d’en retrouver les traces.
Parmi les négociants en toiles, tissus, dentelles, etc., j'ai souvent remarqué un Jacques Muisson à cause de l'importance de son commerce; illui arrivait très fréquemment des navires chargés de tissus de toute espèce, des camelots d’Ypres, des toiles et des dentelles de Gand, des toiles grises et des toiles naturelles jaunes de Courtray,des rozetles calendrées de Tournay, des futaines d'Ausbourg et des toiles teintes, et tout cela par quantités de 4 à 500 pièces de chaque sorte ; il faisait même le commerce des plats à barbiers qui-lui arrivaient par 3 et 400 à la fois.
En 1608, Jean Thimonnier, Pierre Doublet, quincaillier, et Jean Marye, expédient en l'Ile des Canaries, un navire chargé de quincaillerie, de drogues, de toiles et de tapis de table, le tout fabriqué à Rouen, et adressé à la veuve de Jehan de Moy et à Hernanda Morean. De leur côté, les habitants de cette île nous envoient des navires chargés de cages remplies des oiseaux de leur pays. En 1614, le jeune Roi Louis XIII, étant à Rouen, acheta 250 de ces oiseaux (serins) ; un autre négociant, Ezéchiel Decaen, avait aussi une grande situation commerciale, mais ses relations avaient un caractère particulier ; c'était surtout avec le Pérou, le Canada et les Indes qu’il trafi-
quait ; il faisait venir de ces pays, en quantité considérable, des plumes et plumasses d’autruches, de la cochenille et des cuirs; je le vois recevoir en une seule fois, le 12 avril 1607, 2,300 cuirs du Pérou.
Mais un commerce tout particulier, ou plutôt une fabrique, existait dans notre ville ; un nommé Henry Tillien, maître peintre, s'était établi fabricant de Tableaux à l'huile et à la détrempe ! iloccupait même à cette fabrication un assez grand nombre d'ouvriers et il expédiait ses produits à l'étranger. Ainsi, en novembre 1606, il chargea sur le navire la Conception de la Vierge sacrée, capitaine Michel Segnel de Dieppe « trois tableaux peints à l'huile, l’un la Des- « cente de Croix de Notre Seigneur, l’autre des vi- « sage et figure de Notre Seigneur et le troisième vi- « sage et figure de Notre Dame, le tout enchâssé de « bois de noyer ; un tableau gravé en acier, de même « encastillement ; huit couples de tableaux de l'effigie « de Notre Seigneur et de la Vierge sacrée, un ta- « bleau image de Notre Seigneur ; un tableau image « de St Véronique, un tableau image de Notre Dame « tenant Notre Seigneur ; deux tableaux en toile en « l'un desquels est peint un crucifix de Notre Sei- « gneur et en l'autre un St Jerosme; un tableau « image de St François; plus deux tableaux en al- « batre et treize douzaines de petits tableaux enlu- « minés, ces derniers ainsi que les deux d’albâtre « n'étant pas de la fabrique du dit, mais fait venir « par lui de la ville d'Amiens.
« Plus deux tableaux faits par ledit Tillien, l’un « est la Nativité de Notre Seigneur, l’autre est la re- « présentation du crucifiement,. »
consis, de la en une roue ùt une Henry } de Ta- > à cette rs et il en nonception gnel de la Desdes viième vinàssé de le même l'effigie e, un tau image re Dame toile en tre Seitableau x en alx enlud'albâtre it venir
en, l’un st la re-
« Enfin 18 tableaux non peints fabriqués à Arras. « Le tout expédié à Civille, pays d'Espagne, et a consigné à Jean Baptiste Carré. » — Tabellionage, 4 avril 1608.
Dans le même mois de novembre, ce S' Tillien qui avait sa fabrique sur la paroisse St LÔ, fit encore un envoi de tableaux en Espagne, et les chargea sur
. le navire le St Michel, capitaine Soignon de Dieppe ; il y
avait « deux caisses pleines de tableaux à l'huile peints par Tillien et autres ouvriers domiciliés en sa maison. » Il y avait aussi une caisse de tableaux peints à la détrempe, des tableaux d'albâtre, des plats fonds sans peinture en tableaux mais sans encastrement, le tout fait venir par Tillien de la fabrique d'Amiens, ei envoyé par lui, avec ses propres tableaux, en Espagne. — Tabellionage, 9 mai 1607. Pendant une période de douze ans environ l’activité des relations commerciales entre Rouen et l'Espagne fut vraiment extraordinaire; la masse de quincaillerie, de bimbeloterie, de mercerie que nos marchandexpédièrent en ce pays est incalculable et dut améliorer singulièrement le sort de la classe ouvrière, puisque pour environ les trois quarts ces marchandises se fabriquaient à Rouen et dans les environs; l’autre quart étaittiré de l'Allemagne. De son côté, l'Espagne nous envoyait des cuirsen échange des nôtres : en une seule fois je vois arriver 8,897 cuirs de Séville ; mais nos envois étaient incomparablement plus considérables. C'était par milliers que nos marchands expédiaient les peaux de chamois, de bouquin, de mouton, de veuu ; les peaux de chamoiïs étaient travaillées à Conches et à Poitiers. etles autres à Rouen.
