‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 11 sur 136 · CHAPITRE I. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. l

alors faisaient si bien augurer du règne de Louis XYl. Mais il s'aperçut sans doute que la nature de son talent ne l'appelait pas à devenir un poète, et nous croyons que ces vers sont les derniers qu'il ait composés.

Nourri des auteurs de Tantiquité, admirateur des grands écrivains français du dix-septième siècle, partisan sincère et éclairé de§ idées de réforme sociale professées par les philosophes du siècle qui touchait à son terme, M. Daunou , comme Talleyrand, comme Sieyès, comme, tant d'autres ecclésiastiques ses contemporains, embrassa avec chaleur les principes de la révolution. L'Oratoire, d'ailleurs, par son organisation toute républicaine qui avait fait l'admiration de Bossuet, et par les lumières dont étaient doués la plupart de ses membres, devait servir de foyer aux opinions favorables à la révolution. Daunou fut un de ceux qui secondèrent avec le plus de force ce mouvement généreux. Le 4 septembre 178g, il prononça un discours sur le patriotisme , pendant un service célébré dans l'église de l'Oratoire , à Paris , en commémoration des citoyens morts le i4 juillet. 11 prononça d'autres discours dans des cérémonies patriotiques qui eurent lieu à Montmorency, en 1790.

Cependant l'Assemblée constituante cherchait à concilier la religion avec les principes nouveaux sur lesquels allait reposer l'édifice social. Grande et rude épreuve dans laquelle elle devait succomber après un triomphe éphémère et malgré les efforts d'une portion notable du clergé français!

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Daunou y pour éclairer la question , fit insérer dans le Journal erKyclopédique deux articles intitulés : De la Religion publique j ou Réflexions sur un chapitre du Contrat social de J,^J. Rousseau '. Les réflexions contenues dans ces articles le con* duisaient aux conclusions suivantes : i® Le catholicisme, conformément au vœu de la plupart des cahiers, est, en France, la religion publique; mais il appartient au corps législatif de purger cette religion des abus qui la déshonorent, a** Tout citoyen a le droit de ne pas profiter de la religion publique, et les citoyens non catholiques peuvent participer, comme les autres , aux pouvoirs et aux fonctions civils, à Texception pourtant de la fonction d'instituteur. 3^ La manifestation des opinions dissidentes n'est un délit que lorsqu'on vient troubler l'exercice du culte public.

La constitution civile du clergé ayant été proclamée par l'Assemblée constituante, Daunou en prit ouvertement la défense; il y fut surtout porté par les efforts que faisait M. Asseline, évéque de Boulogne , pour éloigner le clergé et les fidèles de son diocèse de l'obéissance réclamée en faveur de cette loi. Daunou composa, à cet effet, vers la fin de 1790, un écrit intitulé : Accord de la foi catholique avec les décrets de V Assemblée nationale sur la constitution civile du clergé. Cet écrit, imprimé aux frais de la Société des amis de la constitution à Boulogne, amena une vive polémique. Daunou publia un second écrit sous le titre de Réponse

* I*' et i5 février 1790. *

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