‹ Documents authentiques et inédits pour servir à l'histoire de la marine normande et du commerce rouennais pendant les XVIe et XVIIe siè cles [microforme]Chapitre 22 sur 24 · VOYAGES DE LONG COURS · texte numérisé non relu

VOYAGES DE LONG COURS

I] ne me reste plus qu'à signaler les navires qui pendant le xvr° siècle, s'adonnèrent aux voyages de long cours.

Brésil, Côte de la Guinée. Cap Vert, Cap à trois pointes, Terre des Cannibales, Indes, l'érou, Canaries, Iles de la Palme, etc,

Voici l'analyse des notes que j’ai recueillies sur les hommes et sur les navires qui entreprirent de faire voyage en ces diverses contrées pendant les xvre et xvrr siècles.

En 1523, Jean Terrien, marchand à Dieppe, confia la conduite de son navire à un capitaine nommé Jacques de Saint-Maurice, pour faire un voyage au Brésil. Le voyage accompli, le navire revenait à Rouen « chargé de grands biens, de grand nombre «a d'or en barres et en lingots, de perles, de pierres « précieuses, de sucre et de caisses de confitures « lorsqu'il fut assailli par les Portugais qui le « pillèrent de tous ces biens (1). » L'arrêt du Parle-

ment ne fait pas connaître le nom du navire de Dieppe.

En 1539, Nicolas Guincestre, marinier

tiercenier en la nef de 120 tonneaux la Mac eine, tit

(1) Parlement, arrêt du 13 janvier, et Tabetlionage, 18 janvier 1524, .

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voyage au Brésil et en la terre des Cannibales et ramena la Madeleine au port de Fécamp. Il vendit les trois quarts de sa part dans ce qui avait été rapporté du Brésil moyennant 60 livres tournois. — Tabellionnage, 8 février 1540.

En 1541, Guillaume Houzard, derneurant à la Bouille, fit voyage au Brésil et à la Terre de Guinée, sur sa nef la Pcrrine du port de 120 tonneaux.

En l’année 1541, le navire la Madeleine, de 120 tonneaux, appartenant à Richard Buisson, demeurant à la Bouille, partit de ce petit port,armé etéquipéenguerre, sous le commandement de Richard Simon et de Thomas Buisson son compagnon, pour la terre du Brésil et côtes de la Guinée. La Madeleine effectua son retour par le Hâvre-de-Grâce fin juin 1542. Après être rentrée à la Bouille, elle en repartit presqu'immédiatement et s’en alla faire un voyage aux Indes. Avant d'être arri. vée au terme de son voyage, elle fit rencontre d'un navire espagnol, la Catherine, de Séville, qui revenait du Pérou, chargée de perles, pierreries, or et argent, sucres, cuirs et autres marchandises. La Madeleine, fortement arméeet bien équipée, attaqua la Catherine; c'était précisément le jour de Noël, Après un long combat, le navire espagnol fut abordé, pris et pillé de tout ce qu'il contenait par le navire de la Bouille, mais il se trouva que les propriétaires de la Catherine de Séville étaient l'Empereur Charles d’ Autriche et Philippe d'Autriche, Prince des Espagnes! C’étaient là de fortes parties contre lesquelles les deux Buisson, de la Bouille, allaient avoir à défendre la légalité de leur prise. Aussi furent-ils promptement appelés dev at la justice de l’amirauté d’abord, puis par appel

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devant le Parlement, L'amirauté n’hésita pas à déclarer que la prise avait été faite en temps de paix et au préjudice d’une nation amie. Le Parlement se montra un peu plus diflicile et, le 18 janvier 1544, il ordonna une instruction et des enquêtes. Ie procès dura fort longtemps, le Roi de France s'en mêla et bläma la prise dans des lettres patentes qu’il adressa au Parlement. Enfin, le 12 mai 1551, cette cour déclara Buisson et ses pilotes convaincus d’avoir déprédé le navira la Catherins en temps de paix, les condamna à tout restituer, confisqua leurs biens et les bannit du royaume (1).