Les Indes nous envoyaient également des cuirs; Jacques Deshommets, entre autres, reçut de l'Inde, le 2 août 1608, une masse de 6,700 cuirs et une caisse de cuirs dorés. Deshommets était le plus fort marchand de cuirs de Rouen.
Avant de clore ce chapitre, je crois bon de préciser les différentes marchandises de la fabrication rouennaise, et de reproduire les noms de nos principaux fabricants :
Antoine Rigodias, André de Grente, Jean Bultel, Jeufrin Delamare, Philippe Lecoq, André De Quitter, Abraham Hébert, Louis Lemasson, François Houart, Étienne Lanæ, Antoine Hébert, Jean Person, François De Sotto, Jean Rufin, Jean Duval, Antoine Loison, David Delamare, Perrette Charles, Jacques Gossey, Pierre Levelu, André Guéroult, Simon Lemétais, Marin Letellier, Francois Couvet, Nicolas Lemonnier, David Abel, Marc et André De Génetay, sont ceux dont les noms se rencontrent le plus fréquemment dans les actes de vente.
Maintenant voici la liste des marchandises :
‘Épingles, éguilles à coudre, éguilles à emballer, patenôtres en verre, chapelets en os, cassots dorés garnis de rubans, lunettes, étuits à lunettes, gallemards, écritoires, cassots garnis en soie, jouets pour enfants, bagues en corne, vergettes en poil, dorées; miroirs dorés et non dorés, grands et petits, dés en fer, boîtes peintes de toute grandeur, rasoirs, cadrans en bois, dés pour femmes, rocailles taillées, carnets à écrire, casses à écrire, ciseaux, mouchettes, époussettes, estampes en feuilles nommées taille douce, grandes et petites. Le 8 juillet 1608, il en fut expédié vingt-six
cuirs ; l'Inde, caisse 4 mar-
réciser rouencipaux
Bultel, Juitter, Houart, , Franine Loi- Jacques non Le- Nicolas rénetay, lus fré-
nballer, rés garemards, enfants, miroirs , boites en bois, écrire, ssettes, ndes et ngt-six
mille pour l'Espagne, cartons de dévotion, grands et petits. Le 27 février précédent, on avait déjà expédié onze rames d'estampes en taille douce, du fil d'acier, des étrilles, des ciseaux, etc.
Toutes ces marchandises fabriquées à Rouen et une énorme quantité d’autres objets de même nature que l'on faisait venir de Rugles, de Laigle, d'Amiens, de Saint-Étienne-en-Forût, de Thiers en Auvergne, de Paris et de plusieurs villes d'Allemagne, s’emmagasinaient à Rouen, d’où elles étaient ensuite expédiées par navires en quantités si considérables, que l’on se demande si vraiment l'Espagne et le Portugal pouvaient tout consommer ou si, au contraire, les commerçants de ces pays ne les réexpédiaient pas eux-mêmes en d'autres contrées.
Mais ce qui paraît ressortir de tous les détails qui précèdent, c'est que toutes ces petites industries de= vaient occuper un nombre considérable d'ouvriers et répandre dans la ville une grande activité; les porteurs, là carue et tous ces hommes employés journellement à charger et à décharger les navires devaient également y trouver leur compte ; notre ville était alors une véritable ruche où, sauf les nobles, le clergé, les membres des Cours et des Baïlliages, lesavocats et les procureurs, chacun avait son commerce, son industrie ou son métier.
En effet, il ne faut pas oublier qu'outre lesindustries dont il vient d'être parlé, beaucoup d'autres et des plus importantes avaient placé, depuis des siècles, la ville de Rouen. à la tête des cités les plus manufactu-
rières du royaume:Les drapiers, personne ne l’ignore, et les tisserands en. tapis et en toiles occupaient des
PT PPP De TT ES SOS COR
milliers d'ouvriers et leurs produits étaient recherchés sur tous les marchés de l'Europe.
Depuis le commencement du xvJr' siècle, l'industrie proprement dite était entrée, pour notre ville, dans la voie du progrès et, sans parler de l’Imprimerie qui, dès 1488, avait déjà fondé son premier établissement dans la rue Saint-Lô, paroisse de ce nom, nous pouvons constater l'existence d’autres industries dont plusieurs devinrent très florissantes.
En 1531, nous trouvons celle des tisserands en soie si fortement établie déjà que, comptant un nombre considérable d'ouvriers, elle se forma en corporation et rédigea des statuts qui furent approuvés par le Roi et enregistrés au Parlement de Normandie (1).
Un arrèt du Parlement constats qu'à la date du 10 mars 1581, il existait à Rouen plus de 2,500 tisserands en soie établis.
Beaucoup plus tard, en 1604, deux industriels dont l’un nommé Charles Benoist, maître passementier et moulinier en soie à Rouen, et Isaac Mayaffre, du pays de Languedoc, désirant répondre aux intentions d'Henri IV de propager en France « l’art de faire la soie, » lui présentèrent une supplique pour être autorisés à s'établir à Rouen.
