‹ Documents biographiques sur J.-F. ReubellChapitre 5 sur 153 · LENS · texte numérisé non relu

LENS

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Conseil Souverain!. On lui reprochait aussi de s'être enrichi des libéralités du due d'Orléans, parce qu'il avait défendu à l'Assemblée les droits éventuels de ce prince à la couronne ?. Reubell ayant acheté en avril et juin 1791 deux lopins de terre à Colmar, et de compte à demi avec Rapinat, beau-frère de sa femme, un prieuré de l’abbaye de Munster à Sigolsheim, on vit dans ces acquisitions la preuve qu'il avait trafiqué de son mandat’. Mais les Jacobins le défendirent‘,et son animosité contre les juifs, conforme aux sentiments de la majorité de la populalion, lui profita auprès des électeurs, et il fut élu dès mai 1790 procureur général-syndic du Haut- Rhin.

De la fin d'octobre 1791 au 15 septembre 1792 il exerça ces fonctions, sans s’adonner spécialement au détail de l'administration qu'il abandonnaïit à un suppléant, mais en s’occupant tout particulièrement de l'exécution des lois sur la constitution civile du clergé et de la défense de la frontière °. Il devança le décret de la Législative du 29 novembre 1791 en faisant établir le 2? novembre par un arrêté du département la déportation à l’intérieur des prêtres insermentés, et sa lettre du 15 novembre aux députés du Haut-Rhin semble avoir eu de l'influence sur le vote6. «Il n’y a rien au-dessus de la malice des prêtres, si cen est votre patriotisme » écrit-il au général Luckner?7. Sa rigueur sur ce sujet luivalut d’être traité de Néronet dans de nombreux écrits favorables aux insermentés $. Dans la préparation de la défense nationale, il rendit beaucoup de services, et même il proposa le 4 décembre 1791 une guerre offensive et la conquête de

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N°° 100 et 101. NAS IRIS 2007 N°° 183 et 467 à 469. -.N°1200.

N° 146. 8. N°: 180 et 183.

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la rive gauche du Rhin!'. En juin 1792, il apaisa une révolte grave de soldats à Neuf-Brisach et se rendit à Bâle pour surveiller la neutralité des Suisses sur ce point de la frontière?. Après Le 10 août, il fut désigné pour assurer dans le département du Haut-Rhin l’obéissance des troupes aux ordres du conseil exécutif provisoire?. Au retour de cette mission, il fut nommé député à la Convention, le premier de la liste, le 2 septembre 1792.

Reubell revint à Paris avec des convictions républicaines très nettes, auxquelles il ne renonça plus. Bientôt il se désignera lui-même comme « un bon b... de Montagnard » ?. Il appuya énergiquement la proposition de punir de mort quiconque proposerait le rétablissement de la royauté, et lorsque la mise en jugement de Louis XVI fut décidée, c’est lui qui fit inscrire parmi les chefs d'accusation la correspondance secrète avec les ennemis de la nation. Il fit partie du comité de la guerre : et du comité diplomatique avec les Girondins, dont il appuya les attaques contre la commune de Paris5. À la fin de novembre 1792, il partit en mission à l'armée du Rhin, contribua beaucoup à la formation de la Convention rhéno-germanique et à la réunion de Mayence à la République, puis il s'enferma dans cette ville assiégée par les Prussiens et les Autrichiens?7. Il resta naturellement étranger aux votes du procès de Louis XVI et à la mise,en accusation des Girondins. Seulement il écrivit à la Convention dès le 6 janvier 1793, avec ses collègues Merlin (de Thionville) et Haussmann, non pour approuver une condamnation qui n'avait pas eu lieu encore, mais pour s’indigner qu'elle tardàt si longtemps$. Après

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la capitulation de Mayence, décidée régulièrement par le conseil de défense, Reubell et Merlin furent accusés, non de dilapidations, mais d'avoir cessé trop tôt la résistance. Reubell s’expliqua devant la Convention et obtint un vote l'absolvant de tout reproche le 17 août 1793. Par un décret du même jour, il fut chargé de conduire l'armée de Mayence contre les rebelles de la Vendée!. 11 appuya les généraux de carrière comme Kléber et Canclaux contre Ronsin et Rossignol, et accusa ces derniers dans une lettre célèbre à Barère ?. Il n’obtint pas satisfaction et fut rappelé, mais non inquiété (13-25 septembre 1793). Depuis ce moment jusqu’au 9 thermidor, il ne prit plus la parole dans la Convention qu’à de rares intervalles, surtout en faveur des réfugiés de Mayence, et il fut tenu à l'écart des comités et des missions.

Au 9 thermidor, d'après son propre récit”, Reubell aurait empêché à lui seul le commandant des insurgés fidèles à Robespierre, Hanriot, de se saisir du poste des Tuileries et d'entrer dans la Convention. Après la chute du «tyran » il prit lout de suite un rôle important, entra au Comité de Süreté générale le 15 vendémiaire an 8, devint président de la Convention le 16 frimaire, membre du Comité de la Guerre le 18 pluviôse, du Comité de Salut public du 15 ventôse au 15 messidor, et fut réélu après l'intervalle obligatoire d’un mois le 15 thermidor. Il fit encore partie des Comités des Finances et militaire“. La faveur que lui accordaient les thermidoriens tenait à sa conduite envers les Jacobins, qu'il dénonça très vivement à plusieurs reprises, et dont il fit fermer le club le 23 brumaire an 3. Mais il ne fut pas un réacteur aveugle, et il s'opposa plusieurs fois, sans succès du reste, au rap-

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