Le navire l’Espérance, sous le commandement de

Guillaume Lemire, partit en septembre 1541 pour la côte de Guinée. Le François, de 70 tonneaux, sous le commandement de Robert Michel et de Guillaume Lemoine, partit en octobre pour la même destination. Ennovembre, la Marye, de 70 tonneaux, capitaine Jean Laurens, et la Fleurye, de 100 ionneaux, capitaine Jean Hardy, partirent d'Honfleur pour le Brésil, ainsi que la Bonne adventure, de 80 tonneaux, capitaine Gucffroy Penne et la Marie, de 120 tonneaux, capitaine et bourgeois, Martin Cavelier, de Rouen(2).

Le 28 novembre 1541, Gér..d Mallet, de Rouen, bourgeois de la Loyse, de 80 tonneaux, dont est maître Jean Buhot, vend son quart du profit du dernier voyage fait en Brésil, moyennant 200 livres.

Le 11 avril 1548, François Maillard, marchand à

(1) Arrêts des 18 janvier 1544, 12 mai 1551, et Tabellionage, 6 octobre 1541, 23 août et 7 septembre 1543.

(2) Tabellionage, 26 août, 27 octobre, 29 octobre, 19 novembre et 9 décembre 1551.

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Rouen, victuailleur pour un quart du navire la Catherine, de 70 tonneaux, üont est capitaine Robert Michel et maître Christophe Lioneys, étant de présent au voyage du Brésil et du cap à Troiïs-Pointes, vend le demi-quart qu'il aura dans les marchandises et deniers que produira le dit voyage, moyennant la somme de 460 livres 19 sols. — Tabellionage.

Le 4 octobre 1543, Margarin Rogerin, Thomas Jahan et Nicolas Dupont, marchands à Rouen, attestent par serment, que se trouvant en Afrique au mois de juillet dernier, ils virent charger par noble homme Jehan Pacquelou, procureur pour le Roi au dit pays d'Afrique, en une caruelle dont était maître Sébastien de Salme, 157 caisses de sucre, 50 quintaux de cire, 18 balles de plumes d’autruche, 26 quintaux de cuivre, 20 caisses de gomme arabique, 150 onces d’ambre gris; une lionne, 4 faucons, une autruche, 12 poules de Guinée, un millier de métaux d'or ; avec artillerie et munitions de guerte. — Tabellionage.

Le 95 août 1548, Merien Chachou et plusieurs autres affirment qu’au mois de juillet dernier. ils virent arriver à Rouen deux allèges chargées de grande quantité de marchandises de maniguette pour Jehan de Quintanadoine et Robert Leharivel, marchands à Rouen, laquelle maniguette arrivait de Guinée dans le navire la Grande-Martine. -— Tabellionage.

En avril 1544, partit de Grandville pour le Brésil, le navire l’Autruche, de 100 tonneaux, sous le commandement du capitaine Olivier Vasselin. — Tabellionage.

Le 93 juillet 1546, noble homme Nicolas Lemarinier, sieur du Busle, demeurant à Charlemesnil,

bourgeois d’une nef nommée La bonne aventure, du port de cent tonneaux appureillée pour faire voyage au cap à Trois-Pointes, emprunte à la grosse aventure 110 livres qu'il rendra au retour avec 44 livres pour le profit. (Tabellionage). Thomas Mignot, dans un acte du 18 décembre se dit maître après Dieu et bourgeois pour un démi quart de la nef nommée La Bonne- Aventure, très probablement là même, également du port de 100 tonneaux, de présent appareïllée au port de Quillebeuf prête et appareillée pour aller faire le voyage cette présente année au cup à Trois-Pointes et à laterre du Brésil, pour partir au premier beau temps.

