‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 115 sur 136 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

plie de la liberté. Mais quelle que fût la forme de gouvernement sous laquelle son pays était appelé à vivre 9 il voulait des garanties pour tous les droits, des institutions propres à fortifier l'alliance du pouvoir et de la liberté. Toute loi d'exception y toute restriction apportée aux droits des citoyens, trouvèrent en lui, à toutes les époques de sa vie, un adversaire infatigable. Ces droits, il les faisait consister dans la sûreté des personnes et des propriétés, la liberté de l'industrie, des opinions et des consciences. Tel est, suivant lui , le but de la société; et, pour y arriver, il faut que les gouvernements , n'importent leurs noms et leurs modes, admettent franchement le concours des représentants de la nation à la formation des lois, l'indépendance des juges et Tinter vent ion des jurés. Ce sont là les bases de toute bonne organisation sociale. Mais, comme nous l'avons déjà dit , quiconque voudra connaître la pensée intime de M. Daunou en matière de gouvernement, devra étudier son Essai sur les garanties in(U\fidiielles ; c'est dans ce livre, ainsi que dans les Usages de F histoire^ qui se trouvent au second volume de son Cours (T études historiques^ qu'il a déposé le résultat de ses longues observations et des expériences nombreuses auxquelles il lui a

été donné d'assister.

En métaphysique, M. Daunou appartenait à l'école d'Aristote^ de Bacon, de Locke, de Condillac, de Cabanis, de Tracy, de Thurot, de* Laromiguière. Il était convaincu que le mysticisme et l'éclectisme, qui ont acquis une si grande vogue

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depuis trente ans^ ne pouvaient que détourner la raison humaine des progrès qu'elle était en train de (aire. La nature de son esprit le portait vers l'analyse ; il procédait du connu à l'inconnu ^ et voulait se rendre un compte exact de la nature de ses sensations et de ses idées.

£n rdigion , M. Daunou professait les principes de la philosophie du xviii'' siècle. On peut aper^ cevoir dans ses premiers écrits une tendance trèsmarquée vers les mêmes principes , et il faut attribuer aux habitudes de sa première jeunesse et à la crainte révérencielle que lui inspira sa famille, son entrée dans une carrière à laquelle l'indépendance de son esprit le rendait si peu propre; mais on doit s'empresser d'ajouter qu'aucun des écrits publiés par lui n'attaque les bases du christianisme y et quoiqu'il ait fait insérer dans V Histoire littéraire et dans d'autres ouvrages beaucoup d'articles qui touchent presque exclusivement à l'histoire ecclésiastique, on ne peut y apercevoir les traces du scepticisme qui faisait le fond de sa pensée.

£n littérature y M. Daunou appartenait à l'école purement classique. Nourri de la lecture des grands écrivains de l'antiquité , profoodémeni versé dans la connaissance de nos poètes , de nos prosateurs de tous les temps et de tous les systèmes, il donnait ouvertement la préférence à ceux qui maintenaient les principes sévères du goût et de la raison. Son érudition était immense; elle s'étendait, en quelque sorte, à toutes les matières qu'il est donné à Tesprit humain d'embrasser.

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