Désirant favoriser l’entreprise, le Roi, dès le 23 août 1604, adressa aux échevins de Rouen la lettre suivante : À
« Nos amez et féaux, vous savez avec quelle affec- « tion nous désirons de l’art de faire la soie en notre « royaume comme chose que nous reconnaissons de-
(1) Revue rétrospective, André Potier,
L recher-
l'industre ville, nprimerie établisseom, nous ries dont
is en soie n nombre rporation ar le Roi (1).
\ date du 500 tisse-
ndustriels assemen- Mayafñire, ux inten- « l’art de que pour
. dès le Rouen la
elle affec- > en notre ssons de-
À AB RAR LL = AR A = mn
voir être fort utile et profitable à nos subjets. Pour y parvenir, il n’y a rien si necessaire que de traiter le plus favorablement que faire se pourra ceux qui s'y emploient et lesquels à leurs frais et dépens commencent à introduire la manufacture comme déjà ont fait Charles Benoist, maître passementier et moulinier en soie en notre ville de Rouen et Isaac Mayaf: fre, du pays de Languedoc, lesquels nous ont fait voir les échantillons de la soie qu’ils ont'tirée de la nourriture des vers qu’ils ont faite en notre ville de Rouen, que nous avons trouvée de la beauté et bonté requises. Et sur ce qu'ils nous ont fait entendre que pour la continualion de leurs ouvrages, ils auraîent besoin d’être logés en une maison située en la rue Saint-Vivien où pend pour enseigne le Beuf couronné, qui appartient au corps de notre dite ville de Rouen, nous avons voulu vous faire l: présente par laquelle nous vous mandons que vous ayez à tenir la main, autant qu’il vous sera possible, à ce que la dite maison leur soit délivrée pour le terme de vingt années, afin qu'ils y puissent dresser leurs établis pour faire la nourriture des dits vers et autres métiers servant à faire leurs ouvrages. La dite maison est de si peu de revenu à la dite ville que les échevins d’icelle n’en doivent faire difficulté, vu le grand profit qui en peut revenir au public, que nous voulons croire leur être plus recommandé que leur particulier intérêt.
« Si n’y faites faute, car tel est notre plaisir. « Donné à Fontainebleau, le 23° d'août 1604.
« Signé : HENRY (1). »
{1j Parlement, reg. secret, 2 s:ptembre 1604.
Hélas! le bon Roi les avait bien mal jugés ces dignes échevins, car ils prouvèrent que leur intérét particulier leur était plus recommandé que celui du public.
Après que le Parlement les eut fait venir en la chambre du conseil et leur eut communiqué la lettre qu'on vient de lire, ils se retirèrent à l'hôtel-de-ville, regardèrent leurs registres, et n'y ayant trouvé, sur la paroisse Saint-Vivien aucune maison appartenant à la ville, où pende pour enseigne le Bœuf couronné, mais seulement trois petites maisons assises près la haute porte Saint-Ouen en la dite paroisse Saint-Vivien, lesquelles sont louées quatre-vingts et tant de livres affectées au domaine de la ville, ils répondirent qu’il n’y avait pas possibilité de satisfaire à la demande du Roi.
Le Roi avait indiqué une maison rue Saint-Vivien, or, les trois petites maisons du Bœuf couronné n’existant pas dans cette rue, mais près la haute porte Saint- Ouen, et rapportant d’ailleurs à la ville un revenu annuel de quatre-vingts et tant de livres, ce n’était évidemment pas d'elles que le Roi avait entendu parler et il n’y avait rien de plus à faire, qu’à renvoyer Benoist et Mayafñfre cherchér ailleurs la maison de la Rue Saint-Vivien.
C’est ce que firent Messieurs les échevins Paviot et Fremin. En sorte, qu'éconduits par cette fin de non recevoir, Benoist et Mayaffre comprirent à demi mot et se mirent en devoir de se passer de l’appui de gens qui paraissaient plus disposés à leur être hostiles qu'à les favoriser.
Comme toutes les nouveautés qui tentaient de se
ugés ces r intérél celui du
ir en la la lettre -de-ville, ouvé, sur rtenant à couronné, ss près la mt-Vivien, de livres rent qu’il nande du
nt-Vivien, né n’exis-
hostiles
nt de se
produire alors, celle-ci n’éveilla guère que des antipathies. Que deviendraient ces grandes operations commerciales avec Lyon et les autres villes du Midi, si Benoist et Mayaffre réussissaient? l'importation du mûrier à Rouen et l'élevage des vers à soie leur feraient une situation telle que personne ne pourrait essayer de leur faire concurrence.
Je ne sais si ces considérations contribuèrent à l'isolement dans lequel nos deux industriels se trouvèérent; mais ce qu’il y a de certain, c'est qu’ils ne rencontrèrent que répulsion et mauvais vouloir.