24 mai 1549 — Regné et Jean Féré, maîtres de la nef La Salamandre, du port de 140 tonneaux, appareillée, munie d'artillerie, armes, ancres, voiles, cables, munitions, etc.,pour faire voyage au Cap Vertet revenir par les côtes du Brésil, montée par 36 hommes et 4 pages, vendent là moitié des victuailles pour un prêt à l’aventure de 900 livres qu'ils rembourseront au retour par 450 livres et la moitié des bénéfices du voyage. (Tabellionage).

27 juillet 1549. — Thomassin Auber, maître d’une nef nommée La Trinité, du port de 88 tonneaux, partant pour le Brésil, emprunte 60 livres pour employer au radoub et aux victuailles de sa nef, (Tabellionage).

17 mai 1549. — Jehan Fretel, bourgeois d’une nef Nnommée 4a Blanche, du port de 200 tonneaux, commsndet par le capitaine Morel, part pour le Brésil et emprunte 250 livres pour le radoub de son navire. (Tabellionage).

Le 5 juin 1553. — Guillaume Garrard alloue Jean

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Hermyn, chirurgien-barbier, pour faire le service de son dit état à bord du navire La Prumerolle durant son voyage d'aller et retour en la Guynée, moyennan cinq écus d'or soleil pour chaque mois à commencer d'aujourd'hui, dont trois payés d'avance.Plus 20 écus d’or soleil pour employer en onguens, médecines et autres choses nécessaires pour le dit voyage.

Et en cas de prise du uavire par les ennemis du Roi, le dit Garrard sera tenu de payer la rançon dudit Hermyn et de le ramener à Honfleur ou à Rouen. (Tabellionage).

Du 8 décembre 1554. — Le navire Lamulle en partant pour la Guynee et le cap à Trois-Pointes, est ainsi armé : 6 ancres, 6 cables, 12 voiles, artillerie, poudres, lances à feu, boulets ; 70 bons marins, y compris les pilotes, canoniers, charpentiers et barbier, une barque de 25 tonneaux et le bateau du navire. Le tout bien fourni d’avirons, voiles, grapins, etc. (Tabellionage).

De Villegaignon au Bresil.

Le 7 mai 1555, Jehan de S'-Léger, marchand drapier à Rouen, recoit du trésorier de la marine 168 livres tournois en paiement de 896 aunes de frises rouges, bleues et vertes par lui livrées à 18 solz six deniers l’aune, au sieur de Villegaïgnon pour emporter en un voyage secret fait par celui-ci par le commandement du Roi et que le dit sieur a dit ne vouloir autrement être ici spécifié. (Tabellionage).

Du 13 octobre 1556, Jean Mortreul, laboureur à StMartin-d'Oissel, s’est alloué à honorable homme

M. Richard de la Porte, bourgeois de Rouen, pour aller demeurer avec lui en la terre du Brésil, pour le temps de deux ou trois ans, pour le service du Roi et de Monsieur le chevalier de Villegaignon, pour audit lieu du Brésil servir ledit sieur de Villegaignon et le dit de la Porte en tout ce qui lui sera commandé. Lesquels s’obligent à lui fournir sa dépense de bouche et à lui payer 20 livres par an pour ses gages. (Tabellionage).

Le même jour, Jacques Penyn, maçon, platrier et couvreur, de la paroisse Saint-Aubin-Jouxte-Boulleng, s’alloue aux mêmes de la Porte et de Villegaignon, pour travailler de son dit état au Brésil; il aura sa dépense de bouche et sera payé à raison de 40 livres par an.

En 1558, le 27 septembre, Nicolas de Villegaignon, représenté par Paris de Boislecomte, son neveu et commis, expose au Parlement que par lettres-patentes données à Saint-Germain-en-Laye le 31 octobre 1567, pouvoir lui a été donné de prendre aux prisons du ressort de Rouen cinquante hommes ayant commis crimes dignes de mort et commuables en galère, pour les emmener au Brésil pour l'entreprise dudit de Villegaignon commencée. En conséquence il prie la cour d'ordonner que les dits cinquante hommes lui soient délivrés.

