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le principal auteur du décret du 15 mai 1791 qui admettait aux droits politiques, dans les colonies des Antilles, les hommes de couleur de condition libret. Mais il n'était alors ni républicain ni démocrate, bien qu’un pamphlet le traite d’« Erostrate »? et que le modéré Duquesnoy le nomme à côté de Robespierre parmi la « horde turbulente d'avocats »%. IL proposa de fixer à une once d'argent le cens électoral des citoyens actifs, d'admettre la réélection des Constiluants à la Législative, et si après la fuite de Varennes il parla de mettre en jugement le Roi, il refusa de s'associer aux propositions de déchéance faites par une partie des Jacobins. Il avait fait partie du club depuis octobre 1790 au moins, mais il le quitta lors de l'affaire du Champ de Mars et n'y revint plus. On remarqua surtout, à l'époque, son obstination à refuser aux Juifs d'Alsace les droits de citoyen. Il ne put empêcher le vote final du décret, et eut à ce sujet une polémique avec Camille Desmoulins qui fit quelque bruit8, mais il parvint à faire décider en même temps la liquidation des créances juives.
Avant la séparation de la Constituante, Reubell avait été très vivement attaqué en Alsace par les adversaires de la Révolution. On l’accusait à Colmar d’avoir inspiré les décrets de suppression des Parlements, qui avaient enlevé à la ville son prestige de capitale judiciaire de la province ; en septembre 1790, des jeunes gens appartenant à la compagnie de chasseurs de la garde nationale voulurent incendier sa maison pour ce motif7, inexact d’ailleurs, car Reubell avait au contraire essayé de faire excepter de la suppression la chambre criminelle du
TANSUTE 5. N°: 148 à 177.