Il existait alors, paraît-il, dans la ville de Rouen et surtout dans les faubourgs, une grande quantité de mûriers ; Benoist et Mayaffre ayant apporté avec eux une forte provision de vers qu'il fallait nourrir ou perdre, s’en allèrent de porte en porte demander des feuilles de mûrier en proposant de les payer; n’éprouvant partout que des refus, ils supplièrent le Parlement de leur venir en aide et d’ordonner que les propriétaires de müriers « en cette ville, faubourgs « et banlieue seraient tenus de leur en bailler les « feuilles pour la nourriture des dits vers, en payant « ce qui serait taxé pour chaque mürier . »
Mais la Cour, par respect sans doute du droit des propriétaires, au lieu de leur ordonner de livrer les feuilles de leurs müriers à Benoist et Mayaffre, se borna à « permettre à ceux-ci de cueillir les dites
feuilles en satisfaisant les propriétaires, » puis, pour assurer l'exécution de cette permission, elle renvoya les parties devant le Bailly de Rouen (1).
{1) Arrêt du Parlement, 15 juin 1605.
Cet arrêt prouve au moins une chose, c’est que Benoist et Mayaffre, quoiqu’éconduits par les échevins , en septembre 1604, ne s'étaient pas découragés et avaient commencé leur établissement.
Mais la grosse difficulté était la nourriture des vers; comment en effet se procurer chaque jour assez de feuilles ? puis, que de perte de temps pour les aller cueillir dans chaque propriété, et que de frais pour ces déplacements et pour payer ces feuilles au prix qu’en exigeaient les propriétaires !
Il ne faut donc pas s'étonner si l’entreprise, au bout d’un essai de quatre années, fut abandonnée par ses auteurs.
Mais Henri IV, qui avait à cœur d'acclimater le mûrier dans tous les diocèses de son royaume et de donner à la fabrication de la soie toute l'extension possible, donna mission à un certain nombre de commissaires d'établir des pépinières de mûrier blanc partout où ils le pourraient.
Pour la ville de Rouen, ces commissaires traitèrent avec un Flamand nommé Jehan Vander Veken, lequel se chargea de planter et d'entretenir une grande pépinière. Il se mit promptement à l’œuvre; ayant découvert à Darnétal, paroisse Saint-Pierre-de- Carville, près Rouen, un vaste clos, à une bonne exposition du soleil, il en obtint la location assez facilement; ce clos appartenait à honneste femme Marthe Pradon, veuve de Guiilaume Gibert, et à Jean Gibert, son fils.
Vander Veken fit venir de Nimes un nommé Symon Legal, homme très au fait de la culture du mèrier ; puis, avec le concours de nombreux journaliers
st que s écheécoura-
ire des 1r assez our les de frais illes au
rise, au née par
ater le ne et de tension bre de mûrier
aitérent , lequel grande ; ayant rre-de e bonne
assez femme t, et à
sSymon ùrier ; naliers
recrutés à Darnétal, on prépara le terrain et l’on planta des müûriers. Mais c'était surtout une pépinière qu’il s'agissait de fonder pour l'avenir, Legal se chargea de faire faire tous les travaux nécessaires. Il avait déjà semé 285,000 pepins de mûriers blancs lorsque, voulant s'assurer de son concours et se l’attacher, Vander Veken l’appela devant les notaires de Rouen, le 29 mars 1608, et s’obligea à lui payer par chaque mois, à partir du 1® avril, la somme de quinze livres tournois ; de plus, à fournir à Legal tous les outils et choses nécessaires, et à payer telle quantité de personnes qu’il trouvera bon d'employer. De son côté, Legal s’obligea à bien entretenir la pépinière, labourer, fumer, sarcler, etc., et, en outre, d'enseigner au fermier de ladite pépinière les soins nécessaires à son entretien et à son amendement.
Les détails qui précèdent sont si peu connus que M. Pottier les a ignorés, sans quoi il n’eût pas dit dans sa Revue rétrospective qu'aucune suite n'avait été donné: à la tentative de septembre 1604.
Maintenant que devint la pépinière de Darnétal et que resta-t-il des 285,000 pépins semés par Legal? Il serait difficile de le dire, puisque jusqu'ici aucune trace, aucune tradition n’a pu être découverte.
Potiers, émailleurs et fayenciers.
On a longtemps ignoré que, dès la première moitié du xvr: siècle, il avait existé à Rouen un fabricant de poterie émaillée. Cependant M. A. Pottier l'avait soupçonné ; il allait mème jusqu’à donner un nom à ce céramiste ; il l'avait découvert dans un livre inti-
tulé : Chronologia inclitæ urbis Rothomagensis, par - Delamare : ce livre mentionrmait parmi les hommes les plus remarquables de la cité normande, pendant le xvi* siècle, un nommé Wacutus Abaquesne, figulus :
I savait, en outre, que sur l’un des carreaux en fayence qui composaient le tableau des armoiries du connétable de Montmorency, trouvé en son château d'Ecouen, et possédé aujourd'hui par M. le due d’Aumale, on lisait ce mot et cette date : Rouen, 1542.