Surquoi la Cour ouï et ce requérant le Procureur général ordo ie la délivranceimmédiate des cinquante hommes audii de Villegaignon. (Parlement, arrêt du 27 septembre 1558.)

Le 13 novembre 1558 « Catherine Monfrey, femme « procuratrice deJacques Penyn, maçon, étant à pré-

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sent en la terre de la France antarctique au fort de Coligny, reçoit comptant de noble homme Paris Legendre s' de Boislecomte-lez-Meaux en Brie, capitaine-général de deux navires ou roberges appartenant à haut et puissant seigneur monsieur le chevalier de Villegaignon, la somme de 38 livres 10 solz pour reste et par paye d’une année et demie échue à Saint-Michel du loyer du audit Penyn par ledit seigneur et parles héritiers de défunt Richard de La Porte, en son vivant étant audit lieu de Coligny. » — Tabellionage, 13 novembre 1558.

Le 13 août 1560, nouvel arrêt du Parlement qui sur le vu de lettres-patentes, accorde au s' de Villegaignon la délivrance de treize condamnés aux galères pour les emmener au pays par luiconquis au Brésil au lieu nommé la Fance antarctique et pour la coloniser.

27 février 1564. — Guilllaume Berry intéressé dans le navire La Marie, de quatre-vingt-dix tonneaux, dont est maitre Guillaume Parey, de présent en mer, faisant le voyage du Brésil à l’'amont et côte des canibales, est également intéressé dans le Saumon de quatre-vingt tonneaux dont est maître Geoffroy Dupré, ledit Saw.on appareillé pour partir audit voyage du Brésil à l'amont et côtes des Canibales. — Tabellionage.

Jusqu'en l’année 1581 mes notes sont blanches en ce qui touche les voyages au Brésil ; mais à la fin de cette année je trouve un personnage important du commerce rouennais, nommé et simplement qualifié bourgeois, marchand demeurant à Rouen, en la paroisse Saint-Jean; c’est Adrien Leseigneur, le même

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qui, à quelques années de là, sera devenu le seigneur de Reneville! et qui, dans l'intervalle de 1581 à 1595, fera construire pour l’habiter, rue de la Grosse Horloge, cette jolie maison en terre-cuite, ornée d’arabesques, de dessins, de moulures et de figures, qu’on fut obligé d'abattre pour l'ouverture de la rue de l’Impératrice (aujourd’hui Jeanne-Darc), mais dont les débris ont été recueillis avec soin par la ville, dans l'intention de la faire reconstruire soit dans l’un de nos squares, soit sur l’une de nos places publiques. Ceci dit en passant, afin de constater l’origine de cette maison et le nom de celui qui la fit construire, dont il sera certainement parlé plus tard, si la note que j'ai adressée au maire de Rouen a été conservée.

En 1581, le 22 décembre, devant les notaires de Rouen, Adrien Leseigneur, s'associa Octavien Lenoir, demeurant à Dieppe, capitaine de navire, et le chargea de porter au Brésil en l’amont et côte des Cannibales, sur son navire de 70 tonneaux nommé l'Espérance, une grande quantité de marchandises pour les y vendre et en rapporter d’autres; les quelles seront partagées entre eux au retour, sauf les oiseaux et les bêtes qui seront donnés savoir : moitié aux chargeurs et l’autre moitié au capitaine.

Le 22 mars 1584, le même Octavien Lenoir, partit avec un navire, le Croissant, dont il était capitaine, pour le Brésil à l’amont et côtes des Canibales ; ce navire était du port de 180 tonneaux. Jean David, qui en était victuallier pour 1/16°, vendit sa part dans le profit espéré du voyage moyennant 162 écus à un nommé Jean Bubhot.

Tabellionage. — 7 février 1595, Daniel Poictou,

seigneur 1 à 1595, osse Horée d’araes, qu’on e de l’Imdont les ille, dans 1s l’un de ubliques.

