‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 102 sur 136 · CHAPITRE XI. à · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. à

fument Tespril à une puérile crédulité : il en est (le plus odieuses qui dépravent la morale publique, qui altèrent les notions du bien et du mal K^y

Plus loin y le professeur combat la ihéorie de Machiavel consistant à dire qu'il ne peut y avoir de république sans partis divers. Il dit :

«Cette théorie, Messieurs, qu'on a plusieurs fois reproduite, et qui n'a jamais été plus franchement exposée que par Machiavel , est diamé- . tralement contraire aux notions que nous nous sommes formées de la liberté sociale. Je l'avouerai pourtant, si l'on pose la question comme le fait cet écrivain, s'il s'agit de savoir comment une république peut devenir conquérante et d(|iiinatrice, si le but qu'elle se propose est de-^^-* pouiller et d'asservir ses voisins et tous les peiv^ pies que ses armes pourront atteindre, peut-être en effet ne lui est-il possible d'obtenir ces affreux succès qu'aux dépens de sa tranquillité intérieure; et il est trop juste qu'elle soit punie de son odieuse ambition par le sacrifice de tous les intérêts privés, de tous les droits civils, de toutes les garanties personnelles* Je demanderai seulement si ce régime anarcbique, si ces éternelles discordes né la conduiront point à perdre sa monstrueuse puissance aussitôt qu'elle l'aura conquise, à subir le joug d'un décemvirat, d'un empereur,, et à tomber elle-même sous celle domination universelle qu'elle aura si péniblement créée par un long enchaînement de troubles intestins et d'expédi-

• T. XIV, p. i25-ia6.

^^S DOCUMENTS BIOGRAPHIQUKS.

tiotis guerrières. Mais si Ton examiiïe comment un peuple libre et sage peut, sous une monarchie tempérée ou dans une république modérée , fertiliser son territoire et' non pas lagrandir; étendre son industrie et non pas ses rapines , son commerce et non ses conquêtes; garantir son indépendance et lion pas ses injustices; briller sur la terre du pur éclat des vertus et des lumières, des talents et du génie ^ on sentira, je crois, le besoin de lui donner des hahitudeis laborieuses, des mœurs paisibles et raisonnables; et loin de créer et d'entretenir dans son sein , loin denvelopper dans ses institutions les germes d'une discorde éternelle, on ne songera qu'à préserver, s'il est possible^ de toute atteinte, les travaux, les progrès, les biens et la liberté de chacune des personnes qui le composent. Hélas! il n'arrivera que trop d'agitations encore par le conflit des intérêts, par les égarements des passions, des ambitions et des pouvoirs. Fonder par les lois les dissensions^ les oppositions au milieu d'un peuple , est un soin qui serait superflu , s'il n'était impie et cruel. Le but sacré des lois est d'établir entre tous les membres de l'État une véritable société, de les. rassembler sous la commune protection de la justice, de les unir étroitément'par des sentiments humains et Fraternels. C'est en peignant la liberlé comme agressive et turbulente qu'on la rend quelquefois odieuse aux meilleurs hommes, à ceux qui, par la bonté morale de leur caractère, par la douceur et l'urbanité de leurs mœurs, seraient les plus dignes de

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