Mais c'était tout ce que l’on savait.
Après le décès de M. À. Pottier et tandis que MM. l'abbé Colas, Raymond Bordeaux et Gustave Gouellain préparaient l'impression de son beau livre intitulé : Histoire de la faïence de Rouen, j'eus le bonheur de faire quelques heureuses découvertes sur ce fameux Abaquesne, figulus.
Avant cette découverte, plusieurs écrivains, MM. Alex. Lenoir et Léon Vaudoyer, avaient dit que « François 1° avait fondé, à Rouen, une fabrique de «terre vernissée, sous la direction de Bernard Palissy!» C'est une belle chose que l'imagination dans le roman, mais en histoire cela ne vaut rien. Bernard Palissy était bien loin de songer à faire les carreaux du château d'Ecouen, et il ne connaissait même pas encore le connétable Anne de Montmorency, en l’année 1542.
Au reste, ce n’est pas ici le lieu d'engager une discussion sur ce point, et je crois plus intéressant de citer les actes qui prouvent que c’est bien Masséot Abaquesne et non pas Bernard Palissy, qui établit à Rouen une manufacture de terre émaillée.
Dès avant 1531, il existait à Boos, tout près de
is, par ommes ndant le ulus :
aux en ries du château le due r, 1542.
is ,que rustave u livre ’eus le tes sur
vains , dit que jque de alissy!»
ans le ernard reaux ne pas y, en
r une essant fasséot blit à
ès de
Rouen, un colombier que Guillemette Dassy, décédée abbesse de Sairt-Amand, en cette même année, avait fait décorer de carreaux émaillés « analogues (dit M. Pottier), aux carreaux d'Ecouen. »
Mais qui les avait fabriqués ; qui avait fabriqué les carreaux d'Ecouen portant cette mention : Kouen, 1542 ?
Voici les actes que j'ai découverts et qui, je le crois, répondent à ces questions :
Le premier est daté du 22 décembre 1543; c’est un acte du Tabellionage de Rouen, aux termes duquel Masseot Abaquesne, bourgeois marchand à Rouen, déclare prendre à son service pour un an, le nommé Pierre Rouillard, potier, lequel s'engage à servir Abaquesne en son état de potier comme il l’a servi ci-devant. Pourquoi le dit Abaquesne lui doit querir et trouver boire, manger, feu, lict et hostel et aussy lui payer pour tout le dit temps la somme de 24 livres tournois (1).
Mon second acte est plus précis et vient plus directement à la question. Il est du 24 mai 1545; à cause de sa longueur je me borne à l’analyser :
Masseot Abaquesne, esmailleur en terre, demeurant à Rouen, paroisse S! Vincent, vend à Pierre Dubosc, apothicaire, paroisse St Martin du Pont, où pend pour enseigne le mortier d'or, 346 douzaines de pots de terre esmaillée, de différentes grandeurs, d’un pot, d’une
painte, d’une chopine, d'un demyon, d’un demiart, le tout en façon de boite et bien émaillé, et 86 dougaines de chevrettes de coutenances diverses, soit,
(1) Tabellion:ge, 22 décembre 1543,
en tout, quatre mille cent cinquante deux pots en terre ématillée !
Mais passons à un troisième acte.
Il est daté du 7 mars 1548 ; Masseot Abaquesne a transféré son domicile à Notre Dame de Sottevillelez-Rouen, tout au près de la carrière de la terre à potier; c'est une quittance par laquelle il reconnait avoir reçu comptant la somme de cent écus d’or soleil sur le prix et somme à lui dus par puissant seigneur messire le connestable grand maistre de France, pour certain nombre de carreau de terre esmaillée que le dit Abaquesne s'estait soumis et obligé faire au dat s' connestable(1).
Faut-il d’autres preuves encore? en voici : Le 24 mai 1553, Abaquesne obligé d'aller vers le conne” table et ne se trouvant pas en fonds, emprunte d’un s' Bejault la somme de quarante livres qui lui « sont « nécessaires pour les carreaux qu'il est tenu bailler et « fournir pour PARER les seules et autres édifices de messire « le connestable de France (2). »
Enfin, un acte du 22 septembre 1557 constate qu'Abaquesne a vendu et livré « à monseigneur le Dauphin « pour 559 livres tournois de carreaux en « terre esmaillée (3) » en ce compris douze livres pour la façon des casses de bois et nates où a été mis et enchassé le dit carreau (4).
Masseot Abaquesne décéda en l’année 1564, lais-
(1) Tabellionage, 7 mars 1548.
(2) Tabellionage, 24 mai 1553.
(3) François, qui épousa Marie Stuart et devint roi de France sous le nom de François II.