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capitaine pour Le Roi en la marine, demeurant à Herni- Carvilla (Quilleheuf), Isaïe Poictou son frère et les associés baungeois et vistuailleurs du navira l'Æjisar beth, faisaient la guerre en mer pour le Roi, lorsqu'ils firent rençentre d'un navire Éspagnol qui revenait du Brésil chargé da sucres, canelle, clou de giroffle, toi: les et autre marchandises, Après s'en être emparés ils le renyoyèrent en France sous la conduite de quelques hommes de l'équipage de l'Elisabeth. Mais à peu de temps de là plusieurs navires Flamands tombèrent à leur tour sur le navire Espagnol et s'emparèrent de tout ce qu’il contenait, entassèrent le tout dans leurs navires, ainsi que plusieurs Portugais, des nègres et des négresses qui s’y trouvaient.

Le 26 novembre 1595, devant les notaires de Rouen, nous retrouvons Adrien Leseigneur devenu

Seigneur de Reneville; il est avec Jean Bulteau, autre

marchand de Rouen, propriétaire du navire le Serpent, de 65 tonneaux ; ils se sont associés, pour faire voyage aux côtes de Guinée, Angoulle et Brésil, deux marçhands de Dieppe, les sieurs Favet et Chauvin et ont confié le commandement du Serpent au capitaine Berthélemy Dubose, de Dieppe. Mais le voyage ne fut pas heureux ; alors que le navire revenait du Brésil chargé de marchandises, il fut poursuivi et pris par un navire Anglais, commandé par un çapi taine de la reine d'Angleterre.

D'après mes notes, les voyages au Brésil deviennent de plus en plus rares. En 1607, je trouve Esaie Poictou, eapitaine entretenu par le Roi, en la marine, partant pour le Brésilsur le navire la Marge, de 100 tonneaux 20 avril 1607. (Tabellionage),

Le 27 août 1607, Jean Guerard, commandant le navire Le Dauphin et la barque Le poste. raconte le voyage qu'il fit au Brésil en 1596. (Arrêt du Parlement).

Le 95 octobre 1612, devant les notaires de Rouen, Michel Mariavalle, fait un long récit du voyage qu'il fit, à la fin dé l’année 1611, à bord du navire le Saint Jacques du port de 130 tonneaux. Ce navire, commandé par le capitaine Pierre Lecomte, partit du

‘Havre de grâce à la fin de novembre, étant monté par

53 hommes d'équipage. Il eut beaucoup à souffrir du mauvais temps, si bien qu'au bout de huit jours de tempête, le navire était tellement ébranlé qu'on fut obligé de jeter le pain à l’eau ; on continuait cependant le voyage, lorsque à la hauteur du Cap-Blanc, le Saint-Jacques fut attaqué par un pirate anglais, mais il se défendit avec une telle vigueur que l’anglais jugea prudent d'abandonner la partie ; une fois débarrassé de cet ennemi, le Saint-Jacques reprit sa marche sur le Cap-Vert dans l'intention d'y faire de l'eau, pour aller ensuite descendre à terre à Tagrin, côte de Guinée où l’on avait l'intention de prendre du bois rouge et d'ébène, et passer ensuite à Marraguyas, terre du Brésil ; mais il leur fut impossible d'exécuter ce projet, ils furent contraints d’abandonner la côte du Brésil. Ils eurent tant de malades que la moitié de l'équipage mourut en peu d'heures de douleurs de ventre et d'estomac. Le capitaine, le contre-maître, le pilote, tous les principaux de l’équipage succombèrent, si bien que treize hommes seulement, y compris le déclarant, échappèrent à la mort et purent ramener le navire!

