Almanach national de l'an
20e cessa d’être inquiété grâce à son intervention'. Parcontre, il ne cessa d'encourager, notamment en Alsace, les rigueurs contre les émigrés et le clergé réfractaire, et il refusa la radiation d’une émigrée à Merlin (de Thionville), son ami et compagnon de Mayence?.
Reubell, par son rôle à la fin de la Convention, avait acquis assez de notoriété pour être désigné par 18 départements comme membre du Corps législatif de l’an 4*. Il opta pour le Haut-Rhin et entra au Conseil des Cinq- Cents, pour être aussitôt après élu au Directoire exécutif, le troisième des cinq membres. Le sort le désigna pour être, pendant trois mois, le premier président du nouveau gouvernement. [1 y joua un grand rôle. Au début, il s’occupa tout à la fois des finances et des relations extérieures, mais il n'assuma pas, quoi qu’en ait dit son collègue La Revellière, la charge de surveiller en permanence ces deux départements, en y joignant encore celui de la justice. Il ne se réserva spécialement que les affaires étrangères, Jusqu'au moment où, après le 18 fructidor, deux anciens membres de la section des relations extérieures du Comité de Salut public, Merlin (de Douai) et Treilhard, entrèrent au Directoire et partagèrent avec lui la direction de notre diplomatie. En matière d'administration, il se chargea des nominations de fonctionnaires dans 18 départements de l'Est de la France.
Dans la lutte des partis, il se rangea du côté des républicains, sans cependant abdiquer son ancienne hostilité . contre les démocrates « anarchistes ». Après la découverte du complot royaliste de Duverne de Praile etles élections de l’an 5, il fut sans doute le premier à penser au coup d'état et prépara dès germinal la loi qui cassait les élec-
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tions et mettait la presse en bride!. Il forma le fameux « triumvirat » avec Barras et La Revellière, et bien qu'il eût éprouvé, au dernier moment, de graves scrupules, il fut l’un des auteurs du 18 fructidor ?. On a prétendu plus tard que Reubell aurait alors offert à Barthélemy sa liberté en échange de sa démission, mais le fait n’est pas suffisamment prouvé?. Bien que son fils ainé se soit vanté, après la Restauration, d’avoir obtenu de lui la rentrée en France de nombreux émigrés, Reubell tint sévèrement la main à l'exécution des lois de fructidor, surtout contre les prêtresi. Son caractère méfiant lui faisait soupconner de duplicité à ce sujet jusqu'aux membres du gouvernement, entre autres son collègue Barras et le ministre Talleyrand.
Dans la politique extérieure?, il s’attacha toujours invinciblement à conserver pour la France les pays de la rive gauche du Rhin, fidèle en cela au serment qu’en 1793 il avait fait en quittant Mayence. 1] fut pour cette raison hostile à la politique italienne de Bonaparte, et vota contre le traité de Léoben. Lorsqu’en juin 1797 des négociations de paix s’engagèrent à Lille avec l’Angleterre, il ne s’y prêta qu'avec beaucoup de méfiance, et il se persuada bientôt que le plénipotentiaire Maret, ainsi que
son propre collègue au Directoire, Barthélemy, étaient
d'accord secrètement avec les Anglais. Cette conviction, qui n'était pas entièrement erronée, amena le changement des plénipotentiaires et la rupture des conférences après le coup d’État.
Les entreprises de conquête et de propagande qui eurent lieu en l’an 6 et en l’an 7 ne reçurent pas toutes éga-
1ANP 3707 4. Nes 498 à 436, 501.
2.0N°5302 à 308,320 et: 321,325, 5. Voir notre ouvrage sur Le Di- 388. rectoire et La paix de l'Europe.
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lement l'approbation de Reubell. Il encouragea les vues de Bonaparte sur la Suisse et c'est son ami le Bâlois Ochs qui rédigea la constitution helvétique ; il fit confier le poste de commissaire en Suisse à Rapinat!, beau-frère de su femme, qui s'y conduisit très honnêtement, mais prit des mesures tyranniques et devint fàächeusement célèbre, oi à cause de son nom. En Italie, il prèta les mains à la ip de la république romaine, mais il fut hostile à l'établissement de celle que Chen pionnet fonda à Naples, et il fit traduire ce général en Conseil de guerre pour faits de pillage et d’ ‘insubordination. Il ne paraît pas avoir été favorable à l° expédition d'Egypte, et tint tête à Bonaparte là-dessus, mais pas assez énergiquement pour l'empêcher de partir?. [IL dirigea avec quelque succès la conduite des négociations de Rastatt, mais il ne sut pas entraver la reconstitution de la coalition. Le sort l’exclut du Directoire le 20 floréal an 7. A ce moment, il avait cessé d’y conserver l'influence prépondérante qu’on lui reconnaissait dans les premières années; son élat de santé, qui l'avait obligé de suspendre ses fonctions pendant un mois en thermidor an 6, fut sans doute pour quelque chose dans ce changement?. Reubell entra au Conseil des Anciens en sortant du Directoire; le département du Haut-Rhin l'avait élu le 23 germinal an 7, ainsi que le Bas-Rhin et la Mosellef, Peu de temps après, lorsque la majorité du Directoire fut changée par la crise du 30 prairial, Reubell devint l’objet d'attaques extrêmement violentes dans la presse, dans les assemblées et dans le public. On l’accusait d’avoir gagné des millions par des moyens illicites, et on luiattribuait des propriétés immenses etdes réserves d’argent