(4) Tabellionage, 22 septembre 1557.
terre
uesne villeerre à nnait soleil gneur er cerle dit " con-
: Le ‘onne” d'un « sont Ier et essire
nstate ur le 1x en ivres é mis
lais-
rance
sue 100: se
sant Marion Durand, sa veuve, et Laurent Abaquesne, son fils, chargés d'exécuter plusieurs marchés qu'il avait consentis antérieurement. Entr'autres il avait contracté avec « révérend père en Dieu messire « Martin de Beaulieu, abbé de Coullomby et de « Valasse, l'obligation de lui faire et fournir, pour le jour de St Jean Baptiste 1565, quatre milliers de carreau émaillé des couleurs d'azur, blanc, jaulne et vert, de trois poulces en tous sens, suivant pourtrait fourni au parmi du quel pourtraict est figuré un carreau à quatre paons en carré dans le quel y a aussi deux XX croisés et un F au milieu, et à l'entour du dit carreau quatre autres carreaux joignant à cel du parmi en forme de lozanges. Cette vente ainsi faite par et moyennant le prix de 86 livres pour chacun millier (1). »
Masseot étant décédé, ce furent sa veuve et son fils Laurent qui achevèrent le travail et en firent la livraison.
Que devint l'établissement fondé par Abaquesne ? Tout porte à croire que sa veuve et son fils le laissérent tomber, puisqu’à partir de 1565 on n’en rencontre plus aucune trace.
Pendunt 75 ans l’industrie introduite par Abaquesne dans notre ville demeure dans l'oubli et ce ne fut qu'en l’année 1645 qu’un nommé Pocrel de Grandval obtint un privilége pour la fabrication de la faïence à Rouen, fabrication qui depuis quelques mois était essayée à S' Sever près Rouen.
A RARE SLR ER KR AR
(1) Tabellionage, 14 décembre 1564.
Pour l'histoire de cette seconde entreprise, voir le livre de M. A. Pottier : Histoire de la faïence de Rouen.
l’errerie.
On dit que, très anciennement, et du temps mème des Romains, il avait été fabriqué du verre à Rouen; on dit également qu'une fabrique de poterie y avait fonctionné et l'on ajoute qu’elle avait son siége aux environs de la rue Potard, d'où cette rue aurait tiré son nom. Sans me préoccuper de cette opinion, je me borne à constater, à l'aide de documents certains, l’origine d’une industrie qui subsista dans notre ville jusque vers la fin du xvirre siècle.
Le premier essai d'établissement d’une verrerie à Rouen, dans les temps modernes, eut lieu en 1597. Deux gentilshommes verriers, natifs du duché de Manthoue, nommés Vincent Busson et Thomas Bartholus, en avaient conçu le dessein. Après s'être assurés que notre ville présentait toutes les ressources nécessaires à l’alimentation de cette industrie, ils louèrent sur la paroisse St-Eloy, rue des Jacobins, plusieurs bâtiments et un terrain convenable pour y construire leurs fours. Cela fait, ils s’adressèrent au Roi pour en obtenir un privilége et la permission de construire des fourneaux.
Par lettres patentes du 24 janvier 1598, Henry IV qui avait à cœur d'encourager toutes les industries , et « voulant donner à ses sujets du pays de Nor- « mandie l’usage commun des ouvrages de verrerie comme chose qui leur est nécessaire », permit aux sieurs Vincent Busson et Thomas Bartholus; « de
ir le uen.
« construire dans la ville de Rouen ou ses fau- « bourgs une verrerie pour y fabriquer verre de « cristal, verres dorés, émaux et autres ouvrages qui « se font à Venise et autres lieux et pays étrangers, « et autres qu'ils pourront de nouveau inventer... « etc. » (1)
Les fourneaux furent construits rapidement, mais avant la fin de l’année 1598, Busson et Bartholus re: noncèrent à leur entreprise. Ils étaient en relations suivies avec un nommé Jacques Sarrode, gentilhomme qui exploitait alors la verrerie de St-Germainen-Laye et celle de Nevers. Soit que, pour se débarrasser d’une nouvelle concurrence en Normandie, il ait promis à Busson et Bartholus une situation avantageuse dans l’une de ses verreries, ou que ceux-ci, en présence des grandes dépenses que leur imposait le nouvel etablissement, ne se soient pas trouvés assez forts pour le pousser jusqu’au bout, toujours est-il que le 16 décembre de cette mème année 1598, ils obtinrent de Michel Letac, propriétaire des bâtiments et du terrain qu'il leur avait loués, son consentement à la résiliation du bail et s’obligèrent à lui payer une indemnité de 520 livres et à luilivrer trois douzaines de verres de cristal et un chandelier aussi de cristal, propre à mettre huit chandelles (2).
La preuve que Jacques Sarrode n'avait pas été étranger à la détermination de Busson et Bartholus, c'est que, dans cet acte, ces derniers se disent « ses « associés en sa verrerie de Paris sise aux faubourgs
(1) Arrèl du Parlement, 26 février 1598.
(2) Tabellionage, 16 décembre 1598.
« de St-Germain-des-Prés » et que Sarrodo, présent à l'acte, y apposa sa signature.
Ainsi finit ce premier essai d'établissement.