Le 5 mars 1620, dans un très long récit devant les

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Rouen, ge qu'il le Saint re, coMartit du onté par iffrir du jours de d’on fut t cepenp-Blanc, anglais, que l’anune fois eprit sa faire de Tagrin, prendre Marrabossible bandondes que res de aine, le de l'éommes nt à la

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notaires de Rouen, un nommé Jacques Souing parle de deux navires le Saint-Jacques et le Jean de Poimpont qui auraient fait voyage au Brésil et auraient disparus chargés de marchandises pour environ quarante-cinq millions !.…

: Enfin un arrêt du 20 décembre 1653, à l’occasion d’un voyage aux côtes d’Espagne, de Portugal et du Brésil, par le capitaine Hovel, commandant le navire La Vierge fournit quelques détails sur ces voyages. (Parlement 20 décembre 1653.)

Ayant fait une série à part des notes dans lesquelles il n’est plus parlé du Brésil, mais seulement du Cap-Vert, des côtes de Barbarie, Guinée, Cap- Vert et Cap à trois pointes, je suis obligé de rétrograder jusqu'à l’année 1556 pour en donner l'analyse :

Dans un procès jugé le 10 juillet 1556 entre François Fauconnier et Jean Bocquet, à l’occasion d’un voyage fait en Guynée, au Cap Vert et au Cap à trois pointes, il est question d’un naufrage à la suite duquel tout l'équipage aurait cru se sauver en gagnant la terre des neigres mais d’où deux hommes seulement auraient pu s'échapper! Et comme il s’agit d’une question d'assurances, on soutient qu'en temps ordinaire un navire faisant une lieue à l'heure, 20 jours auraient suffi pour revenir de Guinée. (Arrêt du Parlement, 10 juillet 1556.)

Tabellionage, 9 janvier 1558, long marché d’affrettement du navire La Bonne-Aventure, de 80 tonneaux pour porter des marchandises à la côte de Guinée et en rapporter maniguette, or, morfil, bêtes et oiseaux.

Le 1+æ octobre 1567, Barthelemy Hallé, Alonce Leseigneur, Bonaventure de Crament, Eustache Tre-

vacha et Adrien Leseigneur (dont il a été question . dans les voyages au Brésil} s'associent pour la trafic etsommerce en pays de arbaria et ès lieux da Sa phy. Sainte Croix, Capde-Gay, Maroque et terra de Therouden ; ils y envoient d’abord le navire le Samson, puis plusisurs autres qui suivront, ayac chargement: de toiles hlançhes et d’autres marchandises propres audits pays, le tout pour subvenir ot employer à faire un narti de sucres blana et moyen jusqu'à la somme de 80,000 mille ducnts t

16 mai 1578, Nicolas Letaillour, vand à Pierre F'arun son navire nommé La Louise, du port de 410 tonneaux ayant fait le voyage de Barharie, avec le petit bateau Flambart, 4 aneres, 4 çables, 4 chiens, neuf berches fournies chacune de deux hoites, tous les mats, voiles, cordages, avirons, moyennant 3,142 livres tournois.

Du 3 mai 1580. — Nicolas Buisson, maître et bourgeois pour un quart du navirela Cygne, de soixante tonneaux, affrette son navire à Charles de Sainte: Croix, demeurant de présent à Rouen,pour,après avoir pris san plein chargement, partir à la fin du mois pour l'ile de Tenérif, au port de Sainte-Croix et à Garachico, autre port deladiteile, Signé: Charles de Santa-Crus.

9 Janvier 1580. — Nicolas Saussay, da Dieppe, affrette son navire nommé la Galaire, du port de quatre-vingt tonneaux, à Adrien Leseigneur, pour faire voyago au cap Vert etrivière du Sénégal.

43 août 1588. — Nicolas Sanchay de Dieppe, (1) mai-

(1) Le même que dans l'acte précédent, malgré la différence d'orthegraphe des deux noms.

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tre et capitaine de navire la Gallaire de quatre-vingt tonneaux, prend à tiers le dernier navire de Adrien Leseigneur, pour faire voyage au cap Vert; lequel Adrien Leseigneur a fourni les 8/4 et demi des marchandises à transporter et l'autre demi quart fourni par Robert Lemercier pour du Mesnil Gaillard.

