CHAPITRE XI
que celles de M. Daunou ont toujours été honolables. » Malgré ces bonnes dispositions , \e ministre ne put obtenir la nomination de M. Daunou , et ce fut seulement le i3 janvier 1819, pendant que M. Decazes était ministre de l'intérieur, que ce choix fut confirmé par ordonnance royale.
Peu de temps après, lé collège électoral de Brest ayant un député à nommer, MM. Lanjuinais, Rératry, Guilhem, etc., proposèrent la candidature à M. Daunou. Le ministère de M. Decazes , qui alors appuyait de son influence le parti libéral , offrit à M. Daunou la présidence du collège ; mais it s'empressa de refuser, en disant que, s'il était nommé, il voulait l'être par le libre choix des électeurs, et non en devenant le candidat du pouvoir. Il fut en effet élu député le a6 mars 1819, et vit se rouvrir de nouveau devant lui la carrière législative, d'où il était sorti si honorablement dix-sept ans auparavant.
M. Daunou se trouva donc en même temps élevé à deux hautes fonctions qui le replaçaient en face du public, la chaire du Collège de France et la tribune nationale.
Il fit l'ouverture de son cours le i-3 avril 1819. Des hommes éminents, tels que MM. de Tracy, Gaiat , Andrieux , etc. , assistèrent à ses premières leçons. On ne savait qu'admirer le plus, de la science de l'érudil ou du talent de l'écrivain. Ce Cours d'études historiques j^mnsi qu'il l'a appelé lui-même, est sans contredit un des plus grands monuments élevés dans notre langue à la saine littérature. Sa publication, qui approche de son
'l[\[\ DOCUMENTS BIOGK APHIQUES.
terme, justifie sous tous les rapports la haute réputation deM.Daunou".
Il nous faudrait trop d'espace pour donner une juste idée de ce grand ouvrage. Nous dirons néanmoins qu'il est partagé en trois parties distinctes. La première est intitulée : Examen et choix des faits; elle traite d'abord de la Critique historique y et ensuite des Usages ou de la Philosophie de Vhistoire.
La seconde partie a pour objet la Classification des faits; elle comprend la Chronologie et la Géographie. La première de ces sciences est divisée en Chronologie technique, litigieuse eV positive.
La troisième partie du Cours traite de XExpo* sition des faits ^ dans laquelle rentre un Traité de Fart d'écrire thistoire, et des analyses étendues des historiens classiques grecs, Hérodote, Thucydide, Xénophon, Polybe, Diodore de Sicile, etc. Viennent ensuite les historiens qui ont traité des an^nales romaines, Denys d'Halicarnasse , Tite- Live, etc. L'histoire ancienne est ainsi conduite jusqu'en l'année aoi avant notre ère, c'est-à-dire jusqu'à la (in de la seconde guerre punique. Puis le Cours se termine par un Précis de Fhistoire de la philosophie, depuis Platon jusqu'au dix-neuvième siècle.
Un cadre aussi vaste, et qui renfermera ao vo-
' Le Discours d'ouverture avaitété imprimé in-8<*y 1819; et uue j
partie du Cours a été analysée dans le Journal des cours publics , 1810-13. Quelques extraits en ont aussi été publiés dans les /ennales de légisUithn et dans VJlbum.