Cependant, à sept années de là, un nouveau personnage recommença l’entreprise et y réussit. Frar çois de Garsonnet, d'Aix en Provence, vint à Rouet, chercha et trouva dans le faubourg St-Sever le terrain et les bâtiments qui lui étaient nécessaires, puis obtint du Roi, à la date du 8 mars 1605, la permission d'établir une verrerie à Rouen et le privilège d’exercer son art pendant dix ans, sans que jusques là aucune autre verrerie pût être établie en Normandie. (1)
Muni de son privilège, Garsonnet loua du sieur Bocadœuvre les bâtiments sis à St-Sever-lez-Rouen « où pend pour enseigne l’image S'-Eustache » ; le bail fut fait pour une durée de 6 ans. (2)
Désormais la verrerie de Rouen etait établie er dès 1606 elle commença à fabriquer. Mais ses débuts furent difficiles et Garsonnet vit approcher le terme de son privilège alors qu'il commençait à peine à réaliser quelques bénéfices. En cet état, il eut recours au Roi Louis XIII qui, par lettres patentes du 4 mai 1613, prolongea le privilège de dix nouvelles années (3).
À Garsonnet succéda une famille d'Azemar, originaire du Languedoc, qui conserva son privilège et le fit renouveler souvent; elle en jouissait encore en
(1) Arrêt du Parlement, 26 février 1605.
(2) Arrèt du 6 avril 1607, et Tabellionage, 17 mai 1608. (3) Parlement, 26 juin 1613.
présent
au per- , Frar Rouet, le teres, puis mission d’exerques là [orman-
du sieur z-Rouen he»; le
ablie er s débuts her le ençait à état, il tres pae de dix
, Origibre et le ore en
Alors furent révoqués tous les privilèges accordés précédemment aux gentilshommes verriers. La concurrence devint libre et la famille d'Azemar s'étant éteinte, la verrerie n’en continua pas moins sa fabrication , soutenue et exploitée successivement par Jean-Baptiste Cardon , Louis Barniole et Antoine François Hubert, |
Le commencement du xvne siècle fut fécond en industries nouvelles et, sans nous occuper plus longuement des verriers et de leurs luttes contre de pauvres patenôtriers, entre autres contre un nommé Mathieu Delamare qui avait construit, au faubourg Cauchoise, un petit four pour fondre et façonner le verre à l’usage des patenôtriers, nous allons continuer de passer en revue les diverses inventions qui se produisirent et qui prouvent qu'à cette époque un véritable progrès commençait à se manifester.
Ea effet, on voyait souvent apparaître des inventions nouvelles dont les auteurs, armés de privilèges pour quinze ou vingt ans, venaient s'établir chez nous et y apporter, sinon toujours la fortune, au moins l'émulation et des idées de progrès ; en voici quelques exemples :
En 1602, Antoine de Garancières, sieur de Courcelles, fit marché avec Antoine Quesnel, maître de la forge et fourneau de Lyre, pour la construction d’un fourneau à fondre la mine de fer et à faire du fer et d'une forge pour affiner le fer et le mettre en ouvrage (2). Et le 24 novembre suivant des lettres pa-
(1) Notice sur la Verrerie de Roueñ, par M. de Girancourt. Cagniard, imprimeur. Hiouen, 1867.
(2) Tabellionage, 18 mai 1602.
tentes autorisèrent le même de Garencières à faire construire sur sa terre de Courcelles une forge et un fourneau pour faire fondre le fer.
Le 16 novembre 1605, le Parlement autorisa Pierre Barcelin, marchand de la ville d’Arieite en Italie, à vendre et débiter à Rouen, l'huile de bitume ou naphta, dite de pétrolle, propre et expérimentée pour la guérison des humeurs froides (1).
Pailement — 27 avril 1606.— Un édit du Roi, daté de juillet 1605 avaitautorisé en France et spécialement à Rouen, l'établissement de fabriques de savons tant madrés que communs et en avait réservé le privilège à Marc Antoine Leblanc, l’un de ses valets de chambre, et aux associés de celui-ci. Ce privilège fut vivement attaqué par les marchands, les apothicaires, les drapiers de Rouen et ceux de Darnetal. Le Parlement examina sérieusement l'affaire ; il en fit même des remontrances au Roi, auxquelles un arrêt du conseil privé fit droit en partie : il maintint le privilège, mais il accorda que les savons étrangers ne seraient admis en France qu'à la condition de payer les mêmes droits que les savons français. Le Parlement ne fut point satisfait de cette concession, et malgré des Lettres de jussion qui l’obligèrent à enregistrer l'édit de 1605, il déclara dans son arrêt qu'il refusait l’exercice des privilèges et qu’il réservait au contraire toute liberté pour lous ceux qui voudraient fabriquer des savons comme par le passé.
Lé 7 février 1615, le Parlement enregistra des lettres patentes accordant à un sieur Jacques Bocquet
(1) Parlement, 3 novembre 160.