8 Janvier 1584. — Jacques Mignot,a fait en 1581, pour Guillaume Bosquet le voyage de Burbarie sur le navire le Grand-Emerillon, commandé par Pierre Clément; il est resté sn Barbarie pendant trois ans et huit mois ; il en expédiait des marchandises à Guillaume Busquet, lequel y avait établi un comptoir et y avait un facteur. (Parlement, arrêt des 23 novembre 1582 et 8juin 1584.)

8 Juin 1584. — Cardin Haistre, affrette son navire l’Espérance decent vingttonneaux, à EustacheTrevache pour aller en Saphy et cap de Gay, côte de Barbarie.

Du 13 août 1587. — Guillaume Avisse, demeurant à Honfleur, affrette son navire la Madeleine, de cent tonneaux, à Corneille Cupre, pour faire voyage à Saphy, cap de Gay et côte de Barbarie.

En l'année 1587, au mois d'octobre, partirent de Rouen et naviguèrent de compagnie vers les côtes de Barbarie plusieurs navires, entre autres le Don-de-Dieu, du port de cent cinquante tonneaux, apparténant à Corneille Gupre et commandé par le capitaine Jean Lemonnier, et le Cayman, de cent tonneaux, appartenant à Michel Dubois et ayant pour capitaine Nicolas Leroy. Ces navires étaient chargés d'une quantité considérable de marchandises diverses, telles que toiles blanches, cardes, clous, papiers, cordes, ficelles pour emballer les sucres, barils, peignes, poudres,

boulets, artillerie, etc. Mais avant leur arrivée aux côtes de Barbarie, ils furent rencontrés par trois navires anglais, dont l’Amiral etait de plus de quatre cents tonneaux et était nommé le Marchand royal, de Londres, les quels trois navires attaquèrent le Cayman et le Don-de-Dieu, les prirent et les pillèrent. — Tabellionage, 12 janvier et 25 août 1588.

Le 16 mars 1588. — Vivien Colas, de Dieppe, affrette son navire le Levrier dit le Petit-Bressart du port de deux cent cinquante tonneaux, à Corneille Cupre et à François Marc pour charger de marchandises et partir en avril prochain et faire voyage à Saphy, cap de Gay et côte de Barbarie. Il aura un équipage de quatre-vingt-dix ‘hommes, avec artillerie, poudres. boulets et autrés munitions de guerre.

20 Août 1597. -- Thomas Verdier, affrette son navire le Don-de-Dieu, de soixante tonneaux à Jean Bulteau et à Jean de Saint-Léger, de Rouen, pour faire voyage à Saphy, cap de Gay et pays de Barbarie.

Le 21 novembre 1669, Antoine Dandane, maitre des matelots du navire le Fleurissant de la Compagnie occidentale, en prit le commandement à la prière de Pierre Lemoigne, capitaine qui étant parti de Dieppe le 16 mars 1669 pour le Sénégal où il arriva le 30 mai, y déchargea son navire, le rechargea de cuivre et de morfil, tomba malade et décéda le 30 août. Le navire repartit pour France le 16 septembre. (Amirauté du Havre. Rapports.)

13 septembre 1670. Abraham Gosse, capitaine du navire le Saint-Antoine de 250 tonneaux, appartenant au Roi, affretta son navire pour Pierre Formont et C:* de Paris et le s' du Héron intendant général de la

marine, partit en décembre 1669, arriva en rade de la Palice, où il se chargea d’eau-de-vie, bœuf et lard salé qu'il porta aux Iles de l'Amérique pour les victuailles des navires Lhermine, capitaine Henri Marchand, l'Europe, capitaine Josias Boivin, tous deux en Guinée, le 1% appartenant au Roi et le second aux s'" Formont et Ci° (amirauté du Havre).

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