à faire e et un
, Pierre Italie, à naphta, guérison
oi, daté alement ons {ant privilège de chamfut viveaires, les arlement nème des u conseil ège, mais nt admis mêmes nt ne fut é des letrer l’édit ait l’exeraire toute des savons
istra des Bocquet
ur « privilège qui lui permettait de bâtir des moulins « à faire faulx et grandes forces à tondre les draps, « à battre et tirer l’acier et tous autres ouvrages en « fer; faire du lethon, en battre et tirer du fil, faire « des plaques et tout ce qui se peut faire, » lui permettant, en outre, de s’associer tant nobles, officiers que autres, sans déroger ni préjudicier à leur qualité (1).
En 1620, Jérémie Vualens, qui déjà en l’année 1613, avait obtenu un privilège pour établir à Rouen une raffinerie de sucre, fut maintenu dans son privilège et autorisé à continuer son art de rafineur, avec ses associés (2).
David de Landrinu, docteur-médecin , et Pierre Virais firent enregistrer des lettres patentes leur accordant pour vingt ans le privilège de faire des eauxde-vie avec du marc de raisin.— 14 août 1625 — Parlement.
Le 29 avril 1626, enregistrement des lettres patentes qui « autorisent Réné de Montesson à mettre en lumière » la culture du tabac (Petun) durant 20 ans. Le Parlement ne consentl’enregistrement qu'avec cette restriction, c’est qu’il ne pourra être vendu dudit petun pour le corps humain qu'après visite des mé: decins de Rouen et leur rapport suril'utilité ou dommage du petun à peine de nullité du privilège et de 8,000 livres d'amende.
Henry et Melchior Goynart père et fils sont autorisés à établir sur la rivièredes moulins et fourneaux
(t) Parlement, 7 février 1615.
(2) Parlement, 22 février 1620.
se DO
pour préparer et faire le bleu d'azur — 20 décembre
Le 15 décembre 1631, un nommé Pierre Loysel, sieur des Perriers, demande au Parlement de lui octroyer un privilège pour l'exploitation d'une nouvelle presse pour les marchands drapiers vendeurs de draps, serges et toiles dont il est l'inventeur, avec défense à toute personne d'en faire de telles, ou de limiter.
Du 14 septembre 1642, lettres patentes qui permettent à Louis Sellier et à Louis Deschamps de fabriquer et mettre en ouvrage l'invention d'une lampe en forme de chandelle utile au public et qui n’a encore été pratiquée.
1 août 1656. Enregistrement @: lettres patentes qui permettent à Etienne de Villebressieu, ingénieur ordinaire du Roi, de faire édifier sur toutes sortes d'eaux courantes et dormantes les machines hydrauliques de son invention pour l'élévation des eaux.
Comme on le voit par ces quelques exemples, l'industrie s’éveillait, mais lentement; l’émulation, cependant, demeurait inerte et ne devait donner signe de vie que beaucoup plus tard. On a dit à cet égard que ces privilèges étouffaient l’émulation; ce reproche ne me paraît pas fondé, car si la révolution de 1789 a supprimé tous les priviléges industriels et autres, elle a donné naissance aux brevets d'invention, lesquels, sous une autre forme et sous un autre nom, ne sont en définitive que des privilèges, et cela, Dieu merci, n'a pas empêché l’industrie de se développer à l'aise et de doter la France de ces magnifiques conceptions qui font sa gloire et sa fortune.
écembre
Loysel, t de lui ane nowdeurs de ur, avec es, ou de
qui pernamps de une lampe \'a encore
; patentes ingénieur tes sortes :s hydraus eaux.
iples, l'inlation, Cenner signe cet égard n; ce rerévolution ustriels et “invention, utre nom, s, et cela, e se dévemagnifia fortune.
Disons plutôt que le génie industriel attendait son heure, c’est-à-dire l'élément qui devait lui donner la vie et sans lequel il ne pouvait rien » Cet élément, c'était la science ; sans la physique, sans la chimie, sans les hautes mathématiques où en serions-nous encore aujourd'hui? Voilà ce qui manquait aux siècles passés ; ce n'était pas le génie, mais des connaissances spéciales.
Avant de clore ce chapitre relatif au commerce rouennais, je dois dire un mot de la draperie, bien que son histoire soit parfaitement connue ; je me borne à quelques petits faits de détail qui peuvent présenter encore quelque intérêt.
Tout ce qui touche à la fabrication, à la largeur des draps, aux lisières, au nombre de fils avait été régiementé par des ordonnances quiremontaient aux xuir* et x1v° siècles ; la manière de fouler et de tondre les draps avait égalementété spécifiée, en sorte qu’il ne restait plus qu'à suivre les lois, statuts et règlements pour fabriquer dans de bonnes conditions. Mais l'expérience, la concurrence et ce besoin de progresser qui surgissent incessamment au cœur de toute industrie amenèrent tout naturellement dans la draperie des modifications et des améliorations.
Ce furent les bonnetiers qui provoquèrent la première réforme. Depuis des siècles les bonnets, comme les draps, étaient foulés au moulin. Cependant quelques bonnetiers, sans doute par un motif d'économie, avaient depuis un certain temps donné des bonnets à fouler soit à la main, soit au pied. Les foulonniers se trouvant lésés par cette tentative de réforme appelèrent les bonnetiers